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Une assemblée de chacals [S.Craig Zahler]

Sorte de Leatherman©™ culturel, S.Craig Zahler, dont j'avais fait la connaissance via son premier long-métrage, est aussi écrivain.
.... Comme Cormac McCarthy avant lui, Zahler récuse la loi qui irrigue l'Ouest et sa conquête, et qu'a mise en évidence Richard Slotkin, celle d'une « régénération par la violence ». Pour S.Craig Zahler le western car Une assemblée de chacals en est un, se compose essentiellement de deux éléments : le meurtre et l'espace. Un espace rendu ici ascétique par la quasi absence de description ; devenant une Wilderness dans tout ce que le mot à de sauvage, de minéral, de désertique.
Et de dangereux !
Si le motif dont Slotkin a fait la pierre angulaire de son travail est absent, l'idée jumelle que lorsque la stabilité est perturbée par le mal, seul un acte de violence peut rétablir l'ordre, qui irrigue encore aujourd'hui l'imaginaire collectif étasunien, reste de rigueur.

Très violent, âpre, d'une noirceur contagieuse, Une assemblée de chacals est portée, et sauvée, par une écriture  magnifique, que j'ai pu apprécier grâce à la traduction exemplaire de Janique Jouin-de Laurens. Et un sens de l'intrigue vertigineux lorsqu'on prend le temps de regarder les tenants et les aboutissants qui permettent à cette histoire de tenir un peu plus de 350 pages

Faire aussi bien avec aussi peu, est une gageure, un tour de force, qui propulse S.Craig Zahler au firmament de mes auteurs favoris. Alors même que son western, Bone Tomahawk, m'avait laissé un peu nauséeux.    

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