mardi 29 novembre 2011

PUMPING IRON (v.o.s.t.f.r.)


... En 1975 Arnold Schwarzenegger est encore un bobybuilder en activité, toutefois le documentaire Pumping Iron qui suit sa préparation pour le Mr. Olympia de 1975 (il est alors détenteur de cinq titres consécutifs) est son adieu au monde de la compétition.
En bonne pop star qu'il est en passe de devenir il y reviendra en 1980. 
Arnold le magnifique titre français du documentaire est aussi une manière de concilier sa nouvelle ambition, devenir une star de cinéma avec son l'idée de marquer la scène du bodybuilding durablement en accrochant une nouvelle médaille à son palmarès.
Rétrospectivement en regardant Pumping Iron, on comprend qu'il ait pu devenir gouverneur.

Outre Arnold, on peut aussi voir Lou Ferrigno (celui qui deviendra Hulk) en challenger un peu timoré mais foutrement sympathique. L'extraordinaire Serge Nubret se verra octroyer la portion congrue du documentaire - et pour cause Pumping Iron est à la gloire du Chêne Autrichien - ce qui est bien dommage compte tenu de sa forme. On a aussi le plaisir de voir Franco Colombus grand ami d'Arnold (dans des exercices proprement surhumains), le magnifique Robby Robinson est aussi de la partie, et bien d'autres athlètes.
Bref un bien chouette documentaire à découvrir ou à redécouvrir (Le générique offre par ailleurs le bref plaisir de voir Eugen Sandow himself ou encore Charles Atlas....    

CODES:
http://rapidshare.com/files/3310053448/Pumping%20Iron%20(Arnold%20Schwarzenegger)%20%5BXviD%5D.avi Sous-titres : http://rapidshare.com/files/2191602051/Pumping%20Iron%20(Arnold%20Schwarzenegger)%20%5BXviD%5D.srt
Muse (origin of Symmetry) : Feeling Good

samedi 26 novembre 2011

Immortalité Quantique

... Depuis quelque temps déjà, je m’intéresse de prés à l'utilisation du Quatrième mur dans les oeuvres de fictions, et plus particulièrement aux personnages capables d'en déjouer les règles. Voire de jouer les passe-murailles.
... Vous savez certainement que le Quatrième mur est une convention qui nous vient du théâtre ; ce mur imaginaire se trouve entre la scène & la salle, entre les acteurs & les spectateurs. Il permet à ces derniers de voir la pièce mais isole les comédiens de la salle et les empêche d'interagir avec le public. Dans ce dernier cas la réciproque est également vraie. 
D'une certaine manière la scène (que l'on peut représenter comme une boîte) ne prend forme qu'à partir du regard du spectateur, mais ce regard doit être nié pour pouvoir créer l'illusion du "vrai".

Dali sub Atomicus
... En 1927 deux physiciens (Niels Bohr & Werner Heisenberg) fondent une nouvelle orthodoxie dans le but de donner la véritable description de la réalité face à la révolution conceptuelle qu'apporte la théorie quantique : l'interprétation de Copenhague.

La mécanique quantique est la théorie mathématique & physique qui décrit la structure et l'évolution dans le temps & l'espace des phénomènes à l'échelle de l'atome et en dessous. Le monde quantique est étrange : le flou probabiliste y régne, il indique la structure sous-jacente aux phénomènes qui est au-delà de l'espace & du temps.

Selon cette interprétation, au moment où l'observateur effectue une mesure, les diverses possibilité décrites par la fonction d'onde se réduisent à une seule : contrairement au monde quantique qui accepte l'existence d'états "superposés", le notre n'en accepte qu'un seul.
L'expérience (de pensée) du chat de Schrödinger illustre bien cette interprétation.


Darwinisme quantique
Dans sa boîte fermée le chat est à la fois mort & vivant, c'est le résultat de la mesure effectuée par l'observateur qui réduit les possibilités à une seule. D'une certaine manière on peut dire que la mécanique quantique est une théorie de la mesure.


... En 1957 Hugh Everett soutient sa thèse sur les fondements de la mécanique quantique dans laquelle il décrit la façon d'éviter la réduction de la fonction d'ondeles mondes multiples : dés lors il n'y a plus "réduction" mais dédoublement de l'univers et donc création d'un plurivers (ou omnivers, ou encore multivers).
FLASH 1, 2, 3 ...
Ainsi, la Crise en des Terres Infinies orchestrée par DC Comics sous la direction, de Marv Wolfman & de George Pérez au milieu des années 80 est-elle une belle illustration de l'interprétation de Copenhague ....

