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Articles

Affichage des articles du octobre, 2017

Fantomex MAX** [Andrew Hope/Shawn Crystal]

.... Série dont le charme tient tout entier sur le talent de Shawn Crystal, Fantomex MAX repose sur un scénario - au parcours peu commun - qui souffre d'avoir promis plus qu'il n' a été capable de donner.

.... Personnage crée lors du bref mais roboratif passage de Grant Morrison sur la franchise « X » de l'éditeur Marvel, assisté pour l'occasion du dessinateur Igor Kordey, Fantomex est une déclinaison d'un célèbre couple de criminels d'encre et de papier transalpins. En effet, Diabolik puisque c'est de lui qu'il s'agit, est inséparable de la très séduisante Eva ; à qui Morrison fera subir un lifting dont il a le secret. Tout comme Fantomex qui ne gardera de son illustre modèle que finalement peu de chose.

.... Las ! si Rick Remender lui réservera un rôle important lors de son run sur la série Uncanny X-Force, force (sic) est de constater que ce personnage n'aura pas eu - jusqu'à présent - une carrière à la hauteur de son pedigree. C'es…

Jessica Jones : Alias* [Bendis/Gaydos]

….Le 1er tome de l’intégrale de Jessica Jones : Alias, composé essentiellement de 3 histoires distinctes, tourne pourtant autour d’un seul sujet : l’identité. 

••• - Identité secrète 
••• - Identité volée 
••• - Identité refusée 

Et en lisant attentivement ces histoires il apparaît que leur scénariste, Brian Michael Bendis, n’a finalement que faire de ce sujet pourtant central. 
Pas plus qu’il ne s’embarrasse de rendre crédible les enquêtes que mène son personnage principal : Jessica Jones (créé pour l'occasion)
…. Comment croire, avec la meilleure volonté du monde, qu’un individu tel que celui concerné par l’arc intitulé Le Piège, prenne aussi peu soin de préserver son secret ? 
Bendis, toujours durant ces cinq premiers numéros, parus aux U.S.A mensuellement sous le label Max (qu’il a par ailleurs inauguré avec sa série pour le compte de Marvel) tisse un arrière-plan politique dont il ne fera finalement rien. Dernier coup de Jarnac d’un scénariste bien trop désinvolte à mon goût, mais …

Mindhunter*** [David Fincher] série TV

.... Après un premier épisode à la limite de l'ennui, David Fincher et son équipe réussissent une passionnante série sur les tueurs en série, en en montrant que l'aspect psychologique, et en laissant hors-champ tout ce qui en fait (habituellement) la chair. 
Ce qui n'évacue pas pour autant un sentiment de malaise persistant, grâce à une économie de moyens spectaculaires, inversement proportionnelle aux résultats. Et à un jeu d'acteurs saisissant : bluffant !
Principalement composée de face-à-face, de dialogues, voire de moments introspectifs, MINDHUNTER captive avec une facilité que lui envieront tous les serial killers en herbe.  

L'humour n'est pas totalement absent des dix épisodes que propose la chaîne Netflix - selon un modus operandi bien connu maintenant - notamment au détriment du FBI de l'époque, qui - sûr de lui - traque au cœur même du processus en cours, les écarts de langage de son équipe des sciences comportementales : surréaliste !
Toujours dans…

Au cœur du mal *** [Chelsea Cain]

….Écrire dans la sphère du thriller, et s’y faire remarquer demande un certain savoir-faire. 
Il n’est qu’à voir le nombre d’ouvrages estampillés ainsi qui sort chaque année pour s’en rendre compte. Difficile de faire la différence. 

Au cœur du mal est de ceux-là. 

Si Chelsea Cain s’appuie sur un état d’incertitude angoissant bien dosé ; le moins qu’on puisse attendre d’un roman boxant dans cette catégorie encombrée, elle n’entend pas en réciter la panoplie in extenso sans broncher. 

…. Pour se faire elle design son récit à sa manière, duquel on peut extraire trois éléments significatifs : 
• Le personnage principal n’est pas celui qu’on croit.
• Le « vrai » méchant est déjà à l’ombre.
• Et enfin, la romancière, farouche tenante de la subjectivité, utilise ce biais – bien plus répandu qu’on ne le pense généralement – en tant que ressort dramatique. 
Un point de vue (dans tous les sens du terme) qui, soit dit en passant, est au centre de son (trop) court run sur Mockingbird membre du chep…

Fight Club 2 [FOLIO]

.... Sortie pour le moins étonnante ces jours-ci.

