samedi 31 octobre 2009

Halloween





















Teen Spirit

... Un garçon qui danse tout seul en slip dans son salon, une fille qui rêve au grand amour, des couloirs bordés de casiers métalliques, une armada de jeunes puceaux obsédés .. Ça vous dit forcément quelque chose. Oui, on est dans un teen movie, un genre inventé par Hollywood, consacré aux ados et fabriqué pour eux. ... Un genre qui ne pouvait naître qu'en Amérique. Ce pays encore jeune et où l'adolescence est toute puissante. Comme le western le teen movie a su imposer des codes, des rites, des lieux et des personnages types parfaitement assimilés par notre imaginaire collectif.


Cliff Chiang


... C'est par ce préambule que débute le documentaire Teen Spirit, les ados à Hollywood de Celia cohen et Antoine Coursat (diffusé sur Arte).

Le teen movie ou la théâtralité de la "vraie vie" lycéenne. Ce lycée dont on nous dit dans ce documentaire qu'il est un moment fondateur de la vie sociale d'un américain, et dont tous les intervenants soulignent l'un des aspects caractéristiques : le clan.
Le clan, passage obligé de la vie de groupe du lycéen ou autrement dit "la guerre des espèces". Le clan une des figures imposées du teen movie, forcément.

Naissance d'une nation

Deux films se partagent la place de "patient zéro" du genre : La fièvre dans le sang et La fureur de vivre.

C'est alors la première fois au cinéma que les adolescents ne sont pas montrés comme "justes heureux" et "bien comme il faut" mais perdus, en colères, et tiraillés par leurs désirs sexuels.

À la fin des années 50 m'apprend-on, les parents regardent la télévision alors que leurs enfants vont au cinéma, Hollywood comprend très vite qu'il y a de l'argent à ce faire et leur propose des produits pour les attirer : La fureur de vivre par exemple. (Tient, en me relisant je m'aperçois que le documentaire fait l'impasse sur West side story)
Ce film met d'ailleurs en scène l'un des archétypes du genre, le rebelle.

Cependant il apparait que dans les premiers teen movies le conformisme, ce contre quoi le teenager doit lutter (et pas que le teenager si l'on en croit Matrix), est représenté par les parents. Les jeunes se rebellent contre un avenir tout tracé : le costard-cravate.

Un tournant est pris avec le film de George Lucas American Graffiti où le conformisme est alors représenté par les autres étudiants.


Ne fais rien que je ne ferais pas


[..] Lucas était assez amer d'avoir à faire un film commercial ; il prit cela comme un défi. Il paria qu'il existait un public potentiel qui en avait assez d'être constamment abreuvé de sexe et de violence, et du pessimisme dont le Nouvelle Hollywood faisait allègrement l'apologie. Un public qui avait la nostalgie des valeurs optimise du Vieil Hollywood. "Avant American Graffiti, je n'avais pour ainsi dire travaillé que sur des films négatifs, comme Apocalypse now ou THX 1138, dit-il. Chacun des films des dix dernières années avaient mis en évidence à quel point on était horrible, combien on avait tort au Vietnam, comment on avait ruiné le monde, quels idiots nous étions et combien tout était pourri. Cela devenait déprimant d'aller au cinéma. J'ai décidé qu'il était temps de faire un film qui fasse du bien aux gens, pour qu'ils se sentent mieux en sortant du cinéma. Je me suis rendu compte que la jeune génération était vraiment perdue. Les gens ne faisaient qu'une seule chose : s'assoir dans un coin pour se défoncer. Je voulais retrouver le sens de ce qu'était l'adolescence pour une certaine génération d'Américains, disons de 1945 à1962. [..]

Le Nouvel Hollywood - Peter Bisking - Editions Le Cherche Midi
Teen spirit passe en revu quelques passages obligés du teen movie :

Les archétypes : le rebelle, le sportif, la jolie fille et le nerd ; personnages que l'on retrouve peu ou prou dans toutes les productions.
L'un des intervenants attire également notre attention sur l'épilogue comme principe de base du teen movie.


