mardi 21 mars 2017

Black Hammer (Lemire/Ormston/Stewart/Klein)

.... Ultra-référencée, pensez que dans le sixième numéro deux personnages prénommés respectivement Len & Bernie apparaissent (brièvement) dans une histoire de maison hantée et de créature née dans un marécage, Black Hammer fonctionne plutôt bien jusqu'à maintenant (j'ai lu les six premiers numéros).

Si le point de départ de l'intrigue principale n'a pratiquement pas avancée, Jeff Lemire réussi pourtant à rendre captivant chaque numéro.
Dean Ormston, son dessinateur n'est pas pour rien dans cette réussite. Son style que je qualifierais de vintage (manière d'allier le fond et la forme), est mis en récit par un storytelling très moderne dans la mesure également, où il s'adapte à son sujet. 
Et ce mariage de la carpe et du lapin fait merveille. Dave Stewart le coloriste de la série (et qu'on ne présente plus) ajoute sa palette à une ambiance qui souffle le chaud et le froid, mais de manière toujours juste. 
Todd Klein enfin, apporte sa science du lettrage à une entreprise déjà fort bien pourvue en termes de talent.

.... Toutefois, Jeff Lemire, en imaginant son intrigue, du moins sa prémisse, ainsi que dans la manière qu'il a d'utiliser des personnages très référencés, amène tout un pan de la fiction, qui nécessite d'ordinaire une suspension volontaire d'incrédulité très forte, dans le champ de la réflexion. Qui elle, n'en demande pas tant.
En d'autres termes, ce qu'il a construit avec Ormston & Stewart (à partir de l'histoire de la BD étasunienne elle-même, du moins les personnages les plus connus de son versant mainstream) et qui fait appel à un plaisir enfantin, risque de ne pas passer - sans pertes ni fracas - les portes d'un méta-discours dont l'ombre portée est omniprésente.
Tant qu'on est dans l'expectative, je trouve que ça marche du feu de Dieu. Mais lorsqu'il devra se frotter aux travaux pratiques, dépasser l'aspect ludique - ce vers quoi je trouve qu'il tend (?) - et somme tout un peu vain de la citation, tout en façonnant un récit à la hauteur de ce que j'en attends, ne risque-t-il pas d'accoucher d'un pétard mouillé ?

Vu la qualité de ce qui a paru j'ai tendance à lui accorder ma confiance, mais il n'en reste pas moins que la barre est très haute, et qu'on tombe d'autant plus durement qu'on est monté haut.

(À suivre ....)    

lundi 20 mars 2017

Skull the Slayer (Marvel)

Couverture originale pour les éditions LUG
Auteur inconnu
…. Lhomo americanus expédié dans un monde et une culture qui lui sont étrangers est, depuis Un Yankee à la cour du roi Arthur (1889) de Mark Twain, un motif faisant partie intégrante du tronc commun de l’imaginaire étasunien. Même si la satire, non exempte de coups de lattes et d'explosions non plus, de Mark Twain a été depuis largement - et presque totalement - remplacée par les seuls coups de lattes et les explosions.  

Souvent retravaillé et décliné : Edgar Rice Burroughs envoie John Carter sur Barsoom (1912), Jerry Siegel & Joe Shuster (1938) s’en emparent et le retournent comme un gant (mais même retourné un gant reste un gant) et inventent Superman, Nathan Algren en 2003 – sous les traits de Tom Cruise – remplace Camelot et Barsoom par le Japon, sous la direction d’Edward Zwick, etc.

Et donc, en 1975, Marv Wolfman (qu'on ne présente plus) & Steven Gan (également co-créateur de Star-Lord) s’inspirent d’un modèle dont l’origine a peut-être d’ailleurs été oubliée en route, et accouchent d’une série de bédé intitulée Skull the Slayer.

Très brève série, Skull le prisonnier du temps – comme elle a été traduite dans la revue française TITANS (du numéro 5 au numéro 12) – de novembre 1976 à janvier 1978 s’inspire également d’un autre prestigieux modèle, celui des Quatre Fantastiques.

..De l’autre côté du miroir (aux silhouettes) 

- Au lieu d’une fusée, le quatuor de Skull the Slayer disposera d’un avion 
- Au lieu des rayons cosmiques ce sera le Triangle des Bermudes 
- Au lieu de la transformation des personnages en monstres, Wolfman & Gan, transforment leur quotidien en un environnement monstrueux. 
- Et en lieu et place de Red Richards le scientifique ce sera le docteur Corey, Jane Storm est remplacée par la blonde Ann Reynolds, son jeune frère Johnny par le tout aussi jeune Jeff Turner, et Ben Grimm par l’ancien combattant Jim Scully (alias Skull).
TITANS n°5
La fine équipe se voit donc envoyée dès le premier numéro dans un monde étrange qui, contre toute attente, fera se côtoyer des dinosaures et des hommes « préhistoriques ». Shocking !
Puis d’autres civilisations feront leur apparition, faisant du Triangle des Bermudes made in Marvel une sorte de pendant aux expositions universelles qui pour l’édification de leurs visiteurs mettaient en scènes des « sauvages » venus des cinq continents dans ce qu’on appelle aujourd’hui des zoos humains, mais aussi des pavillons où la technologie la plus pointue avait également droit de cité.
L’imagination d’Edgar Rice Burroughs (et il n’est pas le seul dans ce cas) aura ainsi bénéficié d’un coup de pouce de la célèbre Exposition universelle de Chicago de 1893 lorsqu’il sera temps pour lui d’inventer John Carter et Tarzan.

