vendredi 29 avril 2011

Mister Frost


... C'est  la lecture de la réaction de Philippe Setbon consécutive à sa découverte de la présence de son film dans La Caverne des Introuvables qui m'a donné envie de voir Mister Frost.
Je connais Philippe Setbon essentiellement à travers trois de ses romans : Fou de coudre, Desolata et Mangeur d'âmes. Des romans dont je garde un très bon souvenir. Bref tout ça pour dire que j'avais un a priori positif avant de commencer de voir Mister Frost. Ajoutez que l'on y retrouve Jeff Goldblum, un acteur que j'aime bien ; et vous voyez que tout cela démarre sous les meilleurs auspices.


... Dans son ouvrage Mythe & Super-Héros Alex Nikolavitch consacre un chapitre au mystère des origines des super-héros costumés ..

[...]
Réitérer le mythe, c'est assurer la pérennité de la culture d'un peuple, la pérennité de l'ordre sur lequel repose sa société et, in fine, la pérennité du monde lui-même (certains peuples aborigènes d'Australie avaient poussé très loin ce principe : si le mythe de création n'est pas redit régulièrement, le monde lui-même finit par l'oublier et, ce faisant par perdre son identité propre et se déliter). [..]
Mythe & Super-HérosLes Moutons Électriques, éditeur 

Cette citation est peu ou prou le résumé de Mister Frost, à cela s'ajoute une ambiance, une atmosphère qui sème le doute dans l'esprit du spectateur, à l'instar de l'esprit des protagonistes d'ailleurs, enfin pour ceux qui ne l'ont pas égaré.


Mister Frost n'a eu de cesse de m'évoquer un autre excellent film évoluant dans le même registre : Rendez-vous avec la Peur de Jacques Tourneur (1957), j'y ai retrouvé les mêmes impressions, les mêmes sentiments ; et la même satisfaction d'avoir assisté à la projection un excellent film.

Et vous ?

jeudi 28 avril 2011

Marvel Universe n° 26

... C'est toujours un sommaire réussi que nous propose le bimestriel MARVEL UNIVERSE sous l'égide des deux compères Andy Lanning & Dan Abnett. 


 
... Les nouveaux Gardiens de la Galaxie dignes successeurs de la précédente équipe, à laquelle Abnett & Lanning ont su rendre hommage, poursuivent leurs captivantes aventures ; artistiquement proposées avec talent par Walker, Olazaba & Quintana. Dans les deux épisodes de la revue la présence de Lovecraft est palpable me semble-t-il, et la complicité des lecteurs cinéphiles est amicalement invoquée sans parasiter l'histoire à proprement dit. Bravo !

Les Gardiens de la galaxie 1ere "mouture"
Suit une sympathique aventure des Inhumains, qui ne semble être qu'un prélude.

L'un des aspects les plus réjouissants du versant cosmique de l'univers Marvel que chapeaute notre duo, est qu'il ne néglige pas l'angle politique des affrontements cosmiques qu'il met en scène.

THÉORIE


                                                                                     
Vous l'aviez probablement déjà décelé, mais en ce qui me concerne c'est en réécoutant l'émission 2000 ans d'histoire consacrée à Sparte que l'idée m'est venue.     
Le peuple des Inhumains partage plusieurs points communs avec Sparte, dont cette population d'esclaves qui se nomment à Sparte Hilotes et primitifs alpha à Attilan. Ou encore cet eugénisme spartiate que l'on retrouve "inversé" chez les Inhumains avec les brumes tératogènes.                                                                  

... Or donc, laissons les spartiates Inhumains pour évoquer l'aventure de la Garde Impériale qui au demeurant met en scène les Starjammers, célèbrent pirates de l'espace créés par Chris Claremont & Dave Cockrum, qui dans cet épisode auront fort à faire avec un léviathan de l'espace magnifiquement dessiné par Kevin Walker.

Dave Cockrum et les Futurians


... Pour terminer deux aventures de Nova complètent ce sommaire avec le retour d'un personnage que j'aime beaucoup, bien que je ne puisse m'enorgueillir que d'une seule rencontre : à l'occasion de la lecture de la revue Nova des éditions LUG ....


Mais qui est ce puissant personnage ?