"Celui qui n'ose pas se rebeller et quitter son clan restera un esclave toute sa vie" et de montrer celui du film d' American Graffiti en exemple.

Autre point examiné, si le teen movie est toujours combiné à un autre genre il garde une structure qu'il tire des conte de fées : le royaume c'est le lycée et le bal devient la fête de fin d'année où nous précisent deux "ex-reines du lycée" 85 % des américains perdent leur virginité.

- On a touché le jackpot !
-Avec toute cette laine on pourrait faire un pull !
- J'ai jamais vu autant de minous de toute ma vie !


Avec la fin des années 70 nous dit-on, et la déferlante des blockbusters, les adolescents deviennent le public n°1, les teen movies passent alors à l'ère industrielle.
Si les années 80 sont l'âge d'or du genre c'est pour entre autres raisons grâce à Ronald Reagan : les films sont une réaction contre la société conservatrice.

Le teen movie levier de la subversion ? Qui l'eu cru ?!

Néanmoins quand un peu plus tard seront évoqués les slashers, personne ne relèvera que c'est souvent "la fille la plus intelligente et celle qui reste vierge" la seule à survivre, un propos pour le moins conservateur, isn't it ?!


Une place est faite à John Hughes et à son Brat Pack présenté comme le "phénomène teen" de la décennie, celle des années 80. Hughes qui avait la faculté de comprendre les adolescents et leurs problèmes, nous rappelle-t-on.

"Les sentiments et les émotions d'un ado de 16 ans comptent autant que les miens à 35 ans" semble renchérir John Hughes dans un extrait d'entretien.
Ajoutez à cette sensibilité sa formation de publicitaire, il savait vendre ses films, regardez l'affiche de The Breakfast Club dira un critique et vous avez le tiercé gagnant (dans l'ordre) :

A brain, a beauty, a jock, a rebel and a recluse. Before this day was over, they broke the rules proclame sans fausse note la bande-annonce du film.




Reste que les teen movies sont d'après un script doctor interviewé les seuls films où on peut (encore) parler de sexe car ce genre de film raconte souvent l'histoire d'un garçon qui baigne dans ses hormones et ne pense qu'à "ça", on s'attend donc à ce qu'ils en parlent.
Je dirais même mieux, on l'attend avec impatience.

Des ados qui ont peur (d'eux-mêmes), aux ados qui font peur il n'y a qu'un pas.

Ce sera Class 84 (en 1981) ou plus récemment Elephant ou la déambulation poétique dans les couloirs du malaise adolescent, un cinéma d'auteur pour ados.


Seront également évoqués (et interviewé) Larry Clarck, et les nouveaux teen movies (Juno, Superbad) qui mettent en scène des blaireaux mais "qui ont des têtes de blaireaux", ici pas de Tom Cruise à l'horizon.
La revanche des nerds en quelque sorte, et à qui le doit-on hein ! Je vous le demande ?

En partie à Bill Gates, et à son immense succès.

C'est pas beau ça !

C'est l'Amérique Baby !

Reste un documentaire vraiment intéressant et en ce qui me concerne très enrichissant étant donné ma méconnaissance totale du sujet et de la plupart des films évoqués.

Et assez étonnant, notamment les extraits proposés de Fast times at Ridgement High. La scène de la cantine est particulièrement crue pour un fim destiné aux ados (sans parler de l'idée que l'on peut se faire de l'adolescente américaine).
Ce qui me fait penser que la majorité des personnes interviewées sont des hommes et que le regard porté sur l'adolescence semble être surtout masculin. Il aurait été interessant, peut-être, d'avoir le point de vue d'une adolescente.

L'un des mérites cette émission est de m'avoir en tout cas donné envie de voir quelques uns de ces films, notamment The Breakfast Club (et pourquoi pas, soyons fous, revoir American Graffiti).

