mardi 9 février 2010

Shazamatrix

... M'abandonnant au spectacle de Matrix Revolution version dezionized, quelle ne fut pas ma stupeur d'éprouver une sensation de déjà vu !

Là, devant moi, sur mon écran, Neo affrontait l'agent Smith sous une pluie diluvienne. Les cieux, marbrés de zébrures électriques accueillaient les deux ennemis jurés ....

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Et là, mon esprit tel un vigoureux saumon a remonté le courant du temps et de l'espace, explorant leurs moindres replis jusqu'à trouver l'accès à la mer des possibles.

Certes la trilogie Matrix n'est pas avare de citations : de Platon à Superman en passant par Baudrillard ; des auteurs n'ont pas hésité à déclarer qu'il y avait de troublantes ressemblances avec leur œuvre, tel Grant Morrison avec son magnum opus Les Invisibles.

Superman ?
Alors what's up Doc ?

... Pour ma part, cet ultime combat entre l'Élu et le programme conscient, m'a évoqué celui qui opposa Marvelman à son ancien sidekick Kid Marvelman au début des années 80.

Même ambiance de fin du monde, même violence des échanges , certains plans de Matrix Revolution sont, dirait-on directement inspirés des pages dessinées par Gary Leach.

Jusqu'au rapport entre les deux protagonistes qui, s'il est différents dans la forme est d'une étonnante proximité dans le fond.

Même le terme du combat garde un air de cousinage : d'un côté Kid Marvelman redevient un enfant et l'agent Smith qui se rend compte qu'il a déjà vécu semblable situation et prend conscience qu'il va perdre (une nouvelle fois ?) balbutie et, toute sa morgue et son assurance envolées ressemble plus que jamais à un gamin pris en faute.







... Mais ce n'est pas tout, l'histoire même de Marvelman, le personnage semble avoir déteint sur Matrix.

Laissez-moi vous résumer les grandes lignes de ses origines, ou comment Mike Moran est devenu





... Dans les années 50 Mike Moran est une jeune orphelin qui pour gagner sa vie travaille dans journal comme grouillot. Alors qu'il a quatorze ans, une nuit, un être lui apparaît dans un torrent de lumière : Guntag Barghelt. C'est un astrophysicien "que ses recherches ont mené bien au-delà des préoccupations du simple mortel".



La clé de l'harmonie universelle est à sa disposition au travers d'un mot qui confére à celui qui le prononce une puissance divine. Mike Moran a été choisi pour en être le détenteur, grâce à son courage et à son honeté ; il lui suffira de prononcer KIMOTA .... pour devenir Marvelman "le champion de la justice et l'ennemi du mal", capable de voler, d'une force incroyable ... invulnérable !

Plus tard il sera rejoint par Young Marvelman puis par Kid Marvelman.

Pendant des années ils vont affronter à eux trois les bandits les plus étranges de tous les temps que la planète Terre ait portés ...

.... jusqu'en 1963 ...



Sauf que tout ceci est faux ou presque !

Mike Moran a été le cobaye d'une expérience menée par les services secrets britanniques, le projet Zarathoustra.

... Dans les années 50 un vaisseau spatial venant d'une autre galaxie s'est écrasé en Grande Bretagne. Si le pilote est mort lors de l'accident il a néanmoins été possible de l'étudier ainsi que la technologie extraterrestre du vaisseau.



À partir de là est né le projet Zarathoustra, créer une réplique, un être humain à partir d'une seule cellule prélevée sur un donneur : Mike Moran un jeune orphelin.
Cette réplique à l'ADN modifié dispose d'un corps et d'un cerveau mais elle est dénuée de conscience propre. Elle est en outre dotée de capacités surhumaines.

On a implanté un déclencheur infra-spatial dans le cerveau du donneur et de sa réplique, celle-ci est envoyé dans l'infra-espace ou elle demeure connectée à son alter ego humain par l'intermédiaire du déclencheur.


Quand ce dernier est activé, le corps humain est déplacé vers l'infra-espace, tandis que celui de sa réplique arrive dans notre continuum. C'est à ce stade que la conscience du donneur est transférée dans sa réplique.

Deux corps une conscience.