Mais revenons en 1975
…. Si la série (bimestrielle) Skull the Slayer n’est pas à ma connaissance citée, lorsqu’on évoque la vague des comic books dit relevant, autrement dit ceux qui prennent à bras le corps les problèmes de l’époque de leur publication pour les intégrer dans leurs récits, il n’en demeure pas moins qu’elle ne prend pas de gant lorsqu’elle tient un discours sur la guerre du Vietnam et ses corollaires : l’héroïsme et l’information (Marv Wolfman utilisera le mot très connoté de newspeak autrement le novlangue du roman 1984 : Pour en savoir +) , pas plus de fioriture sur la place des Africains-Américains et sur celle des femmes dans la société d’alors. 
Cela étant dit Skull the Slayer est d’abord une série se voulant avant tout divertissante. 

Ce qu’elle réussira à être lors des trois premiers épisodes, qui prennent pour héros un type de personnage qui deviendra rapidement d’ailleurs un stéréotype : l’ancien combattant de la guerre du Vietnam dont la réinsertion devient un problème.
L'atelier de retouches de LUG a gommé le couteau sur la V.F
Le quatrième numéro voit arriver Steve Englehart au scénario - suite à la promotion de Marv Wolfman à un poste d’editor - et manifestement cette série ne l’intéresse pas le moins du monde. 
Il supprime immédiatement les trois partenaires de Jim Scully et transforme ce dernier en un lâche de la pire espèce. Tout en dirigeant l’intrigue vers tout autre chose que ce qu’avait fait Wolfman & Gan dans les numéros précédents. Du très grand n'importe nawak.
Heureusement dès le numéro suivant Bill Mantlo reprend les rênes, alors que Sal Buscema (arrivé au n°4) reste attaché à sa planche à dessin. 

Mantlo & (Sal) Buscema, s’ils n’ont pas atteint le statut de certains de leurs contemporains dans leur domaine respectif à savoir l’écriture de scénarios et celui du dessin, n’en demeurent pas moins de solides artisans de la Marvel. De ceux avec qui on est rarement déçu lorsqu’il s’agit de passer un bon moment de lecture. 
Et ils vont encore le prouver ici. 

J’ouvrais mon commentaire™© en proposant que l’une des sources du code créatif de la série n’était rien que moins que celle utilisée pour l'invention des Fantastic Four, eh bien dans sa septième livraison Skull le prisonnier du temps rencontrera son propre Docteur Fatalis

Las, la reprise en main par Mantlo & Buscema n’aura pas suffit, et le huitième numéro sera le dernier. La douche est plutôt froide à l’époque puisqu’en plus d’être redevenue attractive la série se termine sur un cliffhanger de la mort. …..
Le storytelling toujours efficace de Sal Buscema
Heureusement pour les lecteurs français l’attente sera moins longue que pour leurs homologues étasuniens. En effet dès le dix-neuvième numéro de TITANS les éditions LUG reprennent deux numéros de la série Marvel Two-in-One dans lesquelles la Chose (des Quatre Fantastiques) sauve le quatuor perdu (avec accessoirement l’aide de Red Richards alias Mr Fantastic). Ce qui n'a rien d'une coïncidence si on accorde du crédit à ma théorie.

Si dans les seventies il était courant pour la Maison des Idées de terminer certains arcs narratifs de séries annulées dans d’autres séries, ce coup-ci c’est Marv Wolfman himself qui s’y colle. Autant dire que cette série semblait lui tenir à cœur. D’autant plus que si les lecteurs français ont le plaisir de retrouver Jim Scully et sa bande en septembre 1978, soit 8 mois après la fin plutôt brutale de la série. Les américains n’auront des nouvelles que 13 mois plus tard. C’est dire si l’annulation avait dû rester en travers de la gorge du scénariste. 
Les choses étant ce qu’elles étaient à l’époque, les éditions LUG transformeront les deux numéros de Marvel Two-in-One (#35 & 36), une série dédiée aux aventures de la Chose qui y recevait à chaque numéro un nouvel invité, en une suite directe de « Skull le prisonnier du temps » :
Une sorte de continuité dans la rupture
Si la fin n’est pas, par la force des choses, à la hauteur du potentiel que laissait envisager les trois numéros de Wolfman & Gan et les quatre de Mantlo & Buscema (mieux vaut oublier celui d'Englehart), elle a au moins le mérite de faire montre d’un évident respect pour les lecteurs. 

