vendredi 14 mars 2014

Planetary : Printemps Nucléaire

En 1998 paraissait le preview (c'est-à-dire l'avant-première) d'une série destinée à un grand avenir tant critique que populaire : Planetary ; dont voici une présentation :
En guise d'introduction je vous propose la préface au premier recueil de cette série, écrite par le talentueux Alan Moore.
Or, donc voici quelques pages de l'oeuvre de Warren Ellis et John Cassaday, sans oublier la talentueuse coloriste Laura Depuy (devenu Laura Martin par les liens sacrés du mariage, ce qui n'a rien enlevé à son talent).

dimanche 9 mars 2014

Nous sommes tous des flics (Morrison, Bond & Co.)

Peut-être serez-vous intéressés de lire une histoire courte de la série The Invisibles du scénariste Grant Morrison extraite de l'anthologie Vertigo : Winter's Edge n°1 (et paru dans la version proposée ici, dans la revue Bang ! en 2004)
Selon certains exégètes, cette histoire se situerait après la fin du volume 3, c'est-à-dire après la conclusion de la série. 
The Invisibles a commencé d'être publiée en 1994 au sein du label Vertigo de DC Comics, c'est une série dite en creator owned, c'est-à-dire qu'elle appartient à ses créateurs, ici Morrison et non pas à l'éditeur comme la majorité des séries publiées outre-Atlantique (Superman, Spider-Man, etc. ...) ; elle est toujours selon les exégètes le magnum opus du scénariste. 
Les Invisibles c'est une cellule d'occultistes anarchistes, pour faire court, qui évolue dans un monde fait de complots, visité par des êtres d'autres dimensions, et où les voyages temporels sont possibles ; paranoïa, transsexuelle, flic en rupture de banc, sexe tantrique, réincarnation du Bouddha, commando lesbien, drogue etc.. composent le menu de cette série.
D'autre part le Gideon Stargrave (personnage qui apparaît dans des histoires écrites par Grant Morrison bien avant Les Invisibles) dont il est question dans cette histoire est un alias de Gideon Starorzewski un écrivain d'horreur dont le nom de plume est Kirk Morrison.     
Mais Giddeon Stargrave c'est aussi King Mob l'un des membres des Invisibles, King Mob qui est aussi Grant Morrison lui-même, dans une certaine mesure.
"Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" disaient fort justement les Shadock (qui eux n'apparaissent pas dans Les Invisibles, du moins je crois). 

Ceci étant dit, place à l'histoire ......

samedi 8 mars 2014

Galveston par Nic Pizzolatto

Galveston

... Nic Pizzolatto a grandi à Lake Charles, en Louisiane, une région très rurale et très pauvre des Etats-Unis, dont il a dit qu’elle est « d’une incroyable ignorance et où la violence ordinaire sert de langage commun. » : le meilleur endroit de la côte pour recevoir des coups de pieds au cul.
Un endroit où il y a beaucoup de pauvres, de gens stupides, beaucoup d’alcool, de bagarre. Un endroit très dur, où l’on grandit en se battant. Une maison isolée, pas de livre, le jeune Nic passe alors beaucoup de son temps libre dans les bois. 
Après avoir quitté Lake Charles et ses parents, avec qui il n’entretient plus aucun rapport, à l’âge de 17 ans il apprend à se débrouiller seul. 
Avant d’écrire Galveston Nic Pizzolatto a mis deux ans pour écrire un roman qu’il jugera effroyable et qui ne sera jamais publié, il est alors professeur de littérature mais méprise paradoxalement l'université. 
Au sujet de son travail, il avoue porter un intérêt très prononcé à l’intrigue et à l’action, deux éléments indispensables selon lui ; ce qui ne l’empêche pas d’écrire des personnages très caractérisés, ayant une véritable présence. Des personnages pour qui on ressent de l’empathie, de la sympathie ou au contraire de l’antipathie d'une manière tout ce qu'il y a de plus naturelle. 
En outre Nic Pizzolatto cherche toujours, c'est lui qui le dit, une émotion intense et tient à donner aux événements une authenticité viscérale et sensorielle ; on peut dire qu’en ce qui concerne Galveston le pari est gagné.
Comme dans sa série télévisée True Detective, Nic Pizzolato joue avec deux époques, ici le temps agit en quelque sorte comme un exhausteur d’imagination sur le lecteur (je ne vous en dis pas plus). 
Dans un entretien accordé à Bernard Strainchamps & à Laurent Grumbach le jeune auteur d’alors déclare « La plupart des crimes en Amérique me semblent être une sorte de lutte des classes […] Ici si vous êtes pauvres vous mourrez. Ou vous tombez dans la criminalité. », et Galveston en est d’une certaine manière la poignante illustration littéraire.
Et puis un homme qui cite Dashiell Hammett, Howard Phillips Lovecraft, Alan Moore, Jim Harrison ou encore Grant Morrison dans ces auteurs favoris ou ses influences, peut-il être mauvais ? [-_ô]
J'ai déjà utilisé la définition de ce qui caractérise le "noir" dans le roman homonyme, celle de Thomas Narcejac, mais encore une fois elle s'applique d'une façon si naturelle au roman de Nic Pizzolatto que je ne peux faire autrement que d'y revenir...... 