Le déclencheur est activé par la prononciation d'un mot clé post-hypnotique : KIMOTA !


Le programme de para-réalité

... Afin d'exercer un contrôle total sur les pensées et les motivations du sujet de l'expérience, potentiellement dangereux et en tout cas aux capacités hautement destructrices, un système de de réalité entièrement artificielle a été conçu. Il a été ensuite entièrement introduit dans son inconscient alors qu'il était sous sédatif.
Le monde irréel ainsi programmé a fourni une explication pseudo-rationnelle à l'existence d'un surhomme : un scénario enfantin mais efficace, donner à croire qu'un être semi mythique Guntag Borghelm avait fait de lui, Mike Moran un super-héros. Ces idées ont été injectées dans son esprit grâce à la technologie extraterrestre.



À l'aide d'un banc hallucinatoire les réactions de Marvelman sont testées "à blanc" un peu comme dans un simulateur de vol. Ce programme de réalité virtuelle dirait-on aujourd'hui a été long et exhaustif puisqu'il a duré ... huit ans.
Cette opération secrète était placée sous les compétences et l'autorité du professeur Émile Gargunza.

... D'autres correspondances peuvent aisément être démontrées entre Marvelman et Neo, toutefois avoir un marteau pour seul outil donne à voir des clous partout.

D'autant que si l'ADN de Neo contient une (ou plusieurs) cellule de Marvelman, celui-ci a largement hérité d'une bonne partie du patrimoine (génétique) de Captain Marvel, lui-même taillé sur le modèle de Superman, un habitant de la planète Krypton dont je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle a été visitée par Doc Savage.

En tout état de cause de Doc savage à Neo voici un véritable cas d'école et une belle illustration de la puissance de la résonance morphique.

lundi 8 février 2010

L.H.O.O.Q

... Matrix est certainement l'un des mes films favoris, ce mélange d'action, de philosophie et d'idées [largement véhiculées depuis des lustres déjà par la littérature] de science-fiction m'avait enthousiasmé m'enthousiasme toujours autant.
C'est donc fébrilement, que j'attendais la sortie de Matrix Reload même si dans mon for intérieur, Matrix se suffisait tout à fait à lui-même. Une suite que je suis allé voir au cinéma ......... où j'ai eu tout loisir de me morfondre tant et plus.
Le summum de l'ennui a certainement été la rave party qui m'a semblé durer des heures & des heures. Bref, si Matrix est formidable, Reload est merdeilleux.

Dont acte.

... Cependant, j'ai voulu me donner une nouvelle chance et j'ai loué ce film pour le revoir.

Malheureusement je me suis alors senti comme le rat de Laborit, que l'on prévient par une sonnerie quatre secondes avant de lui envoyer une décharge électrique.
Sachant ce qui allait m'attendre j'ai fait la seule chose que j'avais à faire ..... FUIR .............

Mais tout a une fin sauf les saucisses qui en ont deux, et à l'instar de Néo, j'ai fait le choix de me battre, j'allais combattre le Système ...






... avec ses propres armes !

... Comme son titre l'indique MATRIX DEZIONIZED est une version remaniée des deux derniers opus de la trilogie où tous les longs passages se déroulant à Sion ont été retirés. Ainsi alors que ces deux films réunis avoisinent les quatre heures trente, la version dezionized offre deux films d'une heure vingt, chacun.

Matrix Reload Dezionized en sort en bien meilleur forme, il trouve son deuxième souffle. D'autant que toutes les explications données dans Matrix sont largement suffisante pour s'affranchir des lourdeurs du deuxième volet concocté par les Wachowski.

De l'action non-stop, Sion garde son aura de cité mythique bref ce nouveau montage est extrêmement plaisant et divertissant. Même si certaines transitions ou "raccords" sont parfois un peu raides. N'en déplaise il ne s'agit pas d'une version studio mais de ce que l'on nomme un fan edit.

... L'industrie cinématographique nous a habitué à sortir différentes versions d'un même film, celle des producteurs, du réalisateur, version restaurée &cætera ... (sans parler des différents supports).

Le fan edit c'est celle du fan, de l'amateur qui insatisfait de la version proposée y va lui aussi de la sienne.

