Accéder au contenu principal

Léviathan [Shiro Kuroi / Alex Ponthaut]

« Léviathan » est le fruit de la prospection à laquelle se livre l'éditeur parisien de BD Ki-oon™.
            Remarqué il y a dix ans via un concours organisé par la magazine japonais de bande dessinée Monthly Afternoon, qu'il a remporté, Shiro Kuroi n'a cependant pas réussi à percer dans le milieu de la BD japonaise de manière durable. Ce qui ne l'a pas empêché de continuer à dessiner, mais au travers de nombreux fanzines auto-édités qu'il vendait sur les festivals.
C'est en en achetant un, dont le titre était déjà Léviathan, et qui du reste servira de base et de premier chapitre à l'histoire commercialisée en France depuis le 6 janvier sous le même titre, que Kim Bedenne, éditrice pour Ki-oon™, incitera Shiro Kuroi à développer la création originale qu'il nous propose.
L'accroche est assez simple : Trois pilleurs d'épaves découvrent un vaisseau spatial à la dérive. Ils apprendront rapidement que celui-ci a disparu voilà des années, alors qu'il effectuait la liaison entre les colonies de Proxima du Centaure et la Terre.
            À partir de là deux histoires se déroulent parallèlement : celle des trois pilleurs qui explorent le vaisseau, et celle d'un groupe de lycéens embarqué à bord dudit vaisseau ; dont l'aventure nous est racontée grâce au journal intime d'un des élèves, que le trio a incidemment découvert en montant à bord.
Puisant son inspiration créatrice aussi bien du côté du cinéma (pour la physionomie et l'expression de certains visages), qu'au travers du travail de Katsuhiro Ôtomo, ou plus surprenant, celui de François Schuiten, Shiro Kuroi offre des planches bluffantes.
Le mangaka avoue d'ailleurs tenter de se rapprocher des planches de la série du célèbre bruxellois, Les Cités obscures.
            Travaillant sans assistant, tout en exerçant la profession de webdesigner, Shiroi Kuroi a dû rapidement inventer divers pinceaux pour gagner du temps lors de la réalisation des nombreuses hachures qui caractérisent son style. Peu expérimenté dans le domaine du noir & blanc, il reconnaît encore tâtonner, quand bien même le rendu ne traduit guère son manque d'expérience. 
            Si la trame (sic) de son histoire ne remportera pas le Concours Lépine® de l'innovation scénaristique, le tempo de sa mise en récit ne laisse toutefois jamais l'ennui prendre la place de la curiosité.
Le fragile équilibre des deux récits se maintient vaille que vaille, grâce notamment à quelques climax où le passé rejoint le présent de manière plutôt brutale, et révélatrice. 
          Or donc, Shiro Kuroi fait une entrée remarquée avec ce premier tome d'une histoire qui présente tous les symptômes bien connus du slasher.
Reste à savoir s'il restera bien gentiment dans le chemin tracé par ses nombreux prédécesseurs dans les deux tomes suivants ?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

The Words

... The Words ( Les Mots ) est un film qui avait tout pour me séduire : le roman en tant qu'élément principal, des acteurs que j'aime bien ; D ennis Q uaid, J eremy I rons, J . K . S immons et B radley C ooper. Éléments supplémentaire l'histoire se révèle être une histoire dans l'hisitoire. Ou plus exactement un roman à propos de l'écriture d'un roman, écrit par un autre ; entre fiction et réalité.  Je m'explique. Clay Hammon fait une lecture public de son dernier livre The Words dans lequel un jeune auteur, Rory Jansen , en mal de reconnaissance tente vaille que vaille de placer son roman chez différents éditeurs. Cet homme vit avec une très belle jeune femme et il est entouré d'une famille aimante. Finalement il va se construire une vie somme toute agréable mais loin de ce qu'il envisageait. Au cours de sa lune de miel, à Paris , son épouse va lui offrir une vieille serviette en cuir découverte chez un antiquaire, pour dit-elle qu'...

Juste cause [Sean Connery / Laurence Fishburne / Ed Harris / Kate Capshaw]

« Juste Cause 1995 » est un film qui cache admirablement son jeu.             Paul Armstrong , professeur à l'université de Harvard (MA), est abordé par une vieille dame qui lui remet une lettre. Elle vient de la part de son petit-fils, Bobby Earl , accusé du meurtre d'une enfant de 11 ans, et qui attend dans le « couloir de la mort » en Floride . Ce dernier sollicite l'aide du professeur, un farouche opposant à la peine capitale.   Dès le départ, « Juste Cause 1995 » joue sur les contradictions. Ainsi, Tanny Brown , « le pire flic anti-noir des Everglades », dixit la grand-mère de Bobby Earl , à l'origine de l'arrestation, est lui-même un africain-américain. Ceci étant, tout le film jouera à remettre en cause certains a priori , tout en déconstruisant ce que semblait proposer l'incipit du film d' A rne G limcher. La déconstruction en question est ici à entendre en tant que la mise en scène des contradictions de situations ...