dimanche 24 juin 2012

Magie Brute (Larry Correia)


… une loi générale, entraînant le progrès de tous les êtres organisés, c’est-à-dire leur multiplication, leur variation, la persistance du plus fort et l’élimination du plus faible. L’apparition de capacités ésotériques et éthérales, de feux magiques et d’exploits physiques, au cours des dernières décennies, est la plus pure démonstration de la sélection naturelle. Avec le temps, cette loi générale entraînera inéluctablement l’extinction de l’homme traditionnel.


Charles Darwin, L’Origine de l’homme et la sélection des pouvoirs magiques humains, 1879.

... Juste un petit mot en passant, je viens de commencer de lire Magie Brute de Larry Correia chez L'Atalante ; et c'est de la bombe.
Quatrième de couverture :

États-Unis, début des années 1930. Les dirigeables sillonnent le ciel, Berlin est peuplée de zombies et la magie, apparue depuis près d’un siècle, a changé la donne. Le grand public hésite entre admiration et haine des « actifs », ces gens qui se téléportent, lisent dans les esprits, modifient la gravité, contrôlent les animaux, guérissent par imposition des mains... Deux organisations de magiques se livrent une guerre souterraine acharnée : l’Imperium et son maître le « président », qui tiennent le Japon, et le Grimnoir, société secrète de résistants aux intentions louables mais aux méthodes discutables. Jake Sullivan, lui, vétéran de la Grande Guerre au passé de truand, ne doit la liberté qu’à son serment de mettre ses pouvoirs au service du FBI chaque fois qu’une enquête implique des « actifs » criminels. Il sera bientôt confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde au bord de l’enfer et de la destruction ; il lui faudra choisir son camp.
Magie brute, dans un style très visuel et percutant, mêle gangs ters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages. Roman de fantasy urbaine à la croisée du polar, du steampunk et de l’uchronie, ce premier livre des « Chroniques du Grimnoir » louche aussi sur le double héritage des comics et des pulps américains.

lundi 18 juin 2012

Superman VS. The Elite

... Consécutivement à l'apparition, et surtout au succès d'œuvres telles que L'Escadron Suprême, MarvelmanGrimjackBatman : Dark Knight ou encore Les Gardiens ; la bande dessinée de super-héros va emprunter, au cours des années 80, une nouvelle voie celle dite du grim and gritty (sombre & violente). 
À ce titre les œuvres citées, à différents degrés, peuvent être considérées comme des innovations, attendu qu'une innovation à la particularité de transformer les usages sociaux. Il n'est que de lire de nos jours les aventures des "encapés" pour ce rendre compte des transformations par rapport à naguère.
  
Or donc Mark Gruenwald, Alan Moore, John Ostrander ou encore Frank Miller vont à leur corps défendant pour certains, créer un sentier de dépendance, c'est-à-dire une trajectoire qui canalise la créativité.
Et c'est sur ce sentier que nous allons rencontrer quelqu'un comme Warren Ellis.
The Authority #2
C'est à partir de Stormwatch  37 (1996) qu'Ellis va construire un nouveau type de super-héros qui s'incarnera d'abord dans un groupe de type paramilitaire Stormwatch donc, pour finalement s'affranchir de la tutelle onusienne et devenir The Authority. Paradoxalement cette "autorité" auto-proclamée ne se reconnaîtra aucun Dieu ni maître, et développera un concept extrait de l'idéologie managériale celui d'individu proactif. 
The Elite
Être proactif, c'est devancer le problème avant qu'il n'ait lieu, c'est agir sur les faits et les processus à venir ; on n'est guère éloigné des agents de Précrime imaginés par Philip K. Dick. Bref, en plus d'être proactif, les mesures prises par The Authority tiennent plus de la loi du talion (par anticipation) que d'une justice modérée. En outre les membres de cette équipe ont une sexualité relativement explicite, ils entretiennent des liens étroits avec l'alcool et/ou les drogues, et la violence est omniprésente. Qu'elle soit physique, on n'hésite pas à utiliser la torture, ou verbale.
Summum de la provocation, Jenny Spark qui est la substantifique incarnation de ce super-héros (qui n'en est pas un) ellisien, fume comme un pompier. Shocking !
... En 2001 le scénariste américain Joe Kelly (Action Comics #775) va opposer à cette conception violente, proactive et désinvolte du super-héros le premier d'entre eux, l'extraterrestre kryptonien Superman, parangon de l'humanisme et de la mesure s'il en est.