Alors ...........

What the fuck, make your move !




Boba et ses amies

vendredi 30 octobre 2009

Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor

Le premier qui s'endort, réveille l'autre.

... Je viens de m'apercevoir en regardant la série télévisée Terminator : The Sarah Connor Chronicles que les "Résistants", qui s'opposent à la création de Skynet luttent en fait contre la singularité.



Cette théorie avance qu'au cours de son évolution l'humanité parviendra à un "point" à partir duquel la technologie ne sera plus le résultat de l'invention humaine mais le fruit de cette même technologie.
Non seulement nos machines créeront d'autres machines mais ce développement subira une accélération accélérante.

Or donc, Sarah Connor lutte en compagnie de son fils John et de Cameron, un Terminator (ami) envoyé du futur (par la Résistance) pour les protéger contre d'autres Terminators (ennemis) envoyés eux par Skynet.

Le moyen le plus important de cette lutte repose sur le voyage dans le temps.

Si des Terminators (ainsi que le propre pére de John Connor celui qui deviendra le héros de la résistance) sont envoyés du futur, le trio de héros a lui-même effectué un saut de 6 ans dans le futur.



La simple lecture des lignes qui précédent fait ressortir ce qui guette tout voyage temporel, le paradoxe. Ici, par exemple, un homme venant du futur est envoyé par le chef de la Résistance dans le passé (le présent de la série) par son meilleur ami pour protéger sa mère( Sarah Connor). Ce faisant il va se lier avec elle ce qui donnera naissance à leur enfant, John Connor, le chef de la Résistance.
La série repose tout entière sur un paradoxe, en fait le plus connu du voyage dans le temps, celui du grand-père où le voyageur maladroit tue son propre grand-père et empêche ainsi son propre voyage, donc ne tue pas son grand-père, donc n'empêche pas son voyage ... ad nauseam.
Ici c'est le fils qui envoie dans le passé celui qui deviendra son propre père.

Heureusement d'éminents scientifiques ont postulé l'existence du Multivers, une théorie qui suppose l'existence de multiple univers parallèles et donc de Terre parallèles.

Ainsi le voyage dans le Temps conduit celui qui l'entreprend non pas dans son propre passé mais dans celui d'une Terre parallèle où éventuellement il peut tuer son grand-père (qui en fait n'est pas "son" grand-père) voire le devenir. L'univers d'où il vient (le futur du voyageur) continue son existence alors que lui vit dans cet autre univers (son passé).
Tous ces univers qui co-existent ne suivent pas forcément la même évolution, certains doivent être assez semblables, alors que d'autres sont certainement totalement différents. Rappelons également qu'il n'y a pas non plus d'univers de "référence", le multivers existe un point c'est tout.


Ceci étant dit, rien ne prouve que le futur de Sarah Connor avant qu'elle ne rencontre le père de son enfant aurait été celui des Terminators.
Même après que des Terminators aient été envoyés dans le passé - c'est à dire le début de la série disons - on peut envisager un avenir sans Skynet.
Ce que laisse d'ailleurs accroire l'un des épisodes de la série puisque celui par qui Skynet doit voir le jour échoue à gagner un contrat avec l'armée, avant d'être tué.

Ce n'est bien sûr pas aussi simple ...... Le geste de Cameron introduit par ailleurs en filigrane une nouvelle approche, mais ceci est une autre histoire.

Une hypothèse que l'on peut d'ores et déjà envisager est celle qui consiste à voir dans le voyage dans le temps des Résistants la source, non pas de la victoire mais plus surement d'une épidémie.

En envoyant des agents dans le Temps pour empêcher Skynet de voir le jour , le John Connor adulte non seulement contamine tout le Multivers (du moins une bonne partie d'icelui) mais surtout sans pour cela réussir à changer son présent (le futur dans la série) puisque de fait il n'agit que dans des univers parallèles au sien.



... Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor est en tout cas une série très agréable à regarder, portée par deux héroïnes interprétées avec beaucoup de conviction par deux actrices talentueuses et très crédibles dans leur rôle respectif, nonobstant quelques invraisemblances somme toute mineures.



À suivre ....




Leia "B"

jeudi 29 octobre 2009

Greatest Hits




- Where are we going ?
- To the top, Johnny.
- Where's the top, boys ?
- To the toppermost of the poppermost !

Hambourg - 1962




... L'animation n'était pas dans le Lennon's Bar pourtant pas mal bondé, non, à une heure du mat' c'est dehors que ça se passait.
Un type hirsute qui avait dû jouer à la moissonneuse à houblon une bonne partie de cette sainte journée haranguait les noctambules.
Et puisque j'avais rien de mieux à faire, j'ai remonté mon col - un putain de vent glacé glissait le long des rues de Liverpool depuis les docks pour vous lécher l'échine avec insistance - et j'ai écouté.

Selon lui, les Beatles, n'étaient pas le plus grand groupe de pop music du monde mais un putain de groupe de super-héros connu sous le nom de The Mates.


Rien que ça, bon faut dire qu'il savait tenir son auditoire le gus, c'est pourtant pas les distractions qui manquaient aux abords du troquet, entre les groupes de japonais ou d'italiens qui rejouaient les tubes des Fab Four ou les filles fringuées comme à Ibiza, la concurrence était rude.
Ibiza
!
Je sais pas où va le monde mais j'espère que c'est pas à Ibiza, donner un nom de bagnole à une île, sont forts ces promoteurs.

Mais Archie Sugg est une figure du Liverpool nocturne et interlope, un scouser, un autochtone quoi !
Un ancien reporter de la BBC tombé en disgrâce réduit à vivoter en faisant des piges, et quand la marée est trop fort il grimpe sur sa caisse à houblon et régale la cantonade avec des histoires toutes plus incroyables les unes que les autres.

Cette nuit, c'est l'histoire d'un groupe de super-héros The Mates qui mène une vie très drogue, sexe et rock'n'roll et dont le parcours épouse point par point les grandes étapes vécues par les Beatles.

Jusqu'au célèbre Bed-in de Yoko Ono et John Lennon.




Si ce n'est que The Mates affronte qui des robots, qui des aliens en guise de concert.

De retour à l'intérieur du bar, mon abnégation à des limites, j'en ai appris un peu plus sur l'affaire.

On dit que le propre fils de Sugg, Nick Mansfield projette à l'instigation de la productrice Ethel Rotstein un documentaire sur les élucubrations de son paternel, à qui il voue pas mal de rancœur soit dit en passant. Il faut dire qu'Archie Sugg a plutôt brillé par son absence durant la jeunesse du jeune Nick. Classique !
On murmure d'ailleurs ici, que la progéniture va régler ses comptes avec le vieux et tenter pour le coup de se remettre en selle côté cinoche, faut dire que depuis Kiss Me son parcours ressemble plus à une traversée du désert qu'à un long et langoureux baiser avec Hollywwod.



Bon c'est pas à moi de le dire étant donné que je m'y connais plus en carburant qu'en clitoris, mais si cette histoire finit par se faire je pense qu'il y a matière à passer un bon moment, ouais !
Pas comme l'histoire de ce type que m'a racontée ce vieux roublard de Constantine.

Le type débarque en Enfer en tirant une gueule de six pieds de long.

Satan qui passe par là l'interpelle : Salut toi ! Pourquoi tu fais la gueule ?

Le type : Bin, premièrement je suis mort et deuxièmement je suis en Enfer. Y a pas de quoi se réjouir, non ?

Satan : Ça dépend, tu sais c'est pas mal ici ... Tu fumes ?

Le mec : Bin ouais !