…. En définitive Skull the Slayer donne une idée de la façon dont la Maison des Idées gérait les siennes à l’époque. On peut d'ailleurs en déduire que l'éditorial n'était pas plus absent qu'il ne l'est aujourd'hui du destin des personnages.   

Potentiellement cette série avait une dynamique capable de mouliner de la diégèse à volonté. Il n’est qu’à voir la série Warlord (133 numéros) chez le Distingué Concurrent, dont la création et la prémisse sont aussi contemporaines que proche de Skull the Slayer, pour avoir une idée de ce qui était envisageable. 

Reste qu’au cours des Guerres Secrètes – en 2015 – Skull, et une tripotée de champions d'heroic fantasy estampillés Marvel, referont surface pour quatre numéros très prometteurs dans la mini-série intitulée Weirdworld (Jason Aaron + Mike Del Mundo). 
Hélas, aussitôt les Guerres Secrètes terminées le titre sera redémarré sous l’égide cette fois de Sam Humphrie (toujours Mike Del Mundo aux dessins), en laissant en plan tout ce qui en faisait l’attrait (du moins à l’aune de mes propres goûts).
Battleworld n°4 (PANINI) Traduction Ben KG (MAKMA)
Décidément, hors le mainstream (i.e. les super-héros) Marvel peine à proposer des histoires pérennes. 

Ce qui ne doit pas non plus, nous empêcher d’apprécier (et de rechercher) celles qui paraissent ou qui ont été publiés dans le passé. Et les années 1970 sont un vivier très intéressant car à l’époque, cet éditeur (et DC Comics) peinait à rester à flot, et autorisait les projets les plus fous (Pour en savoir +).
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• Un petit mot sur la traduction des épisodes paru chez LUG.
Si le traducteur ou la traductrice n'est pas mentionné, il n'en demeure pas moins que c'est fort joliment traduit ; les dialogues sont alertes, et sourd une douce ironie de l'ensemble de la prose de chaque numéro.

À noter que l'addiction à la drogue du jeune frère de Jim Scully qui meurt d'un coup de couteau, a été transformée en un net (mais préférable ?) penchant pour les boissons alcoolisées.

dimanche 19 mars 2017

Zone Blanche : Saison 01 - Episode 03

Un spéléologue amateur sort traumatisé d'un de ses périples. Il affirme avoir perdu son amie dans un labyrinthe de grottes souterraines. Laurène, chargée de l'enquête, écoute son témoignage et s'efforce de démêler le vrai du faux. Qu'est-devenue la jeune femme ? 
.
... Ce troisième épisode confirme tout le bien que je pensais des deux premiers (Pour en savoir +). Ainsi que mes réserves.

Confirmant l'ambiance gothique, tout en rationalisant (?) avec beaucoup de talent et d'astuce les enjeux de cette nouvelle enquête, Zone Blanche s'inscrit de plus en plus dans la filière du divertissement à base de « cul-terreux » (s'il s'agissait d'une série U.S., j'aurais dit redneck) - ici dans une version ardennaise - et d'isolement rural.

En proposant des épisodes aux enquêtes « auto-contenues » captivantes, tout en alimentant un fil rouge ambitieux, la série franco-belge ménage le court terme, tout en préparant une intrigue d'envergure. Plutôt bien vu en termes d'assuétude !

Dommage que l'héroïne soit une pétroleuse (badass) bien peu crédible. À force de vouloir en faire une forte tête, les auteurs réussissent à en faire un cliché. Toutefois rien de rédhibitoire non plus. 


(À suivre ....)

jeudi 16 mars 2017

Un crime dans la tête (2004)

Il y a quelques années, une nuit, durant la guerre du Golfe, le capitaine Marco et ses hommes furent victimes d'une embuscade et n'eurent la vie sauve qu'à l'intervention héroïque du sergent Shaw, devenu désormais l'un des candidats les plus sérieux à la fonction de vice-président des États-Unis.
.... Le remake de 2004 réalisé par Johnathan Demme - produit en partie par Tina Sinatra, la propre fille de Frank Sinatra* - est un film qui m'a captivé sur un peu plus des 3/4 de sa durée.

À son crédit :

• Une excellente interprétation
• Une atmosphère anxiogène, paranoïaque et très malsaine

En sa défaveur :

• Un plan bien trop alambiqué
• Un dénouement bien trop simpliste

En conclusion :

.... Un crime dans la tête s'essouffle dans sa dernière partie, et renonce à ce qui en faisait le charme (vénéneux).
Résultat, l'équilibre précaire de son scénario s'en trouve fragilisé, et entraîne dans sa chute réalisation et distribution, les pierres angulaires de ma suspension volontaire d'incrédulité.

