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Articles

La Septième arme [Servenay/Raynal]

••• L’utilisation de l’arme nucléaire en 1945, a fondamentalement changé le monde. 
L’impossibilité de faire la guerre par des moyens traditionnels, sous peine de destruction planétaire, a poussé les stratèges à en inventer une nouvelle forme. 
C’est sur le terreau des décolonisations qu’elle verra le jour. Et dans les rangs de l’armée française. C’est bien connu, « en France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! ». 

Il s’agira grosso modo, de contrôler la population, et d’essentialiser l’ennemi. L’ennemi n’est plus désigné en fonction de ce qu’il fait ou revendique, mais en tant que ce qu’il est. L’exemple le plus achevé est certainement celui des Tutsis, au Rwanda (1994). 

Si cette doctrine dite de « la guerre révolutionnaire » s’appuie sur « La Guerre Totale » du maréchal Erik Ludendorf, en passant par « Le Viol des Foules » du soviétique Serge Tchakhotine (traduit en français en 1939 et immédiatement censuré), elle a été mise en pratique en Indochine (par son grand théoricien l…
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Noosphère [Audrey Pleynet]

••• Extrapolation, à un niveau bien supérieur, d'une manière de vivre que l'on connait déjà, Citoyen+ est une nouvelle, gratuite [Pour en savoir +], dont le résultat, l'achat du  roman dont je vais vous parler, apparaît en toutes lettres dans l’aliénante société qu'elle décrit.  Du moins, son mécanisme. Plus que son idée centrale, Citoyen+ saisit par la maîtrise dont elle fait preuve.
Autrement dit, cette nouvelle captive par la manière dont elle nous dit ce qu'elle a à dire.
De plus, sa chute est tout ce qu'il y a de plus réjouissant et de réussi. Citoyen+ obtient, dès sa première lecture, un Triple A™

Pour le dire autrement, ce récit m'a tellement emballé que j'ai immédiatement commandé la version numérique de Noosphère, le premier roman de son autrice, Audrey Pleynet. Et 2,99 € pour une roman de 372 pages, c'est donné.
Ainsi je ne ferais pas mystère de mon avis, Noosphère aurait pu être écrit par un auteur de la trempe d'un Michael Crichton. 
Mais…

La mort de John Smith [Michel Pagel]

••• Au sommaire du 91ème numéro de Bifrost, dit « spécial fictions », La Mort de John Smith appartient, selon son auteur à « l'Ère de la fusion ».
Autrement dit un cadre galactique qui lui permet d'inclure n'importe quelle histoire de SF, mais surtout en y combinant les genres : fantastique, polar, fantasy, etc..

J'avais lu, il y a quelque temps déjà, une nouvelle appartenant à ce cadre galactique dans l'anthologie Détectives de l'impossible. Elle mettait déjà en scène Herbie-V Quinn, un « sherlock privé », c'est-à-dire une détective privé, pour le moins atypique.

Ère de la fusion oblige, La Mort de John Smith mélange donc les genres, et donne à lire une nouvelle où Michel Pagel maîtrise son récit de bout en bout.
Et ce n'est pas le moindre de ses talents que de réussir à nous captiver avec des ingrédients qui apparaîtront somme toute, très communs aux lecteurs aguerris. Mais si la fond de sauce est connu, son savoir-faire de romancier fait ici toute la dif…

MACNO [Consciences Virtuelles] Ayerdhal

••• En 1997, à la 24ème Convention Nationale de Science-Fiction, qui se déroulait alors à Nancy, le bruit courait que Raymond Audemard (un auteur connu notamment pour avoir écrit sous le pseudonyme maison des Blade, le voyageur de l'infini [Pour en savoir +]) recrutait des auteurs pour une nouvelles collection de SF. Chaque volume devait y être écrit par un auteur différent :
Au sein d'un univers non partagé, symboliquement situé en 2068, les auteurs en question devaient mettre en scène un héros récurrent. Celui-ci, SF oblige, était une I.A., baptisée MACNO. Autrement dit : Magasin des Armes, Cycles et Narrations Obliques ; tout en évoquant aux plus férus d'Histoire, le célèbre communiste libertaire Nestor Makhno.  Tout un programme, si j'ose dire.

Commandée par les éditions Baleine, MACNO devait être le pendant science-fictif de leur tête de pont, le détective privé libertaire Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe. Comme leur collection «Van Helsing» [Pour en savoir +]…

Le Volcryn [G.R.R Martin/Odile Sabathé-Ricklin]

••• Si j'en crois Apophis [Pour en savoir +], la novella de G.R.RMartin tient du défi.
En effet, l'auteur, dont je crois qu'il n'est plus nécessaire aujourd'hui de retracer le curriculum vitæ, tente de prouver en l'écrivant, que l'on peut associer la SF et l'horreur dans une même histoire. Deux genres, dont un critique aurait affirmé qu'ils étaient incompatibles.
Or donc, Le Volcryn, dans une traduction d'Odile Sabathé-Riclin, révisée par le regretté Ayerdhal, conjugue l'un et l'autre sous l'angle du gothique. Non seulement Martin gagne son pari, mais il écrit de surcroît un « space opera gothique » très réussi. Ce qui, paradoxalement, le rend assez prévisible aux aficionados de l’esthétique de la terreur, initiée par Horace Walpole et Le Château d'Otrante (1764) ; et enterrée par Mary Shelley et son Prométhée moderne (1831). Roman hybride, puisqu'il parachève à la fois l'âge d'or du gothique anglais, tout en étant le p…

DOMO DINGO [Francis Mizio]

••• Le projet de DOMO DINGO, sous-titré « La vie domotique », est assez bien résumé dans sa quatrième de couverture, dernier paragraphe (voir supra). Toutefois ce qui m'a fait m'y accrocher une fois passée la curiosité, tient plutôt à l'écriture de Francis Mizio. Un auteur que je viens juste de découvrir (qui a dit que le livre était un « média lent » !?), et dont je peux d'ores et déjà dire, que cette découverte ne restera pas sans lendemain.
« si vous voulez des histoires, lisez les journaux » Céline
Or donc, au-delà de la charge satirique de l'ouvrage, et du travail de collecte qu'avait entamé Francis Mizio lorsqu'il tenait une rubrique dans le quotidien Libération -il était vers la fin des nineties l'un des rares journalistes à y parler d'Internet dit-on- ce roman captive surtout par son ton, doux-amer.
Lequel s'accorde d'ailleurs avec la société du consentement qu'il y décrit.
Si la science-fiction est une vue d'artiste sur la scie…

The Beauty [Contamination] Haun/Hurley

••• « The Beauty » dont le sous-titre « Contamination » est tout un programme, faut à exploiter l'idée -pourtant excellente- sur laquelle son scénario repose.
Dans ce premier recueil, commercialisé dans l'Hexagone par les éditions Glénat, et qui propose les numéros 1 à 6 de l'édition américaine (qui en est à son vingt-deuxième numéro), tout ce qui aurait dû faire le sel de ce récit est soit inexploité, soit mal exploité.

Je ne crois pas déflorer grand-chose en écrivant que The beauty repose sur une contamination (mondiale), d'un genre inédit.  Passons sur l'aspect américano-centré de l'histoire ; mais quid des répercussions sur la vie de tous les jours des infectés ? À part quelques lieux communs attendus, Jeremy Haun & Jason Hurley n’entament rien de ce côté-ci, qui serait à la hauteur de leur prometteuse idée. Voire questionner l'idée même de « beauté » !

Au contraire, les deux scénaristes embrayent rapidement sur un thriller tout ce qu'il y a de plu…