Laissons la parole au Condor :

Cliquez
... L'arrivée de Darkhawk & Nova dans l'Abîme cette déchirure spatio-temporelle, a semble-t-il la propriété de fabriquer des synchronicités jusque dans notre propre continuum. Ainsi l'équipe qui se constitue dans ces deux épisodes n'est pas sans me rappeler celle des Vengeurs dans Avengers Forever, série que je suis justement en train de (re)lire.  


"Les lois naturelles de l'univers sont suspendues au sein de l'Abîme." déclare le Sphinx à un moment donné, mais ces lois naturelles de l'univers d'où viennent-elles ?
Je ne suis pas le seul à me heurter à ce mur cognitif, Etienne Klein aussi au micro de La tête au carré



Bref, vous l'avez compris le sommaire de la revue MARVEL UNIVERSE propose un sommaire divertissant et singulièrement exaltant.


Remerciements à Joe Satriani pour l'illustration musicale de ce billet avec son titre : Surfig With the Alien.

mercredi 27 avril 2011

Game of Thrones


... De George R. R. Martin je n'ai lu qu'un seul roman, Armageddon Rag, excellent par ailleurs ; et si j'ai souvent entendu parler de sa saga littéraire Le Trône de Fer, je n'ai pas encore franchit le pas qui m'en ferait devenir le lecteur. 
Cela ne saurait tarder tant j'ai été emballé par le première épisode de la série qui l'adapte pour le petit écran.


Dés les premières images j'ai été fasciné, c'est difficile à expliquer mais cette ambiance hivernale, le rythme donné à l'action, la présence à l'écran des personnages, la musique, le ferraillement des armes, les hennissements des chevaux ; aussi prosaïque que cela paraisse toute cette atmosphère est extrêmement captivante.



... Bon point supplémentaire le charme n'a pas été rompu par le générique qui, si j'ai bien compris annonce l'ampleur de la fresque qui va nous être présentée.
Les décors, les costumes, tout concoure à faire de Game of Thrones une série de premier plan, du moins telle que j'ai pu en juger par cette première heure.
Une heure riche en péripéties, en personnages et en perspectives, en un mot : foisonnante.


Mais voyez plutôt : des seigneurs médiévaux, des apparitions surnaturelles, un nain, des jumeaux, des putains callipyges, des jouvencelles nubiles, des princesses, de farouches guerriers à moitiés sauvages, des complots, des rapports incestueux, des bâtards, etc... 
Une liste riche de potentialités.


Au demeurant, et pour finir sur un lieu commun qui tranche avec cet épisode qui lui ne l'est pas, commun ; or donc disais-je ce premier épisode est une belle leçon (si tant est qu'on l'ait oublié) sur comment naît et perdure une civilisation ; dans le sperme et sang, deux ingrédients qui ne semble pas faire défaut ici.

 (À suivre ....)

mardi 26 avril 2011

Le Bouffon du Roi




... D'abord authentique débile mental, objet de collection des ménageries royales, le Fou de cour devient au fil des siècles, le double du roi, sa contrefaçon grotesque.
... Somptueusement entretenu, il assume la lourde tâche d'égayer le souverain en l'arrachant, sous l'effet du rire, à l'hystérie de la puissance, pour le réintégrer dans l'humanité vraie. Sans cesse à ses côtés, il le traite en intime, le tutoie, le critique, le conseil, le persifle. En toute impunité. Mais surtout - privilège inouï -, il a seul le droit de lui dire la vérité. Il est l'envers du pouvoir, le lieu de l'irrévérence et du désordre, c'est-à-dire aussi le lieu de la fête, avec ses turbulences et ses dérèglements, où se défoulent les pulsion de violence.
... Si l'extrait de la quatrième de couverture de l'ouvrage Le sceptre et la Marotte de Maurice Lever nous rappelle la lourde tâche du Fou de cour, de tache il est aussi question dans Le Bouffon du Roi ..



The Cape ? non .. Le Renard Noir !
... Le Renard Noir (ou peut-être plus exactement le Renart Noir) va, grâce à un concours de circonstances bénéficier d'un auxiliaire imprévu en la personne pour laquelle il a le moins d'estime, du moins sur un plan pratique & guerrier : Hubert Hawkins.