Interprétation de la mécanique quantique de "Copenhague"
Manière de rendre plus confortable la confrontation avec les implications de la théorie quantique concernant la nature de la réalité. Au moment de l'observation, le résultat dans un des univers est supposé devenir réel et les autres univers - même ceux qui ont contribué à ce résultat - sont considérés comme n'ayant jamais existé. [...]
David Deutsch - L'étoffe de la réalité

 ..... et la maxi-série 52 en est-elle la révision au travers de la thèse d'Everett.

Observables romanesques
... La problématique de la physique quantique reste donc celle de l'Observateur, sa représentation du monde change en fonction des résultats des mesures dont il dispose. En outre, si l'on souscrit à l'hypothèse d'Everett notre monde fait partie d'un plurivers dans lequel les différents univers dits fictifs cohabitent. Or donc qui est l'Observateur dans ce plurivers ? 
Le lecteur ? Le narrateur ? L'auteur ? 
Car il apparaît que certains personnages sont capables de nous voir, et que certains auteurs peuvent se retrouver dans leurs fictions (ou celle des autres).
Seven Soldiers of Victory
Ainsi il me semble indubitable que certains habitants du plurivers sont dotés d'une conscience quantique à plus ou moins long terme, ce qui leur permet une perception atypique de l'univers qui nous entoure. Cette faculté est peut-être à rapprocher de l'esprit bicaméral théorisé par Julian Jaynes (?).

Bien que l'histoire n'ait pas de sens, 
nous pouvons lui en donner un.
Karl Popper


... Intégrer l'idée d'habiter un plurivers, induit celle me semble-t-il d'immortalité quantique : mourir dans un univers c'est continuer à vivre dans une multitude d'autres comme nous le prouve l'aventure qui suit.

Une aventure qui synthétise tout ce que j'ai pu dire dans ce billet ; on y voit Starr roi d'un âge hyborien défendre son royaume contre un dangereux magicien, tué par ce nécromant, à son insu et pour cause, il se retrouve au XXième siècle face à son créateur Len Carson puis, endormi aux pieds de son palais. 
Si Starr n'a pas conscience de dériver dans le plurivers, le lecteur lui peut s'en rendre compte.  

À tout honneur tout seigneur, je dois la redécouverte de cette histoire à Catmanu dans une discussion (ou vous pourrez lire l'aventure de Starr dans une autre version que celle proposée ici) consacrée à Grant Morrison, ce qui par ailleurs n'a rien d'insolite puisque ce récit met en scène moult idées que l'on retrouvera chez l'auteur Écossais dont l'hypercompression.



















L'Inattendu n°10 octobre 1977
Les articles sur le chat de Schrödinger et sur Hugh Everett sont extraits du numéro 395 du magazine Pour la science et plus précisément de l'article de Jean-Paul Delahaye.
La lecture de l'essai de David Deutsch L'étoffe de la réalité, de Solutions non satisfaisantes d'Ugo Bellagamba & Eric Picholle ainsi que l'article de ce dernier dans le Bifrost n°57, sans oublier Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde de Steven Hall m'ont grandement aidé dans la rédcation de ce billet. Merci à tous.   

lundi 21 novembre 2011

vendredi 18 novembre 2011

TINTIN


... À l'occasion de la sortie du film de Steven Spielberg permettez-moi de vous proposer la rediffusion de l'émission de 2000 ans d'histoire sur Tintin, ainsi qu'un dossier qui fait Le Point sur le personnage.

Le Secret de la Licorne:
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dimanche 13 novembre 2011

La construction du surhomme

... 7ième tome de la contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray, La Construction du surhomme ne déroge pas à la qualité des volumes précédents. 
Ce nouvel opus du philosophe normand s'articule en deux parties autour de deux philosophes : Jean-Marie Guyot et de Friedrich Nietzsche, unis dans un même élan vitaliste. 
Lire Michel Onfray (tout comme l'écouter) est toujours un plaisir tant il fait preuve d'une immense pédagogie associée à un énorme travail en amont.

... Cela dit, j'aimerais profiter de La Construction du surhomme (et de ma réflexion sur un possible article sur Superman) pour déconstruire une idée reçue ; celle qui associe Superman au surhomme de Nietzsche, et par extension aux super-héros en général. 
All-Star Superman n°10
... Le surhomme de Nietzsche ou devrais-je peut-être dire le surhumain, prophétisé par Zarathoustra est d'abord une figure post-chrétienne ; et pour cause puisque puisque Dieu est mort (Cf. Le Gai savoir). 
Le surhumain (ou surhomme) est un état, une figure existentielle qui consent au tragique, c'est-à-dire (pour faire court) qu'il accepte le monde tel qu'il est sans croire en un "arrière monde". D'où la nécessite de l'Amor fati (locution latine qui veut dire "aime ton destin").
Du reste, le surhomme est volonté de puissance ou plus précisément volonté vers la puissance. Pour comprendre de quoi il s'agit Michel Onfray cite l'exemple donné par Friedrich Nietzsche lui-même, celui du Sipo matador ...
[..] il s'agit d'une plante grimpante des îles de Java qui, pour exister, a besoin de lumière et grimpe sur le tronc des chênes pour parvenir à la canopée où elle se nourrit de soleil, de sa force et de sa luminosité bienfaisante [..]
... ainsi la volonté de puissance renvoie-t-elle à l’exubérance de de la flore tropicale. 
Je veux bien concéder toutefois que cet exemple d'une plante se gorgeant de soleil n'est pas sans rappeler Superman

