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Mélanges de sangs [Roger Smith / Mireille Vignol]

« Il faut choper le lecteur par les couilles dès le premier chapitre », estime James Ellroy ; Roger Smith n'agit pas autrement dans ses propres romans noirs
             Mélanges de sangs, son premier, est à la littérature ce que la guerre était pour Carl von Clausewitz ; la continuation de la politique par d'autres moyens.  
Roger Smith ne dit d'ailleurs pas autre chose lorsque dans un entretien il estime que « le roman policier ne peut se contenter d'être un divertissement » dans un pays - l'Afrique du Sud - où la criminalité faisait en 2011 de Le Cap, la ville la plus dangereuse du monde.
En tout cas ce dernier dresse un terrifiant portrait des Cap flats, l'immense ghetto à l'est de la Mother City, un endroit que l'auteur connait bien puisque en plus d'y être allé, son épouse en est originaire. 

Mélange subtil et terrifiant de faits divers, d'individus réels, de politique et d'imagination ; Mélanges de sangs est un roman saisissant.
300 pages écrites les dents serrées, dans lesquelles tout peut arriver.  Et surtout le pire !

Il n'est pas question en effet chez Roger Smith de voir comment la moralité d'un personnage central va se maintenir, dès lors qu'il est question de vie ou de mort.
Ne comptez pas non plus sur une épiphanie éthique de dernière minute.
La prose de Roger Smith, ici traduite par Mireille Vignol, a cette aérodynamique narrative qui configure les évènements et les rend crédibles et vraisemblables. 

Un roman qui souffle le show et l'effroi !

  

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