D'un côté Superman représentant de la notion apollinienne : l'ordre, la mesure, la maîtrise de soi.
Et de l'autre le dionysiaque c'est-à-dire le désordre, l'ivresse : The Elite.
La philosophie de Manchester Black, la quintessence du super-héros ellisien (et de ses épigones) selon Joe Kelly, et par ailleurs leader de The Elite, peut se résumer à cette sentence que chacun d'entre nous a déjà, voire souvent entendu : "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs" et comme le disait fort à propos Panaït Istrati "Je vois bien les œufs cassés mais je ne vois pas l'omelette".
Action Comics #775
Comment Superman s'en sortira-t-il face aux représentants de ce nouveau super-héroïsme qui, bien que combattant les monstres, ne craint pas d'en devenir un lui-même ; et qui ont oublié ce que disait le père d'Albert Camus, Lucien : "Un homme ça s'empêche" ?

Vous le saurez en regardant l'excellent dessin animé intitulé Superman vs. The Elite. [-_ô]


        

dimanche 17 juin 2012

Le Monde de Nick ( fin )


Illustration musicale : Choo choo ch' boogie espion bibon d'Eddy Mitchell

samedi 16 juin 2012

vendredi 15 juin 2012

Le Da Vinci Code décrypté (ép 10)

... Au mitan de son décryptage, Alexandre Adler aborde la région du Razès, et nous entretien d'un fabuleux trésor. 

mercredi 13 juin 2012

Le Monde de Nick (01)

... Et si Grant Morrisson avait repris le personnage de Nick Fury durant sa période marvelienne ...

(À suivre ...)

mardi 12 juin 2012

Cryptonomicon *

... Deux choses m'ont probablement poussé à lire le premier tome de la trilogie de Neal Stephenson. Tout d'abord d'avoir enchaîné plusieurs saisons de l'excellente MI-5 puis, dans la foulé, d'avoir regarder Rubicon (13 épisodes très réussis série sur le renseignement et le capitalisme cognitif). Résultat : ces deux séries m'ont donné envie de lire des romans d'espionnage. 
C'est en faisant des recherches sur ce type de récit que je suis tombé sur le titre des bouquins de Stephenson, lesquels s'inspire du Nécronomicon, ce qui a eu le don de m'intéresser doublement.
En outre, j'ai le souvenir d'avoir particulièrement apprécié L'Âge de diamant, un roman du même auteur.

... Le Code Enigma, premier tome de cette trilogie donc, se déroule à deux époques différentes : durant la Seconde Guerre Mondiale et à une époque beaucoup plus récente. La première époque conte les tribulations d'un  groupe d'individus (dont bien évidemment Alan Turing) chargé de décrypter les codes Allemands. La seconde époque narre les péripéties vécues par un groupe de personnes voulant créer un paradis informatique (ici le terme paradis  est à entendre comme celui de paradis fiscal)  sur une île des Philippines.
La particularité des deux groupes c'est d'avoir en commun un intérêt certain pour la cryptographie et, d'avoir de part et d'autre du temps des liens familiaux (qui ne semble, assez étonnamment, faire sens que pour le lecteur).
Qui dit trilogie, dit également que l'auteur prend le temps d'installer son intrigue ; et c'est le cas ici. Heureusement Neal Stephenson a créé un belle brochette de personnages qui deviennent rapidement attachants. De plus son style, qui passe par la traduction de Jean Bonnefoy, est extrêmement enlevé. Ainsi les aventures des cryptanalistes de la Seconde Guerre Mondiale m'ont tenu en haleine (notamment au travers de l'enjeu principal du renseignement : comment trouver un équilibre entre exploiter ce que l'on sait - grâce au décryptage par exemple - sans que l'ennemi ne le sache et ne change ses codes) de bout en bout. Celles des informaticiens m'ont semblé un peu moins captivantes, mais c'est là qu'intervient notamment le style de Stephenson. 

Or donc c'est avec plaisir que j'ai commandé le deuxième tome de cette trilogie.

En attendant peut-être serez-vous intéressés par une émission de radio qui fait le point sur la désormais célèbre "machine Enigma".

La parole est à Monsieur X et à Patrice Pesnot :




lundi 11 juin 2012

Le Da Vinci Code décrypté (ép 09)

... Le Da Vinci Code décrypté, neuvième épisode : Au cœur des complots de l'âge moderne !

dimanche 10 juin 2012

samedi 9 juin 2012

Le Da Vinci Code décrypté (ép 08)

... Dans ce huitième épisode Alexandre Adler nous en dit plus sur la Rose-Croix ....