Un film qui devient bien meilleur si on décide de s'arrêter au moment où Raymond Prentiss Shaw « manque sa marque ».
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* Frank Sinatra avait fait des pieds et des mains pour que l'original de 1962, de John Frankenheimer, puisse se tourner. 

mercredi 15 mars 2017

Miss Sloane (La fée du lobby)

…. L’imaginaire américain est capable de s’emparer de n’importe quel sujet et d’en extraire un héros. Ici en l’occurrence une héroïne. Et d’en faire une geste épique. 

Miss Sloane est une lobbyiste. 

En un peu plus de 2 heures, Jessica Chastain – dans un rôle qui il n’y a pas si longtemps aurait échu à un homme – nous entraîne dans une histoire aussi incroyable qu’efficace. Et il faut qu’elle le soit pour nous faire avaler la succession de twist qui ponctuent ce film.

Un film qui démontre qu'avec du talent on peut nous faire avaler n'importe quoi.
Même le plus improbable des scénarios.
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mardi 14 mars 2017

Casanova et la femme sans visage (Olivier Barde-Cabuçon)

.... Contemporain du commissaire Nicolas Le Floch (inventé par Jean-François Parot), avec qui il partage de servir le roi Louis XV, le chevalier de Volnay, « commissaire aux morts étranges », aura fort à faire dans cette première enquête, écrite par Olivier Barde-Cabuçon pour les éditions ACTES SUD (paru en 2012).
1759. Une femme sans visage est retrouvée dans Paris.
Volnay, le "commissaire aux morts étranges", se charge de l’enquête. Surveillé de près par Sartine, qui voit d’un mauvais œil ce policier hors normes, Volnay, secondé par un moine étrange et Casanova lui-même, remonte la piste d’un crime qui pourrait impliquer la Pompadour et jusqu’à Louis XV en personne.
L’épisode inaugural d’une série policière historique extrêmement prometteuse.
.... Comme toutes les périodes de l'Histoire, il ne tient qu'au talent du romancier pour faire de celle qu'il a choisie un bon parti.
La France du XVIIIe siècle, qui n'est déjà pas chiche en figures romanesques, s'enrichit donc d'un enquêteur adepte de la « police savante » et de son Watson en la personne d'un moine  - dont le passé (sulfureux) n'est pas le moindre des enjeux - dans un Paris où se côtoient la philosophie des Lumières et des croyances bien moins rationnelles. 

Olivier Barde-Cabuçon, toute aussi insolite et bigarrée que soit l'atmosphère de son roman, ne cède guère à la fantaisie quant aux mobiles de l'étrange crime qu'il met en scène. Inattendue et très solide, la solution à l'énigme m'a paru très satisfaisante, et surtout vu le contexte tout à fait adaptée. 

Le seul (petit) bémol du roman, tient à l'identité du «moine », que j'aurais préféré ne pas connaître. Certains personnages s'épanouissent bien mieux dans le mystère.
D'autant que cette révélation n'apporte pas grand chose à l'histoire, et paraît sacrément tirée par les cheveux.

Excellent roman, Casanova et la femme sans visage bénéficie en outre d'une magnifique couverture due à Natalie Shau. 

.... Étonnamment, Volnay, le commissaire aux morts étranges, se fait tout au long du roman, voler la vedette. 
Par Casanova, toujours, par son adjoint, par le comte de Saint Germain, voire par quelques comploteurs ou spadassins plus brièvement aperçus. 
Et par les femmes, dont l'auteur brosse de jolis portraits. 
Deux d'entre elles d'ailleurs, assez formidables, tirent la couverture à elles plus souvent qu'à leur tour. 

Et puis ce Paris qui est dépeint en creux, n'est pas en reste pour occuper le devant de la scène.   

Or donc, une fort belle découverte en ce qui me concerne, dont je vais sans vergogne exploiter le filon, car le chevalier de Volnay  a depuis, mené cinq autres enquêtes.       

lundi 13 mars 2017

La Promesse du samouraï (Dale Furutani) 10/18

.... Premier tome d'une trilogie, La Promesse du samouraï de Dale Furutani nous entraîne sur les pas de Matsuyama Kaze, un rōnin, lancé dans une « quête » dont je vous laisse découvrir le but.

Dans ce premier tome, traduit par Katia Holmes (ça ne s'invente pas), entraîné bien malgré lui dans une aventure périphérique, ce samouraï sans maître va justifier sa présence dans la célèbre collection Grands détectives, en en devenant un.

En presque 250 pages, Dale Furutani m'a fait vivre une enquête rondement menée avec ce qu'il faut de fausses pistes et d’exotisme, l'action se déroule en 1603 comme l'explique l'auteur dans un court mais intéressant prologue, pour que l'envie de lire la suite s'impose une fois son roman terminé. 
Avec d'autant plus de détermination que la quête que j'évoquais, est relancée dans les dernières pages.

