lundi 30 janvier 2017

Endeavour (S04-E01)

…. Fruit de l’imagination d’un enseignant de grec et de latin britannique, l’inspecteur Morse d’œuvre littéraire, est passée avec beaucoup de succès au format télévisé. 
À tel point que la petite lucarne a donné naissance à deux autres séries (ou spin-off): 
Inspecteur Lewis, qui suit les enquêtes de son fidèle adjoint devenu lui-même inspecteur : 9 saisons au compteur et un rôle tenu par Kevin Whately durant 30 ans. 
Les enquêtes de Morse, où ce sont les premières années de Morse en tant que simple agent de police à Oxford, qui sont relatées (une sorte de prequel). 
La quatrième saison est en cours de diffusion. 
Ces deux séries sont totalement inédites par rapport au travail de Colin Dexter, tout en étant d’aussi grande qualité que peuvent l’être ses romans (du moins ceux que j’ai lus), et les 33 épisodes de la « série-mère ».

Les Enquêtes de Morse (Endeavour) 

…. Série légèrement feuilletonnante de 4 épisodes par saison (+ un pilot), Endeavour (le prénom jamais prononcé – ou presque - de Morse) se déroule à Oxford et ses environs, au milieu des années 1960. 
Chaque épisode reprend, peu ou prou, un schéma actanciel identique, dont la grande force est de ne justement jamais donner l’impression d’histoires ronéotypées. 
Le milieu dans lequel se déroule chaque enquête est différent, et soigneusement reconstitué. Du moins me donne-t-il le change. 
Le modus operandi et les criminels sont également soignés, et tout aussi divers que les faits auxquels ils sont associés. 

La série bénéficie en outre d’une distribution haut de gamme. 
Les personnages sont très incarnés et un soin méticuleux a été apporté à leurs relations et à leurs interactions, qui s’insèrent avec une réelle pertinence dans une intrigue sinon feuilletonnante qui du moins englobe les différentes saisons.
Rien n’est laissé au hasard, ni les décors ni les ambiances.
Certains épisodes flirtent avec le fantastique, d’autres plus intimistes, mais à chaque fois une même réussite ajoutant du leste à l’immersion des spectateurs.

Et si les femmes occupent des rôles secondaires, celles qui participent à l’aventure sont des personnages devenus indispensables, et brillamment mis en valeur, dans les différents milieux où elles évoluent : famille, poste de police, rédaction d’un quotidien ; pour les rôles récurrents de la série.
Tout en restant à « leur place ». 

En effet, si nous sommes dans le milieu des années 1960, l'émancipation du sexe dit « faible » n'était une donnée également partagée partout, et par tous.

Et si le contrat tacite de ce type de scénario stipule l'impossibilité de la mort de l'enquêteur, ici renforcé par notre connaissance de ses enquêtes ultérieures et de sa carrière à venir, il n'en reste pas moins que les enjeux et le brio de la mise en scène maintiennent un fort degré de suspense même quand la vie de Morse est en jeu. 
…. Certainement moins connu que le Doctor Who ou Hercule Poirot, l’univers cathodique imaginé à partir des romans de Colin Dexter vaut pourtant largement le détour Ainsi que la matière première à partir de laquelle ils ont pu exister, cela va sans dire. 

La télévisons britannique n’est pas avare en séries de qualité, et Les Enquêtes de Morses (Endeavour) n’est pas de celle qui brisera tout le bien que j'en pense.

dimanche 29 janvier 2017

The Mighty (DARK HORSE)

THE MIGHTY (TPB)
En tant qu’unique super-héros, Alpha One est devenu une icône de l'espoir dans ces temps incertains. Mais alors que la population est inspirée à distance par leur sauveur, le capitaine de police Gabriel Cole est assez proche de lui pour découvrir que les plans d'utopie d'Alpha One sont plus radicaux que ce que le monde croit ! 
Un recueil des douze numéros de la série publiés chez DC Comics


Scénaristes : Peter J. Tomasi & Keith Champagne
Dessinateurs : Peter Snejbjerg + Chris Samnee
Coloriste : John Kalisz
Couverture originale de Ryan Sook
+ couvertures (originales) intérieures de Dave Johnson
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Genre : Super-héros
Sortie : le 3 décembre 2014
Format : SC, 304 pages, TPB
Prix : 19,99 $ (acheté d'occasion 2,39 € + 2,99 € de frais de port)
Classification de l'éditeur : à partir de 14 ans

…. Peu avant la publication du recueil (tpb) dont il est question ici, l’éditeur Dark Horse a proposé une histoire – inédite - du héros éponyme, en 3 livraisons dans sa revue anthologique Dark Horse Presents (Vol. 3 #4-6) sur laquelle je reviendrai ultérieurement, écrite par Keith Champagne le co-auteur et co-créateur de la série. 
En effet bien que préalablement publiés par DC Comics, les douze numéros de The Mighty sont un travail qui a été accepté sous le régime du creator-owned, autrement dit ce sont les créateurs qui sont propriétaires de leur production (contrairement au work for hire où ils louent leur(s) talent(s) sans détenir de droits sur ce qu’ils produisent)*.
…. Si la sortie de The Mighty est presque concomitante avec celle d'Irredeemable (Irrécupérable : Pour en savoir +) de Mark Waid & Peter Krauss, respectivement sortis en février 2009 (avec une date de couverture d’avril 2009) et en avril 2009, série avec laquelle elle partage un point de départ similaire – leur personnage principal est dans les deux cas un avatar de Superman – leur traitement, qui va pourtant également emprunter un angle proche, diverge radicalement quant au(x) résultat(s). 