Travestissements, félonies, sorcière, princesse, assassins, quiproquos, sortilèges, romantisme échevelé & des nains à foison sont au programme de cette comédie musicale d'aventure où le destin peut basculer d'un simple claquement de doigts SNAPP !
Pervertissant les règles de la chevalerie, Hawkins sous un déguisement et un nom d'emprunt endosse la défroque du Fou de cours et celui (métaphoriquement parlant) de la pièce d'échec du même nom qu'on assimilait au Moyen Âge à l'espion, ou au voleur enlevant par la ruse les pièces les élevée de la hiérarchie. [..] L'érudit anglais Alexandre Neckam (1157-1217) parle du fou (qu'il nomme Alphicus) comme d'un espion [..]. (ibid)

 
Il est aussi bien évidemment le joker des jeux de cartes (un proche cousin du Mat du Tarot divinatoire), celui qui ..

... brise la logique du jeu : tant qu'il circule, rien n'est jamais acquis, le chaos est embusqué quelque part, [..].
Tout cela au service d'un film particulièrement divertissant et enlevé, un must.




Les deux chansons qui agrémentent ce billet sont, dans l'ordre d'apparition chantées par Gnarls Barkley &; Danny Kaye himself.

lundi 25 avril 2011

Gwangi

... Si vous avez lu la série Avengers Forever vous vous souvenez peut-être qu'une partie des Vengeurs se rend en 1873 dans la bonne ville de Tombstone et qu'au détour d'une rue poussiéreuse apparait un dinosaure ...


Et si .. ?

... Que se serait-il passé si contrairement à ce que laisse entendre Kang, ce denier n'avait pas rendu à l'ère préhistorique ce monstre antédiluvien ?


... Tout cinéphile (nous resterons sur le terrain cinématographique pour plus de commodité dans un premier temps)  ne peut manquer d'établir des rapprochements entre La Vallée de Gwangi et au moins deux œuvres qui lui sont antérieures : Le Monde Perdu (1925) &  King Kong (1933) ; ces trois films exploitent l'irruption dans notre quotidien de ce qu'il est convenu d'appeler (pour rester dans le domaine de l'éthologie [-_ô]) un Cygne Noir
C'est à dire selon Nassim Nicholas Taleb :

Un événement imprévisible qui a une faible probabilité d'arriver mais qui, s'il se réalise a des conséquences considérables et exceptionnelles.
Ici il s'agit de l'apparition à une époque qui ne devrait plus en compter de monstres préhistoriques ou dans le cas de Kong d'un "chaînon manquant", si je puis dire. Or donc cette proximité de La vallée de Gwangi avec ces deux homologues nuit-elle au plaisir que j'ai eu à regarder celui-ci ?

Que nenni, La vallée de Gwangi possède son propre charme tout à fait capable de captiver quiconque veut bien se laisser embarquer sur "l'océan mythique qui baigne notre inconscient collectif" (Lauric Guillaud). 


... Ce n'est ni un haut plateau du Brésil ou encore une île perdue qui va servir de terrain d'exploration mais un coin perdu du côté du Rio Grande au tournant du 19ième siècle, une période que les aficionados appellent encore le Western.


Un Western que je qualifierais cependant de "doux", tant les rugissements de Gwangi surpassent en décibel  et en fréquence les aboiements des six-coups et autres Winchesters, il faut dire que le héros du film est plutôt un Barnum aux petits pieds qu'un pistolero aguerri. Heureusement la jeune héroïne est du genre à mener sa barque contre vents et maris (potentiels), une femme de tempérament qui ne s'en laisse pas compter.

 
Science sans conscience ...
 
... C'est d'un côté l'appât du gain et l'autre celui de la renommé scientifique qui va précipiter la chute de la Vallée Interdite, et ce malgré les avertissements de la brujeria Tia Zorina.


... Vanité et cupidité, deux péchés capitaux qui vont provoquer la Chute ; où le Jardin d'Éden n'est autre que cette Vallée Interdite et Gwangi celui qui va devoir expier nos fautes. Car oui vous l'avez dores et déjà deviné La Vallée de Gwangi est aussi un gloubiboulga discordien dans lequel Gwangi l'allosaure remplace King Kong qui est mort pour nos péchés (Cf. Les Principia Discordia)  ... dans un éternel Ragnarök !

KING KONG DIED FOR OURS SINS
On arrive à observer énormément
simplement en regardant.
Yogi Berra

Vous voilà tout dubitatif, que vient faire le Discordianisme dans cette Vallée de Gwangi vous demandez-vous ?


