Accéder au contenu principal

Articles

Un requin sous la Lune [Matt Ruff / Guillaume Fournier]

Un requin sous la Lune est son deuxième roman que Matt Ruff a vu publié aux U.S.A., mais le premier qui le sera en France.
« Deux romans sont susceptibles de changer la vie d’un adolescent de quatorze ans avide de lecture.Le Seigneur des anneaux et La Grève (Atlas Shrugged). L’un des deux est une fantaisie infantile qui engendre fréquemment chez ses lecteurs une obsession durable pour ses héros invraisemblables, conduisant à une vie adulte socialement inadaptée et émotionnellement atrophiée, qui les rend incapables d’affronter le monde réel. Dans l’autre, il y a des orques. » John Rogers

       Là où, non sans ironie, John Rogers confronte l’œuvre de J.R.RTolkien et celle d'Ayn Rand, à qui est par ailleurs dédié Un requin sous la Lune, Matt Ruff les combine à la manière d'une Mary Shelley. 
Autant vous prévenir, ce roman de presque 550 pages, sous-titré «La Trilogie des travaux publics», fait preuve d'une logique linéaire parfois très approximative, et ceci expliquant sûremen…
Articles récents

Triple frontière [Mark Boal / J.C. Chandor]

En même temps qu'un tournage qui devait débuter en 2011, sous la direction de Kathryn Bigelow, Triple frontière se verra lié à une tripotée d'acteurs bankables : Sean Penn, Javier Bardem, Denzel Washington. Et même Tom Hanks. À ce moment-là, le titre est devenu Sleeping dogs, et d'autres noms circulent (Channing Tatum ou encore Tom Hardy).
Durant cette période de valses-hésitations, outre Mark Boal au scénario, la seule constante restera le lieu où devrait se dérouler l'action.
La « triple frontière » du titre est une enclave aux confins du Paraguay, du Brésil et de l'Argentine, devenue zone de libre-échange et symbole d'une mondialisation productiviste à fort dynamisme économique. Le barrage d'Itaipu qui y a été construit entre 1975 et 1982, le plus grand du monde, produirait 75 % de l’électricité consommé au Brésil et au Paraguay. Ce territoire a même sa propre langue, le « Portugnol », une langue de confluence, mélange de portugais et d'espagnol, pime…

T'ien-Keou [Laurent Genefort] Ed. Le Bélial'

Cette nouvelle a une histoire. D'abord publiée dans le quotidien vespéral hexagonal bien connu, elle fait ensuite partie des récits de l'anthologie Escales 2000, un mois plus tard, en septembre 1999. 
En 2004 c'est au tour des éditions Soleil d'en sortir une adaptation en bande dessinée. Laurent Genefort est au scénario, et Jean-Michel Ponzio au dessin, pour un histoire somme toute assez différente de la nouvelle originale. Laquelle se retrouve cette année parmi  10 autres, au sommaire de Colonie, un recueil commercialisé par les éditions Le Bélial' [Pour en savoir +]. Et entièrement consacré à Genefort.
L'éditeur, qui n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine, propose un accès gratuit à la nouvelle en question (illustrée ci-contre par Rex Rabiera)  jusqu'à la fin du mois de mars [Pour en savoir +]. C'est très généreux de sa part, et je l'en remercie.  
D'autant que T'ien-Keou donne, je crois, une belle idée du talent de l'aut…

Frères de sang / La Starlette était trop belle

Si « La Starlette était trop belle » n'est pas la suite de « Frères de sang », ces deux romans mettent en scène Jimmy Gage, un journaliste du tabloïd SLAP, et Jane Holt, détective au bureau des enquêtes criminelles de Laguna Beach. Cette dernière apparaissait aussi dans le premier roman de Robert Ferrigno intitulé «Le Pot au noir» [Pour en savoir +].
Comme il l'a prouvé dans ses deux précédents romans parus dans l'Hexagone,Robert Ferrigno est un écrivain qui joue sur les conventions du thriller. Ici il juxtapose deux intrigues, dont chacune d'elle aurait pu facilement faire l'objet d'un récit autonome et roboratif. Et construit à partir d'un réseau de personnages et de leurs « lignes de désirs » deux solides intrigues. Au fur et à mesure que progressent les deux histoires, les personnages se dévoilent, leurs relations changent (ou pas) ; ce qui agit sur le cours des événements. Et vice versa. 
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques du savoir-…

Pas un pour sauver l'autre [Robert Ferrigno / Robert Pépin]

Robert Ferrigno, avant d'écrire de manière professionnelle, nous dit-on, aurait joué au poker pour gagner sa vie. Une activité dans laquelle il devait être redoutable, si j'en crois son indéniable sens du bluff. 
Difficile en effet de connaitre son jeu tant qu'il n'a pas abattu sa dernière carte. Ajoutez-y une science du contrepied peu commune, et vous aurez un portrait-robot assez fidèle de son avoir-faire.
« Pas un pour sauver l'autre » son deuxième roman commercialisé en France (janvier 2001), tout comme le premier d'ailleurs [Pour en savoir +], s'appuie sur un scénario modulaire loin d'être ennuyeux certes, mais qu'il n'est pas le premier à mettre en scène. Aucun doute que les lecteurs ès thrillers seront en terrain connu. D'où parfois, une impression de « déjà-lu » en début de lecture. Une impression qui cela dit, n'épargne pas beaucoup de romancier.

Heureusement, Ferrigno maîtrise le b.a.-ba du suspense et fait montre d'un sens d…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…

Mulholland Dive [Michael Connelly / Patricia Barbe-Girault]

La nouvelle en question, une histoire à chute (sic), réussie à produire un plaisir de lecture inversement proportionnel à sa longueur.
Michael Connelly en situe l'action sur la route que l'ingénieur William Mulholland a imaginée, et que David Lynch a popularisée bien plus loin que Los Angeles. Son protagoniste principal, judicieusement choisi, occupe une fonction plutôt originale au sein de LAPD, laquelle flattera les amateurs d'histoires policières où la police scientifique occupe le premier plan ; tout en détournant le lecteur des véritables enjeux de l'intrigue. Une sorte d'arbre qui cacherait la forêt.

Le choix d'un narrateur externe, qui ne doit rien au hasard, n'en doutons pas, accentue d'autant plus la morale de cette fable, joliment traduite par Patricia Barbe-Giraut.

En définitive, Mulholland Dive est un plaisir bref et intense. Un bel exercice de style où l'auteur mobilise tout son savoir-faire, pour notre plus grand plaisir. 
________
• À tout…