lundi 31 mai 2010

dimanche 30 mai 2010

Bob Marone


.. Bob Marone et son fidèle partenaire Bill Gallantine sont de retour dans une belle réédition. Dargaud a par ailleurs eu l'excellente idée de pasticher la couverture de la collection Marabout Junior, où au demeurant ont paru les aventures de Bob Morane, l'aventurier ici parodié.

Le célèbre commandant Marone va se retrouver dans une aventure que n'auraient pas renié Ray Bradbury, Arthur Conan Doyle ou Henri Vernes lui-même ; qui dés 1954  publie sous le pseudonyme de Ray Stevens un essai À la recherche du monde perdu, dans lequel il s'interroge sur la possible survivance des dinosaures en Afrique, sur la réalité historique de l'Atlantide ou encore sur l'existence du Yéti ou sur le continent Mu. Tout une thématique que l'on retrouvera dans les premières aventures de Morane, et en filigrane dans celle de Marone.

.. Il est cocasse de constater que si le sexe est plutôt absent des aventures de Bob Morane, il n'en est pas de même pour le commandant Marone. La cocasserie de la situation apparaît pour peu que l'on sache que la parodie de Yann, Conrad & Lucie est née au début des années 80 ; alors qu'au même moment (ou presque) les éditions du Fleuve Noir publiaient les aventures de Don signées de Jacques Colombo, pseudonyme d'Henri Vernes. Un personnage évoluant dans un monde particulièrement violent, et surtout nimbé d'un érotisme torride ; et dont les aventures réutilisent des passages repris de Bob Morane et des allusions discrètes à l'entourage du Commandant. De là à penser que Don est un pastiche grim &; gritty  de Morane il n'y a qu'un pas. 



.. C'est dans les "hauts de pages" de l'hebdomadaire SPIROU (1981) qu'apparaissent  pour la première fois Marone & Gallantine, des "hauts de pages" que cette réédition à la bonne idée de nous faire profiter, avec des pages inédites, des "crobards ou encore des publicités. Le tout agrémenté de légendes tout à fait dans l'esprit de l'histoire qui précède. Oui il se trouve que les suppléments sont à la fin du volume, après l'histoire Le dinosaure blanc

Et l'histoire me direz-vous !?

La voilà .... (cliquez pour une meilleur lisibilité)

     

... ce n'est pas suffisant ?



C'est mieux, c'est plus complet ...



Allez, une petite derniére pour la route ..



L'amateur de Bob Morane peut lire l'étude de Francis Valéry consacrée au personnage dans la collection HEROS .. Car rien n'a d'importance (éditions) , le BOB MORANE & Henri Vernes de Jacques Dieu chez Glénat ainsi que le dossier (n° 4) de la revue PHENIX, Claude Lefrancq éditeur. 
Et bien sûr les romans d'Henri Vernes.

Illustration sonore par King Khan & His ( Sensationnal) Shrines.

samedi 29 mai 2010

Singleton & Trelawney

... Andrew Singleton et son associé James Trelawney, sont deux détectives de l'occulte qui habitent Londres au cœur des années 30. Leurs aventures : Le fantôme de Baker Street, Le Judas belge, Les portes du sommeil, etc ... sont racontées par Andrew Singleton et publiées par Stanley Cartwright. Des aventures qui comme le précise dans son avant-propos monsieur Cartwright soumettent notre entendement à rude épreuve et Le Diable du Crystal Palace  semble ne pas déroger à cette habitude.
Disparition étonnante, apparition mystérieuse d'un animal disparu depuis prés de 20000 ans, du moins selon un témoin ... Londres paraît toujours baignée d'une inquiétante étrangeté aux yeux de notre duo de détectives. 
Si cette enquête est de la même eau que les précédentes, et les 100 premières pages me portent à le croire, messieurs Singleton & Trelawney vont encore prouver que l'univers est en réalité plus splendide et plus terrible que nous le rêvions, et c'est tant mieux. 

jeudi 27 mai 2010

FlashForward (2)







