mercredi 30 juin 2010

Pioneer One


... Je viens de regarder le pilot de la série Pioneer One, et je dois dire que je suis bluffé par l'idée de départ :
Un objet venant de l'espace survole le territoire étasunien en répandant des radiations. Craignant une attaque terroriste, une cellule de la NSA est dépêchée au Canada, lieu atterrissage de l'objet en question ....

... Si la Guerre froide a produit un lot conséquent de fictions exploitant la peur du Rouge venu de l'Est, l'Après-11 septembre a depuis, comme vous le savez, reprit le flambeau.  

Sauf que là, Pioneer One tire brillamment son épingle du jeu, du moins tel que le laisse entrevoir le pilot de la série. Un épisode d'une trentaine de minutes disponible sur les différents réseaux de partage offerts par Internet. Financé par les internautes à hauteur de 6000 $ avancent les milieux informés, Pioneer One shunte la télévision, et est disponible dés à présent, alors que le reste de la saison n'est pas encore en boîte.

Au-delà de cet aspect la 1/2 heure proposée  offre de belles perspectives si l'on considère son point de fuite matérialisé par ce pilot.

   
Choix dicté par son budget modeste ou par ses créateurs, il n'en demeure pas moins que l'on se croirait dans un épisode de Derrick (on y parle beaucoup et les décors sont modestes), cependant loin de brider l'histoire, (ou l'intérêt du  spectateur) cette ambiance, cette atmosphère participe au mystère entrevu dans cet épisode. Mieux elle lui donne une dimension supplémentaire.

Pour résumer sans déflorer, je dirais que Pioneer One combine 1/3 de conquête spatiale, 1/3 de paranoïa telle que pouvait la véhiculer l'URSS au pays de l'Oncle Sam mais transposée à l'ère du terrorisme post-11 septembre, 1/3 d'ambiance "documentaire" à l'instar de films comme The Paralax View ou encore Les 3 Jours du Condor et 1/3 d'originalité. 

 

... En tout cas je vais surveiller avec impatience et beaucoup d'attention la suite donnée à ce projet.

mardi 29 juin 2010

Speed Racer

... Je suis sacrément étonné du plaisir que j'ai pris en regardant Speed Racer. Contrairement à ce à quoi je m'attendais le film des frères Whachowski est captivant du début à la fin et ce, malgré une trame scénaristique plutôt conventionnelle. 



Loin d'engloutir le film, les effets  spéciaux (omniprésents) participent au plaisir du spectacle. Car c'est du grand spectacle : des courses de voitures particulièrement échevelées & extravagantes (on dirait Les fous du volant ... si si, souvenez-vous ; Satanas & Diabolo, Ruffus la Rondelle, Pénélope Joli Cœur, lâchés sur un Circuit 24 ), mais toujours lisibles (ou presque).  Les chorégraphies des courses automobiles n'ont pas été sans me rappeler celles des combats de Matrix)

Pénélope Joli Cœur

Des couleurs particulièrement vives et contrastées, des décors étonnants bref, dépaysement assuré.    
Précisons que malgré le rythme trépidant et les couleurs chatoyantes, la mise en scène de tout premier ordre écarte les risques  de nausée.

Des acteurs en pleine possession de leurs moyens donnent vie à des personnages loufoques, farfelues et imprévisibles. On croise des gredins en chapeau melon, des ninjas, des capitaines d'industrie mielleux et/ou venimeux, un pilote masqué, un chimpanzé, un mécanicien automobile ancien champion de catch. Tout cela et plus encore dans un  excellent film de plus de deux heures.

Pour terminer, voilà ce qu'en pense Jean-Pierre Dionnet au micro de François Angelier.

lundi 28 juin 2010

Disney's Desperate Housewives

Cliquez

Mother Goose and Grimm alias Grimmy par Mike Peters

dimanche 27 juin 2010

Darwinzing Stories



... Il y a quelque temps, j'ai relu l'ouvrage d'Howard Bloom (Le Principe de Lucifer) sur la mémétique. Ce qui ne devait être qu'un simple rafraîchissement pour la rédaction d'un article, s'est vite transformé par un regain d'intérêt pour la mémétique.
C'est donc tout naturellement, mais avec un certain retard que j'ai lu Comment les systèmes pondent Une introduction à la mémétique de Pascal Jouxtel (2005 Éditions Le Pommier).

