Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du 2018

Survivors' Club [L. Beukes / D. Halvorsen / R. Kelly] Vertigo

Pensée a priori sur le long terme (ongoing serie) Survivors' Club ne connaitra en définitive que 9 numéros. Écrite par Lauren Beukes et Dale Halvorsen, sur une idée de départ de ce dernier, cette série, estampillée Vertigo, peut se résumer à : « Que sont devenus les protagonistes survivants des films d'horreur des années 1980 ? ».
C'est en regardant l'un des films de la série Chucky que Dale Halvorsen a commencé à réfléchir à ce qui deviendra finalement Survivors' Club. Rien d'étonnant à ce qu'un des personnages fasse justement penser à la célèbre marionnette.
En fait, chacun des personnages du Survivors' Club est une transposition d'un archétype de film d'horreur. Réunis sur un thème tout aussi connoté, la série prend tout son ampleur à partir du quatrième numéro, et s'émancipe, pour le meilleur, de son pitch liminaire. Lequel n'était pas honteux non plus.
Non pas en le reniant, mais en y apportant ce qui est à mes yeux la touche d'or…

Moxyland [Lauren Beukes / L. Philibert-Caillat]

Paru en France aux éditions des Presses de la Cité en 2014, Moxyland, de Lauren Beukes est néanmoins son premier roman, publié il y a 10 ans en Afrique du sud. Caprices du calendrier, les événements qui y sont relatés se déroulent en 2018. 
En découvrant la prose de l'autrice native de Johannesbourg, notamment avec sa nouvelle Porté disparu [Pour en savoir +], j'avais déjà remarqué son inclination à rendre crédible, très vivant et singulièrement vivide ce dont elle parlait. Alors même qu'elle décrivait, dans ce cas d’espèce, l'incarcération d'une créature .... extraterrestre.
Moxyland, dont j'ai appris que les trois cent douze pages, traduites par Laurent Philibert-Caillat, étaient basées sur une nouvelle intitulée Branded [Pour en savoir +], est tout aussi réussie sur ce plan là. 
Toutefois, ce roman dont le sujet paraîtra sûrement assez commun à quiconque s'intéresse aux différents aspects qui  en constituent la trame, pourvu qu'iel ait une sensibilité d…

Sheriff of Babylon [Tom King / Mitch Gerads] Urban comics

Même si on ne connait pas le scénariste Tom King, la quatrième de couverture du fort volume commercialisé par l'éditeur Urban comics, insiste sur ce point : le scénariste a été un agent de la CIA.  Il est en outre précisé, qu'il « apporte une vision éclairante et américano-décentrée sur le chaos de l'Irak post-Saddam Hussein ».
        Rien d'anodin dans cette énumération, sinon la volonté d'imposer un « effet de réel ». Voire de donner à la maxi-série, Sheriff of Babylon, le vernis d'un documentaire, rapporté par quelqu'un qui y était.  
Sans être tout à fait faux, cette version n'est pas celle que je retiendrai. 
D'abord, et il me semble que quiconque à lu les douze numéros ici compilés pour 28 €, peut s'en rendre compte ; The Sheriff of Babylon est d'abord et avant tout, un polar. Une sorte de Casablanca post-11-Septembre. 

Ensuite, bien que Tom King et le dessinateur Mitch Gerads soient reconnus comme les créateurs de la série (voir infra),

Porté disparu [Lauren Beukes / Luc Kenoufi]

Extrait du cinquième numéro de la revue numérique de science-fiction Angle Mort, je viens de lire Porté disparu une nouvelle de Lauren Beukes, traduite par Luc Kenoufi.
       Tout en ayant déjà entendu parler de cette autrice sud-africaine, c'est en lisant un numéro anniversaire de l'hebdomadaire anglais 2000 AD, où elle y a écrit une courte histoire autour du personnage de Durham Red, que l'idée m'est venue de me pencher plus sérieusement sur son travail.

Et je n'ai pas été déçu. 

Alors même que l'inspiration de Lauren Beukes, pour la nouvelle dont il est question ici, semble reposer sur une infox (fake news), celle dite de « l'expérience de Standford », menée par Philip Zimbardo. 