.. Si le roman de Robert J. Sawyer envisage la possibilité d'une vision de l'avenir pour l'humanité entière (ou presque), ainsi que ses conséquences, je vais pour ma part vous donner un bref flash de mon passé.
FlashForward a tenu les promesses que j'avais placées en lui. Ce roman de presque 380 pages dans un format poche au prix de 7 €uros est un bon moment de lecture. Sawyer explore avec beaucoup d'à propos les multiples retombées de cette brève vision de l'avenir en se concentrant plus particulièrement sur un noyau de scientifiques.
L'avenir est-il déjà écrit ?  Et s'il n'est pas écrit qu'on vu tous ces gens ? S'il est écrit peut-on le récrire ?
À quoi ressemble notre univers ? Outre ces questions, les personnages se heurtent aussi à des questions plus terre à terre, plus triviales. Bref tout ça se tient excellemment bien, jusqu'à l'explication du pourquoi et du comment que j'ai trouvée tout à fait satisfaisante.
Je vais pouvoir retourner voir la série télévisée éponyme.


video

mercredi 26 mai 2010

Carmen mc Callum T10


 ... Fred Duval, Emem & Pierre Schelle nous offrent une très belle prestation sur le 10ième album de Carmen mc Callum. Je dois dire que si j'ai un peu perdu le fil de l'histoire (n'ayant pas les albums précédents sous la main), cette aventure est tellement réussie que cela ne pose aucun problème de lecture.

L'aspect le plus notable de ce tome est sans aucun conteste le vent.
Les trois auteurs l'utilise avec une telle maîtrise qu'elle ne peut que rendre optimiste le plus impétueux des lecteurs. Ce facteur climatique devient un acteur à part entière, un élément primordial du scénario. Il est de tous les fronts, freinant certains personnages dans leur actions, leur donnant une opportunité imprévue ensuite bref, du grand art. Tout cela magnifiquement mis en image par Emen. On a par ailleurs droit à plusieurs pages sans récitatif, ni dialogue, qui laissent éclater son talent.Tout simplement remarquable. 
Le travail de Pierre Schelle sur les couleurs est somptueux apportant une atmosphère, un rendu de toute beauté.  


Un autre aspect, tout aussi remarquable, est l'utilisation de la psychogéographie.
Pour les béotiens en la matiére, permettez-moi d'éclairer votre lanterne.

.. Si la carte n'est pas le territoire, elle est bien plus dés lors que l'on s'intéresse à la psychogéographie, c'est à dire la cartographie culturelle et évènementiel d'un lieu donné. Ainsi donc, ajoutant à l'aspect géologique la psychogéographie prend en compte les strates culturelles et les sédiments d'événements qui se sont succédés en un endroit donné. Si le relief du terrain influence le pas du cartographe, les évènements passés et ceux qui les ont vécus, ainsi que les symboles qui peuplent un endroit influence le psychogéographe. Les lieux où nous vivons, que l'on visite sont de véritables champs de signifiés et de symboles. Même quand ils nous échappent. 
Par exemple, Carmen mc Callum en ressent les effets lorsqu'elle se rend compte qu'elle est victime de visions, visions qu'elle rapproche immédiatement du mazzérisme, le don de prophétie des habitants de l'Île de Beauté.  Pour simplifier le mazzeru est une sorte de chaman, qui dans ses rêves part chasser. Le premier animal qu'il rencontrera, il le tuera. Et dans la gueule de cet animal, il verra le visage d'une personne qu'il connaît et qui va mourir. Il devra alors aider celle-ci à "passer de l'autre côté".
 
Victime de vision, Carmen ne va pas chercher midi à quatorze heures. Elle sait qu'elle ressent au plus profond d'elle la puissance de la culture insulaire. Un peu comme Jack Torrance, lorsqu'il devient le gardien de l'hôtel Overlook dans le film Shining, ressent les effets du passé de cet hôtel.
Pour ceux qui sont intéressés par le sujet j'en ai parlé ici il a y quelques temps.

.. Or donc, un bel album que j'ai lu avec énormément de plaisir, plaisir qu'il ne tient qu'à vous de ressentir aussi.

