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Articles

Affichage des articles du 2019

Un requin sous la Lune [Matt Ruff / Guillaume Fournier]

Un requin sous la Lune est son deuxième roman que Matt Ruff a vu publié aux U.S.A., mais le premier qui le sera en France.
« Deux romans sont susceptibles de changer la vie d’un adolescent de quatorze ans avide de lecture.Le Seigneur des anneaux et La Grève (Atlas Shrugged). L’un des deux est une fantaisie infantile qui engendre fréquemment chez ses lecteurs une obsession durable pour ses héros invraisemblables, conduisant à une vie adulte socialement inadaptée et émotionnellement atrophiée, qui les rend incapables d’affronter le monde réel. Dans l’autre, il y a des orques. » John Rogers

       Là où, non sans ironie, John Rogers confronte l’œuvre de J.R.RTolkien et celle d'Ayn Rand, à qui est par ailleurs dédié Un requin sous la Lune, Matt Ruff les combine à la manière d'une Mary Shelley. 
Autant vous prévenir, ce roman de presque 550 pages, sous-titré «La Trilogie des travaux publics», fait preuve d'une logique linéaire parfois très approximative, et ceci expliquant sûremen…

Triple frontière [Mark Boal / J.C. Chandor]

En même temps qu'un tournage qui devait débuter en 2011, sous la direction de Kathryn Bigelow, Triple frontière se verra lié à une tripotée d'acteurs bankables : Sean Penn, Javier Bardem, Denzel Washington. Et même Tom Hanks. À ce moment-là, le titre est devenu Sleeping dogs, et d'autres noms circulent (Channing Tatum ou encore Tom Hardy).
Durant cette période de valses-hésitations, outre Mark Boal au scénario, la seule constante restera le lieu où devrait se dérouler l'action.
La « triple frontière » du titre est une enclave aux confins du Paraguay, du Brésil et de l'Argentine, devenue zone de libre-échange et symbole d'une mondialisation productiviste à fort dynamisme économique. Le barrage d'Itaipu qui y a été construit entre 1975 et 1982, le plus grand du monde, produirait 75 % de l’électricité consommé au Brésil et au Paraguay. Ce territoire a même sa propre langue, le « Portugnol », une langue de confluence, mélange de portugais et d'espagnol, pime…

T'ien-Keou [Laurent Genefort] Ed. Le Bélial'

Cette nouvelle a une histoire. D'abord publiée dans le quotidien vespéral hexagonal bien connu, elle fait ensuite partie des récits de l'anthologie Escales 2000, un mois plus tard, en septembre 1999. 
En 2004 c'est au tour des éditions Soleil d'en sortir une adaptation en bande dessinée. Laurent Genefort est au scénario, et Jean-Michel Ponzio au dessin, pour un histoire somme toute assez différente de la nouvelle originale. Laquelle se retrouve cette année parmi  10 autres, au sommaire de Colonie, un recueil commercialisé par les éditions Le Bélial' [Pour en savoir +]. Et entièrement consacré à Genefort.
L'éditeur, qui n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine, propose un accès gratuit à la nouvelle en question (illustrée ci-contre par Rex Rabiera)  jusqu'à la fin du mois de mars [Pour en savoir +]. C'est très généreux de sa part, et je l'en remercie.  
D'autant que T'ien-Keou donne, je crois, une belle idée du talent de l'aut…

Frères de sang / La Starlette était trop belle

Si « La Starlette était trop belle » n'est pas la suite de « Frères de sang », ces deux romans mettent en scène Jimmy Gage, un journaliste du tabloïd SLAP, et Jane Holt, détective au bureau des enquêtes criminelles de Laguna Beach. Cette dernière apparaissait aussi dans le premier roman de Robert Ferrigno intitulé «Le Pot au noir» [Pour en savoir +].
Comme il l'a prouvé dans ses deux précédents romans parus dans l'Hexagone,Robert Ferrigno est un écrivain qui joue sur les conventions du thriller. Ici il juxtapose deux intrigues, dont chacune d'elle aurait pu facilement faire l'objet d'un récit autonome et roboratif. Et construit à partir d'un réseau de personnages et de leurs « lignes de désirs » deux solides intrigues. Au fur et à mesure que progressent les deux histoires, les personnages se dévoilent, leurs relations changent (ou pas) ; ce qui agit sur le cours des événements. Et vice versa. 
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques du savoir-…

Pas un pour sauver l'autre [Robert Ferrigno / Robert Pépin]

