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Articles

Affichage des articles du mai, 2018

The Intergalactic Empire of Wakanda

Fruit d'une énième relance d'un univers qui en  a déjà connu plusieurs, Marvel Legacy semble renouer avec ce qui faisait la réputation de l'éditeur new-yorkais : avoir des idées.
Et pour le coup celle d'imaginer un Wakanda intergalactique.

En effet, quoi de plus évident pour le royaume africain, l'un des pays sinon le pays le plus développé de la Terre-616, que d'avoir voulu, lui aussi, conquérir l'espace. Ainsi, dès la première apparition de T'Challa (alias Black Panther) -en 1966- il apparait que son royaume est technologiquement bien plus en avance que le New York de Red Richards (alias Mister Fantastic). Difficile dès lors de penser qu'il faudra attendre plus de 50 ans pour que la Maison des Idées accouche de celle-ci.

Le premier numéro est cependant très allusif ; plongé in medias res on ne dispose d'aucun repère sur ce qui a pu mener à ce bouleversement. Cependant le présent y est tout à fait compréhensible, et si on ne sait pas forcément qui…

The Looming Tower [suite, et fin]

Si la série ne s'affranchit pas totalement des longueurs que je lui reprochais [Pour en savoir +], elle gagne cependant en intensité. À la fois grâce à la mise en scène des événements, lesquels s'intensifient ; et par l'éminence de l'inéluctable que l'on connaît. 
À ce propos, le traitement de l'effondrement des deux tours du World Trade Center, tout en sobriété, a gardé intact sa charge émotionnelle. D'autant que la préparation des terroristes occupe une place importante dans les derniers épisodes, et que ce compte à rebours qui ne dit pas son nom est d'une redoutable efficacité. Tout comme le portrait en creux qu'on leur dessine, très loin du manichéisme qu'on s'attend peut-être à trouver.

Ainsi apparaissent-ils certes coupables, mais en quelque sorte, bien moins responsables que l'administration Bush ou la CIA. Ou leurs commanditaires. 

Portrait à charge d'une administration donc, au travers de Condoleezza Rice, seul membre de l'…

Dans la Toile du temps [Adrian Tchaikovsky/Luc Planchat]

Véritable précipité de ce que peut offrir la science-fiction, La Toile du temps fonctionne sur un scénario modulaire qui ne donnera aucun répit au lecteur. Adrian Tchaikovsky, dont c'est à ma connaissance, le premier roman traduit dans l'Hexagone (par Luc Planchat), a écrit un petit chef d’œuvre.
Or donc, trois modules narratifs occupent les presque 600 pages, qu'une foisonnante imagination emmène dans le vide intersidéral du space opera, et dans les affres d'un avenir lointain & post-post-apocalyptique ; mâtiné d'un cyberpunk presque rassurant.
Du moins en regard d'un inquiétant steampunk, en tant qu'il définirait un futur technologique arrivé plus tôt, mais dans le cas d'espèce du récit, pas où on l'attendait. Et où la « vapeur » serait remplacée par tout autre chose, qu'il vaut bien mieux découvrir in situ plutôt que par le biais d'une critique ou d'une quatrième de couverture. 
Cet aspect du roman, qui n'est pas sans rappeler le…

Le Voleur quantique [Hannu Rajaniemi/Claude Mamier]

Écrit par le jeune finlandais Hannu Rajaniemi, dont c'était alors le premier roman, Le Voleur quantique est un roman que sa maison d'édition française (Bragelonne) classe en « hard science ». Autrement la science qui y est décrite, l'est avec une rigueur toute ....... scientifique (sic).

Docteur en théorie des cordes, diplôme obtenu à l'université d’Édimbourg (GB), Hannu Rajaniemi à toute ma confiance en ce qui constitue une part très importante de son récit (à peu près 90%). En effet, en plus de mettre en scène un bel hommage à Maurice Leblanc, l'intrigue du roman est toute entière baignée d'une science tellement en avance sur celle que nous connaissons aujourd'hui, qu'elle s'apparente à une forme de magie (Cf. la troisième loi de Clarke).
Et c'est là qu'Hannu Rajaniemi a échoué à me captiver, totalement.

Et pourtant ça démarrait vraiment très très bien.

      Immergé sans préparation, ni didactisme dans un futur lointain, j'ai dû faire un …

Les Culbuteurs de l'enfer [Roger Zelazny]

    Écrit les dents serrées, Les Culbuteurs de l'enfer est un roman de Roger Zelazny (réédité sous le nouveau titre de Route 666, récemment), lequel a délaissé tout ce qui faisait l'écrivain dont le souvenir s'est durablement imprimé dans l'imaginaire collectif, pour emprunter l'autoroute de l'action, et surtout du récit linéaire un chouia simpliste.
Roman ferroviaire par excellence, bien qu'aucun train de pointe le moindre wagon dans cette Amérique post-apocalyptique ; qui tue aussi bien le temps que Hell ne tue les empêcheurs de tourner en rond qui tentent de lui barrer la route. Pas vraiment intéressant, ni très captivant mais au bon goût de la brièveté.

