lundi 31 octobre 2011

Dr Strange (Marc Andreyko & P. Craig Russell)


... Alors qu'il soupe seul dans un restaurant Stephen Strange est surpris par le message sibyllin qu'il trouve dans le traditionnel biscuit chinois de fin de repas. Surprise d'autant plus grande que le biscuit lui a été apporté par un serveur apparemment non-humain ! Cette situation est-elle le fruit de son imagination ? Toujours est-il qu'en lieu et place d'un démon il n'y a qu'une cuisinière, et que de retour à sa table le contenu du message a changé. Mystère !

Docteur Strange apparaît pour la première fois dans le numéro 110 de la revue Strange Tales (1963) : il y est présenté comme le Maître de la Magie Noire ; son premier cas sera celui d'un homme qui souffre de cauchemars. Strange, après avoir rendu visite à son mentor sous sa forme astrale, pénètre dans les propres rêves de son client ... 

Strange Tales n°110 / Strange Special Origines n°139
Sur le chemin du retour Strange est surpris par la pluie avant d'arriver à son domicile situé dans Greenwich Village,  l'absence de son serviteur Wong et un message d'avertissement de son mentor l'Ancien achèvent de lancer le Docteur Strange dans une nouvelle et étrange aventure.

Dés les années 30 le quartier de Greenwich Village est déjà connu comme le quartier bohème par excellence ; Frank Gruber par ailleurs auteur de pulps y consacre un chapitre dans son autobiographie (Pulp Jungle) : "Ce fut Steve Fisher qui me fit connaître l'univers des poètes. [..] il m'amena un soir dans la cave d'un immeuble d'habitation. la pièce mesurait environ sept mètres sur dix. Des planches posées sur des tonneaux tenaient lieu de table. [..] Dix ans plus tard c'est un jeune Marlon Brando qui hante "[...] un lieu qui symbolise la contre-culture américaine des années quarante et cinquante [..] où se trouvaient des poètes et des artistes, des théâtres minuscules, des clubs où naissait le jazz moderne, on y voyait des couples mixtes, homosexuels, lesbiens [..]. Le mot d'ordre était le rejet des aspects mercantiles et matérialistes du mode de vie américain [..]" (Les Fifties - Davide Halberstam).  

Marc Andreyko & Paul Craig Russell s'engagent avec cette aventure sur les traces d'un duo mythique celui des inventeurs (?) du Docteur StrangeStan Lee & Steve Ditko, car cette aventure n'est rien de moins (mais pas seulement) qu'un saisissant hommage aux créateurs du célèbre magicien des éditions Marvel, et plus précisément à Steve Ditko.
Il apparaît tout d'abord que Paul Craig Russell se montre à la hauteur de la tâche, ses planches sont absolument magnifiques (comme d'habitude me direz-vous) et totalement bluffantes ...

... Contrairement à ce qui se passait par exemple chez l'éditeur DC Comics, Stan Lee utilisait une méthode scénaristique pour le moins originale ; il fournissait un synopsis succinct aux artistes avec lesquels il collaborait, à leur charge de faire le découpage de l'histoire, d'imaginer les décors, de créer les personnages, bref de la dessiner entièrement selon leur inspiration. Stan Lee ne revenait qu'au moment d'écrire les dialogues.
Ce qui au demeurant pouvait poser de sérieux problèmes, les dialogues n'étaient pas toujours en phase avec la direction prise par le dessinateur.  

Si Steve Ditko est certainement connu pour le rôle important qu'il a tenu dans la fondation de ce qui deviendra la Maison aux Idées, co-création de Spider-Man et du Doctor Strange ; il est aussi par exemple le créateur de Blue Beetle (du moins une version moderne de celui-ci) et de The Question pour l'éditeur Charlton au sein de la bannière Action Heroes (qui servira de vivier à Watchmen). En outre au fil des ans il se concentrera sur ses propres créations qui deviendront pour certains cas de véritables tribunes politiques.

Si What is it that disturbs you Stephen s'inspire d'une histoire plus ancienne du Maître des Arts Mystiques (Strange Tales #133), elle illustre également la philosophie qu'a fait sienne Ditko : l'objectivisme. Cette idéologie pourrait-on dire, s'incarne particulièrement chez l'un de ses personnages créé ultérieurement ; Mister A qui 
"annonce souvent sa venue par une carte de visite rectangulaire coupée en deux carrés : un blanc et l'autre noir. Cette dualité résume tous les choix qu'un individu doit faire pour se placer soit du côté du Bien soit du côté du Mal [..]" (Guillaume Laborie neuvième art 2.0)

vendredi 28 octobre 2011

Superboy (Jeff Lemire)



... Prématurément stoppée pour cause de remaniement éditorial la série de onze numéros écrite par Jeff Lemire n'en constitue pas moins pour autant un excellent run.

