lundi 26 septembre 2011

Resurrection Man

Resurrection Man #1 (1997)
... Si la mort d'un super-héros a longtemps été une issue que les scénaristes ont soigneusement évitée, les éditeurs découvrent au cours des année 80 (du siècle dernier) que la mort a des vertus ... notamment en termes de vente ! 
Sans parler de la résurrection dudit super-héros mort, elle aussi génératrice de nouveaux revenus (sic)

Ainsi, peu de ceux qui ont eu l'insigne horreur de passer de vie à trépas ne sont pas revenus d'entre les morts. 

... C'est probablement l'orchestration de toutes ces morts suivies d'autant de résurrections en coup médiatique, au détriment des ressorts dramatiques (et nécessaires) qui a donné l'idée au tandem de scénaristes composé de Dan Abnett & d'Andy Lanning (connu sous le surnom de DnA, autrement dit en français : ADN) d'en faire un super-pouvoir. D'autre part, n'oublions pas que cette période (les années 80-90) est celle de l’avènement des super-héros "grimm and gritty" (durs et sombres). 

[..] Mitch Shelley, un amnésique errant, découvre qu'il est doté d'un don pour le moins surprenant : à chaque fois qu'il meurt (sa vie très mouvementée l'amène à rencontrer des gens pas très recommandables), il ressuscite avec un don en relation avec la manière dont il fut tué. Il meurt carbonisé ? Il se réveillera avec un pouvoir pyrotechnique ! On le décapite ? Il revient avec une peau d'acier ! Et vous pouvez faire confiance aux scénaristes [..] pour faire preuve de suffisament de sadisme pour varier les plaisirs. [..] 
Xavier Lancel - SCARCE n° 64 

Or donc, Mitch Shelley (personnage au patronyme programmatique) est-il aussi l'incarnation d'un zeitgeist (Resurrection Man #1 mai 1997 - Resurrection Man #27 août 1999), toutefois cette série principalement dessinée par Butch Guice ne trouvera pas son public, et mourra après 27 numéros. 

Était-il raisonnable de croire qu'un personnage dont le pouvoir est de ressusciter allait laisser sa série enterrée ad vitam æternam

Resurrection Man #1 (2011)
Les plus attentifs de nos lecteurs n'auront pas manqué de voir dans ce personnage l'évocation d'un illustre prédécesseur lui aussi revenu d'entre les morts (pour les plus distraits des lecteurs attentifs : voir la première illustration et celle ci-dessous)



 Bientôt .....

mardi 20 septembre 2011

samedi 17 septembre 2011

Ægypt

... Ægypte de John Crowley est le roman qui débute une tétralogie (dont seulement deux romans ont été traduits) chez Rivage/Fantasy ; publié en 1987 dans sa langue d'origine et traduit en 1996 par Monique Lebailly.
Une traductrice qui n'hésite pas à utiliser les "notes de bas de page" ou N.d.T  ce qui n'est pas pour me déplaire, en étant je dois l'avouer assez friand. 
Pour ce premier tome j'en ai dénombré 115 au total.

Si certaines d'entre elles¹ bénéficieraient d'une "réactualisation" bienvenue telle celle sur Le Rameau d'or de James Frazer qui apparaît ici sous son titre d'origine The Golden Bough, mais rien qui ne vaille de fouetter un plat ou d'en faire un chat ; il apparaît qu'outre leur valeur culturelle indéniable c'est surtout le dialogue qui s'installe entre la traductrice et le lecteur au travers de ces notes qui surprend et captive.

Par exemple : "Il s'agit sans doute d'une des deux constellations, Ursus major ou Ursus minor", sans doute ? Puis, autre exemple : "Taisons-nous comme l'auteur, qui reparlera de Raymond Lulle [..], ce qui nous donnera l'occasion de vous offrir une petite note en bas de page sur ce philosophe " (page 208), ou encore "Il s'agit bien de Dennis la Menace [...]", voire "Peut-être pouvons-nous lui souffler qu'il s'agit de Jimminey la conscience de Pinocchio dans le film de Walt Disney" qui répond à la question que ce pose l'un des personnages du roman. Entonnant non ?!


Ces N.d.T. ne sont pas sans évoquer en ce qui me concerne Raoul Chatigré le chat de Léonard.

