jeudi 29 août 2013

Nexus (la BD)

Un extrait de la bande dessinée, Nexus, écrite par Mike Baron et dessinée par Steve Rude paru à l'origine en 1992 et en couleurs.
Cette extrait en version française a été proposé par le fanzine BLACKOUT, retouché par Steve Rude lui-même pour une publication en N&B.

Merci à Steve Rude et à BLACKOUT.

mercredi 28 août 2013

Steve Rude

Suite du dossier consacré à Steve Rude, et à Nexus. Ce dossier vient toujours du fanzine BLACKOUT.

mardi 27 août 2013

NEXUS

Nexus est un personnage peu connu en France, il a eu droit en tout et pour tout à un recueil publié par SEMIC en 2003. Steve Rude, malgré son immense talent est tout aussi discret dans l'Hexagone (et dans le reste de la galaxie par ailleurs).
Or, donc je vous propose un dossier en trois parties sur Nexus ; il a été publié à l'origine dans le dixième numéro du fanzine BLACKOUT  en 1998.

Et je m'aperçois que Philippe & Philippe de la librairie Arkham font aussi un sujet sur NEXUS, alors si ça vous dit rendez-vous ici

dimanche 25 août 2013

Le signe des Quatre

Dans le premier article de mon enquête sur les Fantastic Four j'en arrive à la conclusion que "la partie de golf la plus chère de l'histoire" a bien eu lieu, et que les deux joueurs sont d'une part Martin Goodman éditeur de ce qui allait devenir la Marvel, et Paul Sampliner le président d'Independent News à l'époque.
J'ai également rappelé que le retour des super-héros dans la bande dessinée américaine, à partir de 1956, ne s'est pas fait subitement mais que cela a nécessité du temps, et que d'autre part certains personnages n'ont acquis un magazine homonyme que tardivement. Ainsi Hawkman par exemple ne l'obtiendra qu'en mai 1964 (date de couverture) alors qu'il apparaît dans The Brave and the bold dés mars 1961 (date de couverture).
Ainsi entre 1956 et 1961, l'année où parait le premier numéro des Quatre Fantastiques rares sont les éditeurs à se lancer sur les traces de DC Comics en matière de super-héros, et surtout rares sont ceux qui pérennisent leurs tentatives. 

Une démarche intéressante du point de vue de mon enquête est celle tenté par l'éditeur Archie Comics
Fin 1940 Joe Simon & Jack Kirby s'inspirent de The Shield, le premier héros patriotique de la bande dessinée étasunien pour créer Captain America pour l'éditeur Timely (qui deviendra Marvel) propriété de Martin Goodman, lequel supplantera finalement son prédécesseur dans le paysage culturel américain. Une copie tellement criante que MLJ Comics (qui deviendra Archie Comics) fit pression pour qu'on change le design du bouclier du super-soldat de la Timely.
Presque 20 ans plus tard Simon & Kirby s'inspirent pour le compte d'Archie Comics de la méthode que DC Comics a utilisé pour Flash ou Green Lantern pour introduire The Shield alias Lancelot Strong dans le nouveau label Archie Adventure Comics.
Là où ça devient particulièrement intéressant c'est que la revue de ce nouveau personnage ne connaîtra que 2 numéros pour la simple bonne raison que DC Comics a envoyé une ordonnance de cessation et d'abstention (cease and desist order) à Archie Comics. Ce fait est notamment rapporté par Joe Simon lui-même dans son ouvrage The Comic book makers.
Cette ordonnance est utilisée en droit étasunien pour demander à une personne ou une organisation de cesser de manière permanente de faire quelque chose. Elle est souvent assortie de menaces de poursuites judiciaires si l'activité désignée se poursuivait. Au demeurant DC Comics reproche au personnage de l'éditeur Archie de trop ressembler à Superman.
Ces démêlés, ainsi que l'issue du procès qui a longtemps opposé DC Comics à Fawcett Comics au sujet de Captain Marvel a peut-être influencé un des aspects des Fantastic Four, mais j'y reviendrai.
Un autre aspect intéressant concerne le "pays des miroirs" dans lequel s'inscrivent les comic books, un pays où se multiplient imitations, reflets et parodies de personnages existants. Un pays où les Fantastic Four ne dénoteront pas.
Le duo proposera également à Archie Comics un autre personnage The Fly, dont la revue connaîtra plus de succès, même après le départ rapide des deux créateurs. 
En 1961 elle se vend à 240452 exemplaires et se place en 24ième position entre The Brave and The bold (21°) et Showcase (26°) ce qui n'est pas rien (source).

