Accéder au contenu principal

L'Homme aux colts d'or [Pascale Ruju / R.M. Guéra / Matteo Vattini / Salvatore Biddau]

En 2021, la bande dessinée est certainement le dernier bastion du Western. Et Tex Willer l’un de ses plus vieux durs-à-cuire encore en activité, que ses soixante-treize ans d’aventures n'ont guère transformé en pied-tendre. 
Quelque part au Texas .......... 
            Encore une fois Tex Willer et cette vieille branche de Kit Carson arrivent trop tard.
Enfin pas tout fait. 
L'unique survivant d'un raid meurtrier, qui n'a pas plus épargné les hommes que les bêtes qu'ils convoyaient, a tout juste le temps de leur apprendre qui est l'assassin que les deux Texas Rangers poursuivent depuis quelque temps sans succès, avant de passer l'arme à gauche. Une révélation qui ramène KitCarson des années en arrière, alors qu’il était un tout jeune Ranger
La vengeance est un plat qui se mange froid ...... 
            Certaines histoires vous saisissent par leur inventivité, d’autres par le tour de force que leurs impriment ceux qui les racontent, quand bien même leur trame apparente laissait présager plus de déception que de satisfaction.
Alors que les prémices invitaient donc plutôt à une perte de temps, Pascale Ruju, épaulé par la mise en récit captivante et brutale de R.M. Guéra, nous force à baisser notre garde, jusqu'au surprenant basculement d'un scénario certes agréable donc, mais un poil convenu jusque-là. Well done!   
Si la puissance narrative des planches de R.M. Guéra est incontestable, la colorisation de Matteo Vattini lui donne toutes les nuances que l'on est en droit d'attendre d'un récit plus subtil qu'il n'en a l'air.
            En somme, « L'Homme aux colts d'or » est un 48 pages auquel je ne regrette pas d'avoir donné sa chance.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Atlanta Deathwatch [Ralph Dennis]

Dans le courant des années 1970, un sous-(mauvais) genre populaire promettait des romans d'action au format « poche » ( paperbacks ), sous des couvertures aussi aguichantes que ce que s'attendait à y trouver les amateurs, essentiellement masculins, de ce type de lecture.  Prétexte à des scènes plus « chaudes » les unes que les autres, l'action (qui prenait souvent l'apparence d'une violence complaisante) n'y était là que pour empêcher lesdits romans d'être exclusivement vendus dans les sex-shops . Ou peu s'en faut.  Toutefois au sein de cette production standardisée (et nombreuse), certains auteurs arrivaient à sortir du lot en produisant des récits hard-boiled qui n'avaient rien à envier à ceux des maîtres du genre - H ammett, C handler pour ne citer qu'eux, mais dans un registre un peu différent.  R alph D ennis (1931-1988) était de ceux-là.              Jim Hardman est un ex-policier dans la quarantaine, détective privé sans licence, du moins

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er