Qui de l'œuf ou de la poule .... ?

... Dans la première partie de l'ouvrage l'auteur retrace l'histoire de la mémétique, et dans la seconde il s'applique à donner une définition du méméticien et brosse l'hypothétique avenir de la discipline.  
Si ma préférence va à la première partie de l'ouvrage, l'ensemble se lit avec beaucoup de plaisir ; Pascal Jouxtel n'est jamais abscons, bien au contraire. 

Bref, pour qui s'intéresse à la mémétique (et pour celui qui veut la découvrir)  ce livre est probablement indispensable.

Comment font les jeux à la mode pour se reproduire ? Comment survit le commerce équitable ? Comment tel rituel s'impose-t-il à des millions d'hommes ? Tous les systèmes se reproduisent-ils de façon semblable ?
Voilà trente ans que la question se pose et que la science recherche le "mème", cet équivalent culturel du "gène" qui permettrait la transmission et l'évolution des trouvailles de la culture humaine.
Lorsque nous pensons ou agissons, nous ne sommes pas aussi libres que nous aimons le croire. Malgré nous, par nos choix de mots, d'attitudes ou simplement d'objets de consommation, nous contribuons à reproduire des modèles et des systèmes.
Le mot "mème" est apparu en 1976 sous la plume du biologiste Richard Dawkins. Forgé à la ressemblance du mot "gène", il suggère les idées de mémoires et d'imitation.
Les solutions inventées par l'homme, quelles soient pratiques ou symboliques, vivent leur vie dans un monde sans merci où s'expriment "best-sellers" conquérants et mèmes récessifs discrètement repliés dans des poches de résistances ...
Faut-il chercher les mèmes dans les cerveaux, les communautés, le mode d'emploi des machines ou les règles de comportement ? Où qu'ils soient, la mémétiques nous apprend beaucoup sur nous-mêmes, le monde et ce que nos vie deviennent.

L'extrait sonore vient de RFI (24.01.2006)

samedi 26 juin 2010

Les 4 Fantasklimts

La Brigade Chimérique
[...]
.. La mosaïque étalée sur la table Hoffman & Moser comportait trois niveaux. En dessous se trouvait une huile sur toile de cent quatre-vingt-un centimètres de long sur soixante-sept de large représentant une femme rousse, nue, de profil, somptueusement enceinte. La femme qui, a vrai dire, ressemblait plutôt à une jeune fille tant elle était gracile, croisait les mains sur le haut de son ventre dans un geste caractéristique de protection. Elle regardait le spectateur avec de grands yeux étonnés ou absents (l'expression de son visage était impénétrable, de toute façon) ; dans ses cheveux d'un orange éblouissant, on pouvait voir une couronne de minuscule fleurs blanches et violet pâle. À l'arrière-plan, massés derrière la future mère, quatre visages surmontant les ébauches de corps étaient visibles. Les trois qui occupaient la partie gauche de la toile incarnaient divers degrés d'inquiétude. L'un était celui d'un monstre difforme ; un autre ressemblait à un masque d'indifférence momifiée ; le troisième n'était pas un visage mais un crâne. Dans le coin supérieur droit, émergeant au-dessus de la crinière rousse de la jeune fille, apparaissait le quatrième visage, celui d'un homme au yeux révulsés, d'une beauté perverse. Le reste de la toile était occupé par des masses verticales où dominait le violet, des draperies peut-être, décorées de filets géométriques entrelacés, de points, de hachures qui produisaient un effet d'ensemble à la fois étrange et doux, presque stellaire. À mi-hauteur du tableau, émergeant du bord gauche, une main mi-humaine, mi-animale, velue et pourvue de griffes, pendait sans force.
.. La splendeur (définitivement superscientifique) défiait toute description.
.. "C'est la première fois qu'un tableau de ce peintre apparaît dans les archives, dit Walter. Gustav Klimt". [...]

SUPERSCIENCE Serge Lehman
(Février 2006) in Bifrost n° 42

La Brigade Chimérique Livre III

Mais d'où viennent les 4 Fantasklimts (alias La Brigade Chimérique) ?

Du tableau intitulé Espoir 1 de Gustav Klimt ?!

Espoir 1

Probablement.