Ceci dit on peut rétrospectivement se poser la question de ce qui serait arrivé si Jack Kirby était resté chez Archie Comics pour y développer un ligne de super-héros au lieu de le faire avec Stan Lee chez Marvel.  
Martin Goodman et son épouse pendant les années 50
L'une des caractéristiques de la personnalité de Martin Goodman est certainement la prudence. 
On comprend donc pourquoi il n'a pas lancer plus tôt (à partir de 1956) de super-héros : un nouveau marché lent à se mettre en place, qui plus est dominé par un rival dont il dépend pour la distribution de ses revues. Et surtout, sa branche bande dessinée se trouve dans une très mauvaise situation à cause d'une erreur de jugement de sa part(Cf. la première partie de l'enquête).  
D'autant qu'au début des années 50 une tentative avec Captain America, Human Torch et le Sub-Mariner s'est soldée par un échec.   
Ceci renforce selon moi la réalité de la partie de golf en ce sens que Goodman ne pouvait se satisfaire d'une vue extérieure du marché, c'est-à-dire spéculer sur les ventes de la Justice League of America (par exemple) en le déduisant de l'attribution d'un magazine homonyme après le banc d'essai qu'avait constitué The Brave and the bold. Il avait besoin de chiffres fiables, du moins autant que faire se peut.
Mais comme le fait remarquer Jean-Marc Lainé dans son essai sur Stan Lee : "Les planches de Fantastic Four ont sans doute été réalisées au tout début de 1961. Sachant qu'il faut entre quatre et six mois aux éditeurs pour obtenir des chiffres de vente fiables, on a du mal à croire qu'un professionnel aguerri comme Liebowitz se soit vanté d'un succès dont rien n'affirmait qu'il s'agissait d'un feu de paille. [...]". Si vous m'avez lu vous savez déjà que ma théorie enlève Jack Liebowitz pour y mettre Paul Sampliner.
Jack Liebowitz est à droite avec le cigare
Reste que la question des dates et des délais est plus que pertinente.
Souvenons-nous que le premier numéro de The Brave and the bold à proposer la JLA paraît le 29 décembre 1959 (date de couverture mars 1960) et le troisième et dernier numéro le 28 avril 1960. Soit bien plus d'un an avant la parution du premier numéro des Fantastic Four qui paraît le 8 août 1961 (date de couverture novembre 1961). Sachant que les numéros suivants proposent des personnages différents il est assez simple d'en tirer des conclusions en comparant la réussite de tel  ou tel numéro en fonction du héros invité. D'autant que les personnages sont les hôtes de l'illustré sur plusieurs numéros consécutifs.
Ensuite le premier numéro de la Justice League of America paraît le 25 août 1960 (date de couverture novembre 1960) un an avant celui des FF.
Lorsque paraît Fantastic Four #1 en août, la Justice League of America en est le même mois à son septième numéro et sa parution est bimestriel, c'est-à-dire tous les deux mois (Source).
Ceci dit pour que la conclusion de la première partie de mon enquête, à savoir que la partie de golf a eu lieu, s'avère je dois impérativement savoir quand a été réalisé ce premier numéro des Quatre Fantastique.
Fantask n°1
Will Murray dans un article paru dans le numéro 47 du Jack Kirby Collector (en 2006) en arrive à la conclusion, après avoir examiné la liste des numéros de projet des histoires (Fantastic Four #1 porte celui de V-374) de l'éditeur Marvel et procédé à des confirmations auprès du méticuleux Dick Ayers et d'un Stan Lee à la mémoire beaucoup moins fiable, que le premier numéro des Fantastic Four a certainement été dessiné en mai 1961 !  
À ce moment-là, la JLA en est à son cinquième numéros (en avril), si on prend la tolérance basse, c'est-à-dire 4 mois pour avoir les chiffres de vente il est concevable de disposer des chiffres du mois de février, d'autant que les chiffres viennent directement du distributeur, soit le mois où le quatrième numéro du titre a paru. À cela s'ajoute les chiffres de vente des 3 numéros de The Brave and the bold dont j'ai dit qu'ils étaient particulièrement significatifs. 
En 1961, le magazine de la JLA vend en moyenne 335000 exemplaires, des chiffres que ne pouvait pas à l'époque avoir Martin Goodman entendons-nous bien, et se classe plutôt bien par rapport à des titres installés depuis plus longtemps.
Martin Goodman aurait pu avoir  a contrario une idée du chiffre de vente sur 7 numéros. 
Était-ce suffisant pour lui ?
Un autre aspect que je ne peux occulter concerne les délais cette fois-ci de réalisation de ce premier numéro.
Commencer en mai un numéro qui a paru en août peut sembler assez court. Mais le dessinateur qui va s'occuper de la destinée des Quatre Fantastiques n'est autre que Jack Kirby, un homme dont Mark Evanier a dit qu'il était capable dessiner 5 ou 6 pages par jour au début des année 60, et Gerard Jones écrit dans Men of Tomorrow qu'à l'époque le King travaillait de 12 à 14 heures par jour et réalisait jusqu'à 8 ou 9 pages par jour.       
Sachant que ce premier numéro compte 25 pages, on peut se livrer à une opération fort simple pour savoir combien de temps il a fallu au dessinateur pour faire sa part de travail. D'autant que le scénario a sûrement était réalisé selon la Méthode Marvel©.
Mais ceci fera l'objet entre autres du prochain article. 


