Quatrième album de la collection intitulée « Champ d'honneur » commercialisée par Delcourt™, Camerone avril 1863, s’intéresse au combat héroïque d'une poignée de légionnaires français - à qui leur capitaine a fait promettre de se battre jusqu'à la dernière cartouche (devenu depuis le « serment de Camerone ») - face à un détachement de l'armée mexicaine de 2000 hommes. Combat héroïque certes, mais néanmoins défaite, devenue un mythe fondateur de la Légion étrangère.
D'autant que le Capitaine Danjou, qui commandait alors la 3e compagnie du 1er Régiment étranger - forte de 64 hommes - qui s'illustrera donc à Camerone (un village nommé aujourd'hui Camarón de tejeda, situé alors sur la route stratégique reliant la port de Veracruz à Puebla ) avait eu la main gauche mutilée 10 ans auparavant et qu'il portait désormais une main en bois articulée. Cette main sera retrouvée en 1865. Et deviendra une relique (dans tous les sens du terme).
Camerone est commémorée ( à ma connaissance) pour la première fois en 1906, par le lieutenant Léon François, alors en poste au Tonkin. Mais il faudra attendre 1931 pour que l'anniversaire de cette bataille devienne une tradition de la Légion étrangère.
Une tradition que l'on le doit au général Rollet, surnommé « Père Légion ». Lui aussi figure légendaire de la Légion.
Camerone est une histoire que je connais bien, mais le sacrifice de ces 65 soldats, quintessence de l'esprit de corps ne me laisse jamais de marbre.
Ajoutez la très belles couverture d'Ugo Pinson, et les page tout aussi magnifiques de Joël Mouclier que je n'avais certes qu'entrevues en feuilletant l'album, mais quand même. Et le nom de Thierry Gloris, scénariste qui s'est fait une spécialité des récits historiques, et qui est par ailleurs diplômé en Histoire. Un dossier historique sur le reste de la collection complète d'ailleurs l'album, rédigée par Marie Gloris, docteure en Histoire Contemporaine.
Bref du lourd, du beau et du solide.
L'album s'ouvre même avec une citation de Jules Michelet (supra) !
Mais comme vous le savez sûrement, « aucun plan de bataille ne survit au premier contact avec l'ennemi », comme l'écrivait le maréchal Helmuth Karl Bernhard von Moltke en 1871.
Et tenez vous bien, je n'avais même pas conscience d'être en face d’ennemis.
Mais force est de constater que c'était bien le cas.
« la conquête de l'Algérie débutait [..] par le débarquement de l'armée d'Afrique [...] était initié [..] afin d'occuper les instincts revanchards des anciens grognards [...] » ; cette phrase figure dès l'entame de la première page comme vous pouvez le constater ci-dessus.
Et tout est faux.
En 1830 l'Algérie n'existe pas, il s'agit alors de la Régence d'Alger, une province de l'Empire Ottoman. Cette régence n'a par ailleurs rien de nationale ou de démocratique. Ses frontières sont très loin d'être celles d'aujourd'hui. C'est au contraire la France qui a créée l'Algérie telle qu'on la connait. Même son nom a été forgé par un français, le général Soult.
Écrire que la conquête est un exutoire aux « instincts revanchards » des grognards de Napoléon 1er c'est faire fi des razzia des pirates barbaresques, dont la ressource principale tenait à la traite d'esclaves chrétiens. Des milliers d’Européens furent ainsi enlevés et réduits en esclavage dans les bagnes d’Alger.
C'est oublier le « coup de l'éventail », les différends au sujet du Bastion détenu, à l'est de Bône, par la France, etc.
Et surtout, en 1830, la France n'a aucune volonté de coloniser ce qui deviendra donc l'Algérie.
Avec la même malveillance, Thierry Gloris fait parler Jean Danjou, qui hormis peut-être des lettres à sa famille, n'a - à ma connaissance - pas laissé de témoignage écrit.