[Morpheus à Neo] :

Ces règles ne sont pas différentes de celles d'un système informatique.
Certaines peuvent être pliées.
D'autres rompues.


Ne sachant pas ce qu'était un fan edit, je suis allé sur quelques fora (pour en savoir +) et il m'ait apparu que d'aucuns conchient cette pratique en tant qu'atteinte à l'œuvre de l'artiste.
C'est un point de vue qui se défend, mais pour ma part je n'y vois rien de répréhensible puisqu'il est toujours possible de se procurer la (ou les) version "cinéma", une question de choix finalement, mon lapin.

Ça l'est d'autant moins dans le cas de Matrix que le propos du film (l'un de ses propos ?) n'est-il pas que l'homme, devenu un carburant échappe à la servitude du Système, des Machines grâce à la Résistance et à l'Élu ?

- Maître ! Qui bouge, du vent ou du drapeau ?

- Ni l'un ni l'autre Petit Scarabée, c'est ton esprit qui bouge.
On peut aussi voir Matrix comme une ode à la "plasticité du réel", où le Monde n'est pas un mécanisme d'horloge, rigide mais un territoire plastique, parcouru de flux d'NRJ et dont la matière : le temps & l'espace, serait des replis --> courbures des corps, ondulations des décors, torsion de cuillères ... sont abondamment utilisés pour le suggérer.

I'm going to show them a world (....) where anything is possible nous dit Neo à la fin de premier opus avant de prendre son envol.

Il était dés lors clair que non seulement MATRIX DEZIONISED ne serait pas pas une hérésie mais qu'il devait se réaliser (sous une forme ou une autre) en une boucle de rétroaction (feedback).

... Je pourrais multi-plier les exemples : l'utilisation de la réalité virtuelle ( Réalité Virtuelle = reproduction complète et fidèle de l'ensemble perceptif des représentations humaines + interactivité) qui induit le passage d'un médium organisé par la distinction de l'émetteur et du récepteur à un médium dans lequel l'œuvre produite varie avec le récepteur, et qui le cas échéant peut devenir à son tour émetteur d'un "nouveau" message.

Ou alors la discussion sur la saveur du poulet (à bord du Nebuchadnezzar) extrapolation de la phénoménologie de la perception théorisée par Maurice Merleau-Ponty d'où il ressort que le goût du poulet n'est pas une modulation ineffable de notre psychisme mais une puissance du poulet lui-même (réel ou virtuel) que nous extrayons de lui en fonction de l'usage que nous voulons en faire. (Cf. Matrix, machine philosophique Editions Ellipses)


... En définitive, il y a forcément plus dans le possible que dans le réel et si MATRIX DEZIONIZED nous le montre n'oublions pas que le désert de la réalité n'est pas le territoire.

Matrix Revolution fera l'objet d'un autre billet.

dimanche 7 février 2010

L'œil Delinx



samedi 6 février 2010

Les pigeons de l'enfer




... Pigeons from hell est une mini série écrite par Joe R. Lansdale et inspirée de la nouvelle éponyme de Robert E. Howard.

Howard s'est pour sa part inspiré d'histoires que lui racontait alors qu'il était enfant à Bagwell, "tante" Mary Bohannon une (ancienne) esclave. Des histoires mêlant esprits, mauvais traitements, terribles apparitions et géant sans tête ....


Lansdale a réactualisé la nouvelle, nous dit-il dans le premier numéro en y injectant semble-t-il quelques éléments tirés d'histoires que lui racontait sa propre grand-mère, par exemple que les pigeons sont un signe annonciateur de mort.

... Un groupe d'amis arrive aux abords une vieille maison au cœur de la Louisiane en plein marécage de ce que l'on appelait autrefois l'Acadie.

Janet et Claire deux sœurs, ont reçu de leur grand-mère cette maison en héritage, une maison qu'elle a elle aussi reçu en héritage et qui vient de l'époque de l'esclavage, une maison qu'elle n'a même jamais vue, un endroit lié à des histoires de hoodoo...

Le hoodoo, ou houdou est un ensemble de croyances, de coutumes et de pratiques magiques importées d'Afrique mêlées à des éléments d'origine européenne, cubaine et amérindienne.