       Je ne vais pas ici relater ladite expérience (dont on trouve sur l'Internet, moult descriptions), mais pour le dire rapidement, elle a démontré que tout homme, placé dans certaines situations, peut se transformer en monstre. Ou dit autrement par Thibault Le Texier «l’enf…

Necronauts [Gordon Rennie / Frazer Irving] 2000 AD

C'est en lisant une notule critique à propos d'un roman de SF récemment paru, que cette analogie m'est venue. Son auteur écrivait, en substance ; « Malgré une intrigue qui peine à démarrer et une fin un peu abrupte balabla ... ».
Et j'ai eu une sorte de révélation.
Lorsque l'envie de se divertir occupe une part non négligeable d'un moment de lecture, celui-ci ressemble à un voyage en avion. Les deux moments les plus cruciaux en sont le décollage, et bien sûr l’atterrissage. 
Autrement dit, mal commencer une histoire et en louper la fin, augure mal du sentiment que laissera l'histoire en question. À condition qu'un mauvais début donne envie d'aller plus loin. 
Fort heureusement rien de tel avec Necronauts de Gordon Rennie & Frazer Irving.

Comme la couverture de l'hebdomadaire 2000 AD, qui illustre cette entrée le laisse deviner, les 50 pages de cette aventure ont d'abord trouvé refuge dans les pages du magazine anglais. Normal me direz-vous, l…

L'Alignement des équinoxes [Sébastien Raizer]

Vous l'avez sûrement constaté, Maurice G. Dantec n'a pas publié de livres depuis quelques temps. Fort heureusement, pour les amateurs qui ont pris plaisir à lire Les Racines du Mal ou encore Babylon Babies, Sébastien Raizer vient, avec L'Alignement des équinoxes, à la rescousse des lecteurs en manque.
••• Ce roman, d'abord publié à la Série Noire, sous les auspices d'Aurélien Masson, à qui il est par ailleurs dédié, est le premier d'une trilogie, dont la lecture contentera amplement ceux qui ne voudront toutefois pas poursuive l'aventure des tomes suivants.
Néanmoins, le cœur du réacteur qui le propulse, dans lequel on trouve aussi bien Mishima, Philip K.Dick, William S. Burroughs ou encore Robert Anton Wilson, pour ne citer que les plus évidents ; dispose d'une telle puissance diégétique que je ne doute pas le moins du monde que Sagittarius et Minuit à contre-jour, les deux romans qui suivent respectivement L'Alignement des équinoxes, soient tout au…

The Hurricane Heist [Maggie Grace/Toby Kebbell] Rob Cohen

« The Hurricane Heist », tout est dans le titre. Ou presque.

Gommant l’élément de surprise dès l'affiche, le film de Rob Cohen ne s’embarrasse pas plus d'un suspense à la Hitchcock, mais mise clairement sur l'enchaînement du spectaculaire. de l'effet pour lui-même.
Du moins était-ce mon état d'esprit en commençant de regarder ce braquage, dont un ouragan allait être aurait dû être la couverture idéale. 
Cependant, rapidement, The Hurricane Heist, sans pour autant se débarrasser de sa dimension spectaculaire, allait devenir bien plus qu'un énième film catastrophe. Ou qu'un film de casse supplémentaire.

       En effet, en inversant la polarité homme/femme, et pas seulement de manière superficielle, Rob Cohen transforme son blockbuster en manifeste.

Shocking!
Film androgène par excellence, The Hurricane Heist ménage pourtant le rôle principal de l'histoire à Maggie Grace, et donne à Toby Kebbell un rôle qu'on aurait plus volontiers vu incarner par cette der…

Le Père au foyer [James Patterson & Duane Swierczynski]

Des romans de moins de 150 pages, vendus dans les pharmacies, les épiceries, les commerces de proximité ; une approches qui éveillera quelques souvenirs chez les amateurs de bandes dessinées américaines qui ont connu, ne serait-ce que par ouï-dire le « newsstand market », que je viens de décrire. Celui d'avant les magasins spécialisés du « direct market » (comic shop).
C'est le pari que James Patterson fait avec la collection « BookShots ».   
Et ce n'est pas le seul indice qui rattache ce romancier à la bande dessinée mainstream d'outre-Atlantique.

