dimanche 31 mars 2013

Clem Sohn alias The Batman

... L'entre-deux-guerres a vu la naissance d'une nouvelle race d'hommes (et de femmes) celle des casse-cou aériens. 
Dés la fin des années 20 et jusqu'au milieu des années 40 un public nombreux se presse aux nombreux meetings aériens qui apparaissent sur le sol étasunien, il se rassemble souvent prés des granges de fermes. D'où le terme de barnstorming utilisé ce genre de spectacle - Barns désigne une grange, et strom est le mot anglais pour tempête ou tornade - qui rassemble ce qu'il convient d'appeler des numéros de cirque volant (flying circus). 

Être remorqué par un avion, traverser sur les ailes d'un avion en vol ou encore sauter en parachute procure au public les sensations fortes qu'il est venu chercher.
Cependant le parachutisme qui n'est alors ni un sport , encore moins une arme va peu à peu devenir moins captivant au fur et à mesure qu'il devient plus sûr. 
En effet une partie de l’intérêt suscité par les cirques volants tient au risque que prennent ces acrobates, un risque mortel.
Cette désaffection du public pour le parachutisme et probablement la volonté de se singulariser va donner à un jeune homme une idée, celle de devenir un homme-oiseaux (voire un homme-chauve-souris).

Un article paru dans le Modern Mechanix de mai 1935
Originaire du Michigan, Clem Sohn fit son premier saut en parachute à l'âge de 18 ans. 
Dire qu'il est un pionnier au sein de la confrérie des hommes-volants n'est pas une figure de style : c'est sur la machine à coudre de sa mère qu'il fabrique son premier jeu d'ailes de toile repliables raidies par des tringle de fer léger.
Il effectue son premier saut ainsi équipé en mars 1935 à Daytona Beach devant 100 000, il a 25 ans.
À partir de ce saut sa notoriété devient énorme, durant l'été de cette même année il participe à la Foire de Iona dans le Michigan au cours de laquelle il réalise un saut de bat wing chaque après-midi, à 100 $ le saut. Avec plus de 155 000 entrées lors de cette foire on comprend mieux la notoriété de Clem Sohn.

Il participera également à des meetings en Europe.
À Hanworth en 1937 
C'est d'ailleurs sur le vieux continent que le 25 avril 1937 Clem Sohn trouvera la mort lors du festival aérien de Vincennes

L'aviateur Marcel Doret relate sa courte rencontre avec Clem Sohn lors du meeting de Vincennes : "[..] c'est ainsi que je fis la connaissance du fameux "homme-oiseaux" Clem Sohn, venu spécialement d'Amérique pour faire sa fameuse démonstration à Paris. J'ai rarement rencontré un américain aussi simple, aussi sympathique. Il sut nous conquérir par sa spontanéité et sa gentillesse. Ceci explique combien nous fûmes atterrés quand, en fin de meeting, nous le vîmes s'écraser sous mes yeux horrifiés du public. 
Il avait sauté d'une hauteur de 2800 mètres du Farman 190 que pilotait Poirier. Le début de sa démonstration prouva qu'effectivement, ses ailes lui permettaient d'effectuer des virages au cours d'une descente qui n'en restait pas moins assez rapide [..]   
in Les Hommes volants : Un précurseur Léo Valentin de Claude Perrin - Nouvelles Editions Latines 

De nombreux articles de journaux relateront son décès :
The Evening Independant du 26/04/1937
Il y apparaît souvent sous le surnom de batman (ou de birdman), ce qui m'a fait dire que je ne serais pas étonné d'apprendre que d'une manière ou d'une autre il a pu influencer Bill Finger et Bob Kane, surtout avec cette tenue, et compte tenu de sa notoriété (voir par exemple l'article dans Modern Mechanix).  

Surtout quand on connait la manière dont Bill Finger travaillait. Bill Finger est le co-créateur de Batman mais j'y reviendrai plus en détail ultérieurement.    

Si Clem Sohn meurt en 1937, son rêve lui survivra au travers de gens tel que Léo Valentin, Patrick de Gayardon ou plus récemment Yves Rossi ..
Yves Rossi
Sans oublier un personnage tel que Rocketeer, qui semble l'extrapolation super-héroïque d'hommes comme Clem Sohn. Il suffit de voir dans quel milieu se déroule sa première aventure pour ne pas en douter.
Tous mes remerciements à Francis Heilmann pour ses articles sur les hommes-volants paru dans la magazine Paramag.

mercredi 27 mars 2013

lundi 25 mars 2013

Captain Midnight

Clem Sohn
... J'ai depuis longtemps un faible pour les justiciers des années 30 ; issus ou inspirés des pulps tels que Doc Savage pour le premier cas, ou bien Johnson le Homard pour le second.
Voire nés à la radio comme The Shadow ou, dans le cas présent Captain Midnight
Victor Ibáñez
L'éditeur Dark Horse a eu la très bonne idée de faire revenir dans les pages de son anthologie - Dark Horse Presents - ce personnage, qu'il a confié à Josh Williamson (que je ne connais pas) et au très talentueux Victor Ibáñez.
En trois livraisons et pour un total de 25 pages les deux compères captivent aisément le lecteur qui aura eu la bonne idée de s'intéresser à ce retour grâce notamment à la magnifique couverture du 18ème numéro due à Steve Rude.

Or donc, fort de cette première impression (et en attendant la suite des aventures du Captain Midnight promise dans un prochain Free Comic Book Day) je me suis jeté sur la mini-série 2 Past Midnight où notre héros partage l'affiche avec The Ghost et X ; deux personnages eux aussi ressuscités mais du plus récent Comic's Greatest World la tentative des années 90 de l'éditeur Dark Horse dans le milieu des super-héros pur sucre.
Si Edouardo Francisco offre de magnifiques planches, le scénario de Duane Swierczynski semble quant à lui être assez convenu pour ne pas dire soporifique. 
Cela n'augure rien de bon pour la suite des événements.

Pour en revenir à Captain Midnight je n'ai pu m'empêcher de trouver à son costume comme un air non pas de navaja mais d'hommes-oiseaux de la "grande époque" celle des pionniers : Léo Valentin l'inventeur de la célèbre position "valentin" et dont le livre dans son édition de la bibliothèque verte m'a probablement influencé dans mon désir de faire du parachutisme, ou encore Clem Sohn surnommé The Batman.
Clem Sohn dont certaines tenues ne sont pas loin de celle du Batman créé par Bob Kane & Bill Finger ...
Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'une partie de l'inspiration du plus célèbre détective de Gotham vienne de Clem Sohn, ce dont s'est probablement douté Grant Morrison en créant Batwing.