... Hormis le plaisir que j'ai pris en lisant ces notes de la traductrice., en y repensant je me suis demandé si la démarche de Monique Lebailly ne participait pas du sujet même du roman de John Crowley. Coïncidence ou évènements confluents² ?

Ainsi alors que je lisais Ægypt j'écoutais en même temps les émissions auxquelles a participées Daniel Arasse historien de l'art (et magnifique orateur) pour France Culture, sans me douter que dans l'une d'entre elles il serait question de l'Art de  mémoire (Ars memoriæ).....



un art auquel John Crowley consacre une large place dans son roman, et dans lequel mais vous l'avez déjà compris en voyant l’illustration de ce billet John Dee apparaît. Un roman écrit par quelqu'un qui s'appelle Crowley. 

... Or donc un roman étonnant qui m'a donné envie d'en lire la suite.


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1. Les leys dont Monique Lebailly précise en N.d.T. "Parcelle laissée en herbe quelques années". Or, il s'agit  ici des ley lines½ ou "lignes de leys" concept théorisé par Alfred Watkins dans les années 20, et repris dans les années 60 par la vague New Age. Si pour Watkins les leys sont des alignements "sur des kilomètres de campagne d'un grand nombre d'objet, ou de sites d'objets, datant de la préhistoire" qui sont "des faits allant au-delà d'une coïncidence accidentelle" le New Age en fera des "lignes de force" ou de "pouvoir" (Cf. Psychogéographie de Merlin Coverly) c'est-à-dire des lignes reliant les lieux de pouvoir spirituel ancien.

1/2. Les ley lines que l'on peut retrouver dans le roman La Forêt des Mythagos de Robert Holdstock (1984), que William Desmond traduit par "levées matricielles" et dans la nouvelle éponyme (1982) traduit par E. C. L. Meistermann par "matrice de guérets" : "Alfred Watkins avait rendu visite à plusieurs reprise à notre père et lui avait montré sur une carte de la région que des lignes droites reliaient les lieux de pouvoir spirituel ancien ; les tumulus, pierres et églises de trois culture différentes. Il appelai ces lignes des guérets et croyait qu'elles existaient en tant que forme d’énergie terrestre passant sous le sol mais influençant ce qui se tenait dessus".

2. Evénements confluents : manifestation de la tendance d'intégration de type a-causal qui paraît les rendre signifiants. Voir Arthur Kœstler les racines du hasard.

vendredi 16 septembre 2011

The Hour



... The Hour, est de ce côté de l'écran une série télévisée britannique et de l'autre côté de cet écran, une émission de télévision de la télévision britannique et plus précisément une émission d'information. Le premier épisode nous raconte la constitution de l'équipe qui va animer The Hour, à la fois celle qui va animer l'émission mais aussi celle qui va animer la série. Concomitamment nous assistons aux prémices de ce qui va probablement devenir l'objet d'une enquête de l'un des journalistes de cette nouvelle équipe ....

  
... Dés ce premier épisode (des six épisodes de la 1er saison) j'ai été captivé : dialogues brillants et enlevés, acteurs particulièrement charismatiques (je suis toujours saisis par la facilité de certains d'entre eux d'exprimer des sentiments simplement grâce à leur langage corporel), aidé en cela par la mise en scène et un découpage diaboliques .... le tout sublimé par une ambiance, une atmosphère (magnifique accompagnement musical) qui restituent avec élégance la fin des années 50 (du moins telles que je m'imaginent qu'elles étaient).

(À suivre ...)

dimanche 11 septembre 2011

ALAN MOORE storyteller



... J'ai reçu cette semaine la biographie d'Alan Moore par Gary Spencer Millidge (qui par ailleurs en avait déjà réalisé une en utilisant des cases de bandes dessinées) éditée par The Ilex Press Limited : 1 kg 630 - 22,5 x 28,5 cm et un peu plus de 320 pages divisées en 7 chapitres. Préface de Michael Moorcock, bibliographie, et un CD en sus dont voici un extrait (The murder on the Rue Morgue - Alan Moore, Tim Perkins, E. Johnson, Chris Barber, Kevin Haskins - The Satanic Nurses - 1992) :





Je n'ai lu que quelques pages ici ou là, mais j'ai déjà constaté que c'était un très bel objet, à la mise en page particulièrement attractive ; pour tout dire c'est déjà un plaisir d'en tourner les pages ... des pages qui recèlent de belles surprises (notamment (par exemple) le "tableau des destins" des différents personnages de Big Numbers) .....  







