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La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel. 
— Dis pour voir… 
— C'est nous les gentils.»
Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences. 
            Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de Gérard de Villiers, ou la série de L’Exécuteur par Don Pendleton.
Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire (sic) d'agit-prop littéraire. 
            Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction1994 de Tarantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'erreur !
            Or donc il s'agissait in fine de produire une littérature commerciale (y en a-t-il une autre ?), vite lue, vite écrite, mais surtout très engagée (à gauche, cela va sans dire) ; rédigée par des auteurs différents, venus d'horizons aussi diverses que la qualité d'évasion desdits romans.
Je serais assez curieux de connaître l'avis de la gauche d'aujourd'hui sur cette série. <sourire>
            Vite écrite donc comme l'avoue Hervé Le Tellier dans la préface de la toute récente réédition de son propre opuscule parue à l'origine en 1997. Une réédition dont il dit par ailleurs qu'il ne l'a pas modifiée. Dont acte !
Et il a bien eu raison, puisque l'essentiel du charme de cette enquête à partir d'un fait divers,  qui vire timidement au thriller médical, tient justement à l'époque où elle se déroule.
            Succède donc au titre en forme de clin d’œil humoristique (qui caractérise la série), une enquête rondement, menée qui ne devait pas excéder la durée d'un trajet Paris-Limoge, toujours déclenchée par (si je me souviens bien) la lecture du quotidien Le Parisien™. 
            On croise dans cette aventure Jean-Baptiste Botul, un « ami » de BHL, des capitalistes sans vergognes, forcément. Et même des trotskistes animés des meilleures intention du monde, d'où l'utilité d'une solide suspension d'incrédulité. 
Sans oublier non plus un léger effet de lampshading (ce procédé sensé attirer l'œil du lecteur sur une faiblesse du scénario, pour ensuite la dépasser) : « vous pourriez à peine en faire un polar » déclare l'un des méchants de l'histoire, qui ne croit pas si bien dire.
            D'Hervé Le Tellier je n'ai lu que son très très mauvais roman (récompensé par un prestigieux prix littéraire, ce qui en dit long sur la qualité du reste), heureusement quasi aussi inoffensif que « La disparition de Perek », dont la réédition ne fera rien pour modifier ce que je pense de sa prose.
À vrai dire je comptais me contenter de L'Anomalie, mais je n'ai pas su résister à la tentation de relire un Poulpe. Un coup de nostalgie que je ne regrette pas vraiment, puisqu'il est bien meilleur que son Goncourt™. 
Qui a dit que ce n'était pas difficile !?      

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