Accéder au contenu principal

Articles

Le Nom de la rose [Marjorie Liu / Daniel Acuña]

Techniquement, le récit épisodique intitulé « Le Nom de la rose », de Marjorie Liu et Daniel Acuña, est un scénario hitchcockien. En effet la scénariste utilise ce qu'on appelle communément un « McGuffin©». Autrement dit ,un prétexte qui se révélera moins important que ce qu'il dévoilera.
Portée par son personnage principal, les cinq numéros qui constituent ce recueil (traduit par Sophie Watine-Vievard), n'en négligent pas pour autant les envolées dynamiques conflictuelles, qui cimentent le genre. Natasha Romanov alias la Veuve Noire, déploiera toute la théâtralité de la violence dont elle est capable, pour arriver à ses fins. Tout en étant très dynamique, l'histoire de Marjorie Liu, qui plonge ses origines dans le monde romanesque de l'espionnage de la Guerre froide™, plutôt que dans l'univers des super-héros, s'attache plus à ce qui fait de son héroïne ce qu'elle est. Plutôt qu'à enchaîner les péripéties sans autre but qu'à fournir divertissem…
Articles récents

Cher pays de notre enfance [É. Davodeau / B. Collombat]

Particulièrement passionnant, j'ai pour ma part lu les presque 220 pages de cette bande dessinée (24 €, prix unique du livre), quasiment d'une traite, Cher pays de notre enfance revient sur une page de l'Histoire de France.
Une Histoire parallèle, comme le laisse entendre la couverture de l'album, où non seulement le général De Gaulle est éclaboussé, mais plus encore peut-être ; où son regard, très inquiet, porte à son extrême droite. Là où la photo officielle le montre dans une attitude bien plus régalienne, regardant sur sa gauche.

Bien que familier, par goût de l'Histoire, du Service d'Action Civique (SAC), et de l'affaire Boulin. Voire, grâce au cinéma de l'assassinat du juge Renaud, la minutie de l'enquête qu'ont menée Benoît Collombat et Étienne Davodeau a été un rappel salutaire. Et surtout rempli de détailles dont je n'avais pas connaissance, ou que j'avais oubliés. 
Le SAC donc, service d'ordre du mouvement gaulliste, puis poli…

Astro City [Des Ailes de plomb] Panini

Influencé, selon ses propres dires, par Super-Folks, le roman de Robert Mayer ; paru en 1977. Un ouvrage qui concentre et quintessencie les aspirations les plus sombres, et les plus au diapason de son époque (en anglais on dit « relevant ») [Pour en savoir +], en matière de récit de super-héros. 
Livre à qui on prête une influence notable sur quelques-uns des plus éminents scénaristes travaillant (alors et encore aujourd'hui pour certains) dans la bande dessinée de super-héros & affiliés. 

Même si selon mes recherches (et la lecture du roman en question) la manière dont Super-Folks traite des super-héros est, hormis un sujet bien précis, déjà très présent dans une bonne partie des scénarios de l'époque.  [Pour en savoir +]
Kurt Busiek donc, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a ainsi créé, sous l'influence dudit roman*, quelques-unes des meilleures séries mainstream, commercialisées outre-Atlantique. Du moins si je me fie à mes propres goûts. 
Astro City, série …

Les Chats du Louvre [Taiyô Matsumoto / Isabelle Merlet]

"Un musée, de nuit, on se croirait dans le ventre d’une baleine."
D’un partenariat scellé entre les éditions Futuropolis et le musée du Louvre s’est développée une collection atypique de bandes dessinées au fil des années au gré de l’inspiration d’auteurs venus d’orient comme d’occident. Le cadre de ces publications autorise aux auteurs conviés un accès privilégié pour visiter les galeries et les coulisses du Louvre, d’en arpenter couloirs et recoins de jour comme de nuit pour s’imprégner de l’atmosphère du musée. Empli des énergies qui parcourent les lieux, à charge de l’auteur d’imaginer un récit s’inscrivant au sein du décor fantasmatique louvresque. Après diverses publications, c’est au tour de Taiyô Matsumoto de se voir offrir l’opportunité de s’aventurer dans « le ventre de la baleine » avec son nouveau manga Les chats du Louvre. Initialement publié en deux tomes en noir et blanc, ce récit a été complété d’une édition intégrale parée de couleurs réalisées pour l’occas…

Balles Perdues / Stray Bullets [David Lapham]

Dans son essai à charge, de 1947, Thomas Narcejac donnait, à son corps défendant sûrement, la plus belle définition du roman « noir » américain qu'il m'a été donné de lire, lequel faisait alors son entrée dans le paysage culturel hexagonal.
Ce qui est « noir » disait-il, «[..] ce n'est pas, [...] sa violence, sa crudité ; ce n'est même pas le désespoir qu'il peut éveiller chez le lecteur facile à suggestionner, c'est quelque chose de plus foncier et de plus mystérieux que l'on pourrait définir en disant qu'il nous présente le monde comme un TRAQUENARD. [..] ».
David Lapham, continue ce travail que des prédécesseur, souvent illustres, ont accompli avant lui, via sa série au long court  « Stray Bullets». Une entreprise ambitieuse, qui le place sur un pied d'égalité avec les meilleurs.
Sous la forme d'histoires courtes, il dépeint de brefs moments de l'existence d'individus, amenés à se croiser, sans qu'ils sachent qu'ils sont l'ob…

Angel Town [Gary Phillips / Shawn Martinbrough] Vertigo

Polar tamisé par le soleil californien, cette mini-série a visiblement été écrite pour une publication différente que les cinq numéros qu'on lui a octroyée. Gary Phillips, par ailleurs romancier de polars (non traduits en France à ma connaissance) construit un réseau de personnages, qui ne feront, pour la plupart, que de la figuration. 
Mais visiblement le passé et le passif, des uns et des autres, devaient servir à quelque chose.
Angel Town est dessinée par le très talentueux Shawn Martinbrough, dont le travail à lui seul, vaut le temps passer à lire cette mini-série. D'autant que Lee Loughridge, le coloriste est très en forme.
Si cette mini-série, estampillée Vertigo, et « woke » avant l'heure, n'a pas connu le sort de Vigilante : Southland [Pour en savoir +], il me semble que la BD ne réussi pas très bien à Phillips. 

Reste une enquête dont l'ironie du dénouement n'échappera sûrement, à personne. Et certains partis pris courageux.
       Un polar au rythme ass…

The Authority : Coup d'Etat / Fractured World

Pour cette seconde partie de ma critique du run du scénariste Robbie Morrison sur la série The Authority, j'ai décidé d'en faire l'édition. Dans le sens de trier le meilleur, en désignant ce qui m'aura semblé moins bon. Ou franchement mauvais.
Cette dernière catégorie est essentiellement représentée par le dernier numéro qu'écrira Morrison, et qui est intitulé « Street Life».
Le scénario n'est pas plus mauvais qu'un autre, mais il n'a clairement pas sa place à cet endroit. Il est en outre dessiné par Whilce Portacio, un dessinateur qui même dans ses bons jours, est très loin de correspondre à ce j'aime dans la BD. En termes de cohérence avec tout ce qui a précédé, ce quatorzième numéro n'apporte rien de neuf. À éviter si on n'est pas un complétiste acharné. 
       Faisant suite directement aux numéros précédents [Pour en savoir +], mais en marge tout de même, le crossover« Coup d'Etat» convoque pour quatre numéros, les séries Sleeper, Sto…