Satan : Alors tu vas aimer les lundis, parce que les lundis on fume toute la journée, des cigares maousses costos, des clopes à gogo, sans angoisse du cancer ... remarque c'est normal, t'es déjà mort !

Le mec : Ah ouais, pas mal !

Satan : Tu bois ?

Le mec : Bien sur ...

Satan : Alors tu vas aimer les mardis, ce jour-là on picole du pinard, de la bière, de la vodka, tout ! Pas de soucis avec la cirrhose ... t'es déjà mort !

Le mec : Ah ouais, pas mal comme début de semaine ...

Satan : Et t'as pas tout vu, la bouffes tu aimes ?

Le mec : Je baffre comme un porc.

Satan : Tant mieux parce que les mercredis on s'empiffre de la barbaque bien grasse, des tonnes de desserts, du fromage qui pue, sans se soucier du cholestérol. Facile, t'es déjà mort !

Le mec : De mieux en mieux, mon pote.

Satan : Et la dope, t'en es ?

Le mec : Régulièrement.

Satan : Alors les jeudis c'est pour toi, on a tout l'herbe et toute la poudre dont on puisse rêver, et pas d'overdose à l'horizon... hein pourquoi, parce t'es déjà mort !

Le mec : Yes ! Je croyais pas que l'Enfer c'était si groovy ...

Satan : T'es pédé ?

Le mec : Non ... Pourquoi ?

Satan : Ouuuuuuhhhlala, alors tu vas pas aimer les vendredis toi ...







Souriez !

mercredi 28 octobre 2009

Marvel Boy



... Lorsque Grant Morrison débarque sur la Terre 616, il ne se contente pas de prendre en main la destinée d'une partie de l'écurie mutante, il crée un personnage de son cru : Noh-Varr.
Pour Morrison il manquait à Marvel un "héros marginal et rebelle" dans le genre du prince Namor des années 40. Cependant le but du scénariste n'est pas d'imiter ce qui se faisait avant mais nous dit-on, "de préparer les comics pour un avenir meilleur" et ce faisant de s'engouffrer dans le nouveau millénaire qui s'annonce alors.

Mais en y regardant de plus prés il apparait que Grant Morrison dont on connais le goût pour la chose (Cf. Animal man ou Les Invisibles), s'est en partie inspiré de sa propre vie au moment où il élaborait son scénario.

Noh-Varr est un jeune Kree d'un univers parallèle - il vient de la planète Hala - dont le vaisseau s'écrase sur Terre (enfin sur une Terre). Il est capturé par celui qui est en partie responsable de cet accident le Dr Midas.
Ce dernier projette "de le disséquer, de vendre ses restes à des experts en anatomie alien" et de réserver le même sort à son vaisseau et aux armes qu'il contient.
Midas qui porte une ancienne armure d'Iron Man s'est volontairement exposé à des radiations cosmiques et depuis, tout ce qu'il touche se change en or : "je tourne tout à mon avantage" dit-il à Noh-Varr.

Apparté 1 : Il n'échappe à personne que c'est à partir du lancement des Fantastic Four que la maison d'édition Marvel commence son ascension. Les Fantastic Four qui ont été irradiés par des rayons cosmiques.


Le jeune Noh-Varr réussi pourtant à s'enfuir - grâce à des facultés hors-normes : son ADN a été modifié par l'adjonction de cellules de cafard ce qui a eu pour résultat de le doter d'une force, d'une rapidité et d'une résistance surhumaines ainsi que de lui donner le plaisir de se nourrir d'ordures.


Dans sa fuite il devra faire face au S.H.I.E.L.D et aux Bannerman, des clones du super-soldat (alias Captain America), heureusement il sera aidé par Plex ( Intelligence Plex) l'équivalent de l'Intelligence Suprême sur la Terre 616, c'est-à-dire la réunion de tous les esprits Kree. À ceci prés que Plex est une entité atteinte du trouble de la personnalité multiple (un thème récurrent chez Morrison).

