mercredi 15 juillet 2015

Predestination (Michael & Peter Spierig)

"Pour sa dernière mission un agent temporel doit capturer un dangereux criminel", tel est le résumé succinct de Predestination, des frères Spierig (dont j'avais bien aimé Daybreakers, déjà avec Ethan Hawk) ; un film de science-fiction plutôt astucieux (il s'inspire d'une nouvelle de Robert A. Heinlein que je vous propose maintenant).

L'un des intérêts des films de voyages dans le temps c'est de voir comment le scénariste va s'affranchir des paradoxes temporels inhérents à ce type de production cinématographique.
Ici Michael et Peter Spierig (bien aidés par Heinlein) livre une histoire très bien ficelée et captivante, à l’atmosphère un brin oppressante.

Luc Boltanski propose d'opérer une distinction, fondamentale à ses yeux, entre la réalité et le monde. La première renvoie à ce que chacun se représente comme étant "normal", une situation tissée d'évidences mais qui résulte en fait d'une construction sociale cadrée par les institutions. Autrement dit : une sélection dans l'immensité des possibles qu'offre le monde (voir infra), de certains éléments organisés en fonction de formats préétablis. Alors que le second, le monde, désigne tout ce qui arrive : le flux de la vie, incertain par nature, qui se manifeste sans formatage préalable et échappe à tout projet de connaissance totale.

La réalité que nous connaissons, ou plutôt que nous avons connue (les années 1980) est légèrement différente de celle des protagonistes de Predestination (du fait de l'invention du voyage dans le temps) ; et cette "divergence" est très bien amenée, tout en douceur.
L'interprétation et la mise en scène plutôt sobre est aussi à la hauteur de cette ingénieuse histoire de S-F somme toute assez iconoclaste.
En conclusion Predestination est un un film que l'on peut voir, cela a été mon cas, et je ne le regrette pas. [-_ô]

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup le cinoche de genre australien, et les Spierig en sont de bons représentants actuels. Même s'ils ne sont pas sans défauts, j'avais bien aimé leurs deux premiers films. Et comme j'ai l'impression qu'ils s'améliorent à chaque film, je devrais prendre encore plus de plaisir avec "Prédestination"....

    Et merci pour la nouvelle, Artie !

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