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Affichage des articles associés au libellé Western

Stern [L'Ouest, le vrai] Frédéric & Julien Maffre

Magnifique idée que d'avoir fait du personnage principal de cette série un croque-mort. Alors même que son rôle est plutôt d'exhumer ce qui a fait de l' Ouest (américain) ce qu'il est aujourd'hui. Ce troisième tome, écrit par F rédéric M affre et dessinée par J ulien, son frère, est un concentré des ingrédients qui ont été à l’œuvre de la légende.  « L'Ouest, le vrai » met en effet en scène un héros de dime novel , ces fascicule bon marché (une dime valait 10 cents ) qui vendaient du rêve à l'Est du pays. Autrement dit sa partie dite civilisée. Dire que les dime novels ont participé à la conquête de l' Est n'est pas qu'une amusante figure de style. C'est en effet dans ces revues que par exemple, Buffalo Bill a construit sa légende, et qu'il est ensuite lui-même devenu un bâtisseur au travers de ses spectacles, les célèbres « Wild West Shows ». Lesquels ont largement servi de modèle aux westerns cinématographiques.  Entend...

Une assemblée de chacals [S.Craig Zahler]

Sorte de Leatherman © ™ culturel, S . C raig Z ahler, dont j'avais fait la connaissance via son premier long-métrage, est aussi écrivain. .... C omme C ormac M c C arthy avant lui, Z ahler récuse la loi qui irrigue l'Ouest et sa conquête, et qu'a mise en évidence R ichard S lotkin, celle d'une « régénération par la violence ». Pour S . C raig Z ahler le western car Une assemblée de chacals en est un, se compose essentiellement de deux éléments : le meurtre et l'espace. Un espace rendu ici ascétique par la quasi absence de description ; devenant une Wilderness dans tout ce que le mot à de sauvage, de minéral, de désertique. Et de dangereux ! Si le motif dont S lotkin a fait la pierre angulaire de son travail est absent, l'idée jumelle que lorsque la stabilité est perturbée par le mal, seul un acte de violence peut rétablir l'ordre, qui irrigue encore aujourd'hui l'imaginaire collectif étasunien, reste de rigueur. Très violent, âpre, d'un...

Marshal Bass : Meurtres en famille

             C e deuxième tome des aventures du marshal Bass , basées sur un personnage historique connu, a comme une forme de slapstick comportementaliste. Une sorte d'épure qui évite la psychologie : les personnages sont d'abord, surtout et essentiellement des « actes » ; et le scénario est une succession de gags burlesques & violents, comme le cinéma américain en a produit du début du siècle précédent à son presque mitan. Si j'ai plus apprécié ces « Meurtres en famille  » que le précédent intitulé « Black & White » [ Pour en savoir + ], j'attendais tout autre chose d'un tel matériau de base conjugué par l'imaginaire de D arko M acan. K ordey, malgré son rendement est au sommet de son art.              Ce type de récit (dit comportementaliste donc), qui ne s'encombre pas de développer la psychologie de ses personnages au travers de  « ...

Marshal Bass (Darko Macan/Igor Kordey) Delcourt

             D igne cousin germain de Lobo , le premier héros Africain-Américain ayant eu un comic book attitré (chez l'éditeur  Dell Comics ) jamais répertorié (à ma connaissance) aux U.S.A ., et de Jemal David (alias O tis Y oung) dont le souvenir a traversé les ans (il était la covedette de la série télévisée intitulée « Les Bannis ») ; River Bass , fruit du clavier de l’épatant scénariste D arko M acan et des crayons du talentueux I gor K ordey, s’installe chez Delcourt pour au moins deux albums.  Une équipe qui a déjà travaillé ensemble et des deux côtés de l'Atlantique: s ur Soldier X [ Pour en savoir +] et sur Nous les morts [ Pour en savoir  +]. Couleurs de Desko I gor K ordey livre une prestation que son talent tendrait presque à rendre anodine tant il est constant. C’est un dessinateur rapide, au trait évocateur & ruptile * , qu’on n’oublie pas.  Rien à redire de ce côté-ci de la...