En outre, Keith Champagne a déclaré lors d'un entretien, que l’idée de The Mighty était en développement depuis les années 2000/2001 ; ce qui donne une perspective intéressante sur le résultat si on y juxtapose - même superficiellement - une grille de lecture politique américano-centrée. 

.... Peter J. Tomasi & Keith Champagne choisissent dans un premier temps de nous laisser percevoir Alpha One (qui devait s’appeler au stade du développement Omega d’après le troisième co-créateur de la série Peter Snejbjerg ) au travers de son entourage et des différentes personnes qu’il sauve, ou de leurs proches lorsque son intervention n’a pas suffit. 
Un entourage restreint, car essentiellement composé de la « section Omega ».
Une organisation qui gère son image publique, mais aussi une sorte de police dont le capitaine est aussi son porte parole. 
Et son plus proche collaborateur. 

Le commandant de cette section, Gabriel Cole, fraîchement promu, va développer une relation avec l’unique super-héros connu de cette Terre - qui ressemble beaucoup à la notre -  qui n’est pas sans rappeler aux lecteurs aguerris de BD outre-atlantiennes, celle qu’ont - plus ou moins – entretenu Superman et Jimmy Olsen au fil de leurs aventures. 
Du moins au début de The Mighty.
Du scénario à la planche finale
…. Contrairement à Irrécupérable de Mark Waid (série avec laquelle je dressais un parallèle) publiée par l’éditeur Boom Studio!, les ventes de The Mighty n’ont pas été mirobolantes.
Selon mes sources, en juillet 2009 Irredeemable aurait vendu 13 623 exemplaires alors que le même mois The Mighty n’en aurait vendu que 6600.
La différence est d’autant plus notable que le seuil de rentabilité exigé, ne doit pas être le même chez un éditeur de l’importance de DC Comics que chez Boom Studio !.
Ce qui explique sûrement que la série de Waid a duré trois fois plus longtemps.
Et que The Mighty a sûrement été jusqu'au terme de son premier arc, grâce au type de contrat qui le liait à l'éditeur (?).

Néanmoins, les douze numéros de The Mighty proposent donc une histoire toute à fait satisfaisante en termes de résolution d’intrigues. Aucune déception à attendre de ce côté-là. Ni ailleurs.

Soutenus par Peter Snejbjerg puis Chris Samnee aux dessins, dont la prise de relais de l’un par l’autre se passe sans heurt (et pour cause Snejbjerg a tenu comme il l'explique en substance dans les 6 pages de bonus, a fournir un storyboard à l'artiste prenant sa suite), Peter J. Tomasi & Chris Champagne livrent un scénario dont on entrevoit l’architecture générale mais dont la visite plus méticuleuse, numéro après numéro, réserve quelques (bonnes) surprises.

Du reste, Alpha One se démarque rapidement de sont illustre modèle, et propose une perspective (à ma connaissance) inédite de ce stéréotype.

…. Au final, The Mighty est une lecture très recommandable, dont la fin – ouverte – plutôt que de décevoir, stimule l’imagination de ceux qui seront allés jusqu’au bout. 
Ce qui sera, je n’ai aucun doute là-dessus, le sort réservé à tous ceux qui en tenteront l’expérience.
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* Toutefois les auteurs peuvent le cas échéants obtenir des « compensations » sur les ventes dans certains cas de work for hire (je n’utilise pas le terme de « royalties » car il sous-entend la notion de « propriété » ce que réfute absolument ce cas de figure).
Ou dans d’autres cas, être propriétaires de la série et des personnages mais avec l’éditeur (je pense en particulier à Hypernaturals : Pour en savoir +).
Bref j’imagine que les deux types de contrat sont modulables.  

Scénario : 9,30/10
Dessin : 9,65/10

Appréciation globale : « Je suis ainsi fait que j'aime mieux commettre une injustice que de souffrir le désordre. » (1822/Goethe)


samedi 28 janvier 2017

Moon Girl & Devil Dinosaur (MARVEL)

DEVIL DINOSAUR

…. Devil Dinosaur est à l’origine une commande de Stan Lee & Lee Gunther à Jack Kirby en vue de concurrencer un projet qu’avait alors l’éditeur DC Comics.
En effet ce dernier tentait de vendre le personnage de Kamandi* - et son univers postapocalyptique peuplé d’animaux anthropomorphes - à un studio de dessin animé** pour ses programmes du samedi matin, destinés aux enfants.

Au final, ni Kamandi, ni Devil Dinosaur ne deviendront des dessins animés.

Sous-titré « of the Phantom Continent », Devil Dinosaur sera par défaut, une très brève série de bande dessinée (9 numéros courant 1978), la dernière du King avant qu’il ne quitte la Maison des Idées pour son Distingué Concurrent.

On pourra remarquer que si Kamandi est une série qui se déroule dans un avenir dystopique, Devil Dinosaur met en scène un T-Rex accompagné de Moon-boy - personnage certainement inspiré à Kirby par les protagonistes de 2001 L’Odyssée de l’espace - dans une préhistoire que les créationnistes ne désavoueraient pas (Pour en savoir +).

Pour la petite histoire, avant d’être ripolinée sous le titre de Moon Girl & Devil Dinosaur en 2015, la série de Jack Kirby a failli être reprise par Roger Petersen et Mark Schultz vers 2003/2004 (Pour en savoir +).
MOON GIRL AND DEVIL DINOSAUR

…. On remarque que si en 1978 le Dinosaure écarlate est à l’honneur au point d’être le titre du comic book, et donc le personnage principal ; en 2016*** il cède la première place à Moon Girl qui pour le coup, est une très jeune adolescente Noire.
Moon Girl - alias Lunella Lafayette - cumule plusieurs types en passent de devenir les stéréotypes du 21e siècle : c’est une femme, jeune, et elle est Africaine-Américaine.
Là où il y a seulement 1 an ou 2, on aurait sûrement eu un personnage masculin, Blanc. 
Si la série semble manifestement jouer la carte « tout public » c'est d'ailleurs signalé sur la couverture, elle n’en néglige pas pour autant le « jeune public », en faisant de son héroïne une très jeune adolescente dont les déboires sont en relation avec son état civil. Le tout traité sous l’angle de la bonne humeur et d’une autodérision bon enfant. 