En effet la bande dessinée Fight Club 2 de Chuck Palahniuk & Cameron Stewart publiée dans l'Hexagone par les éditions SUPER 8 l'année dernière, vient de connaître une édition « poche » chez Folio. Traduction de Héloïse Esquié.
Je n'avais pas vu de BD publiées dans ce format depuis la tentative que J'ai Lu avait faite il y a déjà pas mal d'années. Et dont je ne garde pas un excellent souvenir. Là pour le coup c'est très réussi, et les planche de Cameron Stewart (colorisées par Dave Stewart) fonctionnent très bien. 

Il faut dire que l'ouvrage a été plutôt bien pensé en octroyant à chaque page un fond perdu suffisant pour que les planches ne soient pas emprisonnées, en partie, dans la reliure.  

Son format - 145 X 190 cm - et son prix : 8,80 € (25 euros pour la version grand format précédente), achèvent de faire de ce recueil un bel objet, et à un prix imbattable.

Une bien belle idée !

Mockingbird : I Can Explain (***)

….Je suis toujours très curieux de lire de nouveaux scénaristes, même lorsqu’ils apparaissent dans le milieu très formaté & très trop prolixe des deux plus gros éditeurs de la bande dessinée américaine. 

J’attends bien entendu qu’ils y apportent leur propre regard, tout en sachant que les personnages et l’univers dont ils devront s’occuper sont extrêmement contrôlés par les editors. Quand on ne leur demande pas d’être les scribes d’idées qui ne sont pas les leurs, au rythme des crossovers et autres events saisonniers qui ponctuent la sortie (le plus souvent) mensuelle des fascicules (comic books). 

Car travailler pour l’éditeur étasunien Marvel, comme le fit Chelsea Cain, est avant tout un travail de commande (work for hire) ; quand bien même est-on comme elle, une romancière reconnue. 
Or donc Chelsea Cain, s’est vu confier, à sa demande via le scénariste Brian Michael Bendis l’un de ses amis et pilier de la Maison des Idées, l’écriture d’un second violon de l’écurie de ladite maiso…

Pourquoi moi [Chelsea Cain]

....Traduit par Perrine Chambon (titulaire d'un Master dans la discipline), le roman de Chelsea Cain, auteure dont j'ai fait la connaissance via la série Mockingbird [Pour en savoir +], envoie du bois ; grâce à un prologue d'une puissance étonnante. La romancière a réussi à me captiver immédiatement, tout en attisant une sensation de malaise au fur et à mesure que je comprenais la situation dans laquelle étaient plongés les personnages.

Ces quelques pages ont été une telle claque, que les (rares) erreurs liées à la balistique, notamment une phrase au sujet du poids d'une arme pour le moins incongrue, ne sont pas parvenues à entamer mon enthousiasme.

Si le reste du roman apparaîtra plus conventionnel aux aficionados de thrillers, l'élan donné dès le prologue lui ne désarmera pas, tout comme le sentiment de malaise. 
Reste un choix de background pour son héroïne sacrément osé, mais dont le traitement donne une idée du savoir-faire de la romancière. Un sacré pari, qu'…

Mockingbird [C. Cain/J. Jones/R. Rosenberg]

....Si on en croit Chelsea Cain, romancière nouvelle venue dans le monde de la BD américaine, celle-ci voulait donner à son histoire, écrite à l'occasion des 50 ans du S.H.I.E.L.D., une ambiance très seventies.  
Mission réussie ! 

Joëlle Jones & Rachelle Rosenberg, respectivement au dessin et aux couleurs, livrent un travail en tout point admirable, et réussissent le pari d'évoquer le meilleur des années 70.  
Toutefois, tout aussi agréable que soit ce choix, l’intérêt de cette courte aventure est ailleurs.

