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Articles

Jayne Mansfield 1967 [Simon Liberati]

Je dois confesser que ce qui m'a donné envie de lire le roman de Simon Liberati, tenait en la promesse d'en apprendre un peu plus sur Anton LaVey.
Non pas que le fondateur de « L'Église de Satan » soit sous le boisseau d'une omerta, mais j'aime bien prendre des chemins de traverse. Comme celui qui a fait se croiser un 19 octobre Jayne Mansfield et le gourou du 6114, California Street à San Francisco.

Avec ce court roman de moins de 200 pages, et son parti pris minimaliste, Simon Liberati trace le fascinant portrait d'une « it-girl» courageuse, et bien plus intelligente qu'on pourrait que je pouvais le croire. Sans pour autant cacher son côté sombre et jusqu'au-boutiste.
Lieu commun s'il en est, Liberati offre également l'instantané d'une époque, celui du Vieil Hollywood©™, en voie de disparition.

Jayne Mansfield 1967 est d'abord et avant tout un roman, et l'auteur ne ménage pas sa peine.
Dans un style direct et d'une simplicité…
Articles récents

Inavouable [Zygmunt Miłoszewski/Kamil Barbarski]

••• Délaissant le procureur Teodore Szacki, le personnage principal de déjà trois excellents romans, également traduits du polonais au français par Kamil Barbarski, le romancier Zygmunt Miłoszewski a pris une pause, comme il l'écrit dans la postface du résultat de ladite pose.
En effet, Inavouable tient plus du thriller que des romans policiers auxquels il nous avait habitué.

Le pitch est assez simple : trois mousquetaires qui pour le coup respectent la parité homme/femme, sont envoyés en mission. Leur but ?
Ramener le plus vieux prisonnier de guerre polonais au pays. Inutile de vous dire que cette mission, s'ils l'acceptent, se déroule de nos jours, et que le gouvernement polonais niera toute implication s'ils devaient échouer.

Si on peut supposer que Zygmunt Miłoszewski s'est laissé la bride sur le cou pour cette pause, son roman épouse également cet état d'esprit et file à 100 à l'heure. Ce qui n'empêche pas l'auteur de camper des personnages dont je…

Alternative Rock, Folio SF

••• Cinq nouvelles inventent des destins différents de ceux que nous connaissons, pour quelques-unes des figures, devenues légendaires, de la musique « rock » occidentale.

       Michael Moorcock est celui qui, je trouve, s'en tire le moins bien, alors même qu'il s'attache à l'un de mes artistes préférés : Jimy Hendrix. Gardner Dozois, Jack Dann & Michael Swanwick s'associent pour une nouvelle tout aussi fantastique que celle du londonien, mais d'un bien meilleur cru. « En tournée » termine d'ailleurs ex-æquo à mon hit-parade personnel, avec la nouvelle intitulée «Snoodgrass », de Ian R. McLeod. 

C'est pourtant à partir d'une idée toute simple que McLeod construit cette très belle histoire qui pour le coup donne une réponse à l'adage bien connu : « On sait toujours ce qu'on fait, jamais ce que fait ce qu'on a fait». Et si je devais en extraire une scène emblématique, ce serait celle de la rencontre dans les toilettes publiques. Glaçant…

Hellraiser [Clive Barker/Mélanie Fazi] 2008

••• Que dire de cette novella que personne ne sache déjà ?

Sinon que la maison d'édition Bragelonne en commercialise une fort belle édition ; qui outre la novella en question propose une préface (révisée) écrite par Benoît Domis, que les lecteurs de l'édition intégrale de Colheart Canyon auront déjà lue (sans lesdites révisions), et un entretien inédit entre Clive Barker et Peter Atkins (transcrit par Denis Etchison et traduit par Benoît Domis).

       Bien que je tienne Clive Barker pour un excellent écrivains, j'ai toujours hésité à lire Hellraiser. La faute à l'idée que je m'en faisais via la réputation des films que cette courte histoire (150 pages) a inspirée. Mais comme souvent, cette réputation s'est révélée être une sommes de malentendus qui n'ont rien à voir avec la novella que j'ai pu lire.    

Il vous en coûtera 16,90 € pour cette édition, alors qu'il est encore possible d'acheter l'édition Folio pour beaucoup moins chère (et une for…

Anti-Glace [Stephen Baxter/Pierre-Paul Durastanti] Le Bélial'

••• Les bons sentiments font-ils de bons romans ?

Anti-Glace, qui n'en manque pas, démontre que non.

Circonstances aggravantes, il est bourré de bonnes idées. Sans que cela n'améliore son cas pour autant.
La lecture du roman de Stephen Baxter, qui pour le coup travaille dans un format court, moins de trois cent pages, donne l'impression qu'il n'a pas su canaliser son énergie (sic).
Pour le dire grossièrement, on oscille entre un « scientific romance » à la H. G. Wells (au cours de laquelle l'auteur affine l'aspect scientifique), voire un voyage extraordinaire made inJules Verne. Et un parti-pris plus politique (anachronique certes mais intéressant), deux aspects que Baxter peine toutefois à marier.
 Le résultat est une uchronie steampunk un poil poussive.

      Deux caractéristiques jouent cependant en sa faveur.
Sa brièveté, en effet malgré les (trop) nombreux ventres mous de l'intrigue, il est somme toute assez facile de venir à bout des 288 pages. Et surtou…

Retour sur Titan [Stephen Baxter/Éric Betsch]

••• 16ème et dernier tome paru pour l'instant, Retour sur Titan est devenu mon favoris de la collection «Une Heure-Lumière». Stephen Baxter, que je connais peu, j'ai dû le découvrir grâce à la revue Cyberdreams au travers de la nouvelle « Au PVSH » (dont je n'avais gardée aucun souvenir, et que j'ai relu pour le coup), m'a littéralement scotché avec cette novella.
C'est toutefois nanti d'un a priori un poil négatif que j'avais attaqué ma lecture ; la faute à cette réputation d'écrivain de hard science, peu littéraire qui lui colle à la peau. Mais comme chacun sait, toute réputation n'est qu'une somme de malentendus.

Eh bien Retour sur Titan, traduite par Éric Betsch a non seulement balayé tous mes a priori, mais m'a furieusement donné envie de lire du Stephen Baxter*. La preuve, je viens de commencer Anti-Glace, un roman commercialisé comme la présente novella, par les éditions Le Bélial'.  

La quatrième de couverture cite le quotidien

Exodus Manhattan [Nykko/Bannister]

••• Il y a peu de chance, si vous vous intéressez à la science-fiction, sous quelque forme que ce soit, qu'Exodu Manahattan vous surprenne.
Et pourtant, ce premier tome d'une histoire qui devrait en compter deux pour aboutir, fait remarquablement le job !

Constamment sous tension, le scénario écrit par Nykko, distribue les punchlines avec autant d'efficacité qu'un Mohamed Ali sur le ring. 
Dans cette société en déliquescence, les personnages peuvent compter sur l'extraordinaire travail du dessinateur Bannister pour que les lecteurs partagent leurs états d'âme, et en éprouve la violence. D'autant que ce futur, dont on apprendra qu'il est gouverné par une multinationale, n'est pas sans rappeler notre présent. 
Sous une pluie qui n'en finit pas, et les fourches caudines d'un nouveau messie, dont le credo amplifie ce que nos sociétés connaissent déjà en termes de martyrs, Leto & Hana mènent une enquête qui risque de sérieusement hypothéquer leur…