Dernier roman de la « trilogie noire », commencée avec Avant l'aube [Pour en savoir +], et continuée avec Sommeil de cendres [Pour en savoir +], « Fonds noirs » s'intéresse aux années Mitterrand, et plus précisément ici à l'année 1986.
Je laisse de côté l'analyse politique que fait Boissel au travers de ses trois romans - voir comme il le fait dans les années 1970, son deuxième romans de ladite trilogie ; « les derniers feux du gauchisme » me laisse plutôt perplexe, pour ne m'intéresser qu'au Polaroid™ qu'il propose de ces trois décennies.
Inspiré par « l'affaire Luchaire » « Fonds noirs » cultive sa différence, en échappant assez brillamment au thriller politique banal.
Toutefois Xavier Boissel ne retient pas toujours ses coups. Ainsi apprend-on que le commissaire Wouters a « une aversion profonde pour les armes à feu », sans rire. C'est l’équivalent du soudeur à l'arc qui déclarerait une aversion pour le masque de protection. Boissel évoque aussi le tabassage « à mort un gamin qui rentrait chez lui après avoir assisté à un concert de jazz. « Un basané », comme aurait dit Bouvier. L’année 1986 s’était terminée dans le sang et l’indignité. ». Une « nouvelle preuve du continuum de la violence historique de cette double décennie » précisera-t-il dans un entretien. Si, si !
Ce qui me rend impatient de lire ce qu'aura à dire Xavier Boissel sur la décennie 2020 ; la violence de l'extrême-gauche, le grand remplacement et l'antisémitisme d’importation, entre autres. Vivement.
Hormis ses quelques réserves donc, ce roman, et cette trilogie ont été un très très bon moment de lecture.

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