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Act of Valor : Les soldats de l'ombre

En 2007, Mike McCoy et Scott Waugh, de Bandito Brothers Production™, filment une vidéo de recrutement à la gloire des Special Boat Teams. Ces unités de la Marine américaine qui opèrent sur de petites embarcations très rapides et fortement armées, notamment en soutien (infiltration / exfiltration) aux Navy SEALs.
La fréquentation des membres des Special Warfare Combatant-craft Crewmen (SWCC) et des SEALs donne alors aux deux hommes l'idée et l'envie de faire un film de fiction sur ces unités.
Pour plus authenticité McCoy & Waught choisiront de faire appel à des militaires en activité et à des acteurs qui ont servi dans ces unités. 
Le scénario sera écrit par Kurt Johnstad qui avait auparavant participé à celui de 3002006, et qu'on retrouvera plus tard sur l'excellent Atomic Blonde2017
            L'accroche du long-métrage est très simple : un agent - Lisa Morales (Roselyn Sánchez)  - de la CIA, infiltré auprès d'un trafiquant de drogue, a été capturé, charge à la section « Bandito » des Navy SEALs de le récupérer. Lors de l'opération le commandement s'aperçoit que Lisa Morales a en sa possession des informations qui laissent présager qu'un vaste attentat islamique sur le sol U.S. est en cours.
Redéployée immédiatement, la section « Bandito » devra lui faire échec.
Cette simplicité ne joue d'ailleurs pas en faveur du film, car pour rendre attrayant ce scénario il va falloir faire montre de beaucoup de talent pour conjurer la sensation de déjà-vu qui sinon ne manquerait pas de contaminer les spectateurs.
Le résultat sera un manifeste contre-culturel évident, ce qui ne l'empêchera pas d'occuper en février 2012 la tête du Box-office® nord-américain. 
            « Act of Valor2012 » est en effet un film qui prône des valeurs qui se sont faites très très discrètes ces derniers temps : l'honneur, le sens du sacrifice et du devoir, le poids de la parole donnée, la tradition, l'importance de la filiation et du symbolique. Des qualités qui dans le meilleur des cas aujourd'hui, font rire ricaner. 
D'autant qu'elles sont portées par des militaires, qui s'ils n'occupent pas tout à fait la même place de la police dans l'idéologie dominante (« La police tue ») n'en sont pas moins regardés d'un très sale œil.
Sauf s'ils sont anti-militaristes (sic) ou atteints de stress post-traumatique. Voire, ces derniers mois, ukrainiens.
Bref, l'esprit de corps, et la virilité (forcément toxique) que l'on associe communément aux soldats, et qui sont présents dans « Act of Valor » ne favorisera pas une appréciation positive 10 ans après sa sortie du grand écran. 
            Difficile de dire si la distribution en grande partie composée donc de militaires ou d'ex-soldats apporte une plus-value aux nombreuses scènes d'action, mais force est de rendre compte qu' « Act of valor » fait partie des films de guerre les plus spectaculaires et immersifs que j'ai vus.   
L'arrivée des embarcations dites special operations craft-riverine de la Special Boat Team 22 est au moins aussi, sinon plus sensationnelle que l'attaque des hélicoptères au son de la « Chevauchée des Walkyries » d'Apocalypse Now
Le fond sonore de la scène y est tout aussi important et mis en scène que dans le film de Coppola, sauf que dans le cas d' « Act of Valor » c'est le bruit des moteurs et des mitrailleuses M240 qui s'en chargent. Saisissant !  
            Rythmé par une lettre écrite au fils d'un des militaires qui ont été déployés sur le terrain, il se termine par la récitation du poème « Vis ta vie » du chef Shawnee Tecumseh,
« Act of Valor » est un long-métrage épique et élégiaque.
Il propose à l'écran toute la panoplie opérationnelle des SEALs, avec un sens de la mise en scène et du découpage époustouflant, et surtout lisible.
Quant à l'interprétation, attendez-vous à quelque chose qui a à voir avec la Méthode© de Strasberg & Stanislavski car après tout, ces hommes jouent leur propre rôle. À défaut de leur peau. <sourire>

    
 

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