.. Le Vième tome de la série de Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess & Céline Bessonneau La Brigade Chimérique, est sorti, et c'est excellent.  

Une magnifique série !

jeudi 24 juin 2010

Timbré


... Écrit à partir de l'œuvre de Sir Terry Pratchett, Timbré (Going Postal en V.O) est un remarquable téléfilm en deux parties. S'il se déroule dans l'univers du Disque-Monde,  il n'est pas nécessaire de le connaître pour apprécier cette aventure, et j'en parle en connaissance de cause.

 
Car en plus d'être un film qui associe avec bonheur, l'aventure, l'humour, le suspense, le romantisme, Timbré est porté par une brochette d'acteurs tous meilleurs les uns que les autres.

Ainsi, Adora Belle Cherchecœur, une séduisante jeune femme que les turpitudes de la vie n'ont pas épargné voit-elle débarquer en la ville d'Ankh-Morpok le nouveau receveur des Postes. Ce dernier est chargé de remettre à flot ce service public tombé en désuétude depuis l'avènement des clacks, des sortes de sémaphores. Mais le sieur en question, Moite Von Lipwig est là contre son gré....   


La ville d'Ankh-Morpok réserve moultes surprises aux spectateurs que nous sommes, sauf pour ceux qui connaissent ce foisonnant univers bien sûr. 

Or donc on y croise des golems, des loup-garous, des magiciens, des hommes d'affaires retors et machiavéliques et des fantômes. On y pratique le culte d'Offler, le Crocodile Sacré (je vous recommande particulièrement le concept de la saucissidité, hilarant), la pendaison est un art, bref dépaysement garanti et sidération cognitive assurée.


Cependant loin de se reposer sur cet univers extrêmement riche, Timbré est une histoire palpitante et pleine de rebondissements.


Un spectacle haut en couleur, du grand divertissement, pour les petits et les grands.
Un film qui donne furieusement envie de découvrir le monde fabuleux de Sir Terry Pratchett.


mercredi 23 juin 2010

mardi 22 juin 2010

Kung Fu Panda


Hier c'est de l'histoire.
Demain un mystère.
Aujourd'hui c'est un cadeau, c'est pourquoi on l'appelle présent.

.. Kung Fu Panda est aussi un cadeau, un cadeau plein de séductivité et de topissitude comme dirait Po. Un film particulièrement récréatif que je vous recommande, si vous ne l'avez déjà vu. Car dans le cas contraire vous savez déjà tout ça.


Ce qui est cocasse c'est que juste avant de voir ce film hier, je relisais l'essai de Serge Lehman intitulé La légende du Processeur d'Histoire où l'écrivain cite la rencontre de Ron Rosenbaum et de Georges Steiner. La conversation entre les deux hommes porte sur Kafka et Hitler, et Steiner confie une effrayante question qu'il s'est posé et pour laquelle il n'a toujours pas de réponse : une prophétie a-t-elle le pouvoir de s'accomplir elle-même ?


Kung Fu Panda apporte une réponse à cette question, et illustre l'une des maximes de la théorie du chaos. À savoir qu'une plume de canard peut déclencher une tempête à l'autre bout du monde.

lundi 21 juin 2010

Princesse Shane Kuriyami



Cassandra Bell
La vidéo de la chanson est ici.

dimanche 20 juin 2010

La 5ième Dimension

Detective Comics n°267
.. L'un des aspects qui m'a le plus enthousiasmé concernant la reprise de Batman par Grant Morrison est l'intégration par ce dernier du personnage de Bat-Mite dans son projet. Pas Bat-Mite en particulier, mais ce qu'il représente : un personnage invraisemblable, pratiquement impossible à caser dans le filon "réaliste" de la BD super-héroïque qui occupe les pages de la majorité de nos illustrés.
Non seulement Bat-Mite trouve une place dans l'arc de Morrison, mais celui-ci lui octroie un "domaine" dont il sera loisible de le faire sortir, à la convenance de n'importe quel scénariste et ce, dans quasiment n'importe quel contexte.

Detective Comics n° 482
Mais d'où vient Bat-Mite ?