Merci de votre attention.

mardi 25 mai 2010

Histoire de fesses





Une fesse droite rencontre une fesse gauche ; 
tu ne trouves pas que ça pue dans le couloir !?

lundi 24 mai 2010

Valhalla Rising



.
.. Autour de l'an mil un guerrier invincible, silencieux, et sans nom, est prisonnier d'un clan viking. Utilisé pour subvenir à la survie du clan,  il s'évadera et entreprendra un voyage jusqu'aux confins du monde


Tourné par Nicolas Winding-Refn juste  après Bronson, Valhalla Rising garde une approche sensiblement identique. Si Bronson nous racontait l'histoire du détenu le plus célèbre d'Angleterre au travers sa propre subjectivité. Ainsi l'esthétisme et la mise en scène du film étaient-ils le reflet de son paysage psychique.
Valhalla Rising adopte la même dynamique, le monde est vu au travers l'œil unique (et pour cause) d'un prisonnier (mais pas n'importe quel prisonnier, un dieu) mutique.

Le film commence en territoire connu, du free figth à la sauce viking. Il y a bien quelques visions surprenantes mais il faut attendre que One-Eye,  s'affranchisse de ses chaînes pour que nous quittions définitivement le monde des hommes pour entrer dans le territoire du symbolique.

Vous l'avez compris One-Eye, surnom donné au prisonnier par l'enfant qui va l'accompagner dans son périple est sans nul doute Odin. Ses visions et son œil manquant sont des indices évidents. On peut ainsi penser que ce dieu nordique est prisonnier des hommes depuis tellement longtemps qu'ils ont oublié qui il est. 
Si l'idée d'un dieu est un dieu, l'oubli progressif et la venue d'un dieu unique l'ont sérieusement affaiblit. On remarquera cependant que le clan utilise des runes pour le garder captif, gage d'une encore grande puissance.

Dans un premier c'est sous  l'apparence du Einhedjar, le combattant unique ; ou celle des fameux  Bersekir dont on nous dit dans l'Ynglinga Saga  qu'ils  partent nus au combat, sans armure ni cuirasse, simplement revêtus d'une chemise d'ours, enragé comme des fauves, mordant leur bouclier, tuant tout sur leur passage, massacrant bêtes et homme ; ni le fer ni le feu ne peuvent rien contre eux, ils sont invincibles, que nous apparaît Odin.

Certes, One-Eye ne porte pas de "chemise d'ours" mais la façon dont il est tenu par ses geôliers est particulièrement parlante, ainsi que la violence dont il fait preuve :


Il incarne  ici cet "état de transe, de fureur démesurée, quasi démente [...] qui dédouble ou multiplie ses possibilités, le rend capable d'exploits hors de portée du commun des mortels [..]".

Autre indice, lors de plusieurs entretiens Nicolas Winding-Refn parle de son film comme d'un "trip sous acide". N'oublions pas qu'en vieil islandais Odin est le passé de -od- du verbe vada qui signifie aller, dans le sens de quelqu'un qui est "parti" sous l'action de l'alcool ou d'hallucinogènes. Par ailleurs, le vieil anglais wod, signifie le possédé, ou le latin uates, le devin (celui qui vaticine) ou encore le woth  qui est l'inspiration poétique en saxon, ont tous cette racine commune.
Cet aspect halluciné se retrouve complétement dans l'esthétisme du film, dans son rythme. Dans la musique. Dans les visions du guerrier silencieux. C'est le monde vu au travers de l'âme d'un dieu, ou plutôt de ce qu'il en reste. 
D'une partie de ce dieu.

En utilisant ce groupe de vikings chrétiens qui pensent atteindre la Terre Promis,  la Terre Sainte, One-Eye sait que pour quitter Midgard il doit renouer avec un peuple dont les dieux primordiaux sont encore vivaces. Ce sera le Vinland.



Les autochtones ne s'y tromperont pas, sa mort sera particulièrement ritualisée, symbolique. Après avoir construit un cairn, lors d'une cérémonie sous hallucinogènes, il sera sacrifié. Cependant une vision juste "après sa mort" nous le montrera prés du cairn s'enfonçant dans l'eau et disparaissant. One-Eye a rejoint le Valhalla.

Si la tribu laisse l'enfant, seul survivant, c'est parce qu'après avoir été la voix de One-Eye, il en incarne maintenant (toujours ?) une facette. Celle qui va inséminer la société étasunienne, celle du tueur fou, du serial Killer.