…. Si on en croit le système de classification de l’éditeur outre-atlantien, la série Hulk (Pour en savoir +) classée : T+, et Moon Girl and Devil Dinosaur classée : T, n’ont donc pas de différence de nature, mais plutôt de degré. 
Le premier titre est destiné –précise l’éditeur - aux adolescent(e)s plus âgés et aux tranches d’âge supérieures. 
La seconde, s’adresse aux 13 ans et plus et Marvel recommande une lecture préalable des parents, ou d’accompagner la lecture s’il s’agit d’enfants plus jeunes. 
…. Cela étant dit, quid du contenu de ce premier recueil intitulé BFF, et vendu 17,89 € (+0,01€ de livraison) ?

…. Eh bien si Amy Reeder & Brendon Montclare au scénario et Natasha Bustos aux dessins, visent comme je l’ai dit plutôt un lectorat assez jeune :
- L’irruption d’un Tyrannosaurus rex sur un terrain de sport en pleine ville ne semble faire ni victime ni beaucoup de dégât.
- Et sa domestication par une enfant, ne semble pas poser plus de problème que celle d’un chiot.
Ils ne s’empêchent pas pour autant, d’emballer un sous-texte que les lecteurs un peu plus âgés, voire adultes – du moins encore une fois, en regard de leur état-civil – pourront à loisir décrypter (les « affres » de l’adolescence ou encore la métaphore au travers des antagonistes, etc.).  Tout en s’amusant de lire une histoire certes inoffensive, mais pas infantilisante pour autant. 
En outre ouvrir ce recueil avec une citation de Gregory Stock, alors que notre jeune héroïne est une Inhumaine (Pour en savoir +) et que planent des brumes tératogènes, n'est en rien anodin.
D'autres citations de savants rythment ce tpb
Et c’est très bien fait. 

Leur personnage principal, Lunella Lafayette a du potentiel, et l’environnement diégètique inventé autour, une dynamique certaine ; joliment utilisé durant les six numéros mensuels regroupés dans ce recueil (tpb) au titre aussi bref qu’énigmatique : BFF.
…. Ce premier tome (le 15e numéro mensuel vient de sortir fin janvier) se termine sur un point de bascule dramatique plein de suspense, fruit de ce qui a motivé son intrigue. Preuve selon moi d’une direction scénaristique.
Une qualité qui n’est pas la mieux partagée à l’heure actuelle, alors même que les histoires auxquelles je pense, sont pourtant destinées à un lectorat réputé plus « mature ».
Quand bien même l’intrigue de ces 6 numéros aura-t-elle été cousue de fil blanc, le sort qu’ont réservé les auteurs à leur jeune héroïne ne m’a pas laissé indifférent.
C’est pour moi un gage suffisant pour poursuivre la lecture d’une histoire, que de se préoccuper de l’avenir de ses protagonistes. Non ?

Scénario : 7,66/10
Dessin : 8,04/10
Appréciation globale : La valeur n’attend pas le nombre des années !
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* Kamandi est un personnage & une série créés en 1972 par Jack Kirby pour DC Comic à partir d’un comic strip resté inédit, d’une histoire d’Alarming Tales, et de l’influence du roman La Planète des singes de Pierre Boule que Jack Kirby avait lu.
** Probablement Hanna-Barbera écrit Jean Depelley dans le deuxième tome de sa biographie du King, éditions Neofelis.
*** Le 1re numéro de Moon Girl & Devil Dinosaur a paru la dernière semaine de novembre 2015. Date de couverture janvier 2016.

vendredi 27 janvier 2017

Hulk (Mariko TAMAKI/Nico LEON)

... Avec ce nouveau titre, le deuxième numéro vient tout juste de sortir, l'éditeur Marvel continue de mettre en avant les personnages féminins de son univers.

Si She-Hulk (Miss Hulk) alias Jennifer Walters avait déjà eu cet honneur, elle s'inscrit néanmoins aujourd'hui dans une vaste politique de promotion ou de création, de personnages féminins (à qui on donne un magazine) comme cet éditeur n'en avait - me semble-t-il - jamais connue (Miss Marvel, Captain Marvel, Moon Girl & Devil Dinosaur, Hellcat, Spider-Woman, etc.).

Je rappelle toutefois que Miss Hulk (She-Hulk) est née, de la peur de voir inventer un pendant féminin à Hulk - à la manière de ce qui avait été fait pour une autre série télévisée à l'époque : L'Homme qui valait 3 milliards - par quelqu'un de la production de la série télévisée d'alors, où Hulk rencontrait un certain succès sous la carrure du champion de bodybuilding Lou Ferrigno.
Une motivation dénuée de toute volonté « paritaire » si j'ose dire, tout comme le moment afterpop* de la Marvel, de ces derniers mois, qui n'est rien d'autre - bien évidemment - qu'une stratégie commerciale.

Ce qui n’enlève rien aux ambitions des créateurs à l'oeuvre derrière chacun des comic books concernés, ni n'augure de la pérennité des titres ainsi lancés.

.... D'ailleurs ces deux numéros ne font pas exceptions, puisque les deux premiers numéros donnent un avant-goût très prometteur.