Dans notre monde, c'est un personnage créé par messieurs Finger et Moldoff, et qui est apparu dans les pages de la revue Detective Comics n° 267 (1959).
Denny Colt qui a produit une excellente analyse du run de Morrison  nous en dresse le portrait :

Bat-Mite est le pendant de Mr Mxyztplk, l'elfe de la 5e dimension, ennemi de Superman depuis les années 40. À l'inverse de Mxy, Bat-Mite est un admirateur du héros (Batman) et désire l'aider dans sa mission. L'hilarité s'ensuit. Symbole d'une période pauvre sur le plan créatif, le Bat-Mite va être annoncé dès le deuxième épisode du run de Morrison par le biais de l'exposition de toiles pop et notamment le baquet de peinture qui se déverse. Morrison a en effet dans l'extraordinaire Crisis Time Five (JLA n° 28-31, avril-juillet 1999), expliqué que tous les elfes et créatures mystiques (comme le Thunderbolt de Johnny Thunder, héros du Golden Age) proviennent de la même 5e dimension, dimension dans laquelle nos héros apparaissent en 2D et en couleurs déstructurées (en points).
Animal Man n° 23
Cet effet coïncide avec le jeu habituel chez Morrison de casser le 4e mur et de flouer les frontières entre réalité et fiction. Pour bien appuyer le propos, Bat-Mite explique qu'il est arrivé de l'espace B, dimension où  vivent les extraterrestres qui ont expliqué à Animal man, dans sa série, le secret de la création, à savoir qu'il était un personnage de BD écrit par Morrison.
La 5ième Dimension
Mais où ce trouve cette 5ième dimension ? Cette "quintuple expansion de Zrfff située dans l'espace B", dixit Bat-Mite lui-même.


.. Dans son ouvrage L'Archéologie interdite, Colin Wilson parlant des travaux du psychologue Julian Jaynes et du cerveau bicaméral pointe "que dès le XIXème siècle, on avait découvert que les deux moitiés du cerveau ont des fonctions différentes. La parole dépend de l'hémisphère gauche (...). Le côté droit du cerveau est clairement le siège de la reconnaissance des formes (..). On pourrait dire en résumé que l'hémisphère gauche est un scientifique et le droit un artiste (..). Si vous ôtiez votre calotte crânienne, la partie supérieure de votre cerveau - les hémisphères cérébraux - aurait un peu l'apparence d'une noix avec une sorte de pont reliant les deux cerneaux. Ce pont est un faisceau de nerfs appelé corps calleux (...)."

L'imagination est la 5e dimension
"L'être que l'on appelle soi-même vit dans le côté gauche (pour un droitier) - l'hémisphère qui s"'occupe "du monde réel. celui qui vit dans hémisphère droit est un étranger. (....)"
Colin Wilson cite ainsi l'exemple de Mozart qui "a un jour remarqué que les mélodies lui venaient toujours à l'esprit déjà composées et qu'il n'avait plus qu'a les coucher sur le papier. D'où venaient-elles ? Du côté droit de son cerveau, évidemment, de "l'artiste". Et où allaient-elles ? Dans la moitié gauche de son cerveau, là où vivait Mozart".

Les différents extraits tirés de l'ouvrage de Colin Wilson et les propos de Bat-Mite (Cf. Batman n° 680) corroborent mes propres conclusions. La quintuple expansion de Zrfff se situe dans l'un des deux hémisphères (espace B) du cerveau de Batman : le côté droit.
D'autant que Julian Jaynes précise dans La naissance de la Conscience dans l'Effondrement de l'Esprit que si l'homme bicaméral était doté de la même réactivité que nous, la prise de décision lors de moments de stress était réalisée à l'aide d'une voix empreinte de la sagesse accumulée durant sa vie.


.. En conclusion il appert que la quintuple expansion de Zrfff se situe dans l'un des deux hémisphères de tout être humain (selon sa latéralisation), et que Batman est doté d'un esprit bicaméral (ce qui semble beaucoup plus rare de nos jours). 
Ce qui n'a cependant rien d'étonnant quant on comptabilise le nombre de personnalités  qu'abrite le corps de son alter ego Bruce Wayne.