Le houdou met l'accent sur les pratiques magiques et les dons et pouvoirs individuels. Ainsi, le hoodoo doctor est moins un guérisseur qu'un sorcier.

Contrairement au vaudou, avec lequel il est volontiers confondu (et avec qui il entretient certains points communs) , le houdou n'est pas une religion. (Cf. Talkin' that talk de Paul Levet).

Je n'ai pas lu la nouvelle d'Howard, donc je ne sais pas s'il y a des allusions au houdou, mais on peut d'ores et déjà remarquer que si la "tante" Bohannon n'est en aucun cas parente avec Robert E. Howard* l'expression renvoie à une appellation respectueuse utilisée notamment dans le houdou (au même titre que oncle, docteur ou encore mama).

... Vous l'avez compris, des marécages, une vieille masure ancienne maison d'esclavagiste, du houdou Pigeons from hell est une belle histoire d'horreur.

Travail magnifique de Nathan Fox et de Dave Stewart.
D'autant que le récit nous réserve des belles pages où les protagonistes ne parlent pas, ils ont autre chose à faire croyez-moi, et le découpage de Fox fait merveille.
Dave Stewart quand à lui, donne une atmosphère et une ambiance extrêmement réussies en totales adéquation avec les différentes étapes de l'histoire.

Un beau travail d'équipe complété par Richard Starking & Comicraft au lettrage toujours soigné.

Un très bon moment de lecture qui s'il emprunte à Howard, n'en garde pas moins la patte de Lansdale.

Un Joe R. Lansdale dont l'une des ambitions avec cette histoire écrit-il dans la postface du premier numéro, est de nous donner envie de lire (ou relire) la nouvelle d'Howard.

Pari gagné en ce qui me concerne.

vendredi 5 février 2010

Œil-de-Faucon & Captain America






jeudi 4 février 2010

Le poinçonneur invisible

Alan Fletcher

...
Burroughs est un auteur qui m'a disons toujours intimidé dont j'ai longtemps pensé que son univers était très éloigné de ce qui me plaît en littérature.
Autant j'aime les effets, les jeux de langage(s), autant j'ai cependant besoin que l'on me raconte une histoire, et une histoire solide.

Néanmoins quelques lectures récentes ont réorienté ma curiosité du côté de vieux Bill.

Ainsi j'ai décidé de me jeter à l'eau en choisissant sa trilogie La machine molle, Le ticket qui explosa et Nova express puisque je me suis laissé dire qu'il s'agissait de science-fiction ? [o_0]

Je viens de recevoir l'édition Christian Bourgois qui réunit en un seul volume les trois romans. Alors .....

Allons-y !

mercredi 3 février 2010

L'inhibition de l'action

... L'une des théories d'Henri Laborit montre qu'en cas d'agression, il y a trois situations : la fuite, l'inhibition, la lutte.

Des expériences ont montré qu'un sujet, un rat en l'occurrence soumis à une agression de type courant électrique qui a la possibilité d'échapper à la décharge reste en bonne santé.

Dans une seconde situation, il ne peut pas fuir, il subit donc la punition à laquelle il ne peut échapper.
Ajoutons qu'une sonnerie est émise quatre secondes avant la décharge électrique. Procédé également en place lors de l'expérience précédente ainsi que dans la suivante.

Il résulte de cette deuxième situation un comportement d'inhibition - le rat ne peut agir, qui entraîne dans l'organisme des perturbations extrêmes : hypertension, fatigue, ulcère, mal être, .... suicide.


Dans une troisième situation, le rat ne peut toujours pas fuir, cependant il se trouve enfermé avec un autre rat.
Celui-ci va lui servir d'adversaire.
Alors qu'il lutte contre son confrère le rat subit toutes les décharges, cette lutte n'empêche pas la punition, mais il agit.

Ce rat ne fera aucun des accidents pathologiques de ceux de l'expérience précédente.

Cependant la société dans laquelle nous vivons ne permet pas toujours de lutter physiquement contre un adversaire, ou même de fuir. Reste qu'il faut éviter l'inhibition de l'action.

Comment ?

En agissant !











Sacré Cubitus !