jeudi 22 août 2013

Enquête sur les Quatre Fantastiques

En 1956 Martin Goodman, à la tête de la maison d'édition Atlas/Marvel, va prendre une décision lourde de conséquence : il supprime sa branche de distribution Atlas, et signe un contrat de distribution avec American News Company qui règne alors en quasi monopole sur le secteur.

Sur le court terme cette décision sera désastreuse. Six mois après la signature du contrat qui les lie, et sans qu'il n'y ait de rapport de cause à effet American News Company rencontre des problèmes suffisamment importants qui l'obligent à mettre la clé sous la porte. On parle notamment (mais pas seulement) de lien avec la mafia (Francis Saint Martin, Stan "The Man" Lee, éditions de L'Hydre). 
Résultat, Atlas/Marvel ne peut plus distribuer sa production sur le newsstand market c'est-à-dire les supermarchés, les papeteries, les épiceries, les magasins de jouets et les kiosques (à cette époque les comics shops n'existent pas encore) ; soit la totalité des points de vente.
Pour se sortir de ce mauvais pas Martin Goodman signe un contrat avec Independent News, une société de distribution dont les propriétaires sont, tenez-vous bien, les mêmes que l'un de ses concurrents (ou peu s'en faut) : l'éditeur DC Comics (bien qu'à l'époque il ne s’appelle pas encore comme ça).
En d'autres termes Atlas/Marvel devient tributaire des volontés de l'un de ses concurrents.
Dés lors Atlas/Marvel doit ronger son frein car, son nouveau distributeur Independent News (et par la force des choses son Distingué Concurrent), ne lui autorise que 8 comic books par mois. Pour mémoire, dans la première moitié des années 50 Atlas/Marvel avait entre 75 et 100 titres à son catalogue (selon les sources). 
Bon an mal an, Martin Goodman réussira au fil du temps à négocier quelques titres supplémentaires toutefois, il devra attendre 1968 - après être devenu assez puissant sur le marché de la bande dessinée - pour se défaire de cette contrainte en signant avec Curtis Distibution.  
On comprend dés lors que Martin Goodman cherche à l'époque tous les moyens pour se sortir rapidement de ce mauvais pas.
Même s'ils n'ont pas complètement disparus du maquis culturel étasunien, l’après-guerre aura été fatale aux super-héros. 
Mais contre toute attente, en 1956, DC Comics, par l'intermédiaire de Julius Schwartz, introduit dans l'un de ses titres, Showcase #4, un super-héros qui va petit à petit rallumer l’intérêt des lecteurs pour le genre : The Flash.
Un Flash moderne, remis au goût du jour, avec un nouveau costume, une nouvelle identité et de nouvelles aventures. Suivront dans le même ordre d'idée, un nouveau Green Lantern (Showcase #22), un nouvel Atom (Showcase #34), etc. 