Mariko Tamaki soigne son personnage, et comme cela a été dit lors de la promotion du titre, s'intéresse au traumatisme de l'alter ego de la super-héroïne de jade, qui pour l'instant brille pas son absence.
Nico Leon, le dessinateur, n'est pas en reste puisqu'il soigne ses planches dans lesquelles personnage et décors sont tout aussi bichonnés.
En l'espace de deux numéros le décor (dans tous les sens du terme) est intelligemment planté, et le poids du traumatisme qui accable Jen Walters, très bien retranscrit. 
Ce qui n'empêche nullement que s'amorce petit à petit, la part dont je pense qu'elle sera dévolue à Miss Hulk (et qui risque de donner un ton moins intimiste à la série).

Une Miss Hulk certes physiquement absente, mais dont l'ombre plane sur la série 


(À suivre ....)
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*Quels sont les grands courants culturels qui s'inscrivent dans l'afterpop ? 


- Eloy Fernández Porta : « Parmi les principaux, on évoquera la féminisation des genres cinématographiques masculins - le western, le cinéma de guerre, le cinéma d'action [...] »

jeudi 26 janvier 2017

The Last of the Greats (Joshua Hale Fialkov/Brent Peeples)

…. Ouch !!
Joshua Hale Fialkov, scénariste américain (Pour en savoir +) (Pour en savoir +), s’empare du stéréotype le plus puissant de la BD outre-atlantienne mainstream, et lui taille une histoire pas vraiment « politiquement correct ».

Si au départ son scénario semble aller dans le sens de ce qu’a fait Mark Waid avec Irrécupérable (Pour en savoir +) non sans y ajouter ses propres idées, à partir du 3e numéro (/5) Fialkov vole de ses propres ailes si je puis dire, et réussit ainsi à dépeindre une espèce humanoïde un poil différente de la notre. À première vue.

Ce qui - chemin faisant - engendre un léger malaise, qu’une scène paroxystique et très rentre-dedans (que je ne souhaite pas à mon meilleur ennemi), plutôt inattendue, désamorce (un peu), sans pour autant que son histoire n’ait cessé de me captiver. 

Las ! La mini-série parue entre 2011 & 2012 se termine sur un cliffhanger, suivi d'une page qui annonce une suite
Mais depuis, ni Image Comics ni le scénariste n’ont donné suite.
Dommage !
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Scénario : 7,97 /10
Dessin : 4,56 /10
• Appréciation globale : Si ce n'est toi, c'est donc ton frère sœur !?

Daredevil Noir (Poker menteur)


…. La Prohibition (1919-1933) a changé les mœurs, et donné naissance à un nouvel empire, gouverné par des « dictateurs de la pègre » : les Al Capone et consorts. 
Le bootlegger devint dès lors une puissance sociale, distillant sa marchandise tout autant que son emprise. Et la Prohibition enfanta d’une littérature.

Composée avec une économie de moyens qui frisait l’avarice, et dépeignait un monde interlope ; où s’agitait avec plus ou moins de brutalité le détective privé hard-boiled ; promu nouveau héros américain, aux tripes en inox blindé, par la grâce de l’écurie du pulp magazine Black Mask (notamment).
C’est dans cette période, où boire était devenu un brevet de masculinité, que s’installent les quatre numéros de la mini-série Daredevil Noir (parue de juin à septembre 2009) que Panini a regroupés – pour le marché francophone – en 1 volume : traduit par Nicole Duclos et lettré par Lucia Truccone.
…. Écrite par Alexander C. Irvine, un auteur de S-F que j’ai récemment lu sur une histoire d’Iron Man (Pour en savoir +), et dessinée par Tomm Cocker l’histoire de « Poker menteur », utilise des personnages bien connus de tous les lecteurs de l’éditeur de BD Marvel (et maintenant des amateurs de séries télévisées). 

Des super-héros, et son entourage, qu’elle réinvente un peu, beaucoup ou pas du tout. 

Ainsi Matt Murdock, dont je n’ai pas besoin de préciser l’alias, est-il l’adjoint d’un détective privé implanté dans le quartier de Hell’s Kitchen : Foggy Nelson
En sa qualité d’enquêteur et de justicier, Murdock va se retrouver au milieu d’une guerre des gangs, motif bien connu des amateurs de cette littérature pour le moins tonique. 
Si ce n’est qu’ici, elle est arbitrée par un mystérieux « Tueur à la cible ». 

Autre motif tout aussi érodé, celui de l’enquête qui se transforme en quête, et dont l’objet initial n’était qu’un leurre.
…. Commençons par ce qui fâche (si je puis dire). 

Au rayon des réinventions, le costume du héros sans peur est tout aussi peu modifié qu’il est peu réussi. 
Ce qui est proprement incompréhensible tant le talent de Tomm Cocker transparaît dans chacune de ses planches. 
Tel un prestidigitateur virtuose dont l’artifice se dissimule sous un réalisme illusoire, Cocker conjugue au plus-que-parfait ambiance sombre & pluvieuse et une mise en image séquentielle tendue. Avec moult trames & effets. 
Daniel Freedman - le coloriste - n'est pas étranger à cette réussite.

Le scénario exhale un climat tout en voix over, qu’il distille durant un flashback dans la plus pure tradition du genre. 
Jusqu’au dénouement qui ne déroge pas à la règle tacite, qui veut que, dans les polars hard-boilded, on peut tout aussi bien s’en passer. 

