Accéder au contenu principal

Peter Cannon : Thunderbolt [K. Gillen / C. Wijngaard]

Carburant à l'énergie fossile comme aucune autre industrie au monde, la BD étasunienne est aussi la championne du recyclage. Miroir solipsiste de ses propres péripéties, la bande dessinée mainstream (i.e. le genre dominant des super-héros) n'en finit plus de ressasser. 

Thunderbolt #1 (avec une couverture de Sean Phillips), commercialisé par l'éditeur Dynamite, en est un nouvel exemple. 

En effet, ce numéro commence là où se terminait la maxi-série Watchmen (ou presque). 
C'est de bonne guerre me direz-vous, puisque Peter Cannon (apparu pour la première fois en 1966), de la défunte écurie de l'éditeur Charlton, a servi de modèle à l'ex-Minuteman connu sous le pseudonyme d'Ozymandias, inventé par Moore & Gibbons. 
Dans une mise en abyme assez vertigineuse (que la sobriété des planches de Caspar Winjgaard, renforce d'autant plus que le dessinateur fait appel au découpage dit en « gaufrier » de 9 cases), Kieron Gillen, dont le scénario tient facilement sur un tweet™, s'amuse de la consanguinité super-héroïque avec un certain talent. 

Et parvient presque à me faire oublier que ce numéro de 22 pages aurait très bien pu tenir sur moitié moins. 

L'ambition affichée (il n'est pas le premier à se frotter d'une manière ou d'une autre à ce monument du 9ème art qu'est Watchmen), et un retournement de situation aussi bien vu qu'inattendu, procure à cette série un sauf-conduite pour le prochain numéro. Ce qui n'est pas peu dire dans un marché où l'offre dépasse largement la demande. 

La proximité qu'entretient Gillen avec Alan Moore (il fait partie du cercle restreint des scénaristes qui participent à l'aventure éditoriale de Cinema Purgatorio), laisse en tout cas présager une approche soignée du personnage, et de l'héritage de son aîné. 
Fingers crossed!

(À suivre.....)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...