• À lire si vous connaissez déjà Roger Zelazny, dans le cas contraire ce roman risque de vous donner un faux aperçu de son talent, et de ses préoccupations.
• À lire également, si vous voulez savoir à quoi ressemble le récit qui a inspiré le film qui a inspiré la saga la plus culte des aventures du Judge Dr…

Be Pure! Be Vigilant! Behave! [Pat Mills]

Sous-titrée « l'histoire secrète de 2000AD et du Judge Dredd », l'autobiographie de Pat Mills, la vie du prolifique scénariste est si étroitement liée à l'hebdomadaire anglais et à son personnage le plus célèbre, que l'on peut utiliser cette catégorie pour qualifier cet ouvrage, sans en trahir le contenu ; cette histoire secrète donc, est une formidable lecture.
Alors même que j'avais de mon côté, et avant la sortie de l'ouvrage en question, fait des recherches pour un articles sur le megazine et le Judge [Pour en savoir +] et un autre sur son important prédécesseur, Action [Pour en savoir +], le récit de Pat Mills est une source d'information précieuse, et pour la plupart, inédite.

S'il montre ce qui se déroule, par la force des choses, en coulisses, pointant du doigt les agissements de tel ou tel individu, Be Pure! Be Vigilant! Behave! est surtout l'occasion pour Mills de mettre en avant des hommes qui ont œuvré pour que les histoires de 2000AD soie…

Avant que nous disparaissions [Kiyoshi Kurosawa]

    Changement de braquet pour Kiyoshi Kurosawa après Creepy [pour en savoir+] puisque son nouveau long-métrage Avant que nous disparaissions se pare des atours d’un film d’invasion qui interroge le Japon sur ses travers sociétaux. Adaptation d’une pièce de théâtre de Tomohiro Maekawa, l’intrigue part d’une idée originale où trois extraterrestres prennent possession de corps humains en vue de l’invasion imminente de la Terre ; ces éclaireurs ayant pour fonction de collecter des « concepts » aux humains – qu’il s’agisse du sens de la famille ou de la notion de soi par rapport aux autres par exemple - afin d’en appréhender le fonctionnement en tant que civilisation. 

Cet étrange film d’invasion, mâtiné de body snatcher aux accents délicieusement absurdes, s’avère autant une dissection anthropologique des interactions communautaires régissant la société japonaise – la famille, la propriété, le travail ainsi que le couple – que des dérives occasionnées par cet environnement exacerbé comme…

La Fantastique Famille Telemachus [Daryl Gregory]

À l'image de la couverture ci-contre, le roman de Daryl Gregory, commercialisé aux éditions JC Lattès*cette année, n'est pas ce que pourrait laisser croire sa jeune carrière.
La Fantastique Famille Telemachus, qui d'après ce que j'avais entendu dire, devait être publié sous un pseudonyme, traite l'imaginaire d'un manière un peu différente que ce à quoi il nous avait habitué jusqu'à maintenant.
S'il est toujours le carburant indispensable à une histoire de qualité, cet imaginaire occupe ici pourtant l'arrière-plan de l'intrigue, laquelle se concentre sur un tout autre type de récit.Dont je crois qu'il vaut mieux en savoir le moins possible, un peu comme dans un tour de prestidigitation.
Construit en majeure partie sur des dialogues, Daryl Gregory n'en oublie pas pour autant d'inventer une belle galerie de personnages pour son roman, dont bien entendu la famille en question. Et de raviver l'un des aspects les plus délirants de la « Gu…

[Vous êtes] Sláine dans le cadavre du dragon

Aujourd'hui sort le 1er numéro d'une série qu'on annonce hebdomadaire, et interactive, consacrée au personnage Marvel bien connu de Deadpool™.

Intitulée fort à propos « You are Deapool », cette série nous propose d'incarner le mercenaire prolixe dans une bande dessinée dont le lecteur en est le héros. Un scénario de livre-jeu donc, écrit par Al Ewing, un nom qui suffit généralement à m'intéresser à ce qu'il signe, et dessiné par Salva Espin, que je ne connais pas.

De mon côté, surfant sur cette sortie, je vous propose un voyage dans le temps dont la destination est janvier 1987. Ce mois-là le magazine Chroniques d'Outre Monde publiait dans son quatrième numéro une bédé dont vous pouviez être le héros. Forcément, c'est le sujet de mon entrée du jour sur le blog.

Or donc il s'agissait d'y incarner Sláine, personnage certes moins connu que Deadpool, mais qui le mériterait pourtant, inventé par Pal Mills, figure légendaire de la BD d'outre-Manche &…