…. Si « Poker menteur » s’inspire des dramaxes du genre dont il se revendique sans innover, il le fait en revanche très bien. Avec le risque de combler les amateurs dudit genre, tout autant qu’il pourra surprendra les aficionados de « tête à cornes ».
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Scénario : 7,3 /10
Dessin : 9,2 /10
Appréciation globale : Bas les masques !

mercredi 25 janvier 2017

All-New Deapool n°008 (PANINI)

ALL-NEW DEADPOOL n° 008

Kelly et McGuinness reviennent pour poursuivre les aventures du couple Spider-Man/Deadpool !
•Deux nouveaux épisodes de Mercs for Money par Bunn et Espin complètent le sommaire.
+ Une longue aventure de Deadpool tirée d'un Bi-Annual, signée Scheer & Giovannetti, et Espin !

Traduction : Jérémy Manesse
Lettrage : Laurence Hingray & Christophe Semal
______________ 
Mensuel, 4,90 EUR, 96 pages (Contient les épisodes U.S : Spider-Man/Deadpool #8, Deadpool & the Mercs for Money #3 & 4, et Deadpool Bi-Annual #1)

Sortie le 3 janvier 2017

.... Bon j'ai fait l'impasse sur la série de Joe Kelly & Ed McGuinness, une série que j'ai un peu laissée en jachère pour l'instant. 

La belle surprise de ce numéro (et pour moi sa meilleure histoire) est celle du bi-annual écrit par Nick Giovannetti & Paul Scheer. 
2 scénaristes qui me sont totalement inconnus (j'ai depuis appris qu'ils ont écrit, ensemble, Aliens vs Parker chez Boom!), ce qui ne les a pas empêché de mettre en scène l'un des meilleurs team-up que j'ai eu l'occasion de lire. 
Avec comme me le confiait Le Doc, des héros pour le coup, complètement oubliés : la Brute Force.


CHARLIE VIOLA* : À la fin de 1989, en tant que concepteur dans l'industrie du jouet et avec une expérience à la télévision, j'ai approché Marvel avec quelques idées qui pourraient fonctionner aussi bien en BD, que sous forme de dessins animés et aussi de jouets. Marvel était alors intéressé pour aller dans cette direction à ce moment-là, et j'ai donc rencontré l’editor-in-chief Tom DeFalco et l’éditrice Judy Fireman pour leur montrer quelques concepts.
Ils ont tous les deux aimé le personnage du dauphin que j'avais créé. 
Il avait un costume bionique qui lui a permettait de se déplacer sur la terre et d'utiliser manuellement de l'équipement. Il pouvait communiquer avec les gens par l'intermédiaire d'un traducteur qui convertissait ses cris de dauphins en paroles humaines. 

Tom DeFalco voulait que je crée une ligne de personnages/animaux semblables, et aussi des véhicules. 

Voilà comment est né le projet Brute Force.
Avec Bob Budiansky qui avait écrit la série dédiée aux Transformers et la supervisait comme editor, et Sid Jacobson, qui était alors l'editor de Star Comics**, ont s’est mis au boulot. 
À nous cinq nous avons fini par créer une équipe de héros animaux dont la mission principale était de protéger l'environnement. 
Mais la nouvelle direction – suite à des changements de propriétaires - a jugé que se serait une perte de temps et d’argent que de promouvoir des personnages inconnus. 
Alors qu’il était plus facile de se concentrer sur Spider-Man ou Hulk, par exemple. 
Malgré tout Marvel a publié une mini-série pour tester le marché, mais notre cible à nous était les enfants qui regardaient les dessins animés du samedi matin, pas la tranche d’âges des lecteurs de comic books qui lisait Hulk ou Spider-Man

Charlie Viola pense aussi que l’idée d’animaux anthropomorphiques protégeant l’environnement était une bonne idée, mais qu’elle est venue bien trop tôt. 

Le scénario de la mini-série a été écrit par Simon Furman (qui écrivait alors pour l'éditeur la série Transformers), et qui pense aussi que Brute Force n’a pas ciblé la bonne tranche d’âges notamment avec un scénario bien trop compliqué. 
Et il faut croire que le lectorat des Transformers ou de G.I Joe n’était pas intéressé par Brute Force
Le label Star Comics qui s’adressait aux 5-6 ans aurait été peut-être, plus approprié. 
Le dessin avait été confié à José Delbo, qui lui aussi s’est occupé des Transformers dans les années 1988-1990.
_________________ 
*Charlie Viola a aussi écrit des scénarios pour des BD comme Heathcliff pour Marvel, The New Kids on the Block pour Harvey Comics, et The Flintstones, The Jetsons, et Yogi Bear pour Archie Comics

**Star Comics était une ligne de BD qui adaptait les dessins animés pour les enfants de 5-6 ans, et mettait en scène des histoires à partir de jouets. 

SOURCE principale.
.... « On n'est pas des bêtes » le team-up en question, de Nick Giovannetti & Paul Scheer, s'en donne à cœur joie. Même pour du Deadpool pur sucre, c'est bien barré.

Le traducteur Jérémy Manesse y va aussi de son imagination et propose un « Bonne soirée et à dauphin » en lieu et place de « Have a whale night ».
Mais si je peux me permettre il rate (façon de parler) un jeu de mots tout aussi potache dans ce dialogue :
- (Le directeur de Water World) : « Lui c'est Cœur de Lion. On pense que c'est le chef. »
- (Deadpool) : « Il ferait un carton sur Youtube »
J'aurais plutôt mis dans la bouche de Deadpool (beurk !) un : « Pas de quoi en faire un fromage. ».
Pas vous ? (fromage / Cœur de lion)

Donc ressortir Brute Force n'a pas fait peur à notre duo de scénaristes, et le jeu en valait largement la chandelle. 