Le Superboy dont il est question ici n'est pas l'alter ego de Clark Kent durant ses aventures adolescentes, même si l'entourage du personnage et son lieu de villégiature éveillera dans la mémoire du lecteur rompu à la geste du célèbre kryptonien des réminiscences ... mais n'allons pas trop vite.


Or donc, Conner Kent alias Superboy longtemps membre des Teen Titans décide de venir s'installer à Smallville chez la mère adoptive de Clark Kent. Jeune lycéen au Smallville High School il semble capter l'attention d'une jolie jeune fille Lori Luthor,  il est en outre l'ami de Simon Valentine un jeune rouquin par ailleurs excellent scientifique en herbe, et détective amateur prometteur puisqu'il a découvert l'identité secrète de Superboy. Le tableau ne serait pas complet si j'oubliais Krypto le super-chien.




Mais vous l'avez compris Conner Kent n'est pas un adolescent comme les autres ; s'il est un super-héros sous l'identité de Superboy il est aussi un clone, et pas n'importe lequel : il est le croisement de l'ADN de Superman et celui de Lex Luthor son ennemi juré. Vous voyez déjà le dilemme du jeune homme face à l'attention de Lori Luthor la nièce de Lex Luthor




Ce triumvirat si je puis dire sera rapidement rejoint par Psionic Lad un jeune visiteur du futur, et sera l'objet de l'attention de l'inquiétant Phantom Stranger.
J'évoquais en ouverture de mon billet l'arrêt prématuré de la série, elle a aussi été parasitée par un crossover qui traverse la série dans son  6. Un numéro largement dispensable si ce n'est les cinq premières pages a contrario indispensables, me semble-t-il.
Ainsi, malgré ces handicapes de taille Jeff Lemire, entouré d'une équipe artistique de talent, donne au jeune Superboy des aventures captivantes de bout en bout, parsemées ici et là de clins d'œil implicites à celles de Superman.




... Nonobstant ses qualités le passage de Lemire sur le titre laissera sur sa fin nombre de lecteurs tant l'arrêt du titre semble précipité, laissant des sous-intrigues prometteuses en terme de développement inachevées.
Il n'en demeure pas moins que ces 11 numéros valent largement le détour d'une lecture attentive qui se révélera, je n'en doute pas captivante. 


Le générique musical illustrant ce billet est extrait de The Music of Dc Comics : 75th Anniversary Collection : The Adventure of Superboy de John Gart.       

samedi 22 octobre 2011

Power Girl


Magnifique Power Girl !

dimanche 16 octobre 2011

Les Défenseurs (Marvel)


... Les années 69-70 sont un nexus à l'aura pour le moins pessimiste pour la bande dessinée américaine ; à la baisse des ventes s'ajoute une hausse des prix (qui certainement fera sourire aujourd'hui : de 12 cents le prix monte à 15 cents). Une combinaison pour le moins malheureuse qui entraîne quelques dommages collatéraux tels que la disparitions de quelques maisons d'édition, et pour les éditeurs qui ont les reins plus solides l'arrêt de certains titres.... dont celui du magicien de la Maison des Idées, en novembre 1969.


L'existence précède l'essence ... ou de peu.
Jean-Baptiste Botul


La revue Docteur Strange qui accueille le personnage éponyme s'arrête (au numéro 183) en laissant inachevée l'histoire en cours, toutefois Roy Thomas alors en charge du scénario termine cette aventure dans les pages de Sub-Mariner (n° 22) et dans celles d'Hulk (n° 126). Cette configuration inédite est probablement un facteur important dans ce qui donnera naissance après quelques années de gestation au groupe au non-groupe Les Défenseurs (The Defenders dans Marvel Feature #1 en décembre 1971) ;  dont les membres sont mais vous l'avez déjà deviné : le Docteur Strange, Hulk et Namor


Ce "non-groupe" connaîtra durant sa première aventure éditoriale 125 numéros et une composition incertaine avant qu'il ne se stabilise avec un noyau dur composé du maître des arts mystiques, du titan vert, de la Valkyrie et de Nighthawk  ...