Aparté 2 : Dans le deuxième épisode, Morrison qui s'est plaint au moment de la sortie du film Matrix que les scénaristes, les frères Wachcowski s'étaient beaucoup (trop ?) inspiré de sa propre série Les Invisibles règle ses comptes, si l'on peut dire :

À ce moment du récit, Plex manipule les esprits des humains : Nous manipulons les foules comme un seul organisme. Leur esprit.. est connecté au niveau primaire. Ils iront où l'Omni-onde les pousse. Ils feront ce qu'elle veut.

Aller voir Matrix par exemple
Or donc comme de juste Noh-Varr met la pâté aux clones de Steve Rogers (aka Captain America) et pour fêter ça, se goinfre d'ordures.

L'épisode numéro 3 surprend un peu en ce sens qu'il ne poursuit pas sur les velléités de Midas à s'emparer du jeune Kree mais oppose ce dernier à un nouvel ennemi : Hexus.



Si le lecteur avait des doutes sur le propos de Morrison, cet épisode va les lui faire disparaître.

Hexus était stocké dans le Marvel, oui le vaisseau à bord duquel voyageait Noh-Varr s'appelle Marvel : Il est invisible, intouchable. C'est une idée. Vivante. Explique Plex à son jeune protégé. Il était emprisonné dans des cachots conceptuels là où nous enfermons les idées les plus dangereuses rencontrées au cours de nos voyages, comme Idealus, l'homme fictionnel.
Hexus est un parasite féroce qui s'adapte rapidement aux dessins du monde qu'il a pris pour cible. Il montre aux gens ce qu'ils veulent voir, il les hypnotise grâce à des techniques publicitaires sophistiquées. Il se duplique à l'infini.

Aparté 4 : Nous reconnaissons ici le discours du créateur en but aux diktats des décideurs en "costume cravate", rétifs à toute innovation. Cependant Morrison met aussi (et surtout) en scène un concept proposé par Richard Dawkins à la fin des années 70 : le mème.

Le comportement d'un organisme peut-être modifié en agissant sur les gènes ou socialement par imitation, de là découle la mèmetique ou science de la culture. La mèmetique est une grille de lecture qui applique la théorie de l'évolution à la culture. Le gène est remplacé par le mème ou "unité d'information". Deux différences majeures entre le gène et le mème : ce dernier évolue extrêmement rapidement et cette évolution repose massivement sur la modification (plutôt que sur la sélection). Une sorte de modèle "lamarckien".

S'y ajoute l'idée de "lavage de cerveau" expression créée par le journaliste Edward Hunter d'où découlera la "persuasion clandestine" de Vance Packard. Ainsi le mème "lavage de cerveau" issu de la "guerre froide" est en provenance directe de Corée devient sur le sol américain "la persuasion clandestine" devenant 50 ans plus tard le "marketing viral".
Morrison
utilise un mème pour illustrer le mème.
Bien sûr le jeune Noh-Varr botte le cul d'Hexus, juste à temps pour reprendre avec Midas ou plutôt sa fille, Oubliette.


Afin d'échapper à la jeune femme Noh-Varr prend le volant d'un bus, clin d'œil évident à sa propre série Les Invisibles (encore !)Morrison fait dire à l'un de ses personnages "Speed parle de l'évolution humaine c'est évident, le car c'est le monde et dedans il y a toutes les nationalités, le chauffeur conduit le monde à l'apocalypse, pendant que les gens s'engueulent".


On peut aussi voir la série Marvel Boy comme une métaphore de l'arrivée de Morrison chez l'éditeur Marvel.

Morrison a-t-il chamboulé le status quo ? Les comic books sont-ils devenus différents après son passage, du moins les comics Marvel ?



Bon c'est pas tout ça mais écrire ne fait pas cuire le riz, et n'oubliez pas qu'un livre ne renferme pas plus la vérité qu'une horloge le temps.