Ce jeune enfant c'est l'idée de la Chasse Sauvage, la Odinjast. Cette chasse qui s'incarne lors de la fête d'Halloween dont l'un des arrières-plans n'est autre que l'Alfablot, le sacrifice sanglants aux Elfes, pratiqué dans le monde germanique ancien.

Le Berserker et le serial killer ont la même compulsion à l'acte de tuer  et à son plaisir. Le serial killer, c'est en quelque sorte le "guerrier fou" odinique revu est corrigé par le taylorisme et son souci de la productivité.





L'enfant est ce que l'on appellerai aujourd'hui un mème, et c'est pourquoi personne ne le touche à la fin de l'histoire. Il ne partira pas de ce nouveau continent, et tel un virus il contaminera la société étasunienne. 
Les natifs ont compris que la venue de ces hommes avec leur  dieu unique et leur croix, signifiait la fin de leur propre civilisation. Cet enfant c'est le mème du Berserker (ou du Wendigo), ce qui deviendra pour la société moderne, postmoderne devrait-on dire, celui du tueur en série.  

.. Valhalla Rising est aux films de viking ce que Bronson est au film de prison. Ces deux films sortent clairement des sentiers battus. Valhalla Rising est à la fois extrêmement violent, une violence explicite, viscérale (c'est le cas de le dire) et contemplatif, lent. Et terriblement captivant.
Servi par une distribution remarquable, la Nature dans l'un de ses plus beaux rôles ; Valhalla Rising captive et imprime une empreinte durable dans l'esprit.





.. En ce qui concerne le rapprochement entre le Berserker et le serial killer on peut lire Le complexe du loup-garou de Denis Duclos.


Le mème quant à lui est à la civilisation ce que le gène est à l'évolution. C'est un élément de code culturel ; cognitif, symbolique ou pratique, soumis à la sélection naturelle. 
Pour simplifier le mème est une idée qui à l'instar de l'œuf de Samuel Butler qui utilise la poule pour se dupliquer, le mème lui se sert de nous pour se reproduire.

dimanche 23 mai 2010

vendredi 21 mai 2010

Sigils & BD

.. J'ai tenté d'aborder dans deux articles, L'Histoire secrète d'une couverture et Kimota l'une des raisons qui ont motivé Alan Moore à créer la ligne de comic books America's Best Comics chez l'éditeur Wildstorm. Outre bien sûr le plaisir d'écrire de bonnes histoires.
Je vous propose aujourd'hui la troisième partie. Cependant, ne perdez pas de vue que toute œuvre est polysémique et qu'elle n'est pas seulement ce que l'auteur a voulu en faire, mais aussi ce que l'Histoire en a fait.

.. Tout commence en 1982 lorsque Dez Skinn propose à Alan Moore de reprendre Marvelman dans les pages du magazine Warrior. Moore va donner à ce super-héros  une nouvelle orientation, en le précipitant dans le monde réel si je puis dire. Ce personnage le premier super-héros britannique, va être confronté non pas à des super-vilains (du moins pas seulement) il va surtout devoir faire face à une question : Que ferait un être si puissant dans le monde qui est le nôtre.

Quatre ans plus tard Moore va reprendre cette idée pour la série emblématique Watchmen. Une série que certains n'hésitent pas à signaler comme le point de départ du grim & gritty. Une filiation que regrette Alan Moore.

Il est clair pour moi que dés son retour dans le mainstream Moore n'a eu qu'une seule idée, renverser la vapeur et prouver qu'il est possible d'écrire de très bonnes histoires tout en utilisant la "sensation d'émerveillement" (le sense of wonder). Cette "sidération cognitive" cruellement absente du gros de la bande dessinée américaine (de super-héros) que l'on peut lire aujourd'hui. D'une certaine manière le mème grim and gritty a pris la place du mème sense of wonder dans la compétition darwinienne.


Si dans Watchmen l'Histoire prend une direction différente de la nôtre avec l'apparition du Dr Manhattan, créant ainsi ce qu'on appelle une uchronie. Voire un monde parallèle (au nôtre). On peut raisonnablement penser que Watchmen en a créé un aussi, celui dans lequel nous lisons aujourd'hui. Un monde où la "sensation d'émerveillement" a cédé sa place la "sensation du terrifiant et du terre à terre". 

