Accéder au contenu principal

Articles

The Dead Hand [Higgins/Mooney] Glénat

       P eu de chose n'ont pas été dites sur la « guerre froide ». Guerre à bas bruit dans un monde bipolaire, sauf pour ses points d’incandescence, essentiellement dans ce qu'on appelait en ce temps-là les « colonies », voire au travers du terrorisme d'extrême-gauche en Europe, la guerre froide a, plus d'une fois, failli se réchauffer dangereusement, et nous être fatale. La « Dead Hand » du titre, en est l'extrême aboutissement, dans ce que ce conflit a eu de plus absurde. Un projet heureusement resté à ce stade. Et c'est là qu'intervient K yle H iggins.  Vous l'avez d'ores et déjà compris, ce n'est pas sur le terrain des idées originales que le scénariste joue, mais sur celui d'un agencement et d'un choix d'idées plus ou moins connues et exploitées. Et d'un découpage de son histoire. Quand bien même le dispositif qui donne son nom au premier tome de cet album, fruit de la collaboration entre une équipe venue d'ou...

Tueurs [François Troukens/Jean-François Hensgens]

« Si quelqu’un peut me vendre une idée de film en moins de 25 mots, ça peut faire un sacré bon film », F rançois T roukens et J ean- F rançois H ensgens ont pris S teven S pielberg au mot, et Tueurs en est le résultat. .... I ntrigue minimaliste, hors le hight-concept qui lui donne sa belle dynamique, et de ce côté-ci il n'y a rien à dire, Tueurs est un actionner sur-vitaminé dont le scénario confine à la ligne droite. Si l'illusion est parfaite durant son spectacle, après les 1h30 de sa durée le contrecoup ne joue pas sa faveur. Si les acteurs ( O livier G ourmet, O livier B onjour et B ouli L anner pour ne citer qu'eux) sont eux aussi impeccable, les personnages ne surprennent pas plus que le scénario. Tueurs est un film usiné à l'adrénaline, sombre, sec, nerveux, mais il laissera moins de trace qu'un bon coup de trique.

Exiles #1 & 2 [Saladin Ahmed/Javier Rodriguez]

.... D e manière assez amusante, dans un entretien que j'ai lu du scénariste S aladin A hmed, où il donne un avant-goût de la nouvelle série qu'il écrit pour la maison d'édition Marvel , celui-ci (malgré son expérience de romancier) explique en substance que, jeune auteur de la Maison des Idées (la maxi-série Black Bolt ) il découvre que d'une part, les différentes histoires sont planifiées des mois à l'avance, qu'elles dépendent les unes des autres (principe de continuité), et qu'elles sont influencées par les autres médias ; autrement dit les blockbusters bien connus qui cartonnent au cinéma. Et que se retrouver sur une série comme Exile , qui racontent les aventures d'une équipe de personnages venus d'univers alternatifs, devant réparer ce même multivers, lui donne plus de liberté. Dont acte ! Exile/2002/Panini : Winick & Mckone Seulement voilà, dans cette même interview , il fait clairement référence à la Sarah Connor de Terminato...

Une assemblée de chacals [S.Craig Zahler]

Sorte de Leatherman © ™ culturel, S . C raig Z ahler, dont j'avais fait la connaissance via son premier long-métrage, est aussi écrivain. .... C omme C ormac M c C arthy avant lui, Z ahler récuse la loi qui irrigue l'Ouest et sa conquête, et qu'a mise en évidence R ichard S lotkin, celle d'une « régénération par la violence ». Pour S . C raig Z ahler le western car Une assemblée de chacals en est un, se compose essentiellement de deux éléments : le meurtre et l'espace. Un espace rendu ici ascétique par la quasi absence de description ; devenant une Wilderness dans tout ce que le mot à de sauvage, de minéral, de désertique. Et de dangereux ! Si le motif dont S lotkin a fait la pierre angulaire de son travail est absent, l'idée jumelle que lorsque la stabilité est perturbée par le mal, seul un acte de violence peut rétablir l'ordre, qui irrigue encore aujourd'hui l'imaginaire collectif étasunien, reste de rigueur. Très violent, âpre, d'un...

Pentagon Papers [Steven Spielberg]

J’avais déjà, avec le long-métrage écrit par T aylor S heridan et intitulé Comencheria [ Pour en savoir + ], pris l’angle du titre, du moins de son changement lors de son exploitation dans les salles hexagonales, pour montrer en quoi celui-ci pouvait orienter notre regard de spectateur.  Ou pour le cas présent, nous enfumer.        T he Post , pénultième film sorti de S teven S pielberg, a donc été distribué en France sous le titre de Pentagon Papers , des « papiers du Pentagone » qui sont pour le coup 7000 pages classées « secret-défense », lesquelles ont été dérobées, puis publiées dans la presse américaine au début des années 1970. Des documents compromettants au sujet de l'engagement au Vietnam des forces armées américaines. Alors que The Post est quant à lui, le surnom d’un journal, le Washington Post .  Quiconque a vu le film en question peut, je crois, dire que le titre choisi pour les salles française est mensonger. Victime p...

La Ballade de Black Tom [Victor Lavalle]

« À H.P. Lovecraft, avec tous mes sentiments contradictoires. », cet exergue à sa novella dit bien la relation qu'entretient V ictor L avalle avec un écrivain qu'il a lu et aimé, avant de pouvoir être en mesure de comprendre que ce dernier n'était rien de moins qu'un fervent raciste. Après un rejet bien compréhensible, l'auteur de La ballade de Black Tom est en quelque sorte revenu dans le giron d'une des influences les plus notables de la culture de masse du troisième millénaire (et de son précédent, quand bien même n'a-t-il été publié de son vivant que dans des magazines), et à l'instar de J ean R hys qui, dans La prisonnière des Sargasses , s'empare d'un des personnages secondaires du roman de C harlotte B rontë Jane Eyre , pour en faire l'héroïne du sien, V ictor L avalle s'intéresse lui à C harles T homas T ester. .... C orrigeant la parallaxe d'une des nouvelles de L ovecraft, Horreur à Red Hook , V ictor L avalle écrit ...