samedi 29 juin 2013

Et vint l'âge du silicium ..

Je n'explique rien. J'explore.
Marshall McLuhan
(À suivre .....)

jeudi 20 juin 2013

Panther's Rage

En voici un nouvel exemple.
La seul raison d'être d'un être, c'est d'être.
Henri Laborit

L'espèce humaine tout comme les cellules, les organismes, les classes sociales se régulent dans le seul but de permettre leur propre survie. Chaque niveau d'organisation : cellules, organismes vivants, éditeurs est un système régulé qui devient par la force des choses - c'est-à-dire l'information (ici entendue comme le contenu de ce qui est échangé avec le monde extérieur d'un niveau d'organisation donné) - un servomécanisme. Autrement dit une commande qui intervient sur la boucle de rétroaction pour en modifier la valeur.

Henri Laborit : pour quoi vous dire (1996)
Chaque niveau d'organisation constitue les éléments de l'ensemble qui l'englobe. On peut aller ainsi de l'atome à l'espèce humaine. Or chaque niveau d'organisation présente un fonctionnement qui dépend du niveau qui l'englobe, et le fonctionnement de chacun d'eux concourt au fonctionnement de cet ensemble. 
En retour le fonctionnement de l'ensemble, s'il maintien harmonieusement la structure de cet ensemble, protégera la structure de tous les autres niveaux d'organisation englobés.   
L'Inattendu n°1
La grille de lecture proposée ici par Henri Laborit permet de mieux comprendre l'émergence des comic books dit relevant, et pourquoi une série comme Black Panther voit le jour, ou du moins occupe la place principale d'une revue à un moment donné
Encore faut-il savoir que l'occupation de l'espace (fut-il celui du rayonnage des épiceries ou des librairies) n'est fait que pour en tirer profit. Le profit étant la base, le moyen de dominer les autres, et de maintenir sa structure.
Ainsi Henri Laborit explique-t-il que des individus qui se trouvent sur un même territoire qui contient un certains nombre de gratifications (personnes, objets) vont s'affronter pour les obtenir.  
Car précise-t-il, nous ne sommes que recherche de la satisfaction, de la récompense et du plaisir.
Précision supplémentaire, le professeur Laborit affirme que la notion (et non pas l'instinct) de propriété est la source de la guerre et qu'il est le fruit d'un apprentissage. 
Une guerre (économique) que livre Marvel à son principal rival et Distingué Concurrent, et une guerre plus conventionnelle (mais bien plus extra-ordinaire) que livrera T'Challa face à Killmonger, l’usurpateur. 
Si le retour de T'Challa dans son royaume le met face à des ennemis : ceux qui vous haïssent et veulent vous tuer, et à des adversaires : ceux qui vous aiment et veulent vous transformer ; ce retour met également au jour un tiraillement, incarné entre sa petite amie Américaine et les membres de sa suite, ainsi que par les gens du peuple.