Harley Quinn

mardi 27 octobre 2009

Dodgem Logic




... Le magazine Mustard (dont je viens de recevoir le numéro consacré en grande partie à Alan Moore) a réalisé un entretien avec ce dernier au sujet du magazine qu'il va lancer Dodgem Logic :

Okay, first question: what does the title Dodgem Logic mean?

I first used the name Dodgem Logic on a fanzine that I attempted to do back in 1975, when I was in my early 20s. To be honest it doesn’t really mean anything specific, it’s just suggestive of what we’re going for. On the first issue we’ve used the tagline ‘colliding ideas to see what happens’, which is as much of an agenda as you’re going to get from us. It’s the idea that, if we just connect all these various diverse people and enterprises that we’re in touch with, then there might be something quite lovely and extraordinary come out of the interaction.

We want to provide something that is going to illuminate the rather dismal times that we are currently going through – and which I tend to suspect will be getting a lot worse – as well as giving people some practical information. Whether that’s under the rubric of our recipe pages, DIY clothing pages, articles on squatting or the more political articles. To keep people informed in a way the conventional media doesn’t do anymore.




Pour lire l'entretien c'est ici.

Farscape



... J'ai reçu il y a peu le Farscape Vol.1 en version hardcover, et je viens de le commencer.

Je dois dire que j'avais une certaine appréhension compte tenu de mon sentiment à l'égard de la série télévisée, l'une (sinon la) des meilleurs séries qu'il m'a été donné de regarder, tout genre confondu ; d'autant que les novélisations ou les adaptations en bandes dessinées d'œuvres cinématographiques ou télévisuelles que j'aie pu lire ne m'ont pas laissées un souvenirs impérissable ; c'est peu de le dire.

Dans le cas présent s'ajoute bien sûr l'obstacle de devoir dessiner les personnages à l'image de leur modèle de chair et de charme.


Or donc, il appert après quelques pages que le pari semble sinon gagné du moins en bonne voie de l'être.

Si les dessins sont certes un peu raides, les dialogues sont tout à fait dans le ton de la série. Pour tout dire j'avais, en lisant, l'impression d'entendre Rygel, Crichton ou Aeryn parler.

Autre belle surprise, le recueil commence exactement là où s'est terminé le dernier épisode, drad non !
Donc, a priori, en attendant d'hypothétiques webisodes, il est possible de continuer de suivre les aventures de Moya et de son équipage en ayant les mêmes qualités d'écriture qu'avec la série télévisée sans toutefois, retrouver pleinement le charme de certains des personnages.




Let's go for rock 'n' roll ....

Passe-moi l'éponge

FlashForward S01 E04

L'avenir nous tourmente,
le passé nous retient,
c'est pour ça que le présent nous échappe.

Gustave Flaubert





Black Swan
/ Le Cygne Noir

Le Cygne Noir ou La puissance de l'imprévisible - Nassim Nicholas Taleb

[..] Ce que nous appelons ici "Cygne Noir" (avec un "c" et un "n" majuscules) est un événement qui présente les trois caractéristiques suivantes : premièrement, il s'agit d'une aberration ; de fait, il se situe en dehors du cadre de nos attentes ordinaires, car rien dans le passé n'indique de façon convaincante qu'il ait des chances de se produire. Deuxièmement, son impact est extrêmement fort. Troisièmement en dépit de son statut d'aberration, notre nature humaine nous pousse à élaborer après coup des explications concernant sa survenue, le rendant ainsi explicable et prévisible. [..]
Dans la logique du Cygne Noir, ce que l'on ne sait pas compte beaucoup plus que ce que l'on sait. [..] notre environnement moderne [..] est beaucoup est de plus en plus récursif ("Récursif" signifie ici que le monde dans lequel nous vivons présente un nombre croissant de boucles de retour d'information, qui font que les événements engendrent d'autres événements [..] arbitraires et imprédictible à l'échelle de la planète [..]) [..] dans cet essai (personnel), j'ose affirmer, envers et contre nombre de nos habitudes de pensée, que notre monde est dominé par l'extrême, l'inconnu et le très improbable (improbable selon notre connaissance actuelle) - et pendant ce temps, nous ne cessons de nous livrer à des bavardages inutiles et nous focaliser sur le connu et le répété : D'où la nécessité de prendre l'événement extrême comme point de départ, non de le considérer comme une exception à considérer pour quantité négligeable [..]