À l'instar de l'instabilité de sa composition, cette équipe connaîtra une vie éditoriale incertaine de 1971 jusqu'à  .... nos jours puisque l'éditeur Marvel annonce le retour des Défenseurs dans une nouvelle combinaison :


   
Mais ce n'est pas sur cette future équipe ("futur" au moment où j'écris du moins) que j'ai jeté mon dévolu mais, sur la mini-série paru en 2008 sous les auspices d'une équipe créative composée de Casey, Muniz
Smith, Fabela & Comicraft (ainsi que Giffen sur les 2 premiers numéros).


... The Last Defenders se situe après le crossover Civil War, sur fond d'Initiative (c'est-à-dire que chaque Etat des U.S.A est protégé par une équipe de super-héros dûment formée et officiellement reconnue par le gouvernement étasunien). 


Ceci étant dit, se pose toujours pour quiconque veut écrire sur une "histoire" la question : "jusqu'où puis-je aller sans amoindrir l'impact de cette aventure sur un éventuel lecteur ayant lu mes propos ?". 
Je n'ai pas de réponse toute faite, mais dans le cas d’espèce, je vais tenter une approche oblique.


Le Temps comme structure de la possibilité et le passé en tant que possibilité à venir [..].
Jean-Paul Sartre


... Ainsi, s'il est clair que les causes produisent des effets saviez-vous que des effets peuvent être des causes (Emory Pollock) ; par exemple l'extrapolation de futurs sondages basés sur un audimat du passé, crée précisément dans le "présent" les compressions de budget et les réécritures qui en sont à l'origine (George Clayton). Toutefois il ne faut pas non plus perdre  de vue que le Temps (qui n'est pas la durée) ne se présente pas forcément sous une forme linéaire ; cette conception dont nous sommes prisonniers est certainement le corollaire de l'invention de l'écriture cursive mais là n'est pas la question. En d'autre termes le Temps a peut-être une autre "architecture" que celle que nous nous figurons.
En tout état de cause, et quelque soit sa "conformation", le Temps mais ici sous la forme d'une époque  engramme dans l'inconscient collectif un zeitgeist auquel les écrivains tels des chamans nous permettent d'accéder grâce à leurs récits. Et, à l'instar de Gaston Bachelard Joe Casey connait les propriétés des 4 Eléments (Cf. Empédocle d'Argrigente) dont la plus singulière n'est-elle pas d'être "[..] les hormones de l'imagination". 
Mais cependant en homme de son temps, Joe Casey n'ignore pas l'influence de la physique quantique sur cet Esprit du temps évoqué supra, une science dont la problématique centrale reste celle de l'Observateur. 
Un observateur dont on dit que les "interventions perturbent le système observé" et dont "la représentation du monde change en fonction des résultats de mesure dont il dispose" (Voir Eric Picholle & Ugo Bellagamba  in Solutions non satisfaisantes). Tout un programme que s'ingénient à rendre extrêmement captivant Joe Casey et l'équipe artistique à ses côtés....  


Une belle réussite qui ne demande qu'à être observée par vos soins.




PS : Si dans le cas de la physique quantique l'observateur perturbe le système observé, dans la physique éditoriale un éditeur peut également perturber le système observé. Pour vous en convaincre je vous propose la rencontre entre Les Défenseurs et les Vengeurs paru dans Étranges Aventures n° 49 et prochainement (re)publiée par Panini :   
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samedi 15 octobre 2011

Blue Bloods


... Dans la famille Reagan on est flic de père en fils, sauf exception Erin Reagan-Boyle (la fille de Francis) est assistante du procureur ; ainsi Francis donc est chef de la police de la ville de New York, Danny son aîné y est inspecteur, son plus jeune fils Jamie est un agent en tenue, Henri le père de Francis est un policier en retraite qui a occupé les mêmes fonctions que son fils. Et enfin Joe (lui aussi fils de Francis), est mort en service.