En 1803 Jefferson, le président des Etats-unis d'Amérique inaugure l'aventure impériale de son pays en achetant la Louisiane. Mais ce que ne savent pas les Américains, c'est qu'à l'embouchure du Mississippi s'est développée une ville pour le moins bigarrée : New Orleans.
Mélange de culture française et espagnole, la vile est peuplée d'Indiens, de Français, d'Espagnols, d'Allemands, d'Acadiens et d'esclaves Africains. 
Ces derniers jouissaient d'une liberté bien plus grande avant l'achat qu'ils n'en auront pendant bien longtemps sous le régime américain. Ils avaient notamment le droit de se réunir le dimanche pour le marché et pour le culte. Entre le XVIIIe et les années 1840 la place Congo à la Nouvelle-Orléans va inventer une culture afro-américaine unique qui donnera naissance au jazz, mais aussi au funk et même au rock' n' roll.
L'une des caractéristiques des musiques du jazz est d'avoir accompli un processus syncrétique (des éléments africains résiduels pratiqués dans un nouveau milieu) mais une autre caractéristiques est que cette musique est aussi le résultat d'un traumatisme : la déportation et l'esclavage. 
En cela les musiques du jazz expriment "des tensions non résolues et des blessures non refermées" (Free jazz Black power - 1971 - P. Carles & J-L Comolli). Si depuis 1964 la ségrégation a été bannie, il n'en demeure pas moins que le Mouvement des droits civiques à largement occupé le devant de la scène politique durant les sixties, et les mouvements de protestation ont pris une ampleur dans certains cas révolutionnaire voire insurrectionnelle.
Sans parler de ségrégation, le super-héros Noir au début des années 70 est un personnage plutôt rare (et ne parlons pas des Amérindiens). Sauf dans les pages d'Action Jungle où tout le casting est composé de personnages Noirs.
Coal Tiger par Jack Kirby
Alors même si T'Challa n'est pas un Afro-Américain, mais bien un souverain Africain, il est le fruit du déterminisme de son auteur Don McGreggor (l'homme est un tout indissociable de son milieu) et donc forcément de l'époque durant laquelle ses aventures voient le jour : le début des années 70 (ainsi peut-on voir brièvement au cours d'un épisode T'Challa dans une tenue qui rappelle celle d'Isaac Hayes au concert de Wattstax) ; ce n'est pas un hasard si j'ai cité l'ouvrage Free jazz Black power paru au début des années 70. 
Mais rassurez-vous, Black Panther n'est pas le seul personnage dans ce cas que l'on voit apparaître au cours des douze numéros que dure Panther' Rage, et heureusement en un sens car comme on le sait l'action naît du conflit des personnages et de l'évolution de leurs intérêts ou de leurs désirs, et dés lors on ne peut être que confiant sur le contenu de cette histoire qui de fait ne laissera apparaître aucun temps mort (contrairement aux personnages qui peuvent passer de vie à trépas car : "Tous les espoirs sont permis à l'homme même celui de disparaître", comme le disait fort justement Jean Rostand). 
Ceci dit T'Challa aurait pu agir de façon analogique plutôt que digitale, mais il est comme son scénariste (et comme chacun d'entre nous) déterminé par sa niche sociale (dans son cas, souverain d'un Etat, héritage, super-héros, etc..), et tout comme nous il finit tout aussi absurdement par dépendre de choses qui dépendent de lui.
Les deux cases (ci-dessus) extraites de la version française (L'Inattendu n°1, 1975) de Panther's Rage donnent un bon aperçu de ce qui attend T'Challa. L'aventure concoctée par Don McGregor (qui était à l'époque relecteur chez Marvel après un passage chez Warren Publishing) à été réalisé dans la perspective d'en faire un graphic novel (c'est-à-dire l'équivalent d'un album franco-belge ; ce qu'il fera par exemple avec Sabre en 1978 chez Eclipse Comics). Concrètement cela veut dire que les 12 numéros que dure cette aventure, même s'ils ont paru en livraison bimestriel, ne font qu'un. 
Le point de départ (Jungle Action #6) de cette aventure est le retour du souverain Africain chez lui, au Wakanda (une volonté éditoriale) après quelque temps passé aux U.S.A.
Don McGregor a d'abord envisagé de terminer chaque épisode par un cliffhanger, il avait dans l'idée de concevoir Panther' Rage comme un serial de la Republic mais une parution tous les deux mois ne convenait pas pour ce genre de dispositif scénaristique. 
Par contre cette parution bimestrielle a contraint l'auteur à ne laisser aucun des personnages absent de la scène, afin qu'on ne les oublie pas, ce qui a pour résultat de donner une belle épaisseur psychologique à chacun d'entre eux, puisque le scénariste devait inventer des relations entre eux pour qu'ils aient une bonne raison de se trouver là où il les mettait.
Billy Graham
Plusieurs artistes vont se succéder sur le titre durant cette première aventure (Action Jungle #06 à #17) : Gil Kane (principalement aux couvertures), Rick Buckler, Klaus Janson (à l'encrage), mais c'est avec Billy Graham que le dessin acquière une dimension particulière, surtout lorsqu'il est encré par Dan Green.
Il devient ruptile (terme de botanique qui signifie expansion d'un organisme qui explose sous la pression de sa propre énergie).
Et si la tendance dure des scénarios actuels est de favoriser l’ellipse et la décompression, avec Don McGregor il n'est est rien : les récitatifs sont omniprésents et abondants mais jamais redondants, ce qui pourra surprendre un jeune lecteur du XXIe siècle.[-_ô]   
Comme on peut le voir sur cette superbe couverture de Gil Kane La Panthère Noire ne s'ennuie pas, et nous non plus. 
Reste que le titre ne fait pas d'étincelles en terme de vente à l'époque, même s'il touche un lectorat plus âgé que la moyenne des parutions de l'éditeur, en l’occurrence ici, celui des colleges (Cf. Comic Book Artist #6) se souviendra Don McGregor.