.... Dans son prologue Dale Furutani avoue avoir voulu offrir un divertissement ; en ce qui me concerne je peux affirmer que la mission a été accomplie avec brio, et qu'il peut compter sur moi pour lire le deuxième tome intitulé : Vengeance au palais de jade.

(À suivre .......)  

  

dimanche 12 mars 2017

Les Amazoniques (Boris Dokmak)

.... Deuxième roman de Boris Dokmak, (9,90 €) paru aux éditions RING/La Mécanique Générale, Les Amazoniques est un polar dit « ethnique ».

C'est-à-dire un roman qui, s'il s'articule autour d'un meurtre et d'une enquête, s'attache à décrire le plus précisément possible les us & coutumes d'une société étrangère (ou supposée telle), voire exotique, aux lecteurs qui la liront. 
Un milieu qui n'est pas un décor de carton-pâte mais presque un personnage à part entière, en tout cas un élément essentiel de l'histoire (sans pour autant qu'il soit d'une rigueur scientifique à toutes épreuves).
Des romanciers comme Tony Hillerman, Arthur Upfield ou encore Caryl Férey s'y sont frottés avec succès & brio.
Kourou, 2014, une femme fait son jogging et se retrouve subitement nez à nez avec un Indien qui s’effondre devant elle. C’était le dernier des Arumgaranis.
Boris Dokmak nous emmènera, suite au prologue brièvement résumé supra, en 1967 au cœur d'une Guyane qui emprunte autant à Joseph Conrad (celui d'Au cœur des ténèbres) qu'à Hergé (au travers de la tribu des Arumgaranis) sur les traces d'un flic métropolitain envoyé là-bas pour faire la lumière sur un meurtre. 

Son personnage principal, l'ex-lieutenant Saint-Mars, dont la gouaille n'est pas sans rappeler celle des personnages chers à Auguste Le Breton, mettra au jour un événement oublié de l'Histoire (et toujours pas admis pas ses instigateurs), mais transposé, dans une veine proche de ce qu'a fait avec beaucoup de talent Didier Daeninckx dans des romans comme Meurtre pour mémoire ou Le Der des ders.

.... La version poche que j'ai lue fait 454 pages, et sans rien enlever à l'originalité du mobile, pas plus qu'à l'ambiance du roman, ni à l’intérêt que j'ai éprouvé envers des Arumgaranis force m'est de dire que Les Amazoniques est un roman qui aurait - selon moi - gagné à être plus court. 
Les préparatifs qui se déroulent à Santa Margarita sont bien trop longs (sans qu'ils apportent quoi que ce soit d'essentiel à l'intrigue), le voyage puis la fuite de Saint-Mars sont eux aussi interminables, et finalement l'épilogue tombe sans que j'aie trop bien saisi comment il s'articule avec le prologue (y a-t-il eu une enquête en 2004 ? Quid du « livre noir » ?)  .  

Cela dit, il y a de très très bons moments, notamment quelques digressions sur les Arumgaranis et l'idée que s'en font les intellectuels « civilisés», quand bien même s'agit-il ici d'un peuple fictif.

.... En définitive me reste un sentiment très mitigé, et si Les Amazoniques m'a donné envie de lire de nouveau - malgré tout- Boris Dokmak (dont l'imagination m'a séduit), la pagination de son autre (et précédent) roman : La Femme qui valait trois milliards (758 pages) douche pour l'instant mes velléités .

(À suivre .... ?) 

Zone blanche (RTBF/France 2)

.... Après deux épisodes (sur 8) menés tambour battant d'un scénario qui palpite entre whodunit et fantastique rural forestier, le constat est simple : Zone Blanche - série télévisée franco-belge - démarre très joliment. 

Pour le dire vite, on est pas loin d'un Twin Peaks version Grand Est (toutes choses égales par ailleurs) mâtiné d'un peu de Jordskott (la série télévisée suédoise). 
À tout le moins, la galerie de personnages vaut largement celle qu'avaient inventée Lynch & Frost en leur temps, et la nature vaut bien celle décrite par Henrik Björn.  
Villefranche est une petite ville isolée au cœur d’une forêt gigantesque, un labyrinthe vert de milliers d’hectares rendant toute télécommunication hasardeuse. Cet endroit pas tout à fait comme les autres a ses zones non cartographiées, ses crimes, ses disparitions et autres mystères à élucider et un taux d’homicide six fois supérieur à la moyenne nationale… mais à part ça tout va bien. Pour veiller sur elle, la ville peut compter sur son "shérif", le Major Laurène Weiss, une fille du pays forte en gueule et étrangement connectée à la Nature. 
  Mention particulière à la réalisation de ces 2 épisodes qui installent un atmosphère très réussie dés le début du premier épisode, dont l'étrangeté ne peut que captiver quiconque le voit.  
Si certains comédiens en font un peu trop à mon goût (mais la nature de leur personnage les y oblige), la distribution s'en sort d'une manière générale plutôt bien.