Si cette série a attiré mon attention c'est d'abord grâce à l’intérêt que je porte à Tom Selleck (Francis Reagan) et à Donnie Wahlberg (principalement pour son interprétation dans l'excellente série Boomtown) qui interprète Danny un efficace inspecteur, aux idées bien trempées dans le bain des rues new yorkaises. 
Mais très rapidement la série Blue Bloods m'a captivé par la qualité des interprètes tous autant qu'ils sont (les seconds rôles sont épatants : Nicholas Turturo est épatant en flic de terrain à qui on ne la fait pas, et Michael T. Weiss en flic interlope est méconnaissable), l'écriture des personnages et la dynamique l'alchimie familiale est une belle réussite : la maison de Francis est le lieu de rendez-vous de toute la famille (son père vit avec lui), notamment pour le repas du dimanche, dit comme ça cela fait un peu plan-plan mais sa marche très bien à l'écran. 


Deux autres atouts son rapidement joués : les enquêtes se diversifient, et se politisent (dans le sens d'équilibre et de développement d'une communauté ou d'un groupe, il s'agit ici bien sûr de la famille Reagan mais aussi, dans le sens politicien du terme où la ville de New York devient un enjeu en terme d’élections), et surtout le sempiternel "fil rouge" que l'on retrouve peu ou prou dans chaque série télévisée a la bonne idée de se faire discret et par la force des choses, de gagner en intérêt. Surtout qu'il est plutôt finement exploité pour s'insérer dans la dynamique de chaque épisode où il apparaît.



... Or donc, après avoir vu treize épisodes de la première saison je peux dire que je suis bien ferré. (À suivre ...) donc.    

jeudi 13 octobre 2011

Resurrection Man 01/.. (The New 52)

... Resurrection Man est certainement l'un des moins connus des titres proposés par DC Comics avec ce nouveau relaunch intitulé The New 52, du moins pour les lecteurs nouveaux venus (et surtout francophones).

Aura-t-il l'opportunité de se voir traduit en français dans les prochains mois ?



En tout état de cause je me permets de vous le proposer dés maintenant dans une traduction faite par des amateurs et dans un format CBR :

Traduction : Ultimate Fatalis
Edition : Napster054
Relecture : Ozymandias9 & Artemus Dada

Et ça été un plaisir de participer à ce premier numéro.

CODE

lundi 10 octobre 2011

Jack Staff

... Souvent présenté comme le résultat d'une proposition faite à Marvel pour le compte d'un de ses personnages (Union Jack) Jack Staff est en fait le résultat des cogitations de Paul Grist après qu'il eut appelé Marvel pour savoir si l'éditeur serait intéressé, justement par une proposition sur Union Jack ; n'ayant aucune réponse mais lui-même intéressé par sa propre idée, il s'est mis à développer ce qui deviendra Jack Staff. Mais précise Paul Grist dans l'édito du troisième numéro de The Weird World of Jack Staff Britain's Greatest Hero, il n'avait pas encore écrit quoi que ce soit sur le sujet pour l'éditeur étasunien. Ceci étant dit, le lecteur attentif aura remarqué le titre à rallonge de la série ; il y a à cela une raison que les lecteurs de longue date connaissent : si au départ (2000) la série s'intitule du nom du héros, elle a toujours été le point de rendez-vous d'une multitude de personnages opérant dans la ville de Casteltown. Ainsi, et c'est là l'une des particularités de Paul Grist, la narration de chaque numéro suit en même temps les péripéties de plusieurs personnages présentées comme ses propres aventures mais selon un découpage original : un peu comme si on réunissait les pages d'un numéro de Batman, d'un numéro de Superman et d'un numéro d'Hellblazer au sein d'un fascicule, chacun des protagonistes se voyant octroyer des séquences de deux à trois pages, à la suite des unes des autres. Un univers (vraiment) partagé dont, dans le cas de Jack Staff l'épicentre est la ville de Castletown.



... Or donc dans cette ville de Castletown on croise aussi bien des flics hardboiled, une unité d'enquête dont le terrain de jeu est le surnaturel, bien évidemment des magiciens, des voyageurs du Temps, un chimpanzé responsable de la "normalité de la réalité", des extra-terrestres ou peut-être est-ce des habitants d'un univers parallèle, des amis imaginaires etc .. et tout ce petit monde vit des aventures qui se croisent et s'entrecroisent, des aventures (et des moments plus intimes) menées de main de maître par Paul Grist.