Alors si vous voulez savoir comment T'Challa aka Black Panther composera avec le déterminisme qui est le sien, et s'il arrivera à être quelqu'un à partir de ce que les autres ont voulu faire de lui (notre lot à tous) ; il ne vous reste plus qu'à lire ces douze numéros sans tarder.
Et si vous voulez simplement passer un bon moment et voir Don McGregor peindre un nouveau tableau avec des tubes de peinture que l'on est loin d'avoir vidés même si Homère les utilisait déjà, cette aventure est aussi faite pour vous.

mercredi 19 juin 2013

La compétition selon Henri Laborit

Aujourd'hui je vous propose un entretien qu'Henri Laborit a accordé au magazine Sport et Vie en 1994 ; il y est question de compétition mais pas seulement. C'est un bon complément à l'entretien de 1972 mis en ligne hier qui permet de mieux appréhender sa philosophie.



mardi 18 juin 2013

Henri Laborit (Radioscopie 1972)

La proposition du jour : (ré)écouter Henri Laborit quelqu'un dont la pensée me parle et vers qui j'aime bien retourner assez régulièrement.
L'émission proposée est une Radioscopie animée par Jacques Chancel. Henri Laborit y est invité (1972) pour son livre L'Homme et la ville, mais le sujet déborde largement ce cadre.





dimanche 16 juin 2013

L'Histoire de l'Univers MARVEL (07)

Dernier volet de l'histoire de l'univers Marvel dans le cadre de la série d'articles écrite par Jean-Paul Jennequin paru dans la revue Avengers en 97-98.
La qualité des scannes est assez moyenne, j'en suis désolé mais il faudra vous en contenter pour l'instant.
(Fin ?)

samedi 15 juin 2013

L'Histoire de l'Univers MARVEL (06)

Sixième et avant-dernier article de la série consacrée à l'éditeur étasunien Marvel par Jean-Paul Jennequin.

mercredi 12 juin 2013

L'Histoire de l'Univers MARVEL (03)

Troisième volet de L'Histoire de l'Univers Marvel écrit en 1997 par Jean-Paul Jennequin pour Marvel France

lundi 10 juin 2013

Histoire de l'univers MARVEL (01)

Je vous propose de découvrir (ou de redécouvrir) l'univers Marvel au travers d'une série d'articles paru en 1997 dans la revue Avengers publiée par MARVEL FRANCE (Une division de PANINI). Cette série d'article a été écrite par Jean-Paul Jennequin fin connaisseur de bande dessinée et par ailleurs traducteur (d'Alan Moore par exemple).
Jean-Paul Jennequin a notamment écrit il y a quelques années (2002) le premier tome (resté sans suite) d'une Histoire du Comic Book chez VERTIGE GRAPHIC. Je recommande à tous les amateurs de bande dessinée de se procurer cet essai qui allie à la fois la clarté du propos et le plaisir de la forme.
Vous pouvez vous faire une idée en allant ici où sont reproduites quelques pages cet excellent ouvrage.

Ceci étant dit voici le premier chapitre de L'Histoire de l'Univers Marvel ....

vendredi 7 juin 2013

Diablo ou le trickster


Ce n’est pas ce que vous regardez qui est important mais ce que vous voyez. 

Henry David Thoreau

Lorsque j'ai découvert les Mystérieux X-Men dans la revue française Spécial Strange, Diablo (aka Nightcrawler) a tout de suite été mon personnage favori ; et il me semble qu'il a aussi été celui de son créateur Dave Cockrum (1943-2006).
J'aimais bien cette dichotomie entre son apparence (forcément diabolique) et sa joie de vivre. Las, l'arrivée de John Byrne sur le titre signera la passage au second plan du ressortissant Allemand de l'équipe au profit de Serval (alias Wolverine) le Canadien, vous vous souvenez que cette équipe est internationale, n'est-ce pas ! 
Est-ce du fait que Byrne a été élevé en partie au Canada ?