Ce livre aura par ailleurs une traduction française par l'ami Edmond.

mardi 6 septembre 2011

Israël frappe à Dallas

Des rebelles kidnappent le Président des Etats-Unis.

Des chars israéliens foncent sur Crystal City pour le délivrer.

Des Cubains débarquent et leur donnent un coup de main.

On ne s'ennuie pas en 1999 !
... Si on ne s'ennuie pas en 1999, cela a pourtant été mon cas en 2011. Israël frappe à Dallas roman écrit en 1974 a attiré mon attention pour deux raisons : d'abord c'est l'une des rares traductions françaises d'Howard Waldrop (qui collabore ici avec Jake Saunders) un auteur que j'apprécie (Histoire d'Os & Ces Chers Vieux Monstres). La seconde raison en est le sujet promis par la quatrième de couverture (Cf. supra).

... Malheureusement Waldrop & Saunders ne livrent qu'un récit de guerre de 184 pages, alors que je m'attendais plutôt à une sorte d'uchronie (du moins en tant que lecteur du XXIième siècle, car écrit en 1974 cette histoire aurait pu être un roman d'anticipation  ; ce qu'il a été jusqu'en 1992 probablement) beaucoup plus étayée. Alors que là, cette aventure d'une troupe de mercenaires Israéliens au Texas pourrait prendre place n'importe où et n'importe quand, le contexte restant une toile de fond lointaine et un peu floue : d'ailleurs les Cubains évoqués dans la quatrième de couverture n'auront guère plus de consistance que celle contenue dans la phrase citée plus haut.




...D'autre part il y a un parti pris (très léger) qui apparaît de-ci de-la par exemple : "Tu es au Texas. Les assassins de tes frères et de tes  sœurs sont loin" (entendre les Arabes) ou encore "[..] ses parents qui étaient allés vivre en Israël et qu'un commando du Front de Libération de la Palestine avait égorgés.", et qui lors de ma lecture rappelait à ma mémoire des bribes de la série télévisée (vue cette été) The promise (Le Serment) de Peter Kosminsky (Warriors, Les Années Tony Blair, L'Affaire David Kelley) où l'Etat d'Israël apparaît sous un autre jour que celui auquel on pense de prime abord, c'est-à-dire assez loin de celui de la victime.

D'autant que les allusions dans Israël frappe à Dallas n'apportent rien à l'intrigue qui nous occupe, leur seul effet est celui de rendre extrêmement manichéen le conflit "israélo-palestinien".

Bref un roman décevant non par une absence de qualités intrinsèques, mais plutôt par cette promesse de la quatrième de couverture non tenue.    

... Pour finir un épisode de l'excellente émission radiophonique Séries télé, chroniques sur canapé de Benoît Lagane & Eric rat, justement consacré à Peter Kosminsky ...

dimanche 4 septembre 2011

Manifesto


... Après bientôt deux ans d'existence Ici, je suis ailleurs change son fusil d'épaule.
Si depuis son lancement j'ai tenté de proposer des billets quasi quotidiens, dés maintenant une parution hebdomadaire sera mise en place ; en outre j'ai plusieurs projets en tête :


... Ayant remis la main sur quelques cassettes audio, je proposerai sous un format mp3 des émissions que j'avais mises de côté ; rien qui ne sorte vraiment de l'ordinaire mais qui cependant pourrait être intéressant.
Idem pour la VHS, encore faut-il que je trouve une solution facile et peu onéreuse, toutes choses égales par ailleurs, me permettant de les mettre en ligne.
... En projet également quelques BD que je pense scanner, voire des nouvelles de SF, des articles sur le culturime ou sur les arts martiaux il s'agira de "matériel" sinon rare du moins peu courant, ou un peu oublié.

En outre depuis quelque temps je m'intéresse aux scantrads et aux scancopies avec notamment (surtout) un projet auquel je suis attaché et qui devrait trouver sa place ici.

Les rubriques habituelles : cosplay, tarot, notules diverses et articles de fond (je suis d'ailleurs en train d'en écrire un pour le site SUPERPOUVOIR.Com : Une Histoire Secrète : Le Justicier Masqué) garderont la place qui est la leur ...

  

À bientôt ....