••• Écrits le plus souvent en collaboration, Patterson a même dernièrement épinglé un ex-président des États-Unis à son tableau de chasse, les romans de l'homme au 375 millions d'exemplaires vendus de par le monde, le sont grâce à une technique qui n'est pas sans rappeler celle que Stan Lee utilisait. Ce que chez les employés de la Maison des Idées on appelle la « Marvel Way™ »

En effet, James Patterson fournit à s…

The Veteran [Matthew Hope]

Film d’exploitation dopé à l’adrénaline, et dépourvu de surmoi, The Veteran de Matthew Hope, repose tout entier sur les épaules du charismatique Toby Kebbell. 
Le reste de la distribution, resserré, ne démérite cependant pas.  

••• À partir du point de départ désormais bien connu de l'ex-soldat traumatisé, Matthew Hope, qui par ailleurs ne s'attarde pas trop sur le traumatisme en question, construit sur le papier, et derrière la caméra, un actioner mâtiné d'un soupçon de barbouzerie. 
Bien écrit, selon les standards dont il relève, The Veteran est aussi une honnête réalisation, certes fortement calibrée (sic), mais qui ne joue pas les timorés. Malgré un budget étique dont on voit rapidement les limites.

Il s'autorise même un petit retournement de situation, pas forcément prévisible, et qui ajoute au plaisir qu'on y prend.

•Verdict : Un « Hollywood Night™ » trois étoiles !

Canari [Duane Swierczynski / Sophie Aslanides]

Alors même qu'il écrit des histoires de pure fiction, pas question pour Duane Swierczynski de recopier la même formule à chaque nouveau roman.
••• Canari, paru l'année dernière dans la collection Rivages/Noir, rebat donc une nouvelle fois les cartes. Mais d'une façon cavalière, puisque, pour le coup, Duane Swierczynski, n'a pas hésité à «hacker» l’algorithme créatif sûrement le plus connu de toute l'industrie du divertissement. 
Je veux bien sûr parler de celui sur lequel Christopher Vogler a construit sa réputation, le célèbre « Voyage du héros™ ».

       Lire Canari dans la traduction de Sophie Aslanides, c'est s'apercevoir que tout aussi cadrées que soient les 12 étapes répertoriées par le script doctor américain, une bonne dose de travail est cependant nécessaire pour aboutir à un travail qu'on prendra plaisir à lire. Ou à regarder s'il s'agit d'un film. En effet, ledit « Voyage du héros™ » est un patron reproductible dès qu'il est ques…

Searching [Aneesh Chaganty / Sev Ohanian]

Bluffant, tout simplement.
••• Malgré une approche formelle de la réalisation, qui ne manquera pas d'attirer les commentaires, le cinéaste Aneesh Chaganty n'y sacrifie pas l'intrigue de son film, co-écrite avec Sev Ohanian.
On mesurera d'ailleurs toute l'astuce de l'ultime rebondissement de ce thriller, annoncé, d'une certaine manière, en toutes lettres dans la première partie du métrage.


Searching, dont je salue l'adaptation (ici française, mais j'ai entendu dire que le même soin avait été -logiquement- apporté partout où il a été traduit), est le parfait produit d'une époque gouvernée en grande partie par les réseaux sociaux, et l'univers informatique.

Un film 2.0, au même titre que La Toile [Pour en savoir +] de Sandra Lucbert, est un roman 2.0.

Que son réalisateur et co-auteur, ait travaillé pour la célèbre entreprise de Mont View, n'est sûrement pas étranger à la forme filmique adoptée (edit : pas tout à fait, voir la note en bas de pa…

Mort à tous les étages [Duane Swierczynski / Sophie Aslanides]

Quatrième roman publié par notre auteur du mois, Mort à tous les étages est construit à partir d'une idée malheureusement assez banale, que Duane Swierczynski pousse dans une logique jusqu'au-boutiste. Et aussi délirante soit-elle, qui fonctionne parfaitement tout le temps que prend la lecture de ce roman.
••• SiStephen King a Castle Rock, William Faulkner le comté de Yoknapatawpha, Duane Swierczynski reste fidèle à Philadelphie, où il place une nouvelle fois son intrigue. Très précisément au 1919 Market Street, dans un parallélépipède de 37 étages. 

C'est au 36ème étage de cet immeuble que la Murphy, Knox & Associates a convié ses cadres pour une réunion de travail, un samedi matin. Mais celle-ci ne se déroulera pas comme pouvait s'y attendre David Murphy.  
Le titre original du roman en dit un peu plus sur son contenu.

       En effet, «Severance package» le titre en question, peut se traduire par indemnités de départ, lesquelles vous vous en doutez n'auraient p…