Si ma théorie concernant l'une des motivations de Moore est avérée, il est inargumentable que le scénariste s'est rendu compte que s'il doit être considéré comme l'un des pères du grim & gritty c'est du coté de Marvelman qu'il doit (d'abord) agir. 


 Cependant il n'était pas question pour lui de se répandre en déclarations sur le "bon vieux temps". Si action il devait y avoir, c'est sur son terrain et avec ses outils que cela se jouerait. 
Son terrain : raconter des histoires. 
Ses outils : la magie.

.. Tout commence au début des années 1990, de retour dans le mainstream, et après avoir écrit quelques scénarios de personnages de l'écurie Image on lui confie une mini série, 1963. Celle-ci devait confronter dans le derniers numéro de la mini série, les personnages au ton résolument old school  inventés par Moore et une pléiade d'artistes, des personnages évoluant dans des histoires chargées à bloc de sidération cognitive, à la quintessence du grim and gritty.  Un numéro qui ne verra jamais le jour, et pour cause.



1963 n'est ni plus ni moins qu'un sigil créé par Alan Moore pour contrecarrer l'hégémonie du grim and gritty.

Le mot anglais sigil peut se traduire pas sceau, cependant il a dans la langue de Shakespeare, une connotation magique. Le sceaux sigillaire (dans le sens d'un cachet, en cire par exemple) quant à lui se traduit en anglais par seal.     

Ceci étant qu'est-ce qu'un sigil ?


Utilisé dans la magie dite du Chaos, c'est un monogramme de pensée envoyé à l'inconscient. Souvent représenté sous forme de glyphe, il utilise les lettres de l'alphabet ou/et des chiffres entremêlées afin de créer une représentation symbolique. L'intention du magicien est projetée par l'intermédiaire de ce sigil afin de produire des effets sur le monde réel. 
C'est au peintre, écrivain et théosophe Austin Osman Spare que l'on doit d'avoir créé à des fins magiques des sceaux. Selon Spare, "il serait possible de concentrer n'importe quel désir ou projet de l'homme dans un signe ou symbole, partie d'un alphabet du désir [..]"  

Le sigil puise vraisemblablement une partie de son origine dans l'héraldique du Moyen Âge, d'autant que "l'image sigillaire et l'héraldique, fait connaître non seulement l'identité et le statut social du possesseur mais aussi, par le choix de tel ou tel type, de telle ou telle légende, sa personnalité, ses aspirations, ses revendication. [..]" selon l'historien Michel Pastoureau. 
1963 est par ailleurs la date à laquelle a cessé de paraître Marvelman

Créé par Mike Anglo ce personnage s'inspirait du Captain Marvel de l'éditeur Fawcett. Et comme lui il vivait des histoires naïves et simples. À l'opposé de celles que lui fera vivre Moore.


Or donc, pour en revenir à 1963, la "vieille garde" gagne par forfait et grâce à la puissance du sigil.


Mais Moore ne va pas en rester là. Avec America's Best Comics il frappe un grand coup, non seulement il va prouver qu'il est possible d'écrire des histoires faisant la part belle à la sensation d'émerveillement mais il va le faire à la manière de Stan Lee en étant (pratiquement) le seul scénariste de l'ensemble du label, un véritable démiurge. Animant différents univers, jouant autant sur le fond que sur la forme, ABC est une belle réussite.

Et un puissant sigil auquel Moore, jouant sur les mots  et les signes, n'hésite pas à adjoindre un pentacle.

Le magicien de Northampton a-t-il réussi à réenchanter le microcosme de la bande dessinée avec ses sigils ?

C'est à vous de le découvrir. 
     

jeudi 20 mai 2010

Justified S01 - E09


.. J'émettais au début de la saison de Justified,  la série diffusée par la chaîne FX, quelques réserves.
Je dois confesser qu'elles ont disparu sans demander leurs restes et ce, depuis belle lurette.
Justified s'est imposée comme une excellente série, extrêmement addictive.