« J'étais jeune et utopiste. Je croyais naïvement à la Mission civilisatrice de la France sur la barbarie » dit donc Gloris avec par la voix de Danjou. Je précise toutefois que la « mission civilisatrice » (ou le colonialisme) est essentiellement une demande impérative de la gauche française.
« J'étais jeune et utopiste. Je croyais naïvement à la Mission civilisatrice de la France sur la barbarie » dit donc Gloris avec par la voix de Danjou. Je précise toutefois que la « mission civilisatrice » (ou le colonialisme) est essentiellement une demande impérative de la gauche française.
Or donc, Danjou était un « utopiste » naïf. sans rire !
On parle pourtant d'un jeune homme qui s'est engagé dans l'armée, y est devenu officier, a perdu sa main gauche, qu'il a remplacée par une prothèse, qui après avoir été mis en non-activité rempile (avec sa prothèse), participe à la campagne d'Italie de 1859, et meurt en avril 1863 dans les conditions courageuses déjà décries.
Donc, cette homme-là, se décrirait lui-même comme un « utopiste » naïf, et critiquerait la France de son temps !? On vit décidément un drôle d'épwoke.
Comme le disait fort justement Ambrose Bierce : « Dieu seul connaît l’avenir, mais seul un historien peut modifier le passé ».
Mais en matière de sabotage culturel ce n'est pas le pire que j'aie lu. Cela dit je ne suis pas allé plus loin que la première page de Camerone avril 1863.
Mon abnégation a aussi des limites.
Contrairement donc à la trilogie Le Dernier Atlas que j'ai lu en entier donc, et qui pousse la haine de la France dans ses derniers retranchements. Un cas d'oikophobie grave.
Qui semble toutefois motivé, à la lecture de quelques entretiens donnés à la presse, par le mutisme de deux des pères des auteurs, qui avait donc à leur époque, participé à la guerre d'Algérie.
Les motivations de l'Anti-france progressiste tiennent finalement à peu de chose.
Bon, je ne résiste pas à un dernier exemple - discret certes, mais tout aussi destructeur, du talentueux Xavier Dorison [Pour en savoir +].
Bon, je ne résiste pas à un dernier exemple - discret certes, mais tout aussi destructeur, du talentueux Xavier Dorison [Pour en savoir +].
Ça se passe dans l'album Les Gorilles du Général, on y voit Max Milan et Jacques Foccart en grande discussion (ci-dessus). Ce dernier, une légende du gaullisme qu'on ne présente pas, tient le discours suivant (infra): « "La victoire" ?!! Ha ha ha ! Non ... Il n'y a que les militaires qui sont assez cons pour croire qu'ils ont une chance ... on ne gagnera pas cette guerre, jamais [...] ».
Et pourtant si.
La guerre a été militairement gagné par la France. C'est assez documenté (mais c'est vrai aussi que les faits et le progressisme ne font pas bon ménage)
Croire que le Général De Gaulle se serait assis à la table des négociations sans avoir arraché la victoire, est d'une méconnaissance de « l'homme du 18 juin » qui mérite le peloton !
Croire que sans victoire militaire, la France aurait pu négocier une partie du Sahara pour ses essais nucléaires, jusqu'en 1966, mérite de se faire atomiser.
Croire que Foccart tiendrait ce genre de discours, quand bien même ce serait vrai, est un cas de cour martiale.
Et enfin et surtout, l'Armée française a tellement impressionné pendant cette guerre d'Algérie que son modèle a été exporté dans la plupart des armées occidentales.
À tel point que le général américain David Petraeus préconisait de s'inspirer des méthodes la guerre contre-insurrectionnelle françaises [Pour en savoir +], alors qu'il était à la tête du commandement des opérations en Irak et en Afghanistan.
Comme vous le voyez, le progressisme en veut particulièrement à la France, surtout lorsqu'il s'agit de conquêtes militaires, et encore plus - si cela est possible - dès qu'il est question de l'Algérie.
Il ne recule devant rien, soyez prudent !






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