.... Je ne peux pas en dire autant des Pros à payer de Cullen Bunn, qui s'il a des idées amusantes, peine selon moi à les rendre attractives. 
Les couleurs de GURU-eFX ne font rien pour améliorer le résultat. 
Ainsi Salva Espin, le dessinateur des deux histoires s'en sort-il mieux sur le team-up avec Force Brute grâce aux couleurs de Veronica Gandini que sur Les Pros à payer (je croyais d'ailleurs - avant de vérifier les crédits - qu'il ne s'agissait pas du même dessinateur). 

.... Un numéro qui vaut essentiellement pour « On n'est pas des bêtes », une histoire pour tous ceux qui veulent s'en payer une bonne tranche (et lire un sacré dénouement 
[-_ô]). 
Et c'est pas du flan !

mardi 24 janvier 2017

LIGNE DE MARÉE (Elizabeth Bear/Pierre-Paul Durastanti)

.... Certaines histoires, outre le très grand plaisir qu'elles procurent immédiatement, à la lecture, ont la faculté d'attiser l'imagination du lecteur ; et dans le meilleur des cas, de l'immerger dans le monde dans laquelle elles se déroulent. Alors qu'elles n'en sont qu'un infime fragment.
Sans pour autant pouvoir la coucher sur le papier, ou via l'interface d'un blog, le lecteur la ressent dans son entièreté, la prolongeant, dans le multivers qu'est son propre monde intérieur.
Ni totalement là, ni définitivement absente. Longtemps présente en tout cas.

Ligne de marée, premier texte proposé en français de l'écrivaine Elizabeth Bear - qui n'est pourtant pas une débutante - grâce à la traduction de Pierre-Paul Durastanti, pour la 85e livraison de la revue BIFROST*, fait partie de ces histoires.

Une courte mais magnifique nouvelle (saluée par les prix Hugo & Theodore Sturgoan 2008) qui je l'espère, ne sera pas la dernière d'Elizabets Bear, à franchir l'Atlantique 
Calcédoine n'était pas bâtie pour pleurer, faute de larmes, sauf à considérer que les billes de verre froid jonchant la plage - des billes recuites par la fournaise qui l'avait estropiée -n'en tiennent lieu.
Ces larmes auraient pu glisser sur ses senseurs fondus et sa peau pour pleuvoir, insensibles, sur le sable.
[...]
Le texte de présentation de la nouvelle nous averti qu'il s'y déploie une S-F « toute de sensibilité, pétrie d'humanisme », c'est rien de le dire.

.... L'une des plus belles nouvelles qu'il m'a été donnée de lire, et dans ce domaine j'ai eu la chance d'en lire de très très bonnes, pourtant. Du moins de celles dont je peux dire dans mon for intérieur, à l'aune de mes goûts, qu'elles le sont.
____________
* BIFROST n°85, avec un épais dossier consacré à Thierry Di Rollo, + des nouvelles de Di Rollo, de Ken Liu (qui n'est pas un manchot dans ce domaine-là) & d'Eric Brown, et les rubriques habituelles (Pour en savoir +).
Magnifique (mais est-ce besoin de le préciser) couverture de MANCHU

Séries en série (S01-E02)

-Undercover (S01-E06)
La "toile euristique", en passe de devenir un cliché (sic) à la télé [-_ô]
Aussi incroyable que cela puisse paraître cette série britannique de 6 épisodes s'appuie sur des faits avérés.
Portée par l'excellente interprétation de son couple d'acteurs, Undercover choisit néanmoins d'insérer dans son intrigue principale la défense d'un condamné à mort outre-atlantien plutôt que de faire de la place à une enquête journalistique à domicile. Dommage.
La révélation finale et ce que laisse entendre les dernière images ne sont pas à la hauteur de tout ce qui a précédé. Dommage bis.

-Pure (S01-E01)
La télévision canadienne vient de lancer un show criminel, prévu lui aussi en 6 épisodes, qui s'installe dans une communauté mennonite.
Le premier épisode que j'ai vu est très très prometteur ; le simple fait de déplacer une histoire de cet ordre dans ce type de milieu lui donne un sacré attrait. En plus d'un exotisme certain.

-Incorporated (S01-E05)
Joshua Hale Fialkov, scénariste de BD s'essaie aux séries télévisées
Amours, passions, trahisons, Incorporated semble avoir définitivement fait le choix du « minimalisme », autrement dit raconter dans un décors de science-fiction une histoire qui pourrait tout aussi bien en faire l'économie.
Alors que la S-F est - pour le dire avec les mots de Valerio Evangelisti - un genre  « maximaliste » qui incline à traiter de vastes sujets : peinture des mutations à large échelle, dévoilement de systèmes occultes de domination, dénonciation des effets tragiques ou bizarres de la technologie, invention de sociétés alternatives. Dommage.

-Taboo (S01-E01)
Dans un 19e siècle naissant, James Delaney de retour d'Afrique, vient jouer le grain de sable au cœur même d'un empire dont on disait que le soleil ne s'y couchait jamais. 
Très sombre (sic), ce premier épisode par son laconisme et son ambiance a réussi à me captiver.  


(À suivre ....)

lundi 23 janvier 2017

IRON MAN (Rapture/Transe) Marvel Knights

…. Court récit de science-fiction à la tonalité horrifique, Iron Man : Transe se consomme comme un robusta serré, à l’ancienne. 
Sans affectation & avec le plaisir de savoir qu’il apporte tout ce dont on a besoin pour l'apprécier pleinement. 

