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Articles

Affichage des articles du octobre, 2019

Une cosmologie de monstres [Shaun Hamill / Benoît Domis]

Outre des protagonistes auxquels on s'attache rapidement, outre une activité professionnelle originale qui occupe en partie les principaux personnages, outre une entée en matière saisissante : « Je me suis mis à collectionner les lettres de suicide de ma sœur Eunice à l’âge de sept ans. », outre une magnifique couverture d'Aurélien Police.
Ce qui m'a vraiment captivé, c'est la candeur, la quasi naïveté presque, de l’élément qui fait de « Une cosmologie de monstres» un roman Fantastique.
Et non pas seulement l'attachante autopsie d'une famille sur un peu plus de trois décennie, qu'elle est aussi. 
            Si une fois plongé dedans, la brièveté du roman joue de toute façon pour lui (un peu plus de 400 pages), je ne vous cache pas que l'apparition de l’élément Fantastique (dont je ne peux rien dire) m'a sérieusement fichu la frousse.
Comment en effet Shaun Hamill allait-il s'en sortir en s'acharnant à garder le truc le plus incroyable de son r…

Comment je suis devenu super-héros, entretien avec Gérald Bronner

« Paris 2020. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand.
Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique… ».
            Programmé pour une sortie en salle le 14 octobre 2020, le film de Douglas Attal est l'adaptation d'un roman de Gérald Bronner paru en 2007.
Un roman que j'avais lu à sa sortie, et beaucoup apprécié. Au point de contacter l'auteur, qui si je m'en souviens bien, signait à l'époque au salon du Livre sur la place™ à Nancy.

Très gentiment il avait accepté de répondre à quelques questions par courriel. Un entretien publié à l'époque sur le site SUPERPOUVOIR.Com©. 

Si ma critique du livre a disparu dans crash…

Le jeu de la damnation [Clive Barker / Jean-Daniel Brèque]

« Rien n'est plus terrifiant que de donner à imaginer quelques abominations tapies derrière une porte, pour ne surtout jamais l'ouvrir, au risque de décevoir le lecteur. Car son imagination sera toujours plus fertile que les terribles images que s'échine à y injecter le conteur ».
Frappé au coin du bon sens, cet évangile de l'horreur dispensé depuis la ville de Providence dans l'État du Rhode Island, en 1979 par William F. Nolan, est cependant devenu obsolète depuis que des auteurs de l'envergure de Clive Barker ont mis un pied dans le genre.
« Le jeu de la damnation », traduit par Jean-Daniel Brèque en est un exemple frappant. Je dirais même que sans « les terribles images » qu'y injecte Clive Barker, ce roman ne serait pas ce qu'il est. 

            En effet le natif de Liverpool s'inspire ici d'un conte populaire bien connu, dont le titre du roman ne fait pas mystère du thème, et qui tient tout entier son intérêt dans l'imagination fertile …

Watchmen, la série télévisée

Manifestement Damon Lindelof n'a pas fait sienne la maxime hollywoodienne bien connue : « Si vous avez un message à envoyer, utilisez Western Union© ». 
Dans une lettre ouverte, probablement destinée à prévenir les réactions négatives des fans les plus dévots de la maxi-série de bande dessinée publiée par DC Comics™ entre 1986 et 1987, le créateur de la série télévisée écrivait :    « Ces numéros sont un terrain sacré et ils ne seront ni repensés, ni recréés, ni reproduits, ni rebootés. Ils seront toutefois remixés.». Lindelof précisait également qu'il ne s'agirait pas d'une suite. Mais plutôt d'un « Nouveau Testament » là où Watchmen, la bande dessinée original, en serait « l'Ancien Testament ».
            Toutefois, l’impression tenace qui me reste après en avoir regardé le premier épisode a surtout la forme d’une question (sic). 
Pourquoi Damon Lindelof a-t-il tant tenu à raccrocher son propre projet à la bande dessinée d’Alan Moore et de Dave Gibbons ? 