Robert Ferrigno, avant d'écrire de manière professionnelle, nous dit-on, aurait joué au poker pour gagner sa vie. Une activité dans laquelle il devait être redoutable, si j'en crois son indéniable sens du bluff. 
Difficile en effet de connaitre son jeu tant qu'il n'a pas abattu sa dernière carte. Ajoutez-y une science du contrepied peu commune, et vous aurez un portrait-robot assez fidèle de son avoir-faire.
« Pas un pour sauver l'autre » son deuxième roman commercialisé en France (janvier 2001), tout comme le premier d'ailleurs [Pour en savoir +], s'appuie sur un scénario modulaire loin d'être ennuyeux certes, mais qu'il n'est pas le premier à mettre en scène. Aucun doute que les lecteurs ès thrillers seront en terrain connu. D'où parfois, une impression de « déjà-lu » en début de lecture. Une impression qui cela dit, n'épargne pas beaucoup de romancier.

Heureusement, Ferrigno maîtrise le b.a.-ba du suspense et fait montre d'un sens d…

Blues pour Irontown [John Varley / Patrick Marcel]

Ça commençait plutôt mal. 
L'idée d'un détective privé du futur, fondu de ses lointains confrères des années 1930, avait tout d'un Polaroid™ bien trop souvent photocopié. Mais peut-être que cet amour des privés made in Underwood© allait-il être de la trempe du fusil de Tchekhov ?
Si la présence, dès les premières pages, d'une « femme fatale », semble donner le ton. Si l'ombre porté du Faucon maltais ne fera que se renforcer. La profession de détective privé semble aussi utile à l'intrigue du roman qu'un cataplasme à la moutarde sur une jambe de bois. 

       Une intrigue qui, nonobstant le titre du roman, tient plus de la berceuse que du blues.   

Fort heureusement, John Varley gratifie son roman d'une très belle idée ; au travers du personnage nommé Sherlock. Rien qui ne rattrape totalement l'ennui profond d'une enquête poussive, et  au final, sans grand intérêt. Mais les chapitres racontés par ledit Sherlock sont les plus intéressants, les plus ém…

Mulholland Dive [Michael Connelly / Patricia Barbe-Girault]

La nouvelle en question, une histoire à chute (sic), réussie à produire un plaisir de lecture inversement proportionnel à sa longueur.
Michael Connelly en situe l'action sur la route que l'ingénieur William Mulholland a imaginée, et que David Lynch a popularisée bien plus loin que Los Angeles. Son protagoniste principal, judicieusement choisi, occupe une fonction plutôt originale au sein de LAPD, laquelle flattera les amateurs d'histoires policières où la police scientifique occupe le premier plan ; tout en détournant le lecteur des véritables enjeux de l'intrigue. Une sorte d'arbre qui cacherait la forêt.

Le choix d'un narrateur externe, qui ne doit rien au hasard, n'en doutons pas, accentue d'autant plus la morale de cette fable, joliment traduite par Patricia Barbe-Giraut.

En définitive, Mulholland Dive est un plaisir bref et intense. Un bel exercice de style où l'auteur mobilise tout son savoir-faire, pour notre plus grand plaisir. 
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• À tout…

Les Créatures du lac [Bob Leman / Nathalie Serval]

Bob Leman (1922-2006) est un auteur américain, publié en France par la revue Fiction entre 1977 et 1985. Moins d'une douzaine de récits courts, et aucun roman, est un bon moyen de faire profil bas. Presque 35 ans après sa dernière publication dans l'Hexagone, le nouvelliste  fait l'objet d'une attention nouvelle.
En effet, la librairie Scylla (8, rue Riesener 75012 Paris) a mis sur pied un financement participatif afin d'éditer, et de commercialiser, un recueil de ses nouvelles [Pour en savoir +]. 
Bienvenue à Sturkeyville, comme le titre du recueil l'indique, réunira les nouvelles de l'auteur qui se déroulent dans ladite ville.
Afin de donner un avant-goût de ce qui attend les lecteurs qui n'avaient eu l'occasion de lire ce que la revue Fiction avait proposé à l'époque, Les Créatures du lac est proposée gratuitement sous deux formats numérique : pdf et epub, et une nouvelle traduction.  Cette nouvelle, qui sera parmi les 6 qui composeront le recue…

