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Manhunter [Kate Spencer] #1-#14 DC Comics

Ma curiosité pour le travail de Marc Andreyko commence par un regard rétrospectif et oblique, dans le rétroviseur de mes lectures.

••• C'est en effet la présence de plus en plus massive de Brian M. Bendis (BMB), inversement proportionnelle à l’intérêt que je trouvais à ses scénarios, qui m'a fait me préoccuper de ceux d'Andreyko.

       Entré par la petite porte des éditeurs dits  « indépendants » (Caliber Comics ou Image Comics), comprendre hors de la production massive des  « Big Two » (Marvel & DC Comics), lesquels monopolisaient déjà les dépenses des amateurs de BD outre-Atlantique. Et sur le marché intérieur, peu porteur, du « polar », Bendis s'est, à la force du clavier, imposé chez Marvel.
Seulement, au fur et à mesure qu'il occupait les linéaires des kiosques et des librairies, ses bandes dessinées désertaient mes étagères. J'ai alors voulu comprendre comment j'avais pu, à partir d'un moment donné, assez précis d'ailleurs, manifester du goû…
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Suicide Squad Black Files #1 [DC Comics]

••• Jai Nitz scénariste réserviste, revient sur le devant de la scène des sorties mensuelles de la bande dessinée américaine avec son personnage porte-bonheur. Celui qui lui a apporté la bonne fortune, au sens figuré mais aussi au sens propre. 

En effet la création d'une nouvelle version de El Diablo, avec le dessinateur Phil Hester et l'encreur Ande Parks, alias Chato Santana, au moment où la BD U.S. tentait de s'ouvrir à la diversité culturelle qui fait que les États-Unis sont ce qu'elles sont, a également permis à ce personnage, dont la mini-série avait pourtant été, dixitJai Nitz lui-même un four, d'intégrer la Suicide Squad au cinéma. 
Et si le film s'est fait étriller, notamment par la critique professionnelle, il a quand même fait dans les 750 millions de dollars de recette.

Une manne dont le scénariste et cocréateur a pu en partie profiter, et qui lui a payé sa maison.
En 2016, rebelote, El Diablo avec un design identique à celui du  film, contrairement à c…

Un Escalier de sable [Benjamin Legrand]

••• Les remerciements, à la toute fin de l'ouvrage, donnent au roman de Benjamin Legrand, une dimension supplémentaire, lequel s'en sortait déjà très bien sans, en ce qu'il permet de mesurer la distance qui sépare une idée d'un résultat.

« Roman noir » nous prévient la couverture, et en effet, Un Escalier de sable en est un selon la définition qu'en donnait dès 1947  Thomas Narcejac : «[..] Ce qui est noir, [..], ce n'est pas, [...] sa violence, sa crudité ; ce n'est même pas le désespoir qu'il peut éveiller chez le lecteur facile à suggestionner, c'est quelque chose de plus foncier et de plus mystérieux que l'on pourrait définir en disant qu'il nous présente le monde comme un TRAQUENARD. [..] ».
Et pour dessiner ce « traquenard » Benjamin Legrand choisit la voie de l’introspection. Chaque chapitre ou presque, est l'occasion de pénétrer dans l'intimité psychologique de ces militaires français, au fur et à mesure que le temps passe et q…

Midnight Special [Jeff Nichols]

••• Ça commence assez bizarrement.
En effet ce sont les propres personnages du film qui attireront mon attention sur l'improbable scénario dont ils sont les jouets.

       Débutant in medias res, manière toujours efficace d’anesthésier l'esprit critique de qui le regarde, le long-métrage de Jeff Nichols mâtine une course poursuite de presque deux heures (en temps extra-diégétique), d'un SF made inSpielberg sinon revendiquée, du moins bien imitée. Au hasard, Rencontre du troisième type et E.T. l'extra-terrestre.  

Dommage que le scénario de Midnight Special concurrence en termes de trous n'importe quel emmental qui se respecte.  Et avec le respect que je vous dois, chers lecteurs, je dois vous dire que la suite de ma critique dévoile peu ou prou le mince scénario de Midnight Special.

       Et ça commence donc par la question que se posent Roy Tomlin et Lucas : qui peut bien avoir renseigné les forces de l'ordre et les médias sur l'enlèvement dont ils sont les …

Entretien avec John Carpenter [1982]

••• Sortie d'un nouvel Halloween, concert à la salle Pleyel, reprise en salle de plusieurs de ses films, John Carpenter est, en cette fin d'année 2018, à l'honneur.
J'ai donc décidé de me joindre modestement à cette mise en lumière du cinéaste, en vous proposant un entretien de 1982, qu'il avait alors accordé aux Cahier du Cinéma (n°339).

Bonne lecture !









Vigilantes t1 à 4 [Gaudin/Crosa/Paitreau]

•••• Contrairement à mes pronostics, la série intitulée Vigilantes, de Jean-Charles Gaudin, Ricardo Crosa et Stéphane Paitreau, est une aventure de super-héros très premier degré. 
En effet, les séries de super-héros écrites par des auteurs français que j'ai pu lire, m'avaient habitué à une certaine prise de distance avec ce type de personnage. 
Tout le contraire de Vigilantes qui évoque l'une des équipes d'adolescents inventées par Enid Blyton, lesquels auraient rencontré le sorcier Shazam
Il y a une telle naïveté dans cette histoire, que j'ai longtemps pensé que le scénariste Jean-Charles Gaudin préparait une sorte de retournement de situation, à la manière d'Alan Moore lorsqu'il a repris la destinée du super-héros britannique Marvelman
Mais non !

       Reste une aventure que j'aurais aimer conseiller aux jeunes lecteurs, si les actes du vilain de l'histoire n'étaient pas ce qu'ils sont. En dehors de la simplicité du scénario, celui-ci sou…

La Face perdue de la Lune [Benjamin Legrand]

••• Qu'un livre parvienne jusqu'à nous tient parfois d'une relation de cause à effet tortueuse ; ainsi La Face perdue de la Lune de Benjamin Legrand. 

Ma découverte du vingt-neuvième titre de la défunte collection Imagine de Flammarion, alors placée sous la direction de Jacques Chambon, passe par un autre roman de Benjamin Legrand au titre tout aussi énigmatique : Un Escalier de sable
Ce dernier roman, paru en 2012, vient de bénéficier d'une adaptation en bande dessinée, et c'est en lisant son titre sur la couverture de la BD en question, que j'ai eu envie d'en savoir plus sur son auteur. Les choses étant ce qu'elles sont, c'est finalement La Face perdue de la Lune que j'ai lu d'abord.

••• Si Benjamin Legrand est longtemps passé sous mon radar, il n'en est pas pour autant un auteur débutant. Auteur de romans de science-fiction, de polars, de bandes-dessinées avec Tardi ou Druillet, c'est une immersion dans le quartier du Bronx à New Y…