.... Reste que les enjeux, dopés notamment par le climax à couper le souffle du deuxième épisode, sont ou semblent assez énormes ; à tel point que je me demande si - forcément - la résolution des différentes énigmes sera à la hauteur de ce tonitruant départ.


(À suivre ....)   

vendredi 10 mars 2017

Officer Downe (Joe Casey/Shawn Crahan)

…. Officer Downe c’est d’abord une bédé américaine (publiée en juillet 2010 par l'éditeur Image Comics) sous la forme d’un album de 48 pages (à la franco-belge pour ainsi dire).
Scénarisée par Joe Casey (qui a occupé pendant quelques années les premiers plans de la scène des comics mainstream U.S, en écrivant notamment les scénarios des X-Men ou encore de Superman) & dessinée par Chris Burnham, cette histoire met en scène l’agent de police Downe une sorte de réinvention « des héros ultraviolents reaganiens des années 1980, la rencontre de RoboCop et du Toxic Avenger interprété par Sylvester Schwarzenegger. » dixit Burnham.

C’est aussi un jeu de mots avec « officer down » qui peut se traduire par « un homme à terre », signalant qu’un membre de la police a été sévèrement blessé et qu’il faut des secours (et des renforts) de toute urgence. 

C’est aussi un film, toujours écrit par Joe Casey, et mis en scène par Shawn Crahan – par ailleurs musicien et fondateur de plusieurs groupes de « métal » - dont le rôle titre a échu à Kim Coates, acteur surtout connu au travers de son rôle récurrent dans la série télévisée Sons of Anarchy.
…. Si la réalisation, la première à ma connaissance de Shawn Crahan, brille essentiellement grâce ses effets lumineux (la boule à facette à dû faire office de directeur photo), Officer Downe est surtout le mariage de la carpe et du lapin en tant qu’il associe le « pire » du cinéma d’exploitation tout en délivrant un sous-texte aux antipodes de ce que promouvait le cinéma dit « reaganien » des eighties
En effet, après une brève (mais efficace) mis en contexte, l’agent Downe apparaît dans une situation qui sera l’incipit du film qui lui est consacré, tout en lui donnant une dimension à l’opposé de ce à quoi on s’attendrait. 

La scène en question est – en caméra subjective – un traveling avant vers l’origine du monde comme aurait dit Gustave Courbet, puis un long cunnilingus.
Orgasm counter
- C’est quoi ton secret pour continuer encore et encore ?!
- Je fais que mon devoir de citoyen
Cette scène n’aura de cesse de se développer et d’être extrapolée tout le long du film : Terry Downe est un homme de devoir et de convictions qui paie de sa personne (au propre et au figuré). 
Loin de l’image machiste qu’il est sensé renvoyer, tout en étant un flic brutal envers ceux qui le mérite. Du moins dans la logique répressive du cinéma « reaganien », voire de tout un pan de la « pop culture », qui se dispense d'aller voir les causes et ne s'intéresse qu'aux symptômes, qu'elle traite de façon radicale.
Go ahead, make my day !
Cela étant dit, étant moi-même un amateur de ce genre de divertissement, je suis assez mal placé pour le condamner.

.... C’est là qu’interviennent la carpe et le lapin. 

Parallèlement à une esthétique flashy, épileptique et décérébrée, un sous-texte se fait jour, critiquant l’ultralibéralisme, la religion, l’homme providentiel qui ne doit rien à personne, etc.
Une sorte de discours humanisme (du moins à l'échelle de ce qui reste somme toute un divertissement qui tire vers la série Z).
Et si l’équilibre n’est pas en sa faveur, ce sous-texte porte car il est véhiculé par une brochette d’acteurs qui jouent très juste, incarnant sans cabotinage ni ironie des personnages - qui sans échapper totalement aux stéréotypes - tentent de devenir des individus à part entière. Plutôt pas mal !   

Mention particulière aux acteurs de doublage français, qui collent bien à la sobriété des personnages, et à l’engagement de leurs homologues américains.
Un petit air de Judge Dredd ?
…. Fut un temps Officer Downe aurait pu devenir ce qu'on appelait un « film culte ». 

Peu vu (si j'en crois ses recettes), encore moins apprécié (vu le peu de critiques disponibles), il serait tombé dans l’oubli, disparaissant tout aussi rapidement des salles obscures que de l'imaginaire collectif, jamais diffusé à la télévision, ou en catimini aux heures tardives des programmes estampillés Hollywood Night™©. 