D'abord dans la personnalité de son héroïne, Bobbi Morse alias Mockingbird, et surtout dans la manière qu'a Chelsea Cain de nous la présenter : avec un humour distancié (qui par ailleurs laisse son empreinte sur la totalité de l'histoire) et sur un ton mezza voce.
Pour autant il n'y a pas d'erreur Bobbi Morse est bien le personnage qui mène la danse. Et le travail de ses deux collaboratrices au dessin est un plus qui fait la différence, en ce qu'elle…

Le Prince des ténèbres [Jour J 29+30]

.... Jean-Pierre Pécau a fait depuis déjà pas mal de temps (et pour mon plus grand plaisir) de l'Histoire son fond de commerce. Ici, associé à Fred Blanchard et Fred Duval, deux chevilles ouvrières du label Série B - de l'éditeur Delcourt - que le talent et le savoir-faire n'ont pas plus épargné, il nous propose un triptyque autour du 11-Septembre, dans le cadre de l'excellente série Jour J (publiée chez ledit éditeur). 15 euros et 50 centimes pièce.
S'appuyant ici sur le destin singulier d'un agent du FBI, John PO'Neill (1952-2001), le trio en charge du scénario livre un récit qui ne m'a pas lâché. 

Si bien évidemment Le Prince des ténèbres est lu en regard des événements qui ont eu lieu en ce jour de septembre 2001, il vaut aussi (et pour moi surtout) grâce à la manière dont tout cela se noue. Ainsi le rôle qu'octroient les scénaristes à Barrack Obama m'a-t-il particulièrement plu, ou encore la scène - que je crois que tout le monde connaît - …

Marshal Bass : Meurtres en famille

....Ce deuxième tome des aventures du marshal Bass, basées sur un personnage historique connu, a comme une forme de slapstick comportementaliste.

Une sorte d'épure qui évite la psychologie : les personnages sont d'abord, surtout et essentiellement des « actes » ; et le scénario est une succession de gags burlesques & violents, comme le cinéma américain en a produit du début du siècle précédent à son presque mitan.

Si j'ai plus apprécié ces « Meurtres en famille » que le précédent intitulé « Black & White » [Pour en savoir +], j'attendais tout autre chose d'un tel matériau de base conjugué par l'imaginaire de Darko Macan.

Kordey, malgré son rendement est au sommet de son art.
 Ce type de récit (dit comportementaliste donc), qui ne s'encombre pas de développer la psychologie de ses personnages au travers de « bulles de pensées » et de récitatifs introspectifs, nécessite un dessin qui fait la part belle au langage corporel ainsi qu'aux expressions des …

Cyborg [Rebirth] John Semper Jr. & Co.

…. Sentiment singulier que celui qui me reste au moment d’écrire sur l’une des séries – nouvellement lancées & en cours de publication – de l’éditeur étasunien de bande dessinée, DC Comics

Alors que Cyborg, le personnage éponyme de ladite série, est un artefact de l’avenir, un objet de science-fiction. Alors que son scénariste, John Semper Jr., insiste sur la question du futur, en utilisant notamment le concept de « singularité ». Alors que cette série est labellisée d’un Rebirth pour le moins programmatique, les 17 numéros (plus le one-shot Rebirth) que je viens de lire (et jusqu’alors parus) ont des reflets persistants de l’Âge de bronze ; une impression de « monde enregistré » pour quiconque a déjà lu des comic books publiés dans l’intervalle du milieu des années 1970 au mitan des années 80. 

Une sorte de futur antérieur dans son mode d’écriture : de longs récitatifs où le héros expose ses états d’âme, et où sont décrites des situations pourtant graphiquement explicites ; avec …

Ex-Libris Jerusalem (dessiné & signé par Alan Moore)

....Ça y est, j'ai reçu mon « black magic book », avec toute sa panoplie, dont un ex-libris dessiné & signé par Moore himself.



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Plutôt onéreux, mais ce n'est pas comme si je faisais ça tous les jours ! 

Blade Runner 2049

....Magnifique papier de deux pages de Serge Kaganski, dans le dernier numéro des Inrockuptibles, sur le nouveau film de Denis Villeneuve.

