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Articles

Affichage des articles du mai, 2019

Chien du Heaume [Justine Niogret]

Alors même que je tiens l'idée de prix littéraires pour particulièrement absurde, je ne peux pas ne pas noter que « Chien du Heaume » a reçu celui du Grand Prix de l'Imaginaire™ dans la catégorie roman, en 2010.
Une récompense sensée couronner un roman de SfFF, et plus précisément ici un roman de fantasy (comme le sous-entend la collection dans laquelle il a été publié). Genre dont Justine Niogret fait un usage si parcimonieux dans son récit, qu'il risque de passer inaperçu. Et dont l'incidence sur celui-ci est proche de zéro.
       Or donc, la déception qui peut se produire à la lecture d'un roman tient souvent (pour ne pas dire toujours) à ce qu'on aurait aimer en lire un autre. Non pas par caprice, mais parce que le roman en question nous y encourage. Et c'est justement le cas de « Chien du Heaume ».

Le prologue est en ce sens un véritable cas d'école.

Particulièrement réussies, ces quatre pages n'ont malheureusement rien à voir avec les 200 qui sui…

Blues Bar [Ace Atkins / Nathalie Mège]

« Blues Bar » est le troisième roman d'une série (de 4) qui a pour protagoniste principal Nick Travers, mais le premier qu'a traduit Nathalie Mège pour les éditions Le Masque
Tout aussi atypique que son créateur, Nick Travers n'est pas un détective privé ordinaire.
C'est en effet un professeur titulaire, dont le champ d'investigation est l'Histoire du Blues ; également ex- joueur professionnel de football (américain) chez les Saints de la Nouvelle-Orléans
Une particularité qu'il partage d'ailleurs avec le romancier à l'origine de ses enquêtes.   
Ace Atkins a en effet joué au poste de defensive end (ailier défensif), sous le maillot n°99, pour l'équipe universitaire des Auburn Tigers, laquelle s'est illustrée en 1993 en terminant le championnat invaincue. Une prouesse qui a valu à l'équipe en question, de faire la couverture de l'hebdomadaire très renommé outre-Atlantique Sport Illustrated.
Diplômé de l'université d'Auburn (AL…

Bon à tuer [Paola Barbato / Anaïs Bouteille-Bakobza]

Paola Barbato, autrice dont j'ai déjà parlée sur ce blog [Pour en savoir +], revient en France avec un troisième roman. Traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bakobza, comme les précédents, celui-ci se déroule en partie dans le monde de l'édition littéraire ; comme son titre français peut d'ailleurs le laisse deviner. 
En effet, « Bon à tuer » n'est pas sans évoquer  le terme technique « bon à tirer », document qui autorise contractuellement l'impression d'un roman, entre autres, une fois toutes les parties concernées d'accord. 
       Ceci étant dit, « Bon à tuer » commence comme une enquête somme toute conventionnelle ; si ce n'est une ambiance de comédie à l'italienne. De celles qui associent la satire, l'ironie et la farce, mais surtout dans lesquelles les opprimés ne sont pas prêts à souffrir en silence. 
« L'imagination est comme un chien de chasse qui sort du brouillard, un canard dans la gueule. On ne sait pas d'où vient le c…

Terminus [Tom Sweterlitsch / Michel Pagel / Aurélien Police]

Prévu pour sortir le 2 mai 2019, Terminus, le roman de Tom Sweterlitsch, commercialisé par le département éditorial  « Albin Michel Imaginaire », était cependant déjà disponible le 24 avril. Rien que de très ordinaire, me direz-vous, pour un roman dont l'intrigue repose, en partie, sur des avenirs potentiels.
Sous une très belle et très inquiétante couverture d'Aurélien Police, laquelle a énormément compté dans l’intérêt qu'a pu éveiller ce roman, et une traduction de Michel Pagel ; Tom Sweterlitsch combine la prémisse d'un «whodunit», autrement dit une enquête romanesque visant à identifier l'auteur d'un crime, au(x) thème(s) du voyage dans le temps.
Une somme de 448 pages vendue 24,90 €, et 12,99 € pour sa version numérique.

       Tom Sweterlitsch démontre un formidable talent dès lors qu'il est question de créer un climat de tension. Son roman est ainsi baigné très tôt d'une aura d'épouvante, qui n'épargne d'ailleurs pas les scènes les plus…

Nous sommes là [Michael Marshall / Benjamin Kuntzer]

Lire Michael Marshall, c'est comme de regarder la littérature de genre au travers d'un spath d'Islande ; cette calcite a en effet la propriété de double réfraction (biréfringence).
Autrement dit, tout objet vu au travers d'un morceau de spath d'Islande produit un décalage de lui-même. 

S'il ne se résume pas uniquement à ça, tout l'art de Michael Marshall tient en ce qu'il est capable de prendre un thème, un archétype, et de lui donner une nouvelle lecture en décalage avec sa nature propre. Ou du moins celle communément reconnue par les lecteurs.

Et à partir de cette relecture, les extrapolations qu'imagine l'auteur tissent un roman parfois disruptif, mais toujours attrayant. 

« Nous sommes là » ne déroge heureusement pas à la démarche créative que j'ai décrite. 
Elle se double ici d'un flou savamment entretenu sur la nature de l'archétype en question, en plus d'une solide ironie romanesque. Laquelle veut que le lecteur en sache un peu…