Les rares à l’avoir apprécié l’auraient mentionné avec parcimonie mais conviction jusqu’à ce qu'un cinéaste (par exemple) le cite ou s’en revendique plus ouvertement ; il serait alors devenu la coqueluche du grand publique. Une sorte de blanc-seing accordé à intelligentsia culturelle en ces temps d'hégémonie geek. Autant qu'un passeport de hipster patenté.  
Un phénomène éphémère qu’il serait bon de signaler même (surtout) si on ne l’avait pas vu. 

Aujourd’hui - ou de toute façon tout est culte - un film ne peut plus guère accéder à ce statut, l’oubli est un luxe définitivement disparu. 
Reste qu’Officer Downe n’est pas non plus un film de chevet (selon mes goûts en tout cas). 

Son sous-texte, son mauvaise esprit ne rattrapent pas une mise en scène bien trop tape–à-l’œil autant qu’elle est peu maîtrisée. 
Mais son propos, au-delà des apparences, en fait un divertissement certes low cost, mais qui a suffisamment réussi à titiller mon intérêt pour que j’aille au bout de son heure et demi, et que j’ai – de surcroît - envie d’en parler. 

Rien qui ne vaille d’aller aux Oscars, mais rien non plus qui le voue aux gémonies. 
Cela dit, la considération que je porte aux Oscars, ne fait pas de cette cérémonie un pinacle insurpassable non plus.

Bref un film qu'on peut ne pas voir, mais que j'ai vu et qui ne démérite pas dans sa catégorie.

jeudi 9 mars 2017

Drone Land (Tom Hillenbrand)

Sacrée couverture
Dans un monde dévasté par les catastrophes climatiques et ravagé par les guerres pour le contrôle des rares ressources encore exploitables, les citoyens de l’Union européenne font l’objet d’une surveillance permanente grâce aux nouvelles technologies. Lorsqu’un membre du Parlement européen est retrouvé froidement exécuté dans la région de Bruxelles, le commissaire Westerhuizen est certain de pouvoir résoudre l’affaire rapidement grâce à l’ordinateur omniscient d’Europol.
.... Traduit de l'allemand par Pierre Malherbet pour les éditions PIRANHA, et vendu au prix de 19,50 €, Drone Land commence comme un whodunit (kilafé) traditionnel avant que ne se déclenche, au bout d'une page, une altérité discursive qui a sévèrement chahuté mon horizon d'attente. 
Autrement dit, un élément étrange, dérangeant, m'a amené à me demander dans quel type de réalité je venais de plonger.

En effet, après 133 pages (sur 317) difficile de dire si je me trouve dans le futur, un univers parallèle ou une uchronie. 
En tout cas la « big brotherisation » de L'Europe que nous propose Tom Hillenbrand est fascinante. 
Surtout la manière qu'il a de faire de cette hyper-surveillance un élément qui, plutôt que de réduire l'enquête policière - dans laquelle on entre in medias res - à une procédure de pure forme dont le suspense n'aurait aucun rôle à jouer, produit tout le contraire.

La société dans laquelle il nous immerge par petites touches, jouant sur notre intuition, est d'une redoutable efficacité. Elle réussit à se substituer insidieusement à celle dans laquelle je suis juste avant d'y plonger, avec une force de persuasion effrayante. 

.... Drone Land fait partie de ces romans que je ne peux pas lâcher, tout en regrettant de ne pas pouvoir le faire durer plus longtemps.    

(À suivre ...)   

mardi 7 mars 2017

Projets avortés : Joe AIM + Vigilante

.... J'en avais déjà parlé lors de mes deux articles sur Micah Ian Wrigh (Pour en savoir +), un scénariste (notamment de bédé) qui, comme au bon vieux temps du maccarthysme et de la chasse aux sorcières (rouges de préférence) s'est retrouvé blacklisté et blackboulé si j'ose dire, de l'excellente série Stormwatch Team Achilles qu'il écrivait alors pour WildStorm.

Reste qu'il est parfois question de qualifier telle ou telle série de bande dessinée mainstream étasunienne de politique, et sur ce terrain Micah Ian Wright avait des idées pour le moins très intéressantes, et qui prennent un relief nouveau à l'heure actuelle :
• Pour Marvel il avait pitché un titre intitulé Joe AIM dans lequel un type, viré de son boulot, désespéré de ne pas avoir de mutuelle pour sa femme enceinte, accepte le premier job qu'il trouve et qui n'est autre que de travailler pour un groupe de terroristes international l'A.I.M. (Advanced Idea Mechanics i.e. des savants fous au service des pires criminels de la planète. Du moins celle de la Marvel).
• Et pour DC Comics, non moins politique, il devait ressusciter la série Vigilante, où un justicier auto-proclamé certifié 100% Death Wish, devait s'attaquer comme il se doit à la criminalité mais cette fois-ci celle dite, en « col blanc » !
Bref du très lourd à l'aune de ce qui se fait habituellement dans le milieu, et dont je ne cesse de regretter qu'elles n'est pas vues le jour.

