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Bob Morane Renaissance (Les Terres rares)

... Lecteur de bandes dessinées étasuniennes, et plus précisément de comics mainstream (c'est-à-dire le courant majoritaire : celui des super-héros (Pour en savoir +)) depuis mes plus jeunes années, avec des personnages tels que Superman ou encore Les Quatre Fantastiques (Pour en savoir +), à la longévité insolente et qui vivent dans un univers régit par le principe dit de continuité (Pour en savoir +) ; ou encore lecteur de Marvelman (Pour en savoir +) créé pour palier en Grande Bretagne la disparition aux U.S.A d'un personnage que l'éditeur britannique L. Miller and Son utilisait et dont il ne pouvait pas se passer compte tenu de sa popularité.
Personnage, en l’occurrence ici Captain Marvel (Pour en savoir +), qui au demeurant fera bien des années plus tard un retour remarqué chez l'éditeur qui avait tout fait dans les années 1940-1950 pour justement le faire disparaître : DC Comics.
Ce même Marvelman fera par ailleurs un retour dans les années 1980 sous la plume d'Alan Moore (Pour en savoir +) pour ensuite aller aux Etats-Unis sous le nom de Miracleman (Pour en savoir +).
Donc, lecteur de comic books de super-héros où même la disparition d'un éditeur avec son écurie de personnages n'est jamais définitive (Pour en savoir +).
Et cela depuis mes plus jeune années, de celles où la suspension volontaire d'incrédulité est une seconde nature : capable d'apprendre à lire avec Poucet et son ami l'écureuil tout en étant un valeureux Indien face à des cowboys belliqueux  pendant la récré.
Mais également lecteur du Journal Spirou (Pour en savoir +) et de Tex Willer, ou encore de Janus Stark (Pour en savoir +), sans même savoir que dans cette multitude de personnages certains venaient d'Italie, d'autres de Bruxelles ou encore d'outre-Manche.
Femme d'Aujourd'hui n° 731
Or donc, si aujourd'hui je sais que Samuel T. Coleridge a formulé intellectuellement ce que je vivais "pour de faux" (voire pour de vrai certaines fois), en définissant le contrat, ou plutôt le pacte que passe le lecteur avec le livre qu'il lit, à savoir "la libre mise entre parenthèses de la faculté critique" ; il n'en demeure pas moins que la suspension volontaire d'incrédulité qui conditionne l'illusion poétique n'est pas (en ce qui me concerne en tout cas) une articulation intellectuelle mais bien une attitude naturelle, et même instinctive dès lors que j'ai dans "les mains" un artefact qui produit de la fiction.

Toute cette entrée en matière, que d'aucuns jugeront peut-être laborieuse, pour dire que le retour de Bob Morane dans une nouvelle version, avec de nouveaux auteurs, n'est pas en soi un obstacle en ce qui me concerne.
Or donc, reboot ou relaunch pour l'aventurier créé par Charles-Henri Dewisme alias Henri Vernes ?

Inventé en 1953 pour la collection de romans Marabout junior avant de devenir un héros de bande dessinée quelques années plus tard (prépublication dans le magazine Femmes d'aujourd'hui fin 1959) sous le crayon de Dino Attanasio, Bob Morane a déjà connu une sorte d'actualisation "définitive" lors de la parution de ses aventures chez l'éditeur Fleuve Noir (1988).
En effet né le 16 octobre 1925 (Cf. Francis Valéry) Bob Morane a dorénavant, en 1988 donc, et de façon définitive toujours 33 ans selon la volonté de son créateur Henri Vernes.
Gauthier van Meerbeeck 

L'INCIPIT

L'incipit (premiers mots d'un ouvrage) noue un "contrat de genre" en indiquant, au lecteur le code qu'il doit utiliser (ou suivre) dans le cadre de sa lecture.

Dès la première page le ton est donné, Luc Brunschwig & Aurélien Ducoudray plante le décor de façon astucieuse : plutôt que de faire un résumé ou un long récitatif, l'album comme in media res.
Les auteurs utilisent deux personnages pour nous expliquer où nous nous trouvons, l'huissier et surtout la journaliste.
Et c'est très efficace.
Un peu de science-fiction, un environnement politique & social très actuel, et potentiellement riche en développements. 
Tout cela est passionnant.
Dimitri Armand aux dessins et Hugo Facio à la couleur réalisent de très belles planches ; avec un mise en récit par moment (quand il faut serais-je tenté de dire) époustouflante : le découpage de ce qui se déroule dans l'avion est à couper le souffle, et la mise en parallèle avec la réception marche du tonnerre.
De l'action, mais aussi beaucoup d'émotion grâce justement à la dextérité des artistes qui donnent vie aux personnages au travers d'un découpage clair, des visages expressifs et un langage corporel suggestif.
Si vous ne connaissez pas la différence entre le suspense et la surprise telle qu'expliquée par Alfred Hitchcock, vous la comprendrez aisément en lisant cette album. 
Une excellente relance du personnage avec, à la fin du l'album une surprise qui vaut son pesant de cacahuètes.
Bref vous l'avez compris, j'ai été entièrement conquis par Bob Morane Renaissance et je serai de ceux qui liront la suite. 

... Je vous propose, en supplément de mon avis sur cet album, une émission radiophonique (plus probablement la transformation d'un documentaire télévisé en version mp3) sur Henri Vernes.
À la fois portrait, témoignage - on entend Henri Vernes s'exprimer -, bref tout cela me semble intéressant tant pour le néophyte en Bob Morane si je puis dire que pour l'aficionado du commandant.
Et c'est un plaisir de le partager :

Commentaires

  1. ça me donne envie de me laisser tenter (je suis en train de regarder sur You Tube les adaptations en dessin animé.)

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