Wonder comics [Brian Michael Bendis] DC Comic

Pas plus l'attaque d'un staphylocoque doré qu'un changement de crémerie, n'auront eu la peau de la verve créatrice de Brian Michael Bendis. En effet, le natif de Cleveland fait feu de tout bois depuis son arrivée chez la Distinguée Concurrence.
Outre la destinée du kryptonien le plus célèbre de l'univers connu, il s'occupe de son propre label « Jinxworld ».Dans lequel on retrouve de nouveaux titres comme Pearl, ou United States vs Murder Inc. dont le sixième numéro sera commercialisé mercredi 6 février 2019 ; mais aussi des séries qu'il a créés ailleurs comme Powers, Jinx ou encore Torso.
Mais manifestement, notre généreux graphomane ne veut pas s'arrêter en si bon chemin.
De fait, il supervise également la collection « Wonder Comics », dont il écrit ou co-écrit certains des quatre titres prévus pour l'instant. Même si on murmure déjà qu'il y aura un spin-off à la série Young Justice. Dont je trouverais cocasse que ça soit son amie Chelsa Caine qui…

Le Vêlage [Sam J. Miller / Anne-Sylvie Homassel]

Le Vêlage est une nouvelle qui se déroule dans le même futur post-apocalyptique que La Cité de l'orque, le premier roman traduit en français de Sam J. Miller [Pour en savoir +], commercialisé par Albin Michel Imaginaire™ (un département éditorial de la maison d'édition Albin Michel) depuis le 30 janvier 2019.
Cette nouvelle, de 37 pages, offerte gratuitement (un fort beau geste de l'éditeur), en numérique [Pour en savoir +], est une avant-première au roman sus-cité, tout ce qu'il y a de plus convaincante. Et traduite par Anne-Sophie Homassel (qui s'est également occupée de traduire ledit roman) .

Maîtrisant parfaitement l’ingénierie romanesque, Sam J. Miller utilise une « mise en texte » à base de focalisation interne et de désirs contrariés, deux techniques qui ont déjà fait leurs preuves. Notamment en matière d'immersion rapide.
Autre aspect très important, Sam J. Miller est un adepte, semble-t-il, de la recommandation qui veut que la description fasse action (…

Peter Cannon : Thunderbolt [K. Gillen / C. Wijngaard]

Carburant à l'énergie fossile comme aucune autre industrie au monde, la BD étasunienne est aussi la championne du recyclage. Miroir solipsiste de ses propres péripéties, la bande dessinée mainstream (i.e. le genre dominant des super-héros) n'en finit plus de ressasser. 

Thunderbolt #1 (avec une couverture de Sean Phillips), commercialisé par l'éditeur Dynamite, en est un nouvel exemple. 

En effet, ce numéro commence là où se terminait la maxi-série Watchmen (ou presque). 
C'est de bonne guerre me direz-vous, puisque Peter Cannon (apparu pour la première fois en 1966), de la défunte écurie de l'éditeur Charlton, a servi de modèle à l'ex-Minuteman connu sous le pseudonyme d'Ozymandias, inventé par Moore & Gibbons. 
Dans une mise en abyme assez vertigineuse (que la sobriété des planches de Caspar Winjgaard, renforce d'autant plus que le dessinateur fait appel au découpage dit en « gaufrier » de 9 cases), Kieron Gillen, dont le scénario tient facilement sur…

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…

Le Temps de Lumières [G. Rennie / Mark Harrison]

Le thème de l'unité militaire disciplinaire est de ceux dont les déclinaisons semblent infinies. De Les Douze salopards à Enfants de salauds, en passant par La Colline des hommes perdus, pour ne citer que ceux qui me viennent à l'esprit, et en restant dans le domaine du cinéma.
Gordon Rennie, importante cheville ouvrière des revues anglaises 2000 AD et Judge Dredd Megazine s'y essaye aussi avec Le Temps des Lumières, un album commercialisé dans l'Hexagone par l'éditeur ERKO en 2001. Intitulée Glimmer Rats en anglais, cette aventure a paru dans le numéro spécial (annual) #2000 de l’hebdomadaire, de décembre 1999 ; pour ensuite feuilletonner du 2000 AD #1174 au #1182. 
DixitRennie lui-même, il s'est inspiré d'un auteur de récits de guerre nommé Sven Hassel. Individu semble-t-il controversé, ses romans dépeignent une guerre menées par des repris de justice, ou des condamnés à la cour martiale, loin de l'idéal héroïque. Pour Hassel, comme pour Gordon Rennie i…