C'est à partir de 1956 et de la parution du quatrième numéro de Showcase (que l'on peut traduire par vitrine, en ce sens que ce titre teste différents personnages avant de leur donner une chance dans leur propre magazine) qu'il convient de dater le début du Silver Age, l'Âge d'argent de la BD U.S (1956-1970). Souvenons-nous que l'histoire des comic books ne débute qu'en 1933.
Mais saviez-vous que le premier véritable nouveau super-héros de l’après-guerre est apparu en 1955 dans la back up story de Detective Comics #225. Cette histoire de complément met en scène J'onn J'onzz alias The Martian Manhunter un Martien amené sur Terre par le professeur Erdel. Outre qu'il est la réplique martienne (ou presque) de Superman en terme de super-pouvoirs, il est également une sorte de John Carter moderne qui ferait le chemin inverse du héros d'Edgar Rice Burroughs. 
Force est de constater que le retour des super-héros sur le devant de la scène ne s'est pas fait en un éclair.[-_ô]

Ceci étant dit, l'une des particularités de ce renouveau super-héroïque tient dans un premier temps en la modernisation de personnages venus de ce qu'on appelle le Golden Age, cette période qui va de la parution d'Action Comics #1 en 1938 avec Superman et qui précède le Silver Age. 
Ensuite le rythme n'est pas très soutenue, voire sporadique pour Flash par exemple : Showcase n°4, 8, 13 et 14. Et cet illustré est bimestriel.
Dans le même ordre d'idée que Flash ou Green Lantern,  la Justice League of America, qui apparaît dans le numéro 28 de la revue The Brave and the Bold datée de février/mars 1960 est construite sur le modèle de la Justice Society of America réunie en 1940, c'est-à-dire encore une fois l'actualisation d'un ancien concept venu du Golden Age.
Mais entre les premiers pas de Flash et ceux de la JLA une sorte de protocole a été mis en place. 
Un protocole que l'on retrouve également par exemple pour Green Lantern et Atom : 3 numéros consécutifs sont dédiés au personnage dans une anthologie (Showcase ou The Brave and the bold ici) avant qu'il obtienne, succès aidant, une revue homonyme. 
À ce stade de l'article, il me paraît opportun de parler des dates que l'on trouve sur les couvertures des comic books étasuniens.
La date indiquée sur la couverture des illustrés n'est pas celle de leur mise en vente mais celle où le vendeur doit retourner les invendus. Dans les années 30 la différence entre la date de parution et celle indiquée sur la couverture était d'un mois (un comic qui paraît en novembre est daté de décembre de la même année). À partir de 1940 l'écart est de deux mois. Et au début des années 70 l'écart est de trois mois (source : American Comic Book Chronicles : 1980s par Keith Dallas).
Toutefois, comme nous le verrons ces règles sont loin d'être absolues.