Le mème est à la civilisation ce que le gène est à l'évolution. C'est un élément de code culturel, cognitif, symbolique ou pratique, soumis à la sélection naturelle.
Disons pour simplifier que le mème est une idée qui à l'instar de l’œuf de Samuel Butler utilise la poule pour se dupliquer ; le mème lui se sert de nous pour le faire.  

En tout cas ces nouveaux X-Men sont devenus extrêmement populaires (au point que l'on peut parler de X-mème à leur propos ; le gène X inondant la Terre 616 tel une véritable pandémie), et Serval un personnage majeur de l'écurie Marvel.  
Un des aspects qui m'enchantait le plus et qui continue de m'enchanter est sans conteste son design, il est remarquable. Dave Cockrum était sans coup férir un formidable concepteur de costume en plus d'être un talentueux dessinateur.  
Ceci étant, saviez-vous que Diablo n'a pas été créé pour la série X-Men ?


Au début des années 70 Dave Cockrum travaille sur la série Superboy and The Legion of Super-Heroes ; cette série vivote en fin de volume, les back up (des bandes de compléments) de la revue consacrée aux aventures du jeune Kryptonien Superboy.
Après avoir pris ses marques sur la série, Cockrum redessine les costumes de certains membres et en invente de nouveaux, rénove les vaisseaux spatiaux, les bâtiments ou encore les créatures extraterrestres de la série. 
Dans un entretien avec Peter Sanderson (X-Men Companion I - 1982) Dave explique :
"Quand je suis devenu professionnel et que je travaillais sur la Legion of The Super-Heroes j'ai proposé quatre nouveaux Légionnaires, dont Diablo / Nightcrawler, mais Murray Boltinoff (l'editor : un poste qui est le croisement d'un directeur artistique et d'un rédacteur-en-chef, approximativement) a trouvé qu'il avait une allure trop bizarre."

Sur les quatre personnages proposés donc, Starfire l'un d'entre eux est retenu ; il deviendra Wildfire. Les deux autres sont Quetzal et Typhoon.
Après cette première déconvenue Dave Cockrum propose de faire une série dérivée (spin-off) de la Legion : The Outsiders. Une équipe dont les membres seraient Typhoon, Quetzal, Power Boy, Reflecto, Trio et Baalshazzar un extraterrestre sauvage que l'on connait actuellement sous le nom de Diablo, oui celui des X-Men mais avec un costume de couleur or.
Cette idée n'est pas plus retenue que la précédente, elle n'est pas toutefois perdue. 
Extrait d'une ITW de Futurians (2001) SEMIC
Source
Nous sommes alors à la veille du départ de Dave Cockrum pour Marvel.

jeudi 6 juin 2013

Le geek : une définition

Le geek n'a pas toujours été ce représentant de la culture populaire, cet adulescent amateur d'art modeste que l'on identifie aujourd'hui sous ce vocable.
C'est en tout cas ce qu'explique Tom Wolfe, un romancier américain, créateur du Nouveau journalisme, qui a passé une partie de son enfance dans le Sud des Etats-Unis.

 (Extrait de l'émission Le Grand Entretien consacrée à cet auteur)

C'est exactement sous l'aspect décrit par Tom Wolfe que j'ai rencontré pour ma part mon premier geek au détour de la page d'un roman il y a déjà quelques années.

dimanche 2 juin 2013

Jean-Yves Mitton, un entretien (1998)

Un entretien de Jean-Yves Mitton ; à qui l'on doit (entre autres) d'excellentes aventures de Blek le Roc, la création de Mikros et ses amis, et ce qui reste pour moi une des plus belles aventures du Surfer d'Argent chez l'éditeur LUG, ainsi que de nombreuse séries de grandes qualités dans le domaine du franco-belge ;  cette interview est menée par Thierry Mornet qui s'occupe avec brio du secteur comic book chez l'éditeur Delcourt, et qui avec le même brio avait su donner à SEMIC  il y a quelques années un très beau catalogue en relançant notamment l'éditeur DC Comics dans l'Hexagone. Il est également un pilier de la revue SCARCE (une revue que tout amateur de bande dessinée étasunienne se doit de connaître).

Cette entrevue a paru en décembre 1998 dans le magazine Marvel.