En outre la philosophie existentielle de Nietzsche repose sur l'idée de l'éternel retour de ce qui a eu lieu dans une configuration identique.

Il apparaît dés lors que le surhomme est celui qui pratique le tetrapharmakon nietzschéen :

• Il affirme le triomphe de la volonté de puissance.
• La mort n'est pas à craindre car il affirme l'éternel retour des choses sur un mode identique.
• La souffrance est supportable, d'où la nécessité de l'amor fati.
• Le bonheur est possible.

Il n'y a personne me semble-t-il, au sein de la communauté des surhommes d'encre et de papier aux capacités hypertrophiées et à la double identité,  qui correspond à ce portrait.
All-Star Superman n°1

... Nonobstant, il est pourtant  possible de penser Superman (et les super-héros) à partir de Nietzsche. De fait si Zarathoustra est le double allégorique du philosophe au marteau (le surhomme en est la transmutation culturelle) , Superman est l'enfant de l'union alchimique de Jerry Siegel & de Joe Shuster. 
D'autre part il me paraît évident que l'aphorisme le plus connu de Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort" s'applique à une multitude de super-héros (pour ne pas dire tous) ; de Peter Parker mordu par une araignée radioactive qui devient Spider-Man, à Bruce Banner qui survit à l'explosion d'une bombe Gamma et devient Hulk. Sans oublier Bruce Wayne, et Kal-El alias Clark Kent dernier survivant de son monde. Ni les surhommes soviétiques.  
All-Star Superman n°1

... Pour conclure provisoirement ma réflexion,  je laisse la parole à Michel Onfray ...

vendredi 11 novembre 2011

Zharam !


Quand Zorro rencontre la famille Shazam ....

dimanche 6 novembre 2011

Les Origines Discrètes : Dr Strange

... La pierre angulaire de l'excellente histoire proposée par Marc Andreyko et Paul Craig Russell est, vous l'avez compris, l'héritage. Une notion que l'on peut facilement extrapoler à la série du Docteur Strange : celui transmis par l'Ancien bien évidemment, mais également héritage extradiégétiques.
Ainsi François Peneaud signale-t-il par exemple à propos de l'identité visuelle que donne Steve Ditko à son personnage, "un élément visuel spécifique qui va le relier pour de bon au Spirit, celui de la fenêtre du mausolée habité par le Spirit au cimetière de Wildwood [..] cette fenêtre apparaît trés tôt dans Dr Strange [..]".
Le Spirit circa 1940
Cette fenêtre met en lumière et relie l'idée de filiation (que l'on retrouve dans la diégèse Cf. l'Ancien) à celle de résurrection (présente dans le Spirit) en un mot l'idée de permutation ; tout en ménageant une ouverture dans le Quatrième Mur

Si le Docteur Strange est à n'en pas douter l'héritier de tout un aréopage de magiciens d'encre et de papier ...
C'est également l'expression d'un zeitgeist, celui des années 50-60 : la Beat Generation bien sûr, celle de Kerouac qui explique que "beat" vient de béatitude ; une révélation qu'il a eu dans une église. 
Mais aussi la tendance New Age qui reviendra en force grâce aux expériences psychédéliques d'Aldous Huxley et d'Alan Watts et à leurs livres.

Le New Age se définit comme l'ensemble des théories ou des méthodes qui cherchent des solutions aux problèmes de l'homme par des voies non classiques, voies qui mettent l'accent sur les liens entre l'individu et le monde tout en proposant une vision globale. Cet ensemble disparate se compose de trois courants principaux : une tendance ésotérique qui cherche dans l'astrologie, l'onirologie, l'hermétisme, la magie et des "sciences" voisines la réponse aux inquiétudes de l'homme ; une tendance religieuse [..] d'inspiration souvent antique ou orientale [..] 
Sans oublier une part importante de la théorie freudienne qui trouvera à s'épanouir au coeur des sixties et dans les pages de Dr Strange.