Mais revenons-en à nos encapés de la JLA.
C'est une équipe qui se compose dans la première aventure du groupe de Superman, BatmanWonder WomanFlash, Green Lantern, Aquaman et (tiens, tiens) le Martian Manhunter.
Cette équipe obtient suffisamment de succès dans les pages de The Brave and the bold (3 numéros consécutifs) pour se voir attribuer sa propre revue en novembre 1960 (date de couverture, mais le numéro est en vente dés le 25 août 1960 : source Grand Comics Database) ; c'est-à-dire en trois numéros de The Brave and the Bold alors que Flash aura eu besoin de 4 numéros de Showcase mais surtout en 8 mois là où Flash avait dû attendre deux ans. Cela peut s'expliquer par la popularité de la JLA, et/ou par un nouvel engouement suscité par les super-héros.  
C'est à peu près à cette époque que nous retrouvons Martin Goodman. 
Les amateurs de bandes dessinées venues d'outre-Atlantique connaissent certainement tous la célèbre partie de golf, que Paul Levitz dans sa monumentale histoire de DC Comics appelle : "La partie de golf la plus chère de l'histoire"
Une partie au cours de laquelle l'éditeur de la future Marvel se serait entretenu avec un ponte de la Distingué Concurrence, lequel se serait vanté des très bonnes ventes de la Justice League of America. Cette partie de golf est devenue célèbre en ce sens qu'elle serait à l'origine de la création des Fantastic Four par Stan Lee & Jack Kirby ; car de retour du green Martin Goodman aurait sommé Stan Lee de lui créer l'équivalent de la JLA en suggérant de rassembler dans un groupe les vedettes des années 40, à savoir Sub-Mariner, Human Torch et Captain America [..] (Cf. Stan Lee Homère du XXe siècle - Jean-Marc Lainé).
Si la paternité des Quatre Fantastiques est toujours en débat, j'y reviendrez, la partie de golf a également suscité son lot de démentis et d'interrogations.
Stan & Jack (à gauche)
L'histoire de cette partie de golf commence d'apparaître au milieu des années 60. Elle est d'abord véhiculée par Stan Lee lui-même qui n'en démordra pas puisqu'en 1998 dans le numéro 2 du magazine américain Comic Book Artist, The Man déclarera que l'homme avec qui jouait Martin Goodman n'était autre que Jack Liebowitz. 
Rien de moins que l'un des copropriétaires de DC Comics.  
La partie de golf et l'identité du deuxième joueur seront reprises par des gens comme Julius Schwartz, dont nous avons vu la place qu'il occupe dans la relance du genre, et dont l'influence chez DC ira grandissante - il a longtemps été editor ( à peu près l'équivalent d'un rédacteur-en-chef mélangé à un directeur de collection). Mais aussi par Roy Thomas (scénariste et le premier successeur de Stan Lee au poste d'editor-in-chief chez Marvel), ou comme je l'ai déjà mentionné par Paul Levitz (président de DC de 2002 à 2009) qui ira jusqu'à l'écrire dans son histoire de DC Comics (tome 2, édition Taschen).

Toutefois en novembre 2010, Mark Evanier scénariste et proche collaborateur de Jack Kirby, dans sa déposition dans le cadre du procès qui oppose les héritiers du King à Marvel, donc sous serment, déclare que Liebowitz a toujours nié être l'homme qui a joué avec Goodman.
Du reste Irwin Donenfeld, l'autre homme fort de DC à cette époque, a déclaré au magazine Alter Ego dans son numéro 26 qu'il ne l'était pas non plus puisqu'il déclare que cette partie de golf n'a jamais eu lieu.
C'est en relisant l'ouvrage qu'a consacré Francis Saint Martin (ibid) à Stan Lee, qu'un phrase a attiré mon attention.
Francis Saint Martin relaie la rumeur selon laquelle Martin Goodman aurait eu un informateur rémunéré au sein d'Independent News : "D'autres sources prétendirent que Goodman aurait payé à l'année un informateur au sein d'Independent News pour obtenir les véritables chiffres de vente de ses comics .. et aussi ceux de DC ..[...]"
"Mais c'est bien sûr  ! Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, est nécessairement la vérité" aurait dit l'inspecteur Bourrel.
Alors si ce n'est ni Jack Liebowitz, ni Irwin Donenfeld, nous allons devoir examiner une autre théorie celle dite du "troisième homme". 