Un petit coup de fouet d’autant plus réjouissant qu’Alexander C. Irvine pousse la liberté que lui donne le label Marvel Knights jusqu’au bout, et déjoue une facilité que son récit lui permettait d’invoquer. 
Lan Medina & June Chung épaulent avec conviction leur scénariste.
Scénario : 7,65/10 
Dessin : 7,64/10 
Appréciation globale :  « Ce n'est pas avec de bons sentiments qu'on fait de la bonne littérature ».
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Publié en France dans les numéros 1 & 2 du mensuel AVENGERS vol.3 (juillet/août 2012) ; dans une traduction de Nicole Duclos ou de Jérémy Manesse (?) et un lettrage de d'Alessandro Benedetti, aux éditions Panini.

dimanche 22 janvier 2017

Robert Ervin Howard : 22 janvier 1906

The Savage Sword of Jesus Christ

.... Robert Ervin Howard est né le 22 janvier 1906, je me permets donc de proposer en ce 22 janvier 2017 un texte, ou plutôt un synopsis.
Une manière de rester en contact avec lui.

Il s'agit du synopsis de Une sorcière viendra au monde (A Witch Shall Be Born), une nouvelle parue dans le pulp magazine Weird Tales de décembre 1934.

Ce synopsis est paru dans le deuxième tome des aventures de Conan aux éditions Bragelonne (L'Heure du dragon) sous la direction - et la traduction - de Patrice Louinet :
.... Pour la petite histoire, Grant Morrison  a lui aussi mis en scène son Jesus viriloïde (Pour en savoir +) chassant des vautours à coups de dents (voir illustration supra).

Adam : Legend of the Blue Marvel 2 à 5

…. Je citais Ralph Ellison, sans trop savoir si je n’extrapolais pas un peu trop après avoir seulement lu un seul numéro ; eh bien Kevin Grevioux cite lui aussi cet auteur, et mentionne l’idée d’une invisibilité disons « sociale » pour le dire rapidement, telle que je l’avais plus ou moins anticipée. 
J’étais donc sur la bonne longueur d’onde, et cela grâce notamment au travail du scénariste sur le premier numéro, ce qui est toujours bon signe pour la suite.

Et d’une manière générale, Kevin Grevioux s’en sort d’ailleurs plutôt bien.
.... Compte tenu de l’époque où opère ou plutôt opérait Blue Marvel, il colore sa série d’une ambiance très « black ops » si je puis dire, avec juste ce qu’il faut de paranoïa, et de racisme « ordinaire » ; et joue d’une relation familiale si connue qu’elle semble aller de soi sans pour autant apparaître pour ce qu’elle réellement, c’est-à-dire un cliché érodé. 
Grâce en partie à un contrepied inimaginable en 1962. 
Bref l’instantané des sixties est convaincant, et en aucune manière gratuit, puisque les développements vont dans le sens de l’idée que Brashear (alias The Blue Marvel) a renoncé surtout compte tenu du contexte social, et plus précisément racial, de l'époque. 
Reste qu’il est toujours aussi difficile de croire qu’un homme tel qu'Adam Brashear - vu son caractère - soit resté les bras croisés avec tout ce qui s’est passé dans l’univers Marvel depuis les années 1960.
Même si au fil des numéros, se dessine un personnage auquel j’ai fini par croire. 

Il est certain que si le scénariste avait choisi la simplicité en expliquant le retrait de son personnage principal par le chantage, un accident, une amnésie ou un lavage de cerveaux, cela aurait plus facilement fonctionné. 
Là, la simplicité de l’explication qui a contrario modèle un personnage complexe, et plus dure à avaler. D’autant que certains événements dramatiques de ces années-là - qui expliquent sa décision - peuvent ne pas être connus ou venir à l’esprit des lecteurs d'aujourd'hui.
La Forteresse de la solitude en plein cœur du "monde du silence" : un bon résumé du personnage
.... Reste une histoire en 5 numéros très agréable à lire avec ce qu’il faut de situations attendues et d’événements inattendus, mais qui de mon point de vue pêchent un peu du côté des dessins avec l’impression de lire des planches de moins en moins soignées. 
D’ailleurs dans le même ordre d’idée le design de Blue Marvel n’est pas très heureux non plus. 

Par contre les interactions et les dialogues avec les Avengers ou son entourage, sonnent très justes (à mon oreille tout du moins). Cela dit les menues faiblesses que je relève ne valent pas de passer à côté de cette mini-série ; d’autant qu'Adam Legend of the Blue Marvel propose aussi (sans que cette grille de lecture ne soit obligatoire) une vue cavalière dont le sujet n’est plus la sauvegarde de l’humanité, mais une tentative d’explication à l’absence (ou quasi absence) d’un héros Noir de premier plan chez Marvel, et d'une manière plus générale d'un super-héros Noir de premier plan dans la BD mainstream étasunienne. 

Étrange coïncidence, le premier numéro est paru le 5 novembre 2008 (date de couverture janvier 2009), soit le lendemain de l’élection de Barack Obama au poste de président des U.S.A.

samedi 21 janvier 2017

SUPERMAN Univers n°11 & 12 (2017)

.... Même si évidemment j'aurais préféré lire la mini-série SUPERMAN: LOIS & CLARK (Pour en savoir +) dans une seule ou même deux revues kiosques dédiées rien qu'à elle, le sommaire des magazines SUPERMAN Univers 11 & 12 - dans lesquels on retrouve respectivement les numéros 6 et 7 puis le huitième et dernier numéro de cette histoire - me fait tout autant plaisir.
Pour ceux qui ont donc pris le SUPERMAN Univers hors-série numéro 4 avec le début de SUPERMAN: LOIS & CLARK, les sommaires des n°11 & 12 (à paraître le 3 février) de SUPERMAN Univers invitent une autre mini-série en 8 parties (sous la forme d'un crossover efficacement réuni par l'éditeur hexagonal) intitulée : Requiem pour un Superman
Écrite par le scénariste qui monte chez DC Comics : Peter J. Tomasi
Qui écrira notamment Super Sons (en V.O le 15 février) un nouveau titre qui mettra en scène les fils de SupermanBatman, et que j'attends avec impatience. 