... Cependant il me semble que Strange est aussi l'incarnation d'une puissance magique autre, beaucoup plus ancienne que l'Esprit des sixties ; celle du magicien Shazam !
Rappelez-vous,  en ce début d'année 1940, à l'abri des regards le magicien Shazam transmet ses pouvoirs au jeune orphelin Billy Batson. En prononçant le nom de son prédécesseur Billy Batson se transforme en Captain Marvel ; ou plus exactement  "il cède sa place à ce qui est une autre personne. Il n'y a pas transformation mais permutation entre Captain Marvel et son jeune alter ego." (Alex Nikolavitch - Mythes et Super-Héros).
Treize ans plus tard une percée évidente du 4ième Mur tente d'empêcher l'héritier de Shazam d'exister sur notre plan de réalité. 
Captain Marvel disparaît !
Captain Marvel Adventures #80
Victoire de courte durée, puisque de l'autre côté de l’Atlantique Marvelman reprend le flambeau dés 1954.
Permutation réussie !  


Parallèlement un deuxième front est ouvert de ce côté-ci du Quatrième Mur l'année où disparaît Captain Marvel ; et plus précisément à Northampton.
La dernière aventure de Marvelman (version Mick Anglo) est publiée en 1963 mais encore une fois, permutation réussie : apparition du Docteur Strange CQFD.
Toutefois, la personnalité de Steve Ditko perturbe ce passage de témoin entre dépositaires des pouvoir de Shazam, résultat en 1993 Alan Moore écrit Tales from Beyond un comic book de 1963. Cette même année (1993) il se proclame magicien devenant ainsi le dépositaire des pouvoirs de Shazam de ce côté-ci du Quatrième Mur.... 
Tales from Beyond 1963
(Fin ?...)


Tous mes remerciements à Jean-Paul Jennequin pour son excellent livre Histoire du Comic Book tome 1 chez Vertige Graphique dont quelques pages illustrent cet article, il est aussi l'auteur d'un biographie sur Steve Ditko. 

mercredi 2 novembre 2011

What is it that disturbs you Stephen

Strange Special Origines n° 139
... Ainsi donc, Marc Andreyko utilise-t-il en toile de fond pour son propre scénario une ancienne aventure (A Nameless Land, A Timeless Time écrite comme il se doit par Lee & Ditko)  de celui qui deviendra le Sorcier Suprême de l'univers Marvel, traitée sur fond d'objectivisme .. 



Face à la puissance du Baron Mordo et de Dormammu le Terrible, le Docteur Strange s'enfui en traversant une multitude de dimensions toutes plus étranges les unes des autres, avant de finalement se matérialiser dans l'une d'entre elles.
Là, une jeune femme lui explique que sa demi-soeur lui a volé son trône. Le Docteur Strange se retrouve au coeur d'une lutte pour le pouvoir
Face à la disparition de son fidèle serviteur, le Docteur Strange entreprend un périple qui le mène dans un lieu étrange & inquiètant : Ditkopolis gouverné par Electra une magicienne.
Le Docteur Strange s'aperçoit qu'il est la pierre angulaire d'une lutte de pouvoir. Electra a besoin de lui pour obtenir la totalité des pouvoirs que son défunt père a partagé entre elle et sa soeur   

Cette ancienne aventure s'inscrit du reste dans une vaste fresque de prés de 200 pages (Strange Tales 130 à 146), un véritable feuilleton au sujet duquel François Peneaud avance qu'il peut être considéré comme l'un des premiers graphic novel.

Docteur Strange Classic 1984 / Eclipso n°34 1973

Je rappelle à toutes fins utiles que dans le roman d'Ayn Rand  La Source vive, le personnage principal est un architecte qui répond au nom d'Howard Roark.

... La dualité que l'on retrouve dans les deux aventures est également présente dans le "support physique" qui accueille les premières aventures du Docteur Strange en 1963. C'est ainsi que la revue anthologique Strange Tales devient avec l'arrivée du magicien un "split book", ce dont se souviendra parfaitement Alan Moore dans sa mini-série 1963 :


Du reste il est également possible de voir dans la confrontation de ces personnages pour prendre le contrôle de leur environnement (voire le contrôle de l'un sur l'autre), une métaphore .. 
"[..] des problèmes entre Ditko et Marvel, dont les lecteurs ne connaîtront jamais l'exacte teneur, [qui] fît que la scission devint inévitable entre un homme entier, connu pour ne pas transiger artistiquement (Ditko) et celui qui se considérait comme responsable du devenir de la bande (Lee) [..]" Philippe Cordier Spider-Mag

On notera par ailleurs que si le nom de Steve Ditko reste profondément attaché à Spider-Man et au Docteur Strange, il ne s'est pas contenté d'illustrer ces deux personnages de l'écurie Marvel. Il est par exemple celui qui introduit le design classique rouge et or de l'armure d'Iron Man : personnage qui affrontera en son temps un Docteur Strange ...

Mai 1963