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Articles

Black Monday Murders t1 [J. Hickman/T. Coker]

•••• J onathan H ickman utilise pour sa nouvelle série, prévue en (au moins) 12 numéros, le phénomène, bien connu des lecteurs de science-fiction, dit de la réification. Quand bien même Black Monday Murders tient-elle plus du fantastique que de la SF. Pour le dire autrement, il n'est plus question ici d'interprétations symboliques ou allégoriques des métaphores, mais de les prendre au pied de la lettre, et d'en faire des situations concrètes. Matérielles. Ainsi l'idée nietzschéenne que « Dieu est mort » devient-elle tellement concrète, dans le cas d'une réification, que son corps est trouvé flottant dans l'océan. Il faudra donc le remorquer au-delà du cercle polaire, pour empêcher qu'il ne se décompose [ En remorquant Jéhovah / J ames M orrow].  C'est cette inversion du point de vue qui provoque (ou devrait provoquer) la sidération cognitive des lecteurs. Laquelle commence dès la couverture du recueil de la série, qu'il faut prendre au 1 er d...

Les Enfermés [John Scalzi/Mikael Cabon]

•••• L e roman policier de type whodunit , mystère en chambre close, etc. n'a pas attendu le XXI ème siècle pour intéresser les auteurs de science-fiction. Qu'on pense à A simov, P hilip K . D ick ou encore à P oul A nderson pastichant Sir A rthur C onan D oyle, voire plus récemment les enquêtes de Greg Mandel . Sans oublier le Voleur quantique [ Pour en savoir + ], bref l'enquête policière ou le roman criminel, a très tôt été « upgradée » en une version SF™, tout à fait compatible avec les standards imaginés par A llan E dgar P oe.        Ainsi les auteurs qui restent dans la veine traditionnelle, et ceux qui extrapolent un futur plus ou moins proche, des univers parallèles ou des planètes lointaines, ont-ils les mêmes préoccupations : donner l'impression que les lecteurs peuvent eux aussi, à l'instar du ou des enquêteurs, découvrir le ou les auteurs des crimes commis. En outre, rétrospectivement, l'enquête doit rester suffisamment solide pour conti...

Normal [Warren Ellis/Laurent Queyssi]

•••• L 'acteur et scénariste P atrick M c G oohan semble avoir aujourd'hui définitivement abandonné l'idée de poursuivre sa série culte. Dommage ! Fort heureusement, W arren E llis vient, avec la novella dont il va être question ici, de me reconnecter avec ce sentiment -inégalé- de malaise et de paranoïa propre au Village et à la Guerre froide. Si Normal , un peu moins de 200 pages au compteur, m'a évoqué cette vieille série télévisée, le propos d' E llis est pourtant l'exact contraire d'une réminiscence passée.        En effet, obnubilé *   par le futur, le quinquagénaire natif de l' Essex en fait un objet de hantise. Sentiment, cela dit, assez unanimement partagé. De fait, qui n'a jamais eu peur de l'avenir !? Si le fantastique a, en très grande partie, bâti son succès sur les châteaux et autres lieux hantés par un passé qui -justement- ne passait pas, W arren E llis construit (d'une manière que je vous laisse découvrir) a co...

Les Enquêtes de Douglas Brodie [Gordon Ferris]

Kilmarnock est une ville (ou plus exactement un burgh ) de l' East Ayrshire en Écosse , laquelle a la particularité d'avoir vu naitre G ordon F erris, ainsi que son héros Douglas Brodie . Mais également le poète & romancier W illiam M c I lvanney, à qui on attribue d'avoir inventé ce qui deviendra le « Tartan noir », lorsqu'à la fin des années 1970, il écrit la première enquête de l'inspecteur Jack Laidlaw . Mais si le monde est petit, il n'est pas simple, et c'est I an R ankin, mondialement connu pour son flic écossais John Rebus , qui nommera ainsi ce courant du Roman noir.        La scène se déroule il y a déjà quelques années, à Nottingham , lors d'un festival du polar. R ankin sollicite de J ames E llroy une dédicace, tout en lui expliquant que lui aussi écrit des Romans noirs. Centrés sur Édimbourg , ils explorent le côté sombre de l' Écosse ; « vous pouvez appelez ça le Tartan noir » dit-il à un E llroy qui rigole, et dédicace so...

Aleister & Adolf [D. Rushkoff/M.A. Oeming] Wetta

L a danse macabre de l'occultisme et du national-socialisme, aussi anecdotique qu'elle fut, n'en occupe pas moins une importante place dans l'imaginaire collectif occidental. À un point tel, qu'on en prendrait facilement n'importe quelle vessie pour une lanterne.  Difficile en effet d'y voir clair dans cette relecture à rebours de l'Histoire, mais dont le pire danger serait d'euphémiser le régime nazi. Lequel, mais est-il nécessaire de le rappeler, s'est constitué sur l'antisémitisme et le racisme. •••• F ort heureusement, D ouglas R ushkoff & M ichael A von O eming s'en abstiennent. D'autant plus facilement, que leur propos, et leur point de vue est ailleurs. Ceci étant, ils ne se gênent pas pour surfer sur une relecture tout aussi fantaisiste de la Seconde guerre mondiale. Ce qui est, si j'ose dire, de bonne guerre, puisque jusqu'à preuve du contraire Aleister & Adolf (traduit par H ugo P eronnet pour les ...

Goliath [Saison 1] David E. Kelley/Jonathan Shapiro

•••• J amais cela ne m’avait frappé autant, avant de regarder la première saison de Goliath , une série télévisée de 8 épisodes. Mais depuis au moins la création de D avid E . K elley & J onathan S hapiro, je regarde les séries télévisées judiciaires d’un autre œil ; lesquelles ne semblent pas avoir finalement de différence de nature avec la fantasy mais tout au plus, de degré.  « Expecto Patronum ! »          Certes, il s’agit ici d’une fantasy urbaine et contemporaine, mais dans laquelle les articles de loi, les recours, la jurisprudence, etc. , que se jettent aux visages les avocats des parties adverses n’ont rien à envier aux formules magiques de tel ou tel magicien. Il faut voir, dans Goliath justement, Billy McBride (alias B illy B ob T hornton) circonvenir le juge Roston Keller (dans le deuxième épisode) à coup de « précédents » et d’articles de loi comme autant d’abracadabras performatifs * .  La parenté es...