lundi 28 février 2011

Nu descendant un escalier



... L'émission Palettes d'Alain Jaubert est vraiment une émission formidable. Par exemple je viens de revoir celle consacrée au tableau de Marcel Duchamp : Nu descendant un escalier

Si celui-ci fait l'objet d'une étude picturale fort ludique (l'aspect ludique est l'un des points fort de l'émission), Alain Jaubert n'oublie pas d'inscrire la toile dans son époque (l'épistémé), et de faire feu de tout bois  quant à son analyse ; ou autrement dit de proposer une véritable leçon de nexialisme ...

NEXIALISME

Le nexialisme est une approche globale, adoptant plusieurs points de vue, et utilisant toutes les branches de la connaissance afin d'obtenir des solutions originales.

Ce terme a été inventé par A. E. Van Vogt.

Cette approche n'a rien d'étonnant si l'on s'intéresse au parcours d'Alain Jaubert tour à tour marin, journaliste scientifique, chroniqueur musical, enseignant ou encore réalisateur de documentaires.

Fusil photographique
Ainsi ce n'est pas seulement la place du nu dans la peinture, ou la représentation du mouvement (où sont cité en images des illustrateurs de bande dessinée) dans la peinture, c'est aussi  Étienne-Jules Marey ou encore Edward Muybridge qui sont évoqués (et leurs travaux sur la décomposition abstraite du mouvement). Ou encore Gaston de Pawlowski et son Voyage au pays de la quatrième dimension.

[..] Ces débuts dans la découverte de la quatrième dimension furent, pour moi, particulièrement pénibles. Ils se trouvaient, en effet, en contradiction directe avec les notions géométriques, pleines de logique et de bon sens, qui m'étaient familières. [..] Dans notre intelligence, il n'y a point, à proprement parler, de musique, de peinture ou de littérature. [..] Il semble difficile, en conséquence, d'avoir une sensation d'art complète si nous négligeons d'examiner le sujet que nous étudions sous toutes ses faces, [...].
... or, parmi les constructions architecturales qui symbolisent le meiux nos idées, rien n'est plus séduisant, plus compliqué cependant, sous son apparente simplicité, que l'établissement d'un escalier. [...]

Voyage au pays de la quatrième dimension
Gaston de Pawlowski Éd. Denoël


Tout cela est dispensé avec humour (qualité qui ne semble pas faire défaut à Marcel Duchamp non plus) et de façon tout à fait intelligible dans un format et sous une forme qui de fait n'autorisent pas l'ennui, elle est pas belle la vie !?

Fantomas ?

dimanche 27 février 2011

samedi 26 février 2011

Marvel Universe

L'univers n'est pas seulement plus bizarre 
que nous ne l'imaginons, 
il est plus bizarre que tout ce que nous pouvons imaginer.

J.B.S Haldane



... Nouveau numéro de l'anthologie Marvel Universe qui regroupe deux aventures des Gardiens de la Galaxie, le prologue de Realm of Kings (le nouveau crossover cosmique made in DnA), une aventure ayant la Garde Impériale  Shi'ar comme protagoniste principal, une autre où ce sont les Inhumains qui occupent cette place, et enfin une aventure de Nova.

[..] Mettant un point de suspension là où Poe plaçait un point final, la mort n'est plus une fin mais une transition (pour Lovecraft). Une porte entrouverte non sur un au-delà délimité au cordeau par les croyances traditionnelles mais un ailleurs inexploré, infiniment plus redoutable. Dans cet ailleurs et dans le pouvoir des forces qui le peuplent, résident les sources de la peur. Loin d'arrêter le déploiement, la disparition physique de quelques comparses, au contraire, le facilite. C'est en assimilant la substance de ces disparus que les forces inconnue peuvent pénétrer sur la terre et en préparer la conquêtes [..]

Francis Lacassin
Lovecraft et les trous dans la toile peinte
in Les Cahiers de l'Herne
Si la qualité des séries cosmiques de l'éditeur étasunien  Marvel n'est plus à faire il n'en demeure pas moins que le prologue de cette nouvelle aventure  (Realm of Kings) est tout bonnement époustouflant.


Elle met au premier plan Quasar transformé en pure énergie quantique après avoir été tué, parti explorer l'Abîme "une immense fissure dans l'espace-temps provoquée par l'explosion de la bombe tératogène qui a mis fin à la guerre entre Krees et Shi'ars" (voir épisodes précedents).

L'histoire est l'onde de choc de l'eschatologie. 
Il y a quelque chose à l'autre bout du temps 
qui projette une ombre énorme sur toute l'histoire humaine.
Terence McKenna

Ce qu'il va y rencontrer a déjà fait l'objet de plusieurs études antérieures et l'un des plus célèbres érudits ayant fait part de ses recherches n'est autre qu'Howard Phillips Lovecraft. C'est d'ailleurs à son instigation qu'un jeune poète Robert Blake viendra séjourner à Providence, Blake dont le journal mentionne déjà un Trapézohèdre (ou Trapezohedron dans la langue de monsieur Lovecraft).
Bien qu'en ce qui concerne Blake il s'agit d'un "polyèdre presque noir, strié de rouge, présentant plusieurs surfaces plates irrégulières. Ce devait être un cristal vraiment remarquable [..]" (source), la coïncidence est notable en regard de l'endroit où séjournera contre son gré Quasar.