Traduction de Christine Rimoldy avec la collaboration de l'auteur - Editions Paris Les Belles Lettres


... Jusqu'à maintenant la série télévisée FlashForward tient ses promesses, les personnages deviennent de plus en plus attachants, les rebondissements sont plutôt bien gérer et surtout chaque épisode réserve sont lot de surprises sans pour cela que ce soit l'overdose.


Reste à voir sur le long terme ...

lundi 26 octobre 2009

Au nom de la loi

... Si les disques durent, les sciences occultent mais si on ne peut changer les choses on peut toujours changer de sujet. Ouais, j'ai appris ça au Pôle Nord.
C'est donc dans cet état d'esprit que j'aie fais une découverte pas piquée des hannetons pas plus tard qu'hier.

Mais ne précipitons pas les choses ....


En regardant après de nombreuses années de continence une épisode de la série télévisée Au non de la loi, il m'est apparu que toute la vérité ne nous avait pas été dite à son sujet.


Rappelez-vous, Josh Randall un jeune chasseur de primes - activité toujours parfaitement légale au États-Unis encore de nos jours - parcours l'Ouest armé de sa célèbre "patte de jument" (mare's leg) - c'est parait-il McQueen lui-même qui aurait eu l'idée de proposer que l'on invente une arme qui distingue son personnage des autres cow-boys - en chassant les malfaisants qu'il ramène "mort ou vif".




Un choix judicieux, quiconque a vu cette série télévisée ne peut pas avoir oublié cette winchester modèle 1892 dont on a coupé la crosse et le canon. N'est-ce pas !

Je me rappel d'ailleurs avoir eu moi-même une telle arme, en plastique cela va de soi.

Notons au passage que dans cette épisode l'un des malfaisants est interprété par Michael Landon.
Cette chasse à l'homme lui aura d'ailleurs été profitable puisqu'ensuite nous le verrons arpenter les allées du Droit Chemin sans faiblir.




En moins de 25 minutes l'épisode Deux sinon rien (S01-E01) réussi le tour de force d'une part d'encore bien tenir la route aujourd'hui et, tout en étant rondement mené -format oblige - de ne pas négliger de bien caractériser aussi bien le "héros" Josh Randall que les personnages secondaires tel le médecin par exemple, qui fait une brève mais savoureuse apparition.



D'une certaine manière on peut imputer à la qualité de cette série de nous avoir aveugler pendant tant d'années.

Car Au nom de la loi n'est pas une série télévisée comme les autres, elle est l'un des premiers programme de téléréalité et surtout le premier en provenance d'un monde parallèle.
Oui vous avez bien lu, d'un autre monde.

J'en veux pour preuve l'utilisation par Randall ( McQueen est en fait le double de Randall chez nous) de cette pelle-bêche pliante connue chez nous sous le nom de "pelle U.S".



Comme on peut le constater, sur le monde de Randall la pelle U.S fait partie de l'attirail courant de l'autochtone à la fin des années 1860.
Alors que sur "notre" terre, elle n'apparaît qu'aux alentours de 1943 avec l'arrivée des premiers américains en Europe.

Bien ceci étant dit veuillez noter le problème du jour :

Si une poule et demie pond un œuf et demi en un jour et demi, combine de temps faudra-t-il à un singe ayant une jambe de bois pour retirer tous les pépins d'un fenouil conservé dans le vinaigre ?

Je ramasse les copies dans vingt minutes. C'est parti !