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Spider-Woman, origines & anecdotes

... Une rumeur courrait, fin 1976 début 1977 : un projet de dessin animé était à l'étude (chez Filmation) dont le personnage principal devait s'appeler Spider-Woman.
En effet, cette société de production de dessins animés, qui produisait déjà une série combinant un dessin animé de Tarzan plus un autre de Batman avait dans l'idée d'étendre son écurie de personnages, mais cette fois-ci sans devoir payer de frais de licence comme avec l'Homme-Singe et le Caped Crusader. En créant quelques nouveaux personnages de son cru, dont ladite Spider-Woman.
Lorsque Stan Lee, qui occupait alors le poste de directeur des publications chez Marvel, eut vent de cette rumeur il demanda à Archie Goddwin, l'editor in chief en titre, d'assurer immédiatement la protection du nom, bien trop proche à son goût de Spider-Man, le fleuron de leur propre cheptel, en publiant une histoire avec un personnage ainsi nommé.
Quelques temps plus tard Lee réitérera cette démarche en inventant (avec John Buscema) She-Hulk, afin d'anticiper la création d'une contre-partie féminine au colosse de jade (par CBS ou Universal), qui rencontrait alors un certain succès à la télévision, et que Marvel puisse (surtout) en garder les droits. 
Tout comme avec Spider-Woman on est assez loin de l'élan féministe que l'invention de ces deux personnages pourrait laisser croire, à première vue. 
Mais Stan Lee ne voulait pas de quelque chose qui soit trop proche de la propre histoire de Spider-Man.

Archie Goodwin, avec l'aide de Marie Severin au design, et de Sal Buscema aux dessins de l'histoire proprement dite, concocta donc quelque chose de différent. 
De très différent même, puisque Arachnée (alias Spider-Woman) trompée par les malfaisants d'Hydra pour éliminer Nick Fury, apprendra à la fin de sa première aventure (Marvel Spotlight #32) qu'elle est, pour le dire rapidement, une araignée transformée en humaine (par le Maître de l'Evolution).
Ce numéro a paru dans la revue NOVA (n°34) publiée par LUG
Il semblerait que ce 32ème numéro de Marvel Spotlight se soit suffisamment vendu pour qu'une série dédiée à cette super-héroïne fut envisagée. Archie Goodwin, trop occupé ailleurs, passa la main au scénariste Marv Wolfman, lequel pris trois décisions :
Changer la stylique du personnage en permettant à son abondante chevelure de s'épanouir
Doter Spider-Woman d'un patronyme à partir du prénom de sa fille (Jessica) et de Nancy Drew (une jeune détective connue sous nos latitudes sous le nom d'Alice Roy)
Lui inventer une nouvelle origine

Avec le recul ce dernier point laisse songeur quand on sait ce que fera Alan Moore d'un contexte presque identique chez la Distinguée Concurrence.
Les quatre épisodes en question sont parus dans les n°27 & 28 de Hulk (série Flash) Arédit/Artima 
Wolfman retravaille donc un peu le personnage, et pour le prendre en main l'introduit dans l'une des séries qu'il écrit à l'époque, Marvel Two-in-One, où la Chose fait équipe avec les autres super-héros de la Maison des Idées. Convaincu par les quatre épisodes où Spider-Woman prête main-forte à la Chose, Wolfman s'adjoint le talent de Carmine Infantino aux dessins pour lancer la nouvelle série.

Je ne m'étendrai guère plus sur la série en elle-même (pour le moment), qui connaîtra différents scénaristes et au moins autant de dessinateurs jusqu'à ce qu'Ann Nocenti n'arrive en compagnie de Brian Postman pour en écrire les derniers épisodes. Un très court run qui fera l'objet de mon prochain Commentaire ©™.
Couverture originale de Jean Frisano

Toutefois j'aimerais m'arrêter un instant sur la manière dont peuvent être écrits les scénarios.

.... Dans le cas présent Wolfman explique qu'il a adopté une technique entre la « Méthode Marvel » dans laquelle le scénario assez bref laisse beaucoup de prérogatives aux dessinateurs. Le scénariste ajoute ensuite les dialogues, influencé par le travail du dessinateur, avant que les planches ne soient envoyé à l'encreur. Wolfman qui a débuté sa carrière chez DC Comics où l'on travaille plutôt en « full script », autrement dit le scénario envoyé au dessinateur détaille chaque case. Et tous les dialogues ainsi que les récitatifs y sont déjà présents avant que celui-ci ne commence à dessiner.
La couverture (inédite) du numéro où aurait dû apparaître Black Cat
Une petite anecdote en passant.
Au départ le personnage de Black Cat qui fera les beaux jours de Spider-Man avait été inventé pour être une adversaire de Spider-Woman (mais dans un style années 1940). Cependant, entre temps, Wolfman sera envoyé travailler sur l'une des séries du Tisseur, et avec l'aide de Dave Cockrum, il retravaillera son personnage pour en faire celui que l'on connait aujourd'hui.
Petit détail supplémentaire, lorsqu'il s'est agit d'inventer un patronyme au personnage le scénariste s'inspirera de Felix the Cat (pour Felicia) et des Hardy Boys (les héros éponymes d'une série de romans policiers pour la jeunesse) pour aboutir à Felicia Hardy. CQFD ! 
Au moment où il écrit Spider-Woman Marv Wolfman a adopté un style entre les deux méthodes. 

À savoir qu'il donne un scénario qui fait entre 8 et 12 pages pour 22 planches (ses homologues qui utilisent la « Méthode Marvel » écrivent plus volontiers des scénarios de 2 à 4 pages) mais il revient ajouter les dialogues après le passage de son dessinateur. Cela lui permet de mieux sentir ses personnages dira-t-il. 

En outre cette méthode sera plus facilement gérée par Carmine Infantino, qui ayant beaucoup travaillé chez DC Comics, avait plus l'habitude des « full script ».
Carmine Infantino & Tony de Zuniga (Nova n°35)
  .... Prochaine étape, le run proprement dit d'Ann Nocenti & Brian Postman.


(À suivre ......)

Commentaires

  1. Tu es un archiviste hors pair.
    Par contre, je n'ai pas saisi la référence à Allan Moore.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. [-_ô] Bienvenu amigo !

      Je traçais un parallèle avec Moore dans le sens où il a dû s'occuper de Swamp Thing, personnage qu'il a "transformé" en arrivant en un amas de végétaux et de boue qui se prenait pour un homme. Ici, garder l'idée d'une araignée devenue femme aurait été un sacré défi.

      Non !?

      Supprimer
  2. Aaaaah, dans ce sens-là, oui je vois pourquoi tu cites Moore.
    En effet, un défi de taille et vachement casse-gueule.

    RépondreSupprimer

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