Timothy Oliphant après Deadwood reprend du service dans ce qui n'est rien d'autre qu'un western contemporain sous les traits de Raylan Givens. Ainsi, du duel du premier épisode, au métier même de marshal, directement issu de l'époque du Far West il ne fait aucun doute que nous sommes en face d'un western. 
Il est d'ailleurs intéressant de noter que Raylan Givens triomphe de son adversaire (dans le premier épisode) grâce à sa dextérité certes, mais surtout grâce à sa vitesse. Le motif du "tireur le plus rapide de l'ouest" est pleinement assumé, jusqu'au chapeau de "cowboy"  qu'il porte en permanence. 
D'autre part,  le thème musical annonce sans coup férir  la couleur de la série : Long hard times to come par T.O.N.E.Z & Rench,  est un rap bluegrass
Que dire de plus ?!

Au-delà de ces considérations, Justified fait état d'une identité qui lui est propre, grâce à son rythme, nonchalant et décalé. Un rythme qui surprend pour finalement happer le spectateur, et ne plus le lâcher.
Ajoutez des dialogues particulièrement réussis (c'est d'ailleurs l'une des marques de fabrique du romancier Elmore Leonard créateur du personnage dans ses romans) et diablement bien interprétés, une excellente distribution, des personnages qui se construisent lentement mais sûrement. Justified mérite amplement que l'on s'y attarde, ne serait que pour déguster du poulet épicé avec un doigt ou deux de bourbon.

mercredi 19 mai 2010

La Planète des Chinzes

... Que diriez-vous de lire une aventure de Kamandi par Jack Kirby ?!

En filigrane de celle-ci, il apparaîtra que cette histoire permet un réflexion sur le mythe et sa survivance, ainsi que sur la puissance du symbole.

Et quel symbole.

Or donc, le dernier garçon de la Terre Kamandi, élevé dans un abri anti-atomique par son grand-père découvre un monde en ruine où les humains sont redevenus des bêtes tandis que les animaux ont accédé à l'humanité. Inspiré dit-on par le film La Planète des Singes. 

Cependant l'idée de Kamandi semble dater des années 50 et Harry Morgan & Manuel Hirtz avancent dans leur excellent ouvrage Les Apocalypse de Jack Kirby que les références au film de Franklin J. Schaffner sont peut-être le fait de l'éditeur, DC Comics.

Pour en savoir plus sur Jack Kirby, l'ouvrage de Morgan & Hirtz est publié par Les Moutons Electriques Editeurs.


Pour lire l'aventure de Kamandi, c'est ici.

Une aventure qui en la relisant m'a fait penser à celle du Doctor Who (The next Doctor), où un terrien du 19ième siècle acquière les souvenirs du Seigneur du Temps et tente de vivre avec eux. Il invente  ainsi un TARDIS ou encore un tournevis sonique avec les moyens du bord et de son époque.
Un peu dans le genre de la catapulte dans Kamandi.
Certainement l'une de mes histoires favorites du Doctor, par ailleurs.

mardi 18 mai 2010

FlashForward

... Je viens de commencer le roman de Robert J. Sawyer, FLASHFORWARD,  et après 80 pages lues d'une traite je dirais que ça démarre plutôt bien.
Relativement proche de la série télévisée éponyme, dont j'ai regardée quelques épisodes, sur l'évènement au cœur du récit : toute les êtres humains (vivants ?) de la  planète perdent connaissance durant environ 2 minutes au même moment. Je vous laisse imaginer les conséquences d'un tel évènement à l'échelle mondiale. Et cette perte de connaissance est accompagnée d'un phénomène encore plus étonnant que cet évanouissement général.
Le début du roman se déroule en 2009 (le roman a été écrit en 1999) au sein d'un complexe scientifique, le CERN en Suisse, et nous suivons pour l'instant quelques uns des scientifiques, qui y travaillent ; un peu avant la catastrophe et bien sûr après. Différence notable d'avec la série télévisée, où il s'agit une administration américaine qui est mise au premier plan, le F.B.I si mes souvenirs sont bons. Autre différence, nous avons d'entrée de jeu une piste probable sur la cause de cet incident, est-elle en peau de lapin ? 
L'avenir nous le dira ....

Un bon début, à suivre avec intérêt.

Alors Keep in touch les aminches.

lundi 17 mai 2010

Idées noires (1)


Il est recommandé de cliquer sur l'image pour un meilleur confort de lecture.