Accéder au contenu principal

Le Père au foyer [James Patterson & Duane Swierczynski]

Des romans de moins de 150 pages, vendus dans les pharmacies, les épiceries, les commerces de proximité ; une approches qui éveillera quelques souvenirs chez les amateurs de bandes dessinées américaines qui ont connu, ne serait-ce que par ouï-dire le « newsstand market », que je viens de décrire. Celui d'avant les magasins spécialisés du « direct market » (comic shop).
C'est le pari que James Patterson fait avec la collection « BookShots ».   
Et ce n'est pas le seul indice qui rattache ce romancier à la bande dessinée mainstream d'outre-Atlantique.

••• Écrits le plus souvent en collaboration, Patterson a même dernièrement épinglé un ex-président des États-Unis à son tableau de chasse, les romans de l'homme au 375 millions d'exemplaires vendus de par le monde, le sont grâce à une technique qui n'est pas sans rappeler celle que Stan Lee utilisait. Ce que chez les employés de la Maison des Idées on appelle la « Marvel Way™ »

En effet, James Patterson fournit à ses collaborateurs des idées, des trames, voire des séquences ou un synopsis, charge à eux de mettre tout cela en récit.
Mais pas n'importe comment.

Courts, moins de 150 pages, et vendus moins de 5 $ ses livres se veulent des concurrents directs des jeux vidéo, des sortes d'épisodes de séries télévisée de poche. Écrits pour des gens qui n'ont pas beaucoup de temps pour lire, mais qui aiment quand même cela. 
Si la publicité, métier qu'il a longtemps exercé, lui a « appris beaucoup sur l'écriture. Comment accrocher les gens, les divertir.» Elle lui a surtout « appris a être un homme à idées. Pour Chaque livre que j'écris » a-t-il déclaré au journaliste David Caviglioli, « j'ai des idées pour trois ou quatre autres. »

Il sait également s'adapter à l'air du temps, comme par exemple féminiser ses personnages principaux, dont Le Père au foyer, écrit en collaboration avec Duane Swierzynski est un bel exemple.

••• Vendu 3,99 euros en numérique Le Père au foyer est un roman de moins de 130 pages, lu très rapidement, dont le rendu, très professionnel, n'est en effet pas plus désagréable que bon nombre d'épisodes de séries télévisées, formatée pour divertir les amateurs du marché de la culture de masse.         
Typiquement le type de roman qui, en restant dans la zone de confort de celui qui l'achète en toute connaissance de cause, lui donne le passe-temps, expression à prendre au pied de la lettre, qu'il est venu chercher.
Je me demande ce qu'a pensé Duane Swierczynski de cette collaboration, lui qui a -justement- travaillé pour l'éditeur de BD américain Marvel ?!

Idéal dans les transports en commun, lorsqu'on ne voudrait pas y être.  

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Killing Joke [USA Magazine n°36]

En septembre 1988, le Joker fait la couverture de « USA Magazine », magazine publié sous la direction de Fershid Bharucha. Cette illustration est, nous dit Brian Bolland « une étude dessinée à Paris (avec des marqueurs en fin de vie, (...)). Le dessinateur italien Tanino Liberatore en a tiré une version peinte (...). »
Dans ce même numéro, en complément de la parution de l'épisode du mois de Killing Joke, alors pré-publié sous le titre de  Souriez, Jean-Paul Jennequin livre un article de  deux pages :
C'est tout pour aujourd'hui ! 
(Tous mes remerciements à Albert.)

Breach [Bob Harras / Marcos Martin]

Brève série de 11 numéros, Breach à l'immense avantage de pourvoir être lue sans connaissances préalables de ce qu'il est plus ou moins convenu d'appeler l'univers DC Comics. Envisagé comme une relance de Captain Atom, un personnage qui a notamment fait partie de l'écurie Charlton et a servi de modèle au Dr Manhattan, le personnage éponyme endossera finalement les atours du nouveau venu. 
Création de Bob Harras et de Marcos Martin, cette pourtant excellente série n'a visiblement pas été très soutenue par l'éditeur et, conséquences inévitables, n'a pas trouvé son lectorat. Je fais d'ailleurs partie de ceux qui sont passés totalement à coté.
Sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, Breach mérite pourtant qu'on lui prête attention. 

       Le premier numéro, de 28 planches (extra-sized) donne d'ailleurs immédiatement le ton.
Plongé directement dans l'action, le lecteur découvre que l'articulation de la série se fera au travers d'un

Le jeu de la damnation [Clive Barker / Jean-Daniel Brèque]

« Rien n'est plus terrifiant que de donner à imaginer quelques abominations tapies derrière une porte, pour ne surtout jamais l'ouvrir, au risque de décevoir le lecteur. Car son imagination sera toujours plus fertile que les terribles images que s'échine à y injecter le conteur ».
Frappé au coin du bon sens, cet évangile de l'horreur dispensé depuis la ville de Providence dans l'État du Rhode Island, en 1979 par William F. Nolan, est cependant devenu obsolète depuis que des auteurs de l'envergure de Clive Barker ont mis un pied dans le genre.
« Le jeu de la damnation », traduit par Jean-Daniel Brèque en est un exemple frappant. Je dirais même que sans « les terribles images » qu'y injecte Clive Barker, ce roman ne serait pas ce qu'il est. 

            En effet le natif de Liverpool s'inspire ici d'un conte populaire bien connu, dont le titre du roman ne fait pas mystère du thème, et qui tient tout entier son intérêt dans l'imagination fertile …