samedi 19 juin 2010

Confession d'un masque

Notre capacité d'anticipation permet à nos hypothèses de mourir à notre place

Karl Popper
Final Crisis n°6
 .. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la mort est omniprésente durant le run de Grant Morrison sur Batman (et sur Final Crisis).
Il m'a dès lors semblé intéressant de vous proposer un extrait du Hagakure, un ouvrage fondamental (me semble-t-il) de la culture japonaise. Cette somme a été composé oralement au XVIIIe siècle par Jocho Yamamoto et recueillie par son élève Tsuramoto Tashiro.
Je découvris que la Voie du samouraï, c'est la mort. Si tu es tenu de choisir entre la mort et la vie, choisis sans hésiter la mort. Rien n'est plus simple. Rassemble ton courage et agis. À en croire certains, mourir sans avoir accompli sa mission, ce serait mourir en vain. C'est là une contrefaçon de l'étique samouraï, qui trahit l'esprit calculateur des arrogants marchands d'Osaka. Dans une telle situation, il est presque impossible de faire le juste choix. Tous, nous préferons vivre. Rien de plus naturel, donc, dans une situation de ce type, que de chercher une excuse pour survivre. Mais celui qui choisit de continuer à vivre alors qu'il a failli à sa mission, clui-là encourra le mépris qui va aux lâches et aux misérables. Là est le risque. Celui qui meurt en ayant échouer, sa mort sera celle d'un fanatique, une mort vaine. Mais non pas déshonorante. En fait, c'est en une telle mort que consiste la Voie du samouraï. Si l'on veut devenir un parfait samouraï, il est nécessaire de se préparer à la mort matin et soir et jour après jour. Le samouraï qui est constamment préparé à la mort, celui-là a maîtrisé la Voie du samouraï et saura, sans jamais faillir, vouer sa vie au service de son seigneur.
Le Hagakure, Livre I
Précisons que Jocho Yamamoto est mort à soixante et un an. 
Cependant à l'âge de quarante deux ans il voulut se suicider à la mort de son seigneur, mais se heurta à une interdiction de le faire. Il se rasa le crâne et se voua au Bouddha.
Final Crisis n°6
Il serait étonnant que Batman n'ait pas envisagé cette alternative. Car, comme le dit fort justement Yukio Mishima "Qu'importe la façon dont on l'embellit, la mort existe et resserre peu à peu son emprise sur nous."
Pour Mishima, "Si nous plaçons si haut la dignité de la vie, comment ne pas placer aussi haut la dignité de la mort ?"
Toutefois l'écrivain japonais reconnaît que la conception japonaise de la mort "est directe et claire ; elle diffère en cela de la mort effrayante et hideuse que se représentent les occidentaux. Jamais n'a existé dans l'imagination japonaise un dieu de la mort comparable à celui de l'Europe médiévale, le Temps avec sa grande faux. [..] L'image qui a longtemps enrichi l'art japonais n'est pas celle d'une telle mort, rude et sauvage, mais celle d'une mort par-delà laquelle jaillit une source pure qui ruisselle constamment sur notre monde en minces filets purificateurs".
Final Crisis n°6
Les commentaires de Yukio Mishima sont extraits de Le Japon moderne et l'éthique samouraï traduit par Émile Jean. Un livre écrit trois ans avant le propre suicide de l'écrivain :
Tout est fin prêt. Le seppuku est pour le 25 novembre 1970 [..] Mishima reprend pied sur le balcon ; il rouvre la porte-fenêtre, suivi par Morita [..] s'assied par terre [..] et accomplit point par point, avec une parfaite maîtrise, les gestes qu'on lui a vu faire dans le rôle du lieutenant Takeyama. L'atroce douleur fut-elle ce qu'il vait prévu et dont il avait essayé de s'instruire quand il avait mimé la mort ? Il avait demandé à Morita de ne pas le laisser souffrir trop longtemps. Le jeune homme abat son sabre, mais les larmes lui brouillent les yeux et ses mains tremblent. Il ne réussit qu'a infliger au mourant deux ou trois horribles entailles à la nuque et à l'épaule. "Donne !" Furu-Koga prend dextrement le sabre, et d'un seul coup fait ce qu'il faut.
Marguerite Yourcenar, Mishima ou La vision du vide
.. Pour les amateurs, Warren Ellis a emprunté un peu de Yukio Mishima pour son personnage du Maître-Conteur qui apparaît dans Planetary.

Quelques pages sont disponibles iciLe titre de ce billet emprunte bien évidemment à l'un des ouvrages de Yukio Mishima.

jeudi 17 juin 2010

Tiazinha

Suzana Alves est Tiazinha

mercredi 16 juin 2010