Ceci étant dit, il a donc écrit 23 numéros de la série Stormwatch Team Achilles dont le premier recueil a paru dans l'Hexagone, grâce à l'éditeur SEMIC. 
Du moins grâce à l'équipe rédactionnelle française de l'époque, jamais en retard d'une bonne idée, et via une traduction de l'ami Nikolavitch.

Une série dont je vous propose huit pages, parues à l'origine dans le magazine Wizard (une sorte de Comic Box du pauvre),  qui je l’espère vous donnera envie de jeter un coup d’œil à son run qui vaut largement le coup. 

Pour les amateur de comics mainstream politiques & sévèrement burnés !
(Même les planches du dessinateur Whilce Portacio, dont je n'apprécie guère le travail habituellement, passent comme une munition haute vélocité dans un gilet pare-balles, c'est dire si c'est du très bon matos)









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Vous pourrez aussi, le cas échéant, lire le premier épisode que j'avais mis en ligne sur mon blog : (Pour en savoir +)

dimanche 5 mars 2017

LA PANSE (folio SF) Léo Henry

…. Court récit initiatique à la sauce Campbell/Vogler mais joliment corrompu par Léo Henry ; La Panse, sur fond de secte/société secrète, de réification de métaphores de l’ère de l’enrichissement et d’hantologie, fait vivre à son « héros » Bastien Regnault une sorte d’anamnèse made in France

Prenant le quartier de La Défense ( au nom programmatique) comme lieu principal de son histoire  il réussi le pari de donner à son roman le même pourvoir d’assuétude que celui auquel seront confrontés certains de ses personnages, ainsi qu’un rythme de lecture tout aussi rapide que les chapitres sont courts.

. …. Lu avidement, ce roman inédit de 300 pages, paru directement en poche (folio SF) au prix de 8,20 € n’en laisse pas moins un doux sentiment persistant de malaise et d’angoisse. 

Comme de se réveiller après une méchante gueule de bois dans un lieu qu'on ne reconnait pas.

Une belle réussite !

vendredi 3 mars 2017

Séries en série (S01-E03)


- APB : (S01-E01)

.... Série qui sur les brisées du long-métrage Robocop et d'un article intitulé Who rules the street of New Orleans (de David Amsden) extrapole la privatisation de la police.

Suite à une agression un ingénieur & homme d'affaire milliardaire (l'archétype du self-made-man) propose le projet de privatiser l'un des commissariats de la ville (emblématique pour le coup) de Chicago
S'il n'y a pas pour l'instant de cyborg, l'un des personnages principaux s'appelle Murphy.

J'ai suivi ce premier épisode essentiellement pour le jeu et la personnalité du milliardaire Gideon Reeves (alias Justin Kirk), le reste ne m'a pas particulièrement donné envie de voir la suite. 

À noter qu’apparaît dans la série une « appli » bien pratique ; ces programmes de smartphones viennent de plus en plus s'immiscer dans les scénarios. 
La bédé étasunienne Ant-Man de Nick Spencer par exemple en fait l'un de ses ressorts narratifs. Idem pour la série (toujours de BD) à paraître Youngblood.

Jason Momoa semble très impliqué dans ce projet.

- Frontier : (S01-E01)

.... Cette série, au titre programmatique suit les aventures de Declan Harp (qui n'est pas sans rappeler le Natty Bumppo de James Fennimore Cooper) en train d'affronter l'Hudson Bay Company qui s'est octroyée le monopole du commerce des fourrures, semble assez intéressante.

Si le scénario vu au travers de ce premier épisode apparaît cousu de fil blanc, l'interprétation et les personnages m'ont bien accrochés. 
Incidemment la série Taboo traite (d'une manière différente) aussi d'un monopole ; celui de la Compagnie des Indes orientales  auquel s'oppose un autre héros en rupture de ban. 
Tout aussi ensauvagé que Declan Harp (mais plutôt par l'Afrique). 


- Shut Eye : (S01-E01+02)

.... Mais la belle découverte c'est Shut Eye

Biotope original : celui des médiums, diseuses de bonne aventure et autres astrologues.
Des personnages qui en ont sous la semelle.
Des acteurs assez époustouflants. 

Mention particulière à Isabella Rossellini en matriarche d'un clan de gitans et à KaDee Strickland en épouse sacrément couillue (si vous me passez l'expression). 
Jeffrey Donovan est excellent aussi. Ainsi que David Zayas qui est plutôt je crois un acteur de second rôle, mais dont la présence me fait toujours de l'effet. 

C'est original, assez violent, et surtout joliment écrit. 
Le don de Charlie Haverford est - pour l'instant - très très bien exploité, 
D'autant que tout un lot de personnages entoure le noyau dur de la série, très susceptibles de prendre de galon. Et qui en attendant mouline avec entrain de la diégèse.  

Ma série « coup de cœur ». [-_ô]


(À suivre ....)