... L'une des particularités qui apparaîtra au lecteur ayant un peu de bouteille dans le domaine de la BD (et plus largement dans celui de la Fiction), ce sont les clins d'œil  que s'autorise le scénariste.
Par exemple Zipper Nolan n'est pas sans évoquer  Little Nemo de Windsor McCay (et ses aventures évoquent tout autant Peter Pan que L'Île au Trésor), ou bien encore les Freedom Fighters (qui opèrent durant la Seconde Guerre Mondiale) sont-ils un bel hommage aux Envahisseurs ( a.k.a The Invaders de la Marvel) ; de même que The Eternal Warrior semble être l'incarnation du Champion Éternel de Michael Moorcock mixé avec Adam Eterno (l'un aillant peut-être influencé l'autre, ou pas). En outre Paul Grist n'hésite pas à transplanter dans ses histoires des personnages appartenant à notre réalité tel Morlan the Mystic qui n'est pas sans ressemblances avec Alan Moore (bien qu'au sujet de ce dernier j'ai démontré avec vigueur qu'il est probablement une création de Steve Moore) : dans l'une des histoires où il apparaît, Morlan n'hésite pas à avaler une sorte de démon qui semble lui faire l'effet d'un buvard de LSD. 


D'autre part à l'instar d'Alan Moore (justement) et de sa fille Leah (Cf. Albion), mais avec plus de réussite selon moi Paul Grist s'inspire du "cheptel" britannique en matière de justiciers, super-héros et autres surhommes.

Des personnages que le lecteur français a connus (pour certains) au travers des Petits Formats de l'éditeur MonJournal : Janus Stark, Adam Eterno, L'œil de Zoltec (chez Jack Staff on parle de la "Pierre de Valiant" ; Valiant étant  le titre d'une revue anthologique d'aventures en Grande-Bretagne où ces personnages s'ébattaient) ou encore Main d'Acier et bien d'autres encore ....
Toutefois si d'aventure vous faisiez partie de ceux qui n'ont pas connaissances de ces références il est peu probable que cela vous empêche de savourer l’inquiétante étrangeté des aventures de Jack Staff.                    

... Mais Paul Grist n'est pas seulement scénariste, il est aussi le dessinateur de sa série ; et il fait partie de ceux qui réfléchissent à la meilleur manière de raconter en image une histoire. N'hésitant pas à s'affranchir de la couleur, voire à utiliser la bichromie, ou le format dit à l'italienne. Chaque mise en page, chaque case est pensée en terme de narration selon le contexte évoqué ou/et de personnage, et c'est un véritable plaisir de lecture. Les artistes qui s'occupent de la couleurs ne sont pas peu dans la réussite de cette bande dessinée : Phil Elliot, Craig Conlan, Erik Larsen, Eric Stephenson, Bill Crabtree. Un soin tout particulier est également apportée aux couvertures et au lettrage ....  


Toute cela au service d'histoires de qualité, toujours surprenantes, amusantes, pleines de suspense et de personnages "hauts en couleur", un univers qui mérite selon moi largement le détour ... il est d'ailleurs bien dommage qu'aucun éditeur hexagonal ne se soit penché sur cette série.   

vendredi 7 octobre 2011

Hearts of Darkness a Filmmaker's Apocalypse


Paranoid de Black Sabbath



... Or donc, voici le making-of d'Apocalypse Now en VOSTFR et VOST; découpé avec Xtremsplit :



http://depositfiles.com/files/tpgrghvd5

http://depositfiles.com/files/g8k1jgdsh

http://depositfiles.com/files/vjs9anos7



Les sous-titres :

http://www.megaupload.com/?d=YJM7WXJB (Fr)

http://www.megaupload.com/?d=L3ST6DDG (Eng)


lundi 3 octobre 2011

Absolute Directors




... Absolute Directors est un livre de plus de 600 pages consacré au rock, au cinéma, et à la contre-culture made in U.S.A  et qui coûte 36 euros (et pèse 800 grammes). Pour ce prix-là, je ne vous cache pas que je m'attends à ce que le professionnalisme de l'éditeur (Camion Noir l'éditeur qui véhicule le souffre) ne me fasse pas regretter mon achat : par exemple j'aime beaucoup le format, ainsi que la couverture de Guylaine Collewet ; là où ça se corse c'est au niveau de la relecture.
Il me semble que cet éditeur n'échappe pas à un mal endémique : l'absence de relecture. Alors que deux personnes sont pourtant créditées pour ce travail (?!).