In a Valley of Violence (western)

Un générique et une musique très réussis .... Ç a commence plutôt bien : un ton décalé, un marshall tout aussi atypique sous un vernis plus conventionnel, et un humour noir pas exempt de quelques surprises. Seulement, 1 heures 40 c'est long, très long, surtout quand le scénario tient sur un ticket de métro (alors qu'il n'y a pas plus de métro que de ticket afférent à ce moyen de locomotion dans le film en question). Pour le coup,  In a Valley of Violence aurait gagné à être produit comme une « série B » ; à savoir ces films - dont L'Âge d'or se situe du milieu des années 1930 à la fin des années 1940 - produits dans le cadre de la double programmation, et qui ne duraient qu'entre 50 et 70 minutes ( Pour en savoir  +). Plus ramassé le film de T y West aurait gagné au change, et généré plus de plaisir que d'ennui. .... R este que si tous les acteurs font le job, celui qui s'en sort le mieux n'est autre qu' Abbie (alias Jumpy ) : ...

Parages des voies mortes (William S. Burroughs)

Cure de désyntaxication   …. F antôme influent de la sphère occidentale de l’imaginaire commun, W illiam S . B urroughs dont les ouvrages ne prétendent pourtant guère au cycle de l’action conditionné, y est partout présent. Ou presque : acteur chez G us V an S ant (par exemple), leading role d’un biopic pour C ronenberg sous les traits de P eter W eller, en arrière-plan dans nombre de BD : Watchmen , The Exterminators ( S imon O liver + T ony M oore), L’Odeur des garçons affamés ( Pour en savoir + ), Black Hole  (celui de C harles B urns), etc .  Il est même au centre d’une campagne de publicité de l'équipementier NIKE (un rôle à contre-emploi, pour le moins) ; tout en collectionnant à partir de 1967, les occurrences étranges du chiffre « 23 », avec un pied dans l’industrie musicale.  La carte n’est pas le territoire   …. B ande dessinée encore, puisque j’en suis venu à lire PARAGES DES VOIES MORTES après avoir découvert quelques numéros de la m...

L'Odeur des garçons affamés (Loo Hui Phang & Frederik Peeters)

Texas, 1872. Oscar Forrest, photographe, répertorie les paysages de l'Ouest pour le compte du géologue Stingley. Entre Oscar et Milton, jeune garçon à tout faire du groupe, s'installe une relation ambiguë. ... Alors qu'autour de l'expédition, rôdent un inquiétant homme en noir et un Indien mutique.  …. S i L oo H ui P hang a écrit un western éloigné de ce à quoi une grande partie du genre nous avait habitués, en lisant L’Odeur des garçons affamés j’ai senti comme une affinité certaine avec le « western » écrit quelques années plus tôt (1983) par W illiam S . B urroughs, intitulé Parages des voies mortes * (Place of Dead Roads). Même place accordée à l’onirisme & à la magie, présence affichée et revendiquée de l’homosexualité, et de façon plus anecdotique chez B urroughs (mais pour le coup très saisissant) du truquage photographique. Reste que le scénario du western dessiné par F rederik P eeters est loin, très loin, d’être un plagiat du roman de B urr...

Les 7 Mercenaires (Nic Pizzolatto/Antoine Fuqua)

L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…   « Je cherche la justice, mais je prendrai la vengeance. »  …. A ntoine F uqua est un réalisateur qui a toute mon attention depuis Training Day , et si Equalizer m’avait laissé sur ma faim, le savoir aux commandes du remake du western homonyme de J ohn S turges ne pouvait qu'éveiller mon intérêt.  Idem pour N ic P izzolatto, en charge du scénario, qui a su m’abonner à son travail depuis son roman ( Pour en savoir + ) ; un scénariste et un s...