Photo par chavi-dragon
De la Rose-Croix il en est aussi question chez Monsieur X qui nous parle du "renouveau templier" ; avec en toile de fond le SAC, un aperçu pas si éloigné que ça du Da Vinci Code de Dan Brown ...

mercredi 6 juin 2012

Le Crépuscule des Aigles (Fatherland)

... Je garde un très bon souvenir du roman de Robert Harris Fatherland, il faut dire que je suis amateur de ce que l'on appelle depuis Charles Renouvier l'uchronie ; c'est-à-dire une hypothèse qui repose sur un fait historique divergent de l'Histoire que nous connaissons, et qui  entraîne de fait de nouvelles conséquences :



Toutefois si je gardais un excellent souvenir du roman, j'en avais totalement oublié les évènements qui s'y déroulent ; c'est donc avec un a priori positif mais un oeil neuf que j'ai attaqué le film qui s'en inspire.

Ainsi donc après avoir vu Le Crépuscule des aigles, je ne peux que me féliciter d'en avoir tenté l'expérience.  
Cette enquête policière qui se déroule dans un état totalitaire qui se donne les apparences d'une démocratie fait resurgir un sentiment de paranoïa par petites touches assez angoissant. À cette atmosphère s'en ajoute une autre tout aussi subtile qui trouve son aboutissement dans la solution finale.
Ajoutez une interprétation haut de gamme, dont Rutger Hauer impérial et Miranda Richardson (vue dans Rubicon) excellente pour les premiers rôles, et un jeune acteur Rupert Penry-Jones que nous reverrons quelques années plus tard au MI-5. Le reste de la distribution est tout aussi bonne.

En définitive, Le Crépuscule des aigles est un excellent film qui mérite amplement le détour (fut-il historique). 

mardi 5 juin 2012

RUBICON


Un exemple de toile euristique
 ... Comme l'a souvent dit Jean-Baptiste Thoret un film peut avoir été tourné dans les années 80 et être formellement par exemple, un film de la décennie précédente (ou a contrario de celle d’après) ; c'est le cas de la série télévisée Rubicon qui esthétiquement renvoie directement aux années 70, et dont les thèmes renforcent indiscutablement cette appartenance en évoquant des films tels que Les 3 jours du Condor (explicitement cité par l'un des protagoniste) ou encore À cause d'un assassinat

... Will Travers travaille pour l'API (American Policy Institute) l'Institut Américain de Géopolitique, une officine créée après le 11 septembre dont l'activité est d'analyser et de synthétiser la masse de renseignements collectée par les agences gouvernementales ; et de proposer des solutions aux menaces détectées.
Si le 11 septembre a changé définitivement pour nombre d'entre nous l'appréhension que l'on avait du monde, l'API s'inscrit également dans une sorte de révolution. 
Car cette société si elle travaille avec les agences gouvernementales américaines (mais aussi étrangère d'ailleurs) CIA, FBI etc... parait être une entreprise privée, même si les capitaux (ou du moins une partie) proviennent du gouvernement U.S.
Or donc, l'API apparaît comme la parfaite illustration de ce que l'on peut appeler le capitalisme cognitif. 
C'est-à-dire des formes ou des situations de travail dans lesquelles la contribution créative, intellectuelle, scientifique est essentielle ; et où l'information et la connaissance tendent à occuper une place centrale. Mais surtout le capitalisme cognitif est une société de la connaissance régie par une organisation de type capitaliste. L'API transforme la connaissance en une marchandise fictive mais dont les répercussions sur le monde réel sont loin d'être de simples expériences de pensée sans conséquences. Tant physiques que politiques ou ..... financières.
C'est de l'une de ces répercussions bien tangibles dont va faire l'expérience David Hadas, l'un des meilleurs analystes de l'API, et ce sera le point de départ de l'enquête de Will Travers, son protégé.
De manière cocasse David Hadas apparaît comme une personne particulièrement superstitieuse, et la série Rubicon ne comptera que treize épisodes.  
Ceci étant, si le dernier épisode souffre de l'annulation d'une seconde saison Rubicon est une sacrément bonne série télévisée tout à fait dans la veine des deux films que j'ai précédemment cités et qui mérite selon moi, le détour (rien que le générique vaut ce détour).

À vous de voir. Pour en savoir plus.

L'illustration sonore en début de billet commence avec le thème de Michael Small pour le film d'Alan Pakula À cause d'un assassinat suivi par l'annonce de l'assassinat de John F. Kennedy, puis de l'attentat du 11 septembre 2001, et se termine par un extrait de Born to be wild.

dimanche 3 juin 2012

Le Da Vinci Code décrypté (ép 07)

... Qu'est-ce que la Rose-Croix ? Telle est la question à laquelle va répondre Alexandre Adler dans cette septième livraison du Da Vinci Code décrypté.




En outre Alexandre Adler évoque également dans cet épisode le peintre Nicolas Poussin ; dont l'un des meilleurs spécialistes a été Anthony Blunt, un historien d'art britannique par ailleurs membre de ce que l'on a appelé les Magnificent Five de Cambrige.

Monsieur X nous retrace son parcours, une émission que je vous propose également d'écouter :