Mais rappelez-vous lorsque la jeune & belle écuyère se précipite avec son cheval Omar dans la piscine elle ouvre de fait, un nouveau "tunnel de réalité" tout comme son illustre prédecessoeur Alice ...  CQFD   FNORD.


Un tunnel de réalité où Gwangi dérobe sans coup férir la vedette (ou plus poétiquement dirais-je : "le feu des stars") à tous les acteurs de chair et de sang de ce très sympathique film, et dont l'étincelle vitale lui est insufflée par nul autre que Ray Harryhausen ; c'est dire s'il n'en manque pas, de vitalité.


Gwangi Forever & joyeuse Pâques !

Merci encore à Patrice Gelinet & à Eddy Mitchell de prêter leur voix à ce billet, sans oublier H & M.

dimanche 24 avril 2011

Les Agents d'Atlas


VENUS des Shocking Blue

... Hier en pleine (re)lecture d'Avengers Forever (1998) j'apprenais en même temps qu'une fraction de l'équipe choisie par Kang, que dans un continuum temporel différent du leur, les Vengeurs était déjà une équipe constituée dés 1959 .. 


Une équipe dont les membres étaient alors : Vénus, 3-D Man, Gorilla-Man, Human Robot  et Marvel Boy.

... En 2006 au début de XXIième siècle, Jeff Parker décide de donner à ce groupe la série qu'il mérite, ce sera Agents of Atlas.
En six numéros le scénariste nous propose la reconstitution de l'équipe en passant par la raison de sa disparition et corolaire, de dévoiler le code d'engendrement qui préside à sa réapparition ; sans oublier de divulguer les origines des uns et des autres.  

Avengers Forever 1998
... La nouvelle équipe prend place à notre époque dans l'univers dit 616, et si l'équipe découverte dans les pages d'Avengers Forever est légèrement remaniée elle garde néanmoins à peu prés la même ossature : seul 3-D Man laisse sa place à un autre personnage (et un nouveau leader apparaît).


... Toute la série est joliment menée, la disparition de l'équipe, le pourquoi de son absence de nos mémoires, les origines des différents protagonistes ; Jeff Parker réussi également à donner des explications crédibles lorsque le destin de personnages qu'il convoque entre en contradiction avec ce qu'on savait d'eux. La diversité des membres de l'équipe est très intéressante et la lecture  de la série offre plusieurs niveaux d'interprétation.

 Ainsi comment ne pas penser au Fantôme du Bengale en prenant connaissance des origines de Gorilla-Man, ou bien à Robert Heinlein lorsqu'il s'agit de connaître l'enfance de Marvel Boy. Sans oublier le nom même du groupe référence à l'un des nombreux noms de la maison d'édition qui deviendra finalement Marvel Comics.  
De même peut-on voir l'ombre de Michel Foucault  et surtout de son concept d'épistémè :
Révélation:
Je rappel que l'épistémé est en quelque sorte le terreau intellectuel d'une époque, celui qui imprègne et façonne les esprits même à leur insu. Or donc lorsque Jimmy Woo est ramené à la vie c'est grâce à "l'empreinte psychique qu'il a laissé dans la mémoire de Marvel Boy. Cette empreinte psychique n'est pas sans analogie avec le monde informatique tel que nous le connaissons : ainsi le reboot d'un ordinateur utilise-t-il une version ultérieure qui n'aura de fait pas les dernières sauvegardes ; à l'image de Jimmy Woo


... Bref tout cela est fort jouissif, sur le papier, car à la lecture de cette aventure en six numéros ne m'a manqué que l'enthousiasme - et sachez que je garde le silence sur de nombreux ingrédients afin de réserver une part de surprise à quiconque voudrait découvrir la première mini-série dont il est question ici - il y a une orchestration (comprenne qui pourra) qui me laisse dubitatif, des personnages qui ont tout pour être attachants et dont le charisme fait défaut (du moins à mes yeux de lecteur), c'est assez paradoxal d'ailleurs de voir tout ces éléments qui me plaisent, réagir à l'instar d'une émulsion.


Une émulsion qui rime un peu avec déception, d'autant que l'aspect artistique est magnifique ; reste qu'il s'agit d'une première aventure et qu'elle va peut-être bénéficier d'une rétro-action positive à la lecture des suivantes. 

(À suivre ... ?)