Accéder au contenu principal

Articles

Fantômas démasqué [Dimitri Kourtchine] ARTE

Dans le cadre d'une programmation intitulée Winter of Mysteries , la chaîne ARTE proposera un excellent documentaire sur Fantômas (mais déjà disponible sur ARTE.tv).             On y croisera bien évidemment M arcel A lain, mais surtout en sus des analyses et éclairages bienvenus de M atthieu L etourneux (bien connu des amateurs d'imaginaire populaire), L oïc A rtiaga (qui a justement écrit avec le premier un essai sur le criminel préféré des Surréaliste), et  J ean- M arc L alanne (critique de cinéma).                On y apprendra (pour ceux qui ne le savait pas encore) qu'un quatrième opus des aventures cinématographiques de Fantômas a été annulé suite à la plainte de M arcel A lain.             Ce sera bien sûr l'occasion d'évoquer la trilogie d' A ndré H unebelle via les souvenirs de M ylène D emongeot, qui expliquera comment L ouis de F unès a fini par voler la vedette à J ean M arais, mais aussi d'apprendre que ces trois films ont connu un succès ret
Articles récents

Les Fanatiques : histoire de l'armée rouge japonaise [Michaël Prazan]

C’est à une histoire peu connue, voire totalement méconnue, à laquelle nous convie de nous intéresser M ichaël P razan dans son essai au titre pour le moins très explicite « Les Fanatiques : histoire de l'armée rouge japonaise » paru au Seuil™ en 2002.              Un mouvement d’extrême-gauche supplémentaire me direz-vous, comme en ont enfanté les années 1960, et plus précisément 1968 - année révolutionnaire même au Japon !  Certes.              Mais ce qui caractérise ce mouvement contestataire étudiant c’est l’internationalisation de ses actions, induite il est vrai par un traité de défense renouvelé en 1960 qui lie le Japon et les U.S.A. (Anpo), notamment en ce qui concerne l’aide apportée de l'archipel nippon durant la guerre du Vietnam .  Rapidement en effet l’Armée rouge japonaise (ARJ), du moins certains de ses membres, rejoindront les camps d’entraînement du Front pour la libération de la Palestine (FPLP) sis dans la plaine de la Bekaa au Liban . Ceux-là, ou d’autres

Léviathan [Shiro Kuroi / Alex Ponthaut]

« Léviathan » est le fruit de la prospection à laquelle se livre l'éditeur parisien de BD Ki-oon™.             Remarqué il y a dix ans via un concours organisé par la magazine japonais de bande dessinée Monthly Afternoon , qu'il a remporté, S hiro K uroi n'a cependant pas réussi à percer dans le milieu de la BD japonaise de manière durable. Ce qui ne l'a pas empêché de continuer à dessiner, mais au travers de nombreux fanzines auto-édités qu'il vendait sur les festivals. C'est en en achetant un, dont le titre était déjà Léviathan , et qui du reste servira de base et de premier chapitre à l'histoire commercialisée en France depuis le 6 janvier sous le même titre, que K im B edenne, éditrice pour Ki-oon™, incitera S hiro K uroi à développer la création originale qu'il nous propose. • L'accroche est assez simple : Trois pilleurs d'épaves découvrent un vaisseau spatial à la dérive. Ils apprendront rapidement que celui-ci a disparu voilà des années,

L'Opossum rose [Federico Axat / Isabelle Gugnon]

Aussi étonnant que cela puisse paraître, « L'Opossum rose 2016 », pourtant troisième roman de l'argentin F ederico A xat a été le premier a être publié dans son propre pays. Dans des conditions qui ne le sont pas moins d'ailleurs, car ce sont les nombreuses traductions à travers le monde qui ont fini par attirer l'attention d'un éditeur argentin.  Une reconnaissance que ce roman ne risque pas de remettre en cause.              Si intuitivement la mainmise évidente qu'exerce F ederico A xat sur son histoire dessine le portrait-robot d'un « architecte », selon la taxonomie de G . R . R . M artin, le natif de Buenos Aires avoue sans complexe avoir toutes les pires difficultés du monde à prévoir son intrigue au-delà de deux chapitres. Autrement dit, lorsque F ederico A xat se lance dans l'écriture de « L'Opossum rose », il n'en connait pas la fin. Tout le contraire de son précédent roman La transformation des papillons , dont il ne connaissait que

Les Temps Ultramodernes [Laurent Genefort]

Si l' Abrégé de cavorologi e se présentait sous la forme d'un vrai-faux traité scientifique, où L aurent G enefort ne faisait aucune concession, excepté minière, avec la froide exactitude du savoir et de la connaissance, « Les Temps Ultramodernes » en prend le contrepied en livrant un grand roman d'aventure chaleureux et divertissant.             Une uchronie dont le point de divergence, dit point Renouvier™, est la découverte et l'exploitation d'un minerai (d'origine littéraire), la cavorite.  Si l'uchronie modifie - plus ou moins - le passé tel que nous le connaissons, elle garde souvent - pour ne pas dire toujours - les mentalités, les mœurs et la morale de l'époque dont elle nous offre une image déformée. Et révélatrice. Ceci étant dit, « Les Temps Ultramodernes », en tant qu'uchronie scientifique, est aussi un passé dont la différence avec le nôtre tient en ce que le futur y est arrivé plus tôt. À tel point que si la colonisation de la planèt

La corde [Stefan aus dem Siepen / Jean-Marie Argelès]

Dans un village à l'orée d'une immense forêt, les habitants d'un Moyen-Âge indéterminé mènent une vie tranquille, rythmée par les saisons. Jusqu'au jour où l'un d'eux découvre une solide corde dans un champ, dont l'autre extrémité s'enfonce dans la forêt. Comment est-elle arrivée là ? Où mène-t-elle ?              Si par choix (?) le MacGuffin ® est absurde, l'entêtement, puis la persévérance dans l'obstination, n'est pas aussi exagérée qu'on pourrait le croire. Outre le rêve originel à partir duquel S tefan aus dem S iepen a construit son court récit, l'auteur allemand s'inspire de l'un des événements les plus marquants du XX e siècle. Où l'obstination n'était pas un vain mot.               Roman noir, dans la définition qu'en donne T homas N arcejac dans son essai de 1949, La fin d'un bluff : « [..] Ce qui est noir, [..] , ce n'est pas, [...] sa violence, sa crudité ; ce n'est même pas le désesp