Accéder au contenu principal

Lucy Loyd's Nightmare [Lucy Loyd / Mike Robb / Beverly]

Tarte à la crème dès qu'il est question d’évoquer, d’une manière ou d’une autre, une bande dessinée faite d'histoires courtes d'horreur, les défuntes éditions EC Comics ne sont à l’évidence pas pour rien dans la création de « Lucy Loyd’s Nightmare ».
            Référence totémique à un âge d’or d’une bande dessinée subversive donc, « Lucy Loyd’s Nightmare » n’a heureusement rien de servile à proposer.
            Récits gigognes, mises en abyme, un Quatrième mur™ quasi absent, l'histoire de « Lucy Loyd’s Nightmare » est de celles qui ont - volontairement- conscience d'en être une. Jusqu’à pousser les auteurs à utiliser des pseudonymes rien moins qu’innocents.
La mise en récit, qui inventorie toute la grammaire de l'exercice de style, y ajoute une perspective à la cube de Necker, du meilleur effet.
En sus, un humour noir et grinçant macabre s’agrippe méchamment à la plupart des situations, qui s’enchaînent malgré tout sans temps mort.
            Un sourire aux lèvres, on ne peut que constater le brio à l'œuvre en tournant chaque page. Avant de franchement se marrer devant l'énormité de l'entreprise.
Une lecture tout à fait recommandée, qui en outre fera la joie des plus jeunes. Surtout les âmes sensibles.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®