Bref, ayant opté pour le hors-série n°4 pour des questions de coûts, plutôt que d'attendre un hypothétique recueil librairie qui sera de toute façon bien plus cher*, je me retrouve à lire deux numéros de la revue mensuelle de Superman avec plus de plaisir que je ne m'y attendais. 

Un choix éditorial plutôt très bien vu de la part d'Urban Comics
D'autant que je ne doute pas que cela fasse sens aussi, au niveau de l’intérêt qu'y trouveront les lecteurs en termes de cohérence vis à vis de l'univers du Kryptonien

Et d'un rapport qualité/prix en faveur des lecteurs.
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*Et en effet Le Doc m'informe que sortira en librairie, le 7 avril 2017, un recueil contenant la mini-série  SUPERMAN: LOIS & CLARK + deux numéros de l'event Convergence (très dispensable) au prix de 22,50. Ouch!!! 

ADAM : Legend of the Blue Marvel #1

Alors qu’un très puissant super-vilain nommé Anti-Man attaque New York, et les que les Avengers échouent à l’arrêter, il semble que le seul homme qui l’ait jamais battu soit le Blue Marvel, dans les années 1960.
Mais qui est ce super-héros que personne ne connaît ?
Kevin Grevioux (New Warriors) et Mat Broome (The End League) unissent leurs forces pour inventer le plus puissant super-héros de l’univers Marvel !

…. J’ai « rencontré » Adam Brashear alias The Blue Marvel grâce aux premiers numéros de la nouvelle série Marvel intitulée Ultimates (Pour en savoir +), et je l’ai rapidement retrouvé dans les pages de la série Mighty Avengers elle aussi écrite par Al Ewing, toujours chez le même éditeur.
D’ordinaire je ne suis pas un lecteur qui s’intéresse particulièrement à tel ou tel personnage, mais plutôt qui lit en fonction de qui scénarise telle ou telle série. Plus rarement qui la dessine, et encore plus rarement à cause du coloriste (un seul cas de recensé jusqu’à maintenant [-_ô]).
Sans que je puisse définir précisément ce qui m’a attiré chez lui, ce personnage a eu suffisamment de charisme – disons-le ainsi - pour que j’aille rechercher la mini-série qui lui a été consacrée entre 2008 et 2009 (date de couverture du premier numéro janvier 2009) et qui signe par la même occasion sa première apparition.
…. Écrite par Kevin Grevioux, Adam Legend of the Blue Marvel, repose sur une prémisse assez difficile à avaler. 
En effet comment croire qu’un personnage de l’envergure de Superman puisse disparaître des mémoires alors qu’il protégeait la veuve et l’orphelin dans les années 1960, qu’il était adulé avant de devenir l’objet de la peur des uns et du ressentiment des autres ? 
Kevin Grevioux n’est pas un scénariste débutant, et je ne crois pas qu’on puisse mettre cette entrée en matière plutôt maladroite, sur le compte de l’amateurisme ou sur duplication d’un effet à la « Sentry », personnage dont l’introduction dans l’univers de la Maison des Idées participait d’un canular. Non, je crois pour ma part que ce parti pris est une métaphore de la condition de « l’homme Noir » à la Ralph Ellison si je puis dire, autrement dit celle d’un « homme invisible » ou qui le devient dans le cas d’espèce. 
Tout le premier numéro, le seul que j’ai lu pour l’instant - ce qui fragilise un peu mon hypothèse – conduit à cette interprétation.
Tant qu’on ne sait pas qu’il est un afro-américain, Blue Marvel est un super-héros adulé par la population, mais à partir du moment où il ne fait aucun doute que ce n’est pas un Blanc qui se cache sous le casque, le vent tourne et la peur s’installe. Kevin Grevioux disait dans la seule intervention que j’ai lue à propos de cette série que l’idée était de dépeindre au travers de ce personnage ce que vivaient par exemple les stars Noirs du football U.S. durant les années 1960. Adulés pour leurs prouesses athlétiques sur le terrain, une fois le coup de sifflet final donné il redevenait des « second-class negro » qui devaient se plier aux lois de la ségrégation raciale. Tout le premier numéro, ou presque se focalise d’ailleurs sur cet aspect de la société américaine.
Jusqu’au nom de code du héros qui me semble renvoyer à cette très célèbre planche de Green Lantern & Green Arrow de Dennis ONeil et Neal Adams où un employé Noir interpelle l’un des deux super-héros pour lui demander, après avoir énumérer tout un tas d’hommes de « couleurs », ce qu’il a fait pour l’homme Noir ?
Même les personnages les plus hauts placés mais enclins à considérer la ségrégation raciale en mauvaise part n’arrivent pas à se débarrasser d’un certain paternalisme. 
Par exemple lorsque J.F.K. donne du « son » à Adam Brashear qu’il a convoqué dans son bureau. 
« Son » n’est pas un mot anodin, il désigne la façon pour un Sudiste d’appeler un Noir, donc une façon dépréciative de l’interpeller*. On voit de la même manière apparaître le terme « negro », et d’autres considérations tout aussi racistes. 

…. Bref, un premier numéro intéressant, qui repose sur une idée assez polémique et plutôt difficile à traiter, et dont je me demande comment Grevioux va se sortir. 


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*Voir à ce sujet Talkin’ that talk de Jean-Paul Levet, éditions Outre Mesure.