Accéder au contenu principal

Jeu d'influences

... Jeu d'influences le documentaire de Luc Hermann sur les spin doctors c'est-à-dire les "communicants" est très édifiant.
Plusieurs sujets sont proposés au cours de ce documentaire, ils sont tous aussi intéressants les uns que les autres par ce qu'ils révèlent du fonctionnement de l'information, notamment la grande messe du 20 heures, et du travail des journalistes, ou plutôt l'absence de travail de certains d'entre eux ; malheureusement les plus influents de par la place qu'ils occupent dans les médias.
Et d'une certaine manière il réhabilite l'idée du complot, un terme que récuseraient certainement les communicants.  
L'un des reportages les plus saisissants a été pour moi celui qui a dévoilé les dessous des manifestations de mécontentements des employés de deux grandes enseignes du bricolages au sujet du travail le dimanche.
D'un côté on nous explique le travail des spin doctors, et de l'autre apparaît en filigrane l'absence de travail des journalistes. Sans oublier la "manipulation" de l'opinion publique et celle in fine du gouvernement.
La partie qui s'intéresse au leader de la vente des détecteurs de radar n'est pas en reste non plus. 
Luc Hermann parle de son travail (extrait de l'émission Rendez-vous de France Culture) :

La deuxième partie du documentaire s'intéresse à l'aspect politique, et je dois dire que j'ai été moins intéressé ; même si les réponses des communicants lors des brefs entretiens sont très intéressantes.
Reste qu'il y a quand même quelques pépites, comme les exemples qui montrent comment les spin doctors orientent les journalistes sur tel ou tel "événement" susceptible de servir s'une manière ou d'une autre leur poulain.
Ou encore comment vendre une guerre à l'opinion publique.
Deux documentaires salutaires en ce qu'ils nourrissent la réflexion de celui qui les regarde sur les médias, et surtout qui fournissent des exemples à partir desquels on peut réfléchir.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®