... Ainsi, et dans le désordre Aleister Crowley devient-il Crawley en l'espace de quelques lignes, "il est de bon temps" au lieu de "il est de bon ton", Leonardo DiCaprio devient le pygmalion de Martin Scorcese, "de" et "en" se disputent un peu trop souvent la place, des parenthèses oubliées autour d'une NdA, un plantigrade qui devient une espèce d'arbre "[..] à la branche d'un solide plantigrade centenaire du Deep South, [..]", Wim Wenders se transforme en Weir (Peter ?) à propos du film Hammett ... 

Bref c'est du lourd. 

Avant de parler du travail de l'auteur,  je saisis la perche qu'il me tend au travers d'une expression qu'il emploie assez souvent (et fort à propos me semble-t-il) et qui me semble pour le moins galvaudée par les temps qui courent.
Le terme "culte" : "Mais le film sera lui aussi un bide ...tout en devenant culte" à propos ici du film Performance (dont l'un des extraits de la B.O illustre ce billet en ouverture : Memo for Turner; justement le terme "culte" vient de l'expression cult movie un film dont le succès a été plus que modeste (voir un bide) mais dont l'exploitation (et le souvenir) s'est poursuivie grâce à une frange réduite mais active de spectateurs. Le cult movie est souvent par ailleurs représentatif d'un zeitgeist
Un film culte est donc à l'opposé d'un film populaire. Ce qui n'empêche pas qu'il le devienne ensuite grâce justement au culte  que lui voue ses adeptes.  
Si Performance est un "film culte" par exemple, Easy Rider ne l'est pas. CQFD.

... Ceci étant dit, Franck Buioni propose dans son ouvrage un portrait des sixties (ou plus précisément de la fin des sixties) en quatre parties : d'abord au travers d'Easy Rider, puis c'est au tour du cinéaste Roman Polanski et de la tragédie qui l'a frappé, une troisième partie avec Francis Ford Coppola et son film Apocalypse Now (mais pas seulement), et enfin les Rolling Stones.  




Et quel portrait ! 


Franck Buioni fait montre d'une énergie, d'un style qui n'a rien à envier au rock' n' roll qu'il encense ou au talent des personnages à qui il (re)donne vie ici ; pour vous dire, j'ai acheté ce livre un mardi et je l'ai fini quatre jours plus tard. Je n'avais qu'une seule hâte trouver un peu de temps afin de poursuivre ma lecture. L'auteur rend son récit extrêmement vivant & captivant, choisi des anecdotes et des citations qui font mouches : 
Ava Gardner (à propos de Frank Sinatra)"Frankie, c'est peut-être 55 kilos tout mouillé, mais c'est avant tout 50 kilos de bite !"
et utilise un humour ravageur : "Plus concrètement, le flamboyant écossais (Donal Cammell) aura dû attendre une sortie ne manquant pas de panache, pour devenir enfin celui qu'il avait toujours souhaité être, un authentique enfant de la balle. Calibre 9 mm. [..]", je précise que Donald Cammell s'est suicidé en se tirant une balle dans le carafon.


On croise ainsi au fil des pages des personnages que l'on retrouve d'un chapitre à l'autre, faisant d'Absolute Directors une immense toile ; George Lucas par exemple apparaît dans le chapitre consacré à Coppola mais aussi dans celui des Rolling Stones puisqu'il était présent au concert d'Altamont (j'avais eu l'intuition en lisant Armageddon Rag de George R. R. Martin que ce dernier s'était certainement inspiré de ce concert et des Rolling Stones pour son roman, en lisant le chapitre que consacre Franck Buioni aux Stones le doute n'est plus permis). Ce tissage, et un va-et-vient temporel au coeur de chaque chapitre immerge littéralement le lecteur (du moins tel a été mon cas) dans le sujet. Du grand art !


Mais laissons la parole à Franck Buioni himself ..




Source
... En conclusion, si l'édition pèche un peu (essentiellement au niveau de la relecture), Absolute Directors vaut absolument (sic) le détour pour quiconque s'intéresse au rock, au cinéma et à la contre-culture d'outre-Atlantique ; en un mot à l'Americana, quant aux autres j'ai peine à croire que vous êtes arrivés jusqu'ici ...


... Permettez-moi de vous proposer prochainement le meilleur (à ma connaissance en tout cas) making-of jamais réalisé, celui d'Apocalypse Now (que j'ai eu le plaisir de voir sur grand écran il y a déjà quelques années) : Hearts of Darkness : A Filmmaker's Apocalypse  en VOSTFR ou en VOST...