Herik Hanna n'est pas seulement l'un des maîtres du « retournement de situation » et de la chute « qui tue », il est aussi un excellent dialoguiste. Les discussions qui ponctuent ses histoires s'enchaînent avec naturel, et construisent non des personnages, mais des individus plus vrais que nature. Paradoxalement, Hanna est pourtant de ces scénaristes qui ont fait de l'adage « show don't tell », une marque de fabrique.
« The Puzzle Game » ne serait pas la réussite qu'elle est sans le talent, et le travail, de Denys au dessin, et de Léa Chrétien aux couleurs.
D'une manière assez discrète somme toute, mais pas non plus totalement invisible, Denys donne aux personnages de l'album des traits qui évoquent des acteurs plus ou moins en vogue.
Le storytelling est tout aussi bluffant : plusieurs pages peuvent s'enchaîner sans dialogue, mais jamais sans captiver.
On a ainsi droit à une filature en voiture - qui se transforme en course-poursuite, dont Steve McQueen aurait sûrement était très fier.
« The Puzzle Game » est donc un thriller psychologique ; « Hitchcockien » n'hésite pas à écrire la quatrième de couverture (ci-contre) ; et pour le coup l'adjectif n'est pas usurpé.
J'aimerais dire qu'Herik Hanna signe ici l'une de ses meilleures histoires, mais si vous avez lu Altamont ou Le Royaume sans nom, voire Douze, vous savez que le jeune quinquagénaire est l'un des meilleurs scénaristes de BD en activité.
Et comme le dicton veut que « ceux qui se ressemblent s'assemblent », Denys et Léa Chretien ont toute leur place dans cet époustouflant album !
Voilà 20,95 € de plaisamment dépensés.




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