Comancheria, ou le choix d'un titre

COMANCHERIA, de Taylor Sheridan & David Mackenzie (avec de vrais morceaux de spoilers dedans) …. E n choisissant de titrer autrement le scénario original de T aylor S heridan, et par la même occasion le titre du film qu’a tourné D avid M ackenzie * , les distributeurs américains en ont subtilement changé la parallaxe.  En effet, Comancheria – le titre original - a été intitulé pour sa sortie en salle Hell or Hight Water , une expression familière que l’on peut traduire par « contre vents et marées », et qui dit clairement que, quelles que soient les circonstances - ici la mort d’une personne ayant souscrit une sorte de viager made in U.S.A. ( reverse mortgage ) - le contrat qu’elle a signé, doit être honoré.  Dut-il jeter à la rue ses héritiers putatifs.  De mon point de vue, cet aspect du long-métrage, est un « macguffin » dans la plus pure tradition hitchcockienne. Un macguffin solide certes, et un généreux générateur de diégèse , mais un macguffin ...

Copperhead t1 [Jay Faerber/Scott Godlewski]

COPPERHEAD tome 1  Bienvenue à Copperhead, un trou perdu situé sur une planète isolée de tout. Clara Bronson, mère célibataire, se prépare à vivre son premier jour en tant que shérif de la ville.   Contient : Copperhead volume 1 (#1-5)  Scénario : Jay Faerber  Dessin : Scott Godlewski  Couleurs : Ron Riley  Traduction : Benjamin Rivière   Lettrage : Moscow * Eye   Collection : Urban Indies , 128 pages              L e scénariste J ay F aerber le déclare sans ambages dans la préface qu’il consacre au premier tome de sa série : Copperhead est un western.  Un peu comme Ghost of Mars , à propos duquel J ohn C arpenter son réalisateur déclarait : « Ghosts of Mars se réfère surtout au western hollywoodien », ou encore Outland de P eter H yams, cousin jovien du Train sifflera trois fois . Comme les deux films cités, il a cependant la particularité de se dérouler...

Western (Van Hamme/Rosinski)

...   1 858 au Wyoming. Ambrosius Van Deer , un gros éleveur, a promis la somme faramineuse de 1000 dollars à qui lui ramènerait son neveu enlevé par les Sioux. ... N ate Chisum se trouvera alors propulsé, à son corps défendant, sur le devant d'un théâtre  dont l'enjeu le dépasse , avec pour tout viatique le défilé (dangereux) des illusions amères et des rancœurs , et qui l'entraîne sous des azimuts où, patiente et sûre d'elle, la mort attend.  Le jour du bilan sera aussi celui des surprises pour ces individus pris à l'intérieur des déterminismes sociaux qui pèsent comme une fatalité, et qui sont comme la forme moderne du Destin. Voilà ce que je peux dire, sans trop dévoiler le très beau scénario de J ean V an H amme, magnifiquement dessiné par G rzegorz R osinski dans des tons sépias, rythmé par de véritables tableaux qui "aèrent" si je puis dire la noirceur du récit. 

Buffalo Runner (Tiburce Oger)

... L e western est né de la rencontre d'une mythologie, qui prend principalement sa matière première durant les années 1880 et 1890, avec un moyen d'expression, ou plutôt avec des moyens d'expression : la littérature, le cinéma, la bande dessinée, mais aussi les cirques itinérants comme celui de Buffalo Bill . C'est d'abord dans la littérature bon marché que l'une des figures emblématiques de cette mythologie fait son apparition et plus précisément dans les dime novels , ces romans à trois sous inventés par B eadle & A dams. D'abord personnage secondaire, le cow-boy puisque c'est de lui qu'il s'agit, acquière le statut d'une sorte de chevalier de la Frontière dont l'arsenal est constitué d'un six-coups, d'un bowie-knife et d'un lasso. Dès les années 1890 son rôle est "de rétablir la justice face au Mal" ( M . C . B oatright) La Frontière est d’abord un espace de peuplement, c’est aussi une théori...