Accéder au contenu principal

Inavouable [Zygmunt Miłoszewski/Kamil Barbarski]

••• Délaissant le procureur Teodore Szacki, le personnage principal de déjà trois excellents romans, également traduits du polonais au français par Kamil Barbarski, le romancier Zygmunt Miłoszewski a pris une pause, comme il l'écrit dans la postface du résultat de ladite pose.
En effet, Inavouable tient plus du thriller que des romans policiers auxquels il nous avait habitué.

Le pitch est assez simple : trois mousquetaires qui pour le coup respectent la parité homme/femme, sont envoyés en mission. Leur but ?
Ramener le plus vieux prisonnier de guerre polonais au pays. Inutile de vous dire que cette mission, s'ils l'acceptent, se déroule de nos jours, et que le gouvernement polonais niera toute implication s'ils devaient échouer.

Si on peut supposer que Zygmunt Miłoszewski s'est laissé la bride sur le cou pour cette pause, son roman épouse également cet état d'esprit et file à 100 à l'heure. Ce qui n'empêche pas l'auteur de camper des personnages dont je gage que vous vous soucierez comme je l'ai fait, et de dessiner un arrière-plan géopolitique toujours aussi captivant. Mais jamais gratuit.
Ceux-ci sont tellement convaincants, ainsi que l'intrigue, qu'il m'a été difficile de faire la part du vrai et du faux.

Même le dénouement, aussi surprenant et incroyable qu'il soit, m'a laissé un petit doute.

••• Inavouable est le quatrième romans écrit par Zygmunt Miłoszewski que je lis, inutile donc de vous dire tout le bien que je pense de cet auteur.   
Par contre, si vous avez un petit creux dans vos lectures et que vous n'avez jusqu'à maintenant rien lu de lui, n'hésitez pas à tenter l'aventure.

Mais attention, ça risque de vous plaire.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Alignement des équinoxes [Sébastien Raizer]

Vous l'avez sûrement constaté, Maurice G. Dantec n'a pas publié de livres depuis quelques temps. Fort heureusement, pour les amateurs qui ont pris plaisir à lire Les Racines du Mal ou encore Babylon Babies, Sébastien Raizer vient, avec L'Alignement des équinoxes, à la rescousse des lecteurs en manque.
••• Ce roman, d'abord publié à la Série Noire, sous les auspices d'Aurélien Masson, à qui il est par ailleurs dédié, est le premier d'une trilogie, dont la lecture contentera amplement ceux qui ne voudront toutefois pas poursuive l'aventure des tomes suivants.
Néanmoins, le cœur du réacteur qui le propulse, dans lequel on trouve aussi bien Mishima, Philip K.Dick, William S. Burroughs ou encore Robert Anton Wilson, pour ne citer que les plus évidents ; dispose d'une telle puissance diégétique que je ne doute pas le moins du monde que Sagittarius et Minuit à contre-jour, les deux romans qui suivent respectivement L'Alignement des équinoxes, soient tout au…

Porté disparu [Lauren Beukes / Luc Kenoufi]

Extrait du cinquième numéro de la revue numérique de science-fiction Angle Mort, je viens de lire Porté disparu une nouvelle de Lauren Beukes, traduite par Luc Kenoufi.
       Tout en ayant déjà entendu parler de cette autrice sud-africaine, c'est en lisant un numéro anniversaire de l'hebdomadaire anglais 2000 AD, où elle y a écrit une courte histoire autour du personnage de Durham Red, que l'idée m'est venue de me pencher plus sérieusement sur son travail.

Et je n'ai pas été déçu. 

Alors même que l'inspiration de Lauren Beukes, pour la nouvelle dont il est question ici, semble reposer sur une infox (fake news), celle dite de « l'expérience de Standford », menée par Philip Zimbardo. 

       Je ne vais pas ici relater ladite expérience (dont on trouve sur l'Internet, moult descriptions), mais pour le dire rapidement, elle a démontré que tout homme, placé dans certaines situations, peut se transformer en monstre. Ou dit autrement par Thibault Le Texier «l’enf…

Survivors' Club [L. Beukes / D. Halvorsen / R. Kelly] Vertigo

Pensée a priori sur le long terme (ongoing serie) Survivors' Club ne connaitra en définitive que 9 numéros. Écrite par Lauren Beukes et Dale Halvorsen, sur une idée de départ de ce dernier, cette série, estampillée Vertigo, peut se résumer à : « Que sont devenus les protagonistes survivants des films d'horreur des années 1980 ? ».
C'est en regardant l'un des films de la série Chucky que Dale Halvorsen a commencé à réfléchir à ce qui deviendra finalement Survivors' Club. Rien d'étonnant à ce qu'un des personnages fasse justement penser à la célèbre marionnette.
En fait, chacun des personnages du Survivors' Club est une transposition d'un archétype de film d'horreur. Réunis sur un thème tout aussi connoté, la série prend tout son ampleur à partir du quatrième numéro, et s'émancipe, pour le meilleur, de son pitch liminaire. Lequel n'était pas honteux non plus.
Non pas en le reniant, mais en y apportant ce qui est à mes yeux la touche d'or…