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Articles

Peter Cannon : Thunderbolt [K. Gillen / C. Wijngaard]

Carburant à l'énergie fossile comme aucune autre industrie au monde, la BD étasunienne est aussi la championne du recyclage. Miroir solipsiste de ses propres péripéties, la bande dessinée mainstream ( i.e. le genre dominant des super-héros) n'en finit plus de ressasser.  Thunderbolt #1 (avec une couverture de S ean P hillips), commercialisé par l'éditeur Dynamite , en est un nouvel exemple.  En effet, ce numéro commence là où se terminait la maxi-série Watchmen (ou presque).  C'est de bonne guerre me direz-vous, puisque Peter Cannon (apparu pour la première fois en 1966), de la défunte écurie de l'éditeur Charlton , a servi de modèle à l'ex- Minuteman connu sous le pseudonyme d' Ozymandias , inventé par M oore & G ibbons.  Dans une mise en abyme assez vertigineuse (que la sobriété des planches de C aspar W injgaard, renforce d'autant plus que le dessinateur fait appel au découpage dit en « gaufrier » de 9 cases), K ieron G illen, dont...

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par D uane S wierczynski [ Pour en avoir + ]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, S wierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller , grâce au roman de R obert F errigno.   « Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série « Miami Vice », mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A. . D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant. Sauf que dès le départ, R obert F errigno, traduit par H ubert G alle pour les éditions Flammarion , a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'a...

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes , relaunchs , reboots , voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ». En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock , un personnage créé par R ich B uckler & D oug M oench pour Marvel [ Pour en savoir + ], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à C harlie H uston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight , qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. H uston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et parti...

Le Temps de Lumières [G. Rennie / Mark Harrison]

Le thème de l'unité militaire disciplinaire est de ceux dont les déclinaisons semblent infinies. De Les Douze salopards à Enfants de salauds , en passant par La Colline des hommes perdus , pour ne citer que ceux qui me viennent à l'esprit, et en restant dans le domaine du cinéma. G ordon R ennie, importante cheville ouvrière des revues anglaises 2000 AD et Judge Dredd Megazine s'y essaye aussi avec Le Temps des Lumières , un album commercialisé dans l' Hexagone par l'éditeur ERKO en 2001. Intitulée Glimmer Rats en anglais, cette aventure a paru dans le numéro spécial ( annual ) #2000 de l’hebdomadaire, de décembre 1999 ; pour ensuite feuilletonner du 2000 AD #1174 au #1182.  Dixit R ennie lui-même, il s'est inspiré d'un auteur de récits de guerre nommé S ven H assel. Individu semble-t-il controversé, ses romans dépeignent une guerre menées par des repris de justice, ou des condamnés à la cour martiale, loin de l'idéal héroïque. Pour H assel, c...

Le Nom de la rose [Marjorie Liu / Daniel Acuña]

Techniquement, le récit épisodique intitulé « Le Nom de la rose », de M arjorie L iu et D aniel A cuña, est un scénario hitchcockien. En effet la scénariste utilise ce qu'on appelle communément un « McGuffin © ». Autrement dit ,un prétexte qui se révélera moins important que ce qu'il dévoilera. Portée par son personnage principal, les cinq numéros qui constituent ce recueil (traduit par S ophie W atine- V ievard), n'en négligent pas pour autant les envolées dynamiques conflictuelles, qui cimentent le genre. Natasha Romanov alias la Veuve Noire , déploiera toute la théâtralité de la violence dont elle est capable, pour arriver à ses fins. Tout en étant très dynamique, l'histoire de M arjorie L iu, qui plonge ses origines dans le monde romanesque de l'espionnage de la Guerre froide™, plutôt que dans l'univers des super-héros, s'attache plus à ce qui fait de son héroïne ce qu'elle est. Plutôt qu'à enchaîner les péripéties sans autre but qu'à ...

Cher pays de notre enfance [É. Davodeau / B. Collombat]

Particulièrement passionnant, j'ai pour ma part lu les presque 220 pages de cette bande dessinée (24 €, prix unique du livre), quasiment d'une traite, Cher pays de notre enfance revient sur une page de l'Histoire de France . Une Histoire parallèle, comme le laisse entendre la couverture de l'album, où non seulement le général D e G aulle est éclaboussé, mais plus encore peut-être ; où son regard, très inquiet, porte à son extrême droite. Là où la photo officielle le montre dans une attitude bien plus régalienne, regardant sur sa gauche. Bien que familier, par goût de l'Histoire, du Service d'Action Civique ( SAC ), et de l'affaire B oulin. Voire, grâce au cinéma de l'assassinat du juge R enaud, la minutie de l'enquête qu'ont menée B enoît C ollombat et É tienne D avodeau a été un rappel salutaire. Et surtout rempli de détailles dont je n'avais pas connaissance, ou que j'avais oubliés.  Le SAC donc, service d'ordre du mouveme...