La première étape significative dans mon enquête, outre celle qui a consisté à réunir les faits rapportés supra, a été celle que j'ai faite avec le témoignage de Michael Uslan (producteur, notamment de Batman Beguins) à qui, il y a quelques années lorsqu'il occupait un job d'été chez DC, Sol Harrison (qui deviendra en son temps président de DC Comics) aurait dit que c'est avec quelqu'un d'Independent News que Goodman aurait joué cette maintenant légendaire partie de golf (Cité par Brian Cronin dans son ouvrage Was Superman a spy ?).
Toujours selon Michael Uslan, Sol Harrison travaillait à l'époque où il a appris cette information en étroite collaboration avec la direction d'Independent News. Ainsi donc la rumeur se confirmait 
Ceci dit, il est clair que c'est au sein de la direction d'un distributeur que se trouve les chiffres les plus fiables, toutes choses égales par ailleurs.
Parallèlement j'en apprenais un peu plus sur Independent News.
C'était une entreprise de distribution de comics et de magazines notamment qui appartenait en fait à DC Comics. Elle est née  en 1932 sur les cendre, si je puis dire, d'une autre entreprise du même genre Eastern News (fondée en 1925) mise en cessation de paiement.
Eastern News avait été créée en partie par Paul Sampliner, lui et son associé devaient entre autres à Harry Donenfeld lors de la fermeture de leur entreprise presque 30 000 $. Harry Donenfeld était le propriétaire la maison d'édition où sont apparus Superman et Batman, et qui deviendra DC Comics.
Donenfeld propose alors à Sampliner de créer Independent News avec l'argent de la mère de ce dernier (Cf. Men of Tomorrow, Gerard Jones).
Ce qui est intéressant dans cette équipée c'est que Martin Goodman a travaillé de 1927 à 1931 pour Paul Sampliner au sein d'Eastern Distibution.

En conclusion j'avance l'hypothèse suivante, qui repose sur les faits exposés dans cet article : si cette partie de golf a eu lieu il y a un faisceau de présomptions en faveur d'une rencontre entre Martin Goodman et Paul Sampliner.
Paul Sampliner de part sa position, il est le président d'Independent News, est au courant des chiffres de vente, il connait Martin Goodman et en tant que distributeur il a tout à gagner si les comics des éditeurs dont il s'occupe se vendent bien. 
De son côté Martin Goodman a tout intérêt à entretenir de très bons rapports avec son distributeur, surtout dans la position dans laquelle il était au début des années 60.  
 

En attendant la suite de mon enquête je voudrais vous proposer deux couvertures qui me semblent avoir une composition très semblable :
    
Qu'en pensez-vous ?

samedi 17 août 2013

Nova : Les origines perdues

... Nova est un personnage qui apparaît en 1976 dans son propre magazine chez l'éditeur étasunien Marvel. Graphiquement il a été créé par John Romita Sr, un immense artiste qui est depuis le début des années 70 le concepteur artistique en chef de la Maison des Idées. L'idée du personnage vient de Marv Wolfman qui n'est pas encore l'homme qui mettra les Teen Titans sur orbite dans les années 80, ni même celui par qui passera la redéfinition de l'univers de DC Comics (Crisis on Infinite Earths), il n'est cependant pas un total inconnu pour les lecteurs de l'époque.
La série régulière comptera 25 numéros et sera dessinée par John Buscema dans un premier temps, puis par son frère Sal, ensuite ce sera Carmine Infantino ; côté encreurs on verra Joe Sinnott, Tom Palmer, Frank Giacoia et même Klaus Janson apporter leur savoir-faire.
Les origines du personnage peuvent être résumées comme un compromis entre celles du Green Lantern de l'Âge d'Argent et celles de Spiderman
Rich Rider est un jeune étudiant qui manque visiblement de vigueur physique et dont l'amour propre est en berne, et qui se voit confier les pouvoirs d'un extraterrestre mourant, le centurion Nova de la planète Xandar.
C'est en cas sous cet aspect que les lecteurs américains découvriront le personnage en 1976 (en novembre 1979 pour les lecteurs français) toutefois, les aventures de Nova commencent aux alentours de 1966 dans les pages d'un fanzine intitulé Super Adventures.