Al…

Ms. Marvel alias Kamala Khan

On l'oublie peut-être un peu aujourd'hui, mais la dernière tentative de Marvel d'entrer sur le marché des super-héros a été une rupture quant à ce qui se faisait alors.
Notamment en faisant un super-héros à part entière de ce qui aurait sûrement été chez la Distinguée Concurrence d'alors, un nouveau « sidekick ».
Un peu plus de cinquante plus tard, Gwendolyn Willow Wilson n'a pas oublié la leçon, et c'est sur les traces (symboliques) de Spider-Man que se lance, en 2014, la toute jeune Kamala Khan
Un personnage qui ne doit pas seulement d'avoir été une simple idée dans l'imagination de l'editorSana Amanat. Du moins si on s'en refaire de ce qu'on connaît de la biographie de l'employée de la Maison des Idées™ : enfant d'un couple d'immigrés Pakistanais, demeurant dans une banlieue du New Jersey à forte majorité occidentale. 
Sur cette base quasi autobiographique, le scénario a été confié à G. Willow Wilson, qui a, d'une certaine m…

Batman, Knight of Vengeance [Azzarello / Risso]

Le Principe de continuité™, rendu possible dans la bande dessinée américaine car les éditeurs sont (encore majoritairement) propriétaires des personnages et des histoires qu'ils publient, est un artifice qui oblige chaque fascicule de BD d'un éditeur à être l'un des (plus ou moins) nombreux chapitres de la grande histoire de l'univers qui y est raconté.
À condition que ledit éditeur souscrive au principe en question.

       Ainsi le DCU, ou Univers de l'éditeur DC Comics, est-il gouverné par ce Principe de continuité™. 
Ce qui veut dire que si la famille Wayne sort d'avoir vu le Zorro de Douglas Fairbanks avant de rencontrer Joe Chill dans le « Batman » n°1, dix ans plus tard dans le numéro 120 du comic book en question, ce sera encore le cas. Sauf si une « Crise » a remis les compteurs à zéro. 

Mais cela veut aussi dire que si Gotham est victime d'une quelconque épidémie dans le dix-septième numéro de ladite revue, et que dans le comic book « Superman » du mê…

Killing Joke [USA Magazine n°36]

En septembre 1988, le Joker fait la couverture de « USA Magazine », magazine publié sous la direction de Fershid Bharucha. Cette illustration est, nous dit Brian Bolland « une étude dessinée à Paris (avec des marqueurs en fin de vie, (...)). Le dessinateur italien Tanino Liberatore en a tiré une version peinte (...). »
Dans ce même numéro, en complément de la parution de l'épisode du mois de Killing Joke, alors pré-publié sous le titre de  Souriez, Jean-Paul Jennequin livre un article de  deux pages :
C'est tout pour aujourd'hui ! 
(Tous mes remerciements à Albert.)

L'Homme qui rit [Brubaker / Mahnke / Touboul]

« L'Homme qui rit » la bande dessinée d'Ed Brubaker et Doug Mahnke est une lecture qui s'apprécie d'autant plus que l'on a lu, avant, « Batman : Année Un », de Frank Miller & David Mazzucchelli.
Le scénariste,Ed Brubaker a souvent déclaré, au travers de son travail, un intérêt manifeste pour les « romans noirs»  ou les films de la même espèce. 
« L'Homme qui rit », récit de 64 pages, n'y échappe pas.

       Ainsi a-t-il décidé d'utiliser une voix hors champ pour deux de ses protagonistes principaux : Batman et Jim Gordon.
En effet, dès qu'entre en scène Bruce Wayne la voix off fait subtilement le distinguo entre le vigilante gothamite et le riche capitaine d'industrie. Voir le premier récitatif infra, qui prend fait et cause pour la personnalité dominante :
La voix hors champ donc, plus communément appelée voix off, qui permet une focalisation interne, est un des marqueurs les plus prégnants du film noir. En un mot, un stéréotype.

En effet, jusqu&…