Or donc, un autre élément en faveur des thèses déjà développées par H.P Lovecraft concerne l'odeur de la chose que va rencontrer Quasar et qui semble caractériser les Anciens "terme [..] employé de façon assez indiscriminée, voire confuse, pour tous les êtres antérieurs à l'humanité [..]" tel que Yog-Sothoth ou encore Cthulhu (Pour en savoir plus lire Les nombreuses vies de CTHULHU de Patrick Marcel). Ou encore l'interjection utilisée par la simili-Miss Marvel de l'Abîme : FTAGHN.

Une simili-Miss Marvel entourée d'une équipe qui ressemble beaucoup aux Vengeurs de la Terre 616 ....

... Et là je dis chapeau !  
Dan Abnett et Andy Lanning (DnA) réalise ce que j'appellerai un coup de maître, c'est d'une telle évidence que je me demande pourquoi cela n'a pas déjà été fait ( d'ailleurs cela l'a peut-être été ?), transformer l'étoile de Captain America en pentacle.

Brillant. 
En tout état de cause je trouve ce prologue tout simplement excellent (ce n'est déjà pas si mal [-_ô]).


La nouvelle d'Howard Phillips Lovecraft a fait l'objet de plusieurs adaptations en bande dessinée dont celle de  Ron Goulart & Gene Colan paru dans sa version française dans l'Inattendu.


vendredi 25 février 2011

L'autre Dumas

... Une rencontre décisive a eu lieu dans le milieu des lettres françaises au 19ième siècle, celle d'Auguste Maquet et d'Alexandre Dumas.


L'autre Dumas s'y intéresse à la manière d'un "What if .." ; et si Auguste Maquet étouffé par Dumas, dans une période d'intense labeur (la rédaction du Vicomte de  Bragelonne & la transposition du Comte Monte-Cristo au théâtre), avait été contraint d'endosser l'identité de l'illustre écrivain.



On le sait, évoquer Alexandre Dumas c'est fatalement convoquer ses "nègres" dont le plus illustre justement n'est autre que Maquet (comme le rappelle Claude Schopp au micro de Patrice Gélinet).


Cependant le film de Safy Nebbou a la bonne idée de faire de la relation des deux hommes, certes la toile de fond de l'histoire (et d'une certaine façon son moteur) mais en lui donnant de l'ampleur.

L'autre Dumas c'est du vaudeville, des quiproquos et des barbouzeries formidablement interprétés ; le tout mâtiné de situations romanesques qui évoquent les propres romans du duo. Excellent !



Si le mot de la fin (c'est le cas de le dire) est laissé à Auguste Maquet, il n'en demeure pas moi que ce film donne à la collaboration des deux hommes une structure plutôt élégante, et par ailleurs non-aristotélicienne.


1 + 1 = 3


Cette collaboration apparaît comme une somme mathématique non-additive. William Burroughs et Brion Gysin ont appelé ce phénomène le "tiers-esprit" (the third mind) :

Gysin : ... Lorsque vous associez deux esprits ..

Burroughs : ... Il y a toujours un tiers-esprit ..

Gysin : .. Un tiers-esprit supérieur ....

Burroughs : .. Comme un collaborateur invisible.

Œuvres croisées


C'est du moins que j'ai compris de cet excellent film. Bravo !

jeudi 24 février 2011

mercredi 23 février 2011

World's End & Rule Britannia

... World's End débute après les événements racontés dans les deux crossovers successifs intitulés Wildstorm : Revelations et Numbers of the Beast (que par ailleurs je n'ai pas lus).
Le Porteur, le vaisseau et quartier général d'Authority qui navigue dans la Plaie, cet espace entre les univers (parallèles)  s'est écrasé sur Londres, créant ainsi un nuage de poussières géant et une impulsion électromagnétique. Ces deux événements s'ils ont mis sur la touche au moins deux membres de l'équipe, ont aussi plongé la population de la capitale anglaise dans un monde post-apocalyptique qui n'a rien à envier à celui de Mad Max
Si l'idée de départ n'a rien de géniale, ni d'innovante elle a au moins le mérite d'être sérieusement envisagée.
Tout d'abord sous son aspect graphique ; Simon Coleby et Carrie Strachan livrent des planches au travers  desquelles l'atmosphère oppressante et l'ambiance qui règne au sein des survivants imprègnent le lecteur lui-même (du moins ça été mon cas).
Côté scénario Andy Lanning et Dan Abnett (surnommés DnA) réussissent encore une fois à tirer leur épingle du jeu : action, humour noir, sans oublier qu'ils vérifient l'adage qui veut que quand on n'a pas de pétrole on a des idées.
Warhol Fever
En outre, les scénaristes ont la bonne idée de semer quelques sous-intrigues  tout au long de leur run, des subplot qu'ils vont développer parallèlement à l'intrigue principale et qui vont agir "en tiroir" .... (si je peux utiliser une métaphore militaire).
Ce type de scénario est ce qu'on appelle un scénario modulaire et si c'est très courant, c'est surtout efficace.
Nous ne sommes pas ici dans une succession d'aventures ponctuelles et isolées les unes des autres, mais plutôt dans une vaste fresque ; où cependant le lecteur ne se prend pas les pieds dans le tapis.

