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Articles

Cette maison [David Mitchell / Manuel Berri]

David Mitchell, romancier anglais, fait partie de ces auteurs dont on peut dire qu'ils sont des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir », d'après la belle définition de Raymond Queneau à propos des membres de l'OuLiPo.
Son dernier roman, que j'ai choisi de lire sous la très belle couverture de Charles-Étienne Brochu, pour les éditions ALTO, n'y déroge pas.
Ainsi son premier chapitre a-t-il d'abord paru sur Twitter™, entre le 13 et le 20 juillet 2014, pour le coup ici remanié, mais dont l'essence, & la scansion caractéristique de la plateforme bien connue a été en grande partie conservée. On y suit, en focalisation interne, la visite d'une jeune garçon qui accompagne sa mère à la « Slade House », cette maison sise Slade Alley, qui donne son titre au roman (dans sa version originale, et hexagonale aux éditions de L'Olivier). Laquelle visite sera suivie de quatre autres, par des personnages différents, espacée…
Articles récents

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle [Stuart Turton / Fabrice Pointeau]

Un peu à la manière d'Agatha Christie qui en son temps, avec « Le meurtre de Roger Ackroyd », subvertissait les règles de l'enquête policière littéraire, Stuart Turton propose un cadre totalement inédit pour son propre whodunit, et pour tout dire terriblement séduisant.
Une originalité qui malheureusement gardera tous ses secrets ; et qui au fur et à mesure de ce qu'il voudra bien nous en apprendre, la transformera en usine à gaz. 
Ce qui est d'autant plus dommage, que si on fait abstraction de ce qui fait justement son originalité, « Les sept morts d'Evelyn Hardcastle»est du niveau de ce que ce type de roman est à même de produire de mieux.
Mais de manière assez fâcheuse, Stuart Turon s'entête, tout en distribuant des informations qui sapent les fondations mêmes de son entreprise. 

Ainsi en va-t-il de la durée objective de l'enquête, ou des motivations premières du personnage principal masculin ; lesquelles entrent en complète contradiction, et c'est peu d…

Lovecraft Country [Matt Ruff / Laurent Philibert-Caillat]

Découpé comme autant d'épisodes, puisqu'au départ Matt Ruff travaillait sur un pitch de série télévisée à la « X-Files » ; Lovecraft Country a un petit air de « fix-up  ». Autrement dit un recueil d'histoires courtes (nouvelles) sur le même thème, ou via un héros récurrent, reliées plus ou moins habillement, pour lui donner l'apparence d'un roman. 
Détail trompeur, mais rassurez-vous, il ne sera pas le seul !
Le fil directeur de ce récit est un livre ; comme on peut légitiment s'y attendre dès lors que l'ombre tutélaire de Lovecraft est invoquée. Mais pour le coup, certainement pas du genre qu'on escompte.
En effet, puisque qu'il s'agit du «Guide du voyage serein à l'usage des Noirs». Un type de guide largement popularisé, même outre-Atlantique, depuis le film de Peter Farrelly avec Mahershala Ali & Viggo Mortensen : « Green Book, sur la route du Sud ».

KILOMÈTRE « JIM CROW » : Unité de mesure propre aux automobilistes noirs, combinant la d…

Blackout [Marc Elsberg / Pierre Malherbet]

Commercialisé par PIRANHA™, une maison d'édition généraliste, et traduit de l'allemand par Pierre Malherbet, « Blackout » est un thriller scientifique d'anticipation.
Ce roman catastrophe, à très courts termes, écrit par Marc Elsberg, s'appuie sur la nature réticulaire de nos sociétés interconnectées. Et sur leur faible niveau de résilience. 
Manifestement très documenté, l'auteur n'en perd cependant pas de vue qu'il écrit un thriller. Autrement dit, jamais le rythme ne baisse en laissant place à un didactisme scientifique qui parait extra-diégétique. 
Roman choral, bien que certains personnages tiennent plus du figurant que du protagoniste, « Blackout » évite tout sensationnalisme, ce qui paradoxalement le rend encore plus glaçant. Plus percutant.
D'ailleurs, et c'est à mes yeux une réussite, la plupart des individualités s’effacent derrière l'ampleur de la catastrophe.
Ainsi, le personnage principal du roman semble bien être le « blackout » lui-mêm…

La Porte d'ivoire [Serge Brussolo]

En digne héritier de sir Henry Rider Haggard, Serge Brussolo nous convie à une aventure sur le continent africain, à la recherche d’un isola de civilisation occidentale disparue. 
« La Porte d’ivoire » c’est 350 pages de contrepieds et de rebondissement tous azimuts, orchestrés par un romancier en pleine possession de son art. Pur roman d’évasion, « La Porte d’ivoire » ne lésine pas sur les moyens les plus efficaces de nous captiver. Ce en quoi il a parfaitement réussi en ce qui me concerne.

Cependant, cette débauche pléthorique de péripéties, et de revirements psychologiques, aux limites du décrochage de la nécessaire suspension volontaire d’incrédulité™ du lecteur, ne sera peut-être pas du goût de tout le monde. 
Il a néanmoins conquis les éditions DU MASQUE™, qui en plus d'en être l'éditeur, lui a attribué son Prix du roman d'aventures©. 

       « La Porte d’ivoire » a également vécu une aventure que n'avait sûrement pas prévue Serge Brussolo ; être le premier roman a é…

Le Bâtard de Kosigan t1 [Fabien Cerutti / Alain Brion]

Titré « L'Ombre du pouvoir », le premier tome du cycle plus généralement intitulé « Le Bâtard de Kosigan », pourrait être décrit comme un long-plan narratif. 
En effet, hormis un prologue qui révélera toute sa saveur le moment venu, entre l'arrivée de Pierre Cordwain de Kosigan en Champagne vers la fin de l'année 1339 et la fin du roman, l'intrigue suit un déroulement quasi continue, et très soutenu dont il est le moteur.
Sorte de « Mission : Impossible » au temps du Moyen Âge tardif, « L'Ombre du pouvoir » donne à lire un récit plein d'énergie.  
       Pierre Cordwain de Kosigan est une sorte de picaro ; ce personnage (venu de la littérature espagnole) qui traverse des séries d'aventures, lesquelles sont pour lui autant d'occasions de contester l'ordre social dominant. 
Rusé, parfois fourbe, toujours manipulateur, le pícaro est aussi un intrigant. C'est-à-dire un agent interne de l'intrigue. 
À l'origine de basse extraction, ce qui n'…

Mister Miracle [King / Gerads / Wicky]

Mister Miracle, l'artiste de l'évasion, dont la légende dit que le tout aussi légendaire Jack Kirby l'a inventé en s'inspirant de Jim Steranko, un alors jeune trentenaire aux dents longues, dont la pourtant peu prolifique carrière artistique a marqué la bande dessinée américaine au fer rouge. 
Pièce maitresse d'un pharaonique projet que Kirby avait mis sur pied à l'aube des seventies pour la Distinguée Concurrence de Marvel, connu ultérieurement sous le nom de « Quatrième monde™ », Mister Miracle alias Scott Free n'est pas que cela.
Ce que rappelle fort à-propos un prologue de 4 pages inséré dans le recueil commercialisé par l'éditeur Urban Comics au prix de 28€, et qui reprend lui, la totalité de la maxi-série de 12 numéros, paru outre-Atlantique, entre août 2017 et novembre 2018, chez l'éditeur DC Comics
Déjà partenaires sur des projets antérieurs, dont Sheriff of Babylon [Pour en savoir +], le scénariste Tom King et le dessinateur Mitch Gerads joi…