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Articles

Sandman Slim [Richard Kadrey/Jean-Pierre Pugi]

•••• J'ai appris l'existence de Richard Kadrey en voyant son nom au sommaire de la série de bande dessinée américaine Hellblazer (les numéros 16 à 18 parus début 2018), alors qu'il était pourtant déjà publié en France depuis un bon moment, dans les collections de SFFF.
La disponibilité de Sandman Slim à la bibliothèque municipale a fait le reste.
       Si l'habit ne fait pas le moine, la couverture choisie par la collection Lunes d'encre est bien trop banale à mon goût. Sorte de « série B » testostéronée revendiquée, le roman de Kadrey aurait pu dû bénéficier d'une couverture plus suggestive.

De là à penser que les très mauvaises ventes, faisant dire à Gilles Dumay* alors directeur de ladite collection :« ça doit être la dernière vraie catastrophe économique de Lunes d'encre. Un dé$astre d'une telle ampleur que j'ai décidé d'arrêter la série trois mois seulement après parution du T1 (situation unique dans la collection) », viennent de là, me paraî…
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Hard Sun SE01-E03 à E06

•••• Hard Sun, série télévisée en six épisodes [Pour en savoir +], est encore une réussite à mettre au crédit de nos voisin d'outre-Manche.
Choisissant l'interstice incertain censé précéder la catastrophe, la série cultive plusieurs fils narratifs. 

Le premier, relativement ordinaire dans un premier temps, met en piste une enquête interne et secrète, au sein d'une équipe de la police. À cela s'ajoutera une découverte qui n'a aucun lien avec cette enquête, mais aura l'heur d'intensifier les rapports des uns et des autres (pourtant déjà pas mal tendus). Tout en amenant sur ce théâtre d'opération des barbouze de Sa Majesté.
Et de mettre en branle plusieurs individus plus ou moins conscient de ladite découverte. Ceux-ci, occuperont plusieurs épisode, en devenant l'enjeu d'enquêtes éprouvantes.
Lesquelles flirteront dangereusement du côté du slasher, voir du fantastique, tout en tentant -assez vainement- de se raccrocher à des vestiges de rationnels. 

À c…

MAGIC [William Goldman/Marianne Véron]

•••• Probablement plus connu pour ses talents de scénariste, deux Oscars (Butch Cassidy et le Kid et Les Hommes du président) ça vous pose quelqu’un dans une société aussi compétitive que la nôtre, William Goldman est aussi une pointure de la littérature. Quand bien même déclara-t-il, que ses livres avaient eu bien plus de succès en format poche, qu'en volumes reliés (souvent d'ailleurs éreintés par la critique). Deux formes d'écriture donc , qui dans certains cas n'en font qu'une ou presque. Puisque plusieurs de ses romans ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Essentiellement par lui-même, d'ailleurs. 

Magic est de ces romans-là. 

Même si la narration ne respecte pas la linéarité généralement voulue par ce type de récit, Magic est résolument une histoire qui brode sur un canevas bien (trop) connu de nos jours –le roman date de 1976-, celui dit du « voyage du héros ». Popularisé par Christopher Vogler à partir des travaux de Joseph Campbell [Pour e…

Délires d'Orphée [Catherine Dufour]

•••• Autant le dire tout de suite, l'intrigue de Délires d'Orphée, de la collection Club Van Helsing, tient sur un ticket de métro londonien (London Underground héhé). Ce qui est du reste, la marque de fabrique de ce type de série : à chaque tome, un nouvel auteur. Lequel devra broder sur le high concept suivant : «  un monstre, un chasseur ». Autant donc soigner son style.
Et en effet, le court roman de Catherine Dufour (150 pages et quelques) n'est rien d'autre qu'un exercice de style, brillamment exécuté. Il ne sera pas le seul, rassurez-vous !

Souci du détail, longues énumérations, personnages « hauts en couleur », ruminations existentielles, running gag, le 5ème tome de ladite collection (qui je crois, en compte douze) est sûrement l'un des meilleurs que j'ai lus.

Publié par les éditions BALEINE, Délires d'Orphée met donc en scène, vous noterez la cocasserie de la situation, le dernier Grand Maître de la Confrérie des tueurs de cachalot des Açores, ma…

La Controverse de Zara XXIII [John Scalzi/Mikael Cabon]

•••• La Controverse de Zara XXIII, c'est l'application d'un improbable algorithme créatif : E.R. Burroughs + John Grisham ; dont le résultat ne laisse pas de surprendre. 

Figure fondatrice du Planet Opera, E.R. Burroughs est aussi l'un des plus fervents promoteurs des « races perdues ». Notamment grâce à son sourcier le plus célèbre, j'ai nommé Tarzan !
Inutile je crois, de présenter John Grisham ; le roi du thriller judiciaire. Le roman de John Scalzi, traduit par Mikael Cabon, pourrait être, ce qu'il est par ailleurs, la synthèse des thèmes que j'ai évoqués. S'il n'était surtout le reboot d'un roman publié en 1962 sous le titre de Les Hommes de poche (Little Fuzzy), écrit par Henry Beam Piper. 
Oui un reboot ; vous avez bien lu. Comme celui qu'a fait J.J. Abrams avec le film Star Trek, de l'aveu même de Scalzi. Surprenant n'est-il pas !?

John Scalzi découvre le roman de H.B. Piper lorsqu'il a 14 ans, « l'Âge d'or » comme d…

Les Premiers (Une histoire des super-héros français) Xabi Molia

•••• L'exploitation du genre y est assez ténue ; cependant c'est cette particularité qui m'a donné envie de lire Les Premiers sous-titré donc : Une histoire des super-héros français, roman de 350 pages écrit par Xabi Molia. Je suis même tenté de dire que n'importe quel type de people aurait pu se substituer auxdits super-héros français. Du moment que leur « capital de visibilité » fut immédiat et planétaire. Mais, au moins depuis Stan Lee, on sait que les super-héros sont bien plus humains que ce qu'on en disait, et que l'hypothèse qu'envisage Xabi Molia pour les siens, est donc tout ce qu'il y a de recevable.

Récit des coulisses des exploits médiatiques de ces personnages, plutôt que baroud pyrotechnique et pugilistique Les Premiers s'attaque à un angle qui s'il n'est pas le premier (sic) a l'envisager, l'est d'une manière captivante, et aiguë.

        En général peu porté sur les romans psychologiques de la « littérature blanche…

River [BBC One] Skarsgård/Walker

•••• La série policière est certainement le type de divertissement le plus diffusé sur le petit écran.
Si la qualité des intrigues reste primordiale (mais pas si souvent à la hauteur que ce qu'elle devrait), la singularité du ou des enquêteurs, est souvent ce qui les distingue les unes des autres. Et la série RIVER est de celles qui en jouent.

À dire vrai, elle pourrait même être un cas d'école dans ce que le psychologue Julian Jaynes a appelé « l'homme bicaméral ».  
La théorie de Jaynes* est celle-ci (résumée de manière grossière cela dit) : la subjectivité, la faculté que nous avons de regarder au fond de nous-même en nous disant : « Qu'est-ce que je pense de tout ça ? », n'existe que depuis 1000 ans avant J-C (environ).

Avant, l'esprit de l'homme était bicaméral. Autrement dit, divisé en deux compartiments distincts. Jayne suppose ainsi que l’audition de voix dans le cerveau, parfois accompagnée d’hallucinations, était un phénomène humain naturel. Qua…