... Le recueil suivant, Rule Britannia regroupe quant à lui les numéro 8 à 17 de la série et convoque quelques connaissances de l'Authority des origines, autrement dit celle de Warren Ellis et Bryan Hitch. 
Situation somme toute naturelle puisque les deux auteurs ont un humour  (et un sens de l'action) guère éloigné de celui qu'Ellis avait sur cette série à ses débuts.
Utilisation intelligente des facultés des uns et des autres, avec de belles extrapolations, DnA (le surnom d'Abnett & Lanning donc) laisse la bride sur le cou de leur imagination et fouette cocher .... 
Un seul regret toutefois, que les deux scénaristes laissent la place assez vite finalement (au 18ième numéro) pour à l'époque rallier les couleurs de la Maison des Idées, un regret tempéré néanmoins par le romantisme de la dernière page.

Si toutes les intrigues en cours n'ont pas été résolues à la fin de leur run cela ne laisse pas vraiment de sentiment de frustration (hormis celui de voir une belle paire de scénaristes se faire la belle).

Alors vous l'avez compris j'ai pour ce duo de scénaristes une certaine dilection, et vous ?

mardi 22 février 2011

Forbrydelsen


... Forbrydelsen est le titre original de la série télévisée intitulée The Killing (programmée sur ARTE), rien de telle qu'une bonne traduction en matière télévisuelle pour faire la différence.
Sinon en utilisant un traducteur automatique il semblerait que ce mot danois veuille dire "crime" en français ; ce qui est plutôt bien vu puisque les vingt épisodes de cette série ont pour thème une enquête suite justement à un  meurtre, celui d'une jeune femme.

Une enquête sur fond de campagne électorale pour le poste de maire de la ville de Copenhague où il apparait que si le pouvoir corrompt, vouloir y accéder aussi.

En outre, si lors d'une bonne partie de la série plusieurs suspects ont occupé une place dans mon collimateur, j'en suis arrivé au moment où le téléspectateur connaît  (?) le meurtrier avant la police. Et cette nouvelle position sur l'échiquier de l'enquête n'est pas plus enviable, d'autant que Sarah Lund & Jan Meyer les deux enquêteurs continuent de faire des ravages collatérales en suivant ce qui semble être de fausses pistes (?).

Suspense garanti !




(À suivre...)

lundi 21 février 2011

dimanche 20 février 2011

Young Justice



... Décidément le dessin animé est un média de choix quand il s'agit d'incarner des super-héros dans la 3ième dimension. 
Or donc les jeunes partenaires des plus puissants membres de la Ligue de Justice d'Amérique se voient donner l'autorisation de pénétrer dans le saint des saints : le sanctuaire de leurs glorieux ainés. Cependant alors qu'ils partagent à titre individuel les dangers qu'affrontent leur mentor respectif, on ne leur offre qu'un strapontin au sein de l'équipe.


Ce qui n'est pas du goût de tout le monde.

Un double épisode très réussi, où le dynamisme des situations est soutenu par un scénario solide et une belle caractérisation des personnages, je ne me suis pas ennuyé une seconde. C'est vif, amusant et captivant ; un chouette début si vous voulez mon avis !

 

samedi 19 février 2011

$ Heroes For Hire $


... Heroes for Hire (autrement dit Héros à Louer) la nouvelle série (basée sur un concept déjà ancien) de Dan Abnett & Andy Lanning déchire "grave sa race". Si le scénario semble extrêmement solide, c'est toutefois la gestion des relations entre les personnages et le rythme des épisodes qui sautent aux yeux. Ces deux éléments sont largement mis en valeur par des dialogues particulièrement brillants & fluides.


Si chacun des numéros délivre son lot de surprises, chaque numéro se termine également sur un rebondissement du tonnerre : dés la première aventure j'étais ferré.


L'autre point fort c'est d'intégrer dans le Marvel Univers cette histoire de mercenaires urbains. Si on trafique des armes, de la drogue ou du pain de fesse  ce n'est jamais ce que cela semble être de prime abord.


L'autre intérêt de la série en ce qui me concerne est de mettre en avant Paladin un personnage que je connaissais pas mais qui me plaît beaucoup. 

Bref de l'action, du suspense, des surprises, des dialogues vivants ; en trois numéros (pour l'instant) Abnett & Lanning, sans oublier Brad Walker et Andrew Hennessy (qui nous livrent des planches très dynamiques mais toujours lisibles) créent encore une fois (après les séries cosmiques chez le même éditeur) l'une des meilleurs séries mensuelles du moment.


vendredi 18 février 2011