Y sont cités, Christophe Nolan, J.JAbrams, Alfonso Cuaron, Sarte, Freud (excusez du peu), David Lynch, un épisode de la bible où il est question de Moïse, l'ombre tutélaire de Kubrick, Ridley Scott, Elvis, Sinatra ; mais pas un mot sur Philip K. Dick, pas plus que son nom n'est cité. Il est vrai qu'il n'a pas participé à l’écriture du film.

Bon Sartre non plus.

Opération Copperhead (Jean Harambat & Isabelle Merlet)

....Inspiré en partie par l'autobiographie de l'acteur David Niven, dont les extraits qui ponctuent l'album permettent de se rendre compte que Jean Harambat en a parfaitement capté l'esprit, Opération Copperhead est un petit bijou d'humour. À la fois récit d'espionnage, instantané d'une certaine manière de vivre et page d'histoire, les presque 170 planches se lisent avec gourmandise et le sourire tout du long.  
Le dessin, dont l'apparente simplicité naïveté cache bien son jeu, exprime avec justesse l'état d'esprit des uns et des autres, en quelques cases, à la manière d'un strip de presse Jean Harambat concentre énormément d'informations sur la situation et ses personnages. Paradoxe d'un dessin qu'on pourrait qualifier de « dépouillé ».
En outre, les choix formels de sa mise en récit donne une identité originale à son album. Je ne parlerai pas des couleurs d'Isabelle Merlet, les extraits de l'album qui illustrent mon b…

Fairest (#27-33) Vertigo

Tempête de Fables à la Ferme
....Délaissant un temps la planche à dessin - qui a fait sa renommée - pour sainte Underwood, Mark Buckingham scénarise l'un des meilleurs arcs de Fairest, le spin-off de Fables ; série dont il a été l'artisan (graphique) du succès, avec son compère (et scénariste) Bill Willingham.

Si le recueil se compose des sept derniers numéros (de la série régulière), seuls les six premiers forment un arc à proprement parlé, le septième & dernier épisode, aussi sympathique qu'anecdotique, est centré sur une Boucle d'Or revancharde, et de très mauvais poil.
.... Or donc, le plat de résistance, n'en a fait aucune pour me convaincre du talent de Buckingham côté clavier. Son scénario est malin, écrit avec beaucoup de tendresse pour ses personnages, et très drôle. Il faut dire que la Ferme, avec ses personnages hauts en couleurs est un territoire qui se prête admirablement à la polémique et aux quiproquos.
La force principale de The Clamour for Glamour/

Alan Moore dans Le Monde des livres

.... J'avions interrompu la publication des documents concernant Moore, puisque comme je l'ai expliqué je n'avais plus rien à proposer. Cela étant je suis tombé en lisant Le Monde des Livres, le supplément littéraire du journal vespéral, sur un article de François Angelier (animateur de l'émission Mauvais Genres sur France Culture) sur Alan Moore & Jerusalem.
Lequel avait par ailleurs, à l'occasion de la sortie française de Filles perdues, interviewéAlan Moore dans son émission, entretien dont on peut entendre la seconde partie sur ce blog [Pour en savoir +]

Article extrait du supplément littéraire, que je vous propose ici, non sans vous rappeler que Claro, le traducteur de Jerusalem, écrit lui-même dans ce supplément, tous les jeudis ; et qu'il sera présent à la librairie Charybde le vendredi 6 octobre 2017 (à 19 heures 30), pour une soirée sur ledit roman qu'il a traduit [Pour en savoir +].
On ne peut pas dire qu'Alan Moore entre ...
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Comme…

Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves

Les surfaces planent, les sciences occultent mais la vitamine C

.... Ce n'est pas le moindre des paradoxes que, prenant au pied de la lettre le 1er degré du vocabulaire, Marc-Antoine Mathieu invite ses lecteurs à s'immerger dans un « deuxième degré » d'une rare intensité, au travers du drap troué de la nuit.
Son héros devient tête de lecture d'un monde fait pour lui, patronimiquement parlant, une sorte de quatrième dimension du notre, entre sense of wonder & cognitive estrangement.
.... Manière d'Abott & Queneau du 9ème Art, Marc-Antoine Mathieu fait de sa série, consacrée à JC Acquefacques, un artefact capable de surprendre nos sens et d'irriguer notre imaginaire (comme peu y réussissent), même les plus engourdis.
Pas si courant par les temps qui courent !


(À suivre ....)