vendredi 4 septembre 2015

CLA$$WAR (Rob Williams/Trevor Hairsine/Travel Foreman)

... CLA$$WAR est une série de 6 comic books publiés par Com.X une maison d'édition britannique.
Elle met en scène des super-humains travaillant pour le gouvernement américain ; au même moment ou à peu près Marvel lancera la série The Ultimates où les membres de cette équipe (une version des Avengers) sont aux ordres du gouvernement U.S, et de son côté DC Comics publiera Stormwatch : Team Achilles (septembre 2002).
L'équipe de CLA$$WAR dont le patronyme est Enola Gay, tout un programme, progresse sur le même sentier de dépendance que les deux autres séries citées, à savoir celui inauguré par des séries telles que Watchmen, Marshal Law ou encore L'Escadron Suprême.
Des séries qui se proposent de réfléchir à ce que représenterait la présence de méta-humain dans une réalité comme la notre en poussant l'idée le plus loin possible. 
Ce qui rattachent ces trois séries c'est qu'en définitive s'il y avait des super-humains dans notre réalité ils seraient d'une manière ou d'une autre, rattachés au gouvernement d'un pays. Soit parce qu'ils en seraient le produit comme dans CLA$$WAR, soit parce qu'il n'aurait pas le choix comme dans The Ultimates (si mes souvenirs sont bons), soit parce qu'ils seraient un contre-pouvoir aux méta-humains comme dans le cas de  Stormwatch : Team Achilles.  
Rob Williams le scénariste de la série ajoute en quelque sorte une annexe à l'opération Paperclip qui débouche sur la production de super-humains. 
La série met en scène l'un des membres de l'équipe Enola Gay qui se pose des questions sur la nature des opérations dans lesquelles certains de ses collègues sont impliqués. Il est en outre renseigné par une barbouze sur les agissement du gouvernement à ce sujet.
Il est à noter que lors de la publication en recueil des 6 numéros (en 2 x 3) Rob Williams a ajouté 8 pages d'introduction (qui ne sont donc pas dans la version française publiée par l'éditeur Delcourt) et qui clarifie la situation vis-à-vis de ce personnage, et offre un peu plus de caractérisation quant aux personnages principaux.
Car il faut bien le dire, si ces six revues forment une histoire, elles devaient être suivies par d'autres numéros. 
Ce qui ne sera certainement pas le cas à l'heure actuelle, et c'est bien dommage tant CLA$$WAR recèle un beau potentiel tant en terme d'histoire(s) que de personnages.
Rob Williams est plutôt à l'aise avec cette histoire de politique fiction, même s'il est desservi par un changement de dessinateur au style assez opposé : Trevor Hairsine et Travel Foreman.     
Malgré ces deux écueils, CLA$$WAR mérite d'être découverte ou redécouverte au moment où son scénariste fait un très beau départ avec la nouvelle série dédiée au Martian Manhunter chez DC Comics.
Cette série s'inscrit dans la veine de Stormwatch : Team Achilles ou encore de The Authority par exemple voire de Justice League Elite, et du dessin animé qui s'en inspire.
Si vous avez aimé il y a des chance que vous aimiez aussi CLA$$WAR (chez Delcourt pour la V.F, traduction de Nick Meylaender).

Pour ma part j'ai commencé The Royals : Masters of War du même scénariste et j'ai également commandé The Ten Seconders, tout en lisant avec beaucoup de plaisir la série Martian Manhunter.
Tout ça pour dire que j'ai été séduit par ce scénariste.

Le serez-vous aussi ?

2 commentaires:

  1. Je ne doute pas que ce soit intéressant mais je dois dire que je me lasse de ces séries au ton cynique qui, me semblent-il, creusent le sillon d'Alan Moore et de son Watchmen. Certes, il y a quelques réussites mais j'ai le sentiment qu'on a fait le tour de la question. Alan Moore lui-même s'était mis à rechercher le sense of wonder après avoir lancé cette vague de comic books "réalistes". Contrairement à M. Dionnet, je ne pense pas que Watchmen apporte une conclusion à une évolution du genre super-héros, mais un aboutissement à cet démarche réaliste. Reste à revenir au merveilleux.

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    1. Pas tout à fait d'accord. Déjà Moore (et d'autres que je cite) travaille aussi à partir de ce qui a été produit dans les années 70. Ensuite ce n'est pas tant de creuser un sillon que de proposer à partir d'un "moment" quelque chose sans en être la copie mais de le "dépasser". L'aufhebung (conserver/dépasser) hégelien en quelque sorte ; donc de proposer quelque chose d'autre. Les histoires racontées ne sont pas réalistes, ni cyniques mais dans le meilleur des cas tragiques (J'entends par tragique, que le tragique voit la réalité telle qu'elle est). [-_ô]
      Reste que Classwar est une petite série bien sympa avec beaucoup de potentiel.

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