Ce fanzine est publié par un Marv Wolfman alors âgé d'une vingtaine d'années et pas encore scénariste professionnel, cependant il aura un réflexe très professionnel en déposant des copyrights sur se revues amateures. 
On y rencontre The Star alias le docteur Denteen, qui a découvert un vaisseau spatial extraterrestre contenant des pilules qui donnent différents pouvoirs toutes les 5 minutes : la faculté de voler dans les airs, une vision laser, la possibilité d'absorber de l’énergie, etc. Avec ces pilules, le docteur Denteen découvre également la machine qui permet de les fabriquer. C'est deux inventions sont l'oeuvre d'un extraterrestre malfaisant de la planète Orion 2, Kraken Roo. The Star deviendra grâce à ses découvertes l'un des membres fondateurs d'une équipe de super-héros The Law Legion (que l'on pourrait traduire par la Légion de la Loi).
En 1967, dans un supplément à Super Adventures #6 (portant par erreur la mention Super Adventures #7) Marv Wolfman et son ami Len Wein qui quelques années plus tard sera la co-créateur de Swamp Thing (une création controversée) ou l'homme qui relancera les X-Men, transforme The Star en un autre personnage : Black Nova.
Source
Who can defeat a God ? (Qui peut défaire un Dieu ?) met en scène Kraken Roo condamné à la prison à vie dans le pénitencier d'Orbiton, Orion 2.Lors de son acheminement vers le pénitencier le rayon de force qui le transporte est frappé par un météore en conséquence de quoi le criminel est propulsé à travers l'espace. Son errance prend fin lorsqu'un courant de radiations cosmiques traverse le rayon de force et transforme Kraken Roo en une nouvelle entité beaucoup plus puissante The celestial Man.
Rancunier ce dernier se rend sur Terre pour trouver celui qui lui a volé ses pilules. Lors d'un combat qui oppose le Celestial Man à la Law Legion, l'interaction du pouvoir d'un des membres de l'équipe avec celui du Celestial Man transforme The Star en deux entité distinctes. L'une sera absorbée par le Celestial Man tandis que l'autre deviendra Black Nova.
Dans Super Adventures #9 Black Nova mourra noblement en sauvant ses équipiers de la Law Legion.
Indéniablement même si les deux personnages, Black Nova et Nova présentent des différences (l'un est un adolescent l'autre un adulte, les pouvoirs et les origines des personnages sont différentes) artistiquement ils sont assez proches. 

Voilà ce que disait Marv Wolfman à propos du personnage en 2001 pour le magazine Comic Book Artist :
C'est-à-dire en substance pour ce qui nous intéresse ici : "C'est l'un des mes personnages favoris, je l'ai créé avec Len Wein au début des années 60, C'est Len qui a dessiné le costume originel et j'ai créé le personnage. Nous avons faits plusieurs histoires avec lui publiées dans des fanzines. [..]".

Quoiqu'il en soit, la réclamation officielle de Marv Wolfman à la fin des années 90 au sujet de la propriété du personnage Nova a trouvé un épilogue en faveur de l'éditeur Marvel, même si le scénariste a déclaré  à la cour que Stan Lee lui-même était au courant des aventures parues dans les fanzines puisqu'il lui en avait apporté plusieurs pour qu'il se fasse une idée.  
or, donc la cour a décidé, considérant que les deux personnages avaient trop de différences entre eux et qu'en conséquence Nova était un nouveau personnage, créé en work for hire ; c'est-à-dire un travail de commande sur lequel le créateur n'a aucun droit. 

jeudi 15 août 2013

Farrah Fawcett dans Playboy

... Icône des seventies, l'actrice Farrah Fawcett n'avait rien perdu de son sex-appeal à la fin des années 90 comme le prouvent ces photos où elle apparaît dans le plus simple appareil (et accessoirement dans le magazine Playboy).