[...]  l’aspect le plus original du roman noir actuel [...] ce n’est pas, encore une fois, sa violence, sa crudité ; ce n’est même pas le désespoir qu’il peut éveiller chez tel lecteur facile à suggestionner ; c’est quelque chose de plus foncier et de plus mystérieux que l’on pourrait peut-être définir en disant qu’il nous présente le monde comme un TRAQUENARD. Ce monde a un sens mais nous sommes incapables de le saisir ; sa signification est d’ordre poétique et seulement accessible à celui qui, victime ou bourreau, comprend l’échec inévitable de ses raisons de vivre. Le monde est le lieu de la guerre. Quoi qu’on fasse, on verse le sang. Et c’est au moment précis où le sang coule que se dévoile L’ETRANGETE des choses. L’univers nous ignore et nous broie. Mais au moment même où il nous écrase, il nous révèle quelque chose de nous-mêmes et, finalement c’est cette ultime échappée sur l’homme que chacun, en répandant son sang ou celui des autres, recherche obscurément. [...] L’horreur est donc au cœur du réel, de la vie. L’horreur, loin d’être un raffinement destiné, au fond, à vaincre l’ennui, exprime totalement la condition humaine. Si le roman contemporain est noir, c’est parce que l’humanité vient d’entrer dans l’âge de l’angoisse. On ne peut plus étudier l’homme sans qu’on ne rencontre la douleur, la révolte, la haine et la mort. Le vrai roman noir est toujours, par quelque biais, POLITIQUE et METAPHYSIQUE.[...]

Bonne lecture .....

vendredi 7 mars 2014

Übermensch ! (Kim Newman)

Et si la fusée de Kal-El (alias Superman dans l'univers de DC Comics) n'était pas tombée aux Etats-Unis ?
Kim Newman, notamment connu pour son excellent roman Anno Dracula, nous propose ici une brillante nouvelle sur la variation du Et si ...... ? 
Extraite de la revue Cyberdreams.
Bonne lecture.

mercredi 5 mars 2014

L'Eveil de la Lune (Elizabeth Hand)


... Précédemment paru en français dans la collection Fantasy de Rivages, je l’ai pour ma part lu chez Pocket Terreur ; entendu que les genres ne sont pas des catégories inertes partagées par tous [...] mais des revendications discursives effectuées par des locuteurs réels pour des buts particuliers dans des situations spécifiques (Eric Altman) je dirais qu’après l’avoir lu, L’Eveil de la Lune d’Elizabeth Hand, ressort du plutôt du fantastique, du moins tel que Tzvetan Todorov l’analysait : « Dans un monde qui est bien le nôtre […] se produit un événement qui ne peut s’expliquer par les lois de ce même monde familier […]. Le fantastique est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturelle. ». Cette « hésitation » est celle que ressentira Katherine Sweeney Cassidy face aux événements auxquels elle sera confrontée lors de sa première année à l'université des Archanges et de Saint-Jean-le-Divin sise à Washington DC
Avec ce roman Elizabeth Hand propose d’une part une belle œuvre mythopoétique (c’est-à-dire qui fabrique du mythe) et d’autre part, un thriller complotiste très intrigant et très réussi. 
Le résultat donne un roman plein d’idées, particulièrement captivant.
Je suis en ce moment en train de lire la série qu'Elizabeth Hand a co-écrite pour DC Comics, et c'est tout aussi captivant et mythopoétique que son roman.

lundi 3 mars 2014

SARAJEVO-TANGO (Hermann) + le dossier de presse

... "En échange d'une certaine somme d'argent, Zvonko Duprez, un ex-légionnaire devenu une sorte de mercenaire, va tenter de ramener auprès de sa mère une fillette détenue à Sarajevo par son père", telle est l'accroche de l'album de BD Sarajevo-Tango.
Cet album est un "coup de gueule" du scénariste/dessinateur Hermann (voir supra), un exemplaire a d'ailleurs été adressé aux journalistes et à toute une flopée de personnalités internationales, suite à ce qui se passait alors en Yougoslavie, et plus précisément devant ce qu'on qualifiait déjà de "siège de Sarajevo" (1992-1996) ; mais c'est surtout le geste d'un homme révolté par l'inaction de l'ONU et des instance gouvernementales.
Hermann choisit de rester dans son domaine de prédilection, à savoir la fiction, mais le personnage de Zvonko Duprez, évolue dans un Sarajevo tout ce qu'il y a de plus réel, du moins c'est l'impression que j'ai en confrontant mes souvenirs à ce que décrit Hermann au fils des pages: une ville quadrillée par les tirs de snipers (autrement dit des tireurs embusqués qui tiraient aussi bien sur les militaires que sur la population civile). Un réel que le lecteur peu voir au détour d'une case, où s'exprime toute la barbarie quotidienne dont l'Homme est capable. D'autant que pour cet album Hermann utilise (pour la première fois je crois) la couleur directe, et que le rendu est saisissant.
Si le portrait d'un sniper du "dimanche" donne à voir ce qu'on peut appeler depuis Hanna Arendt la "banalité du mal" en ce sens que si ses actes sont monstrueux lui est tout à fait ordinaire, ceux de Boutros Boutros-Ghali (alors secrétaire générale de l'ONU), de l'ONU et des téléspectateurs français (?) ressortent indéniablement d'un autre registre : celui de la satire.

... Or, donc cet album combine avec beaucoup de brio trois aspects dont le mariage était une gageure : la fiction façon thriller, le témoignage d'une réalité (le siège de Sarajevo) et la satire parodique.
Sarajevo-Tango est donc un album qui de mon point de vue n'a rien perdu de sa force, bien au contraire.

À lire absolument.

Je vous propose d'en apprendre un peu plus avec le dossier de presse ci-dessus .....    

À noter que Ervin Rustemagic l'ami et agent de Hermann est à l'origine de l'album Fax de Sarajevo de Joe Kubert.