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Articles

Les nombreuses vies de Stephen Leeds [Brandon Sanderson / Mélanie Fazi]

Brandon Sanderson n'est pas le premier écrivain dont le héros s'interroge sur la solidité de la Réalité©. Quand bien même cette question prend-elle place au sein d'une fiction.
           Là où ça se complique vraiment, c'est que Stephen Leeds, son personnage principal, vit entouré d'aspects de lui-même, auxquels il a donné une personnalité propre. Et un savoir, qui lui est inaccessible, s'il ne peut communiquer avec l'aspect en question, de la même façon qu'il le ferait avec une personne réelle. Mais qui est, de notre point de vue (et du sien), un personnage imaginaire. Vous suivez ?
« Les illusions dangereuses » est donc, si on en croit l'auteur, la dernière aventure de Stephen Leeds.              Elle est rejointe par les deux précédentes novellas du cycle, sans que visiblement l'éditeur ne se soucie des lecteurs qui les ont déjà achetées lors de leur commercialisation antérieure [Pour en savoir +], pour former une intégrale.  Un procédé qui man…
Articles récents

Rentrer par tes propres moyens [Rich Larson / Pierre-Paul Durastanti]

Courte nouvelles (offerte gratuitement en téléchargement ou en lecture en ligne) de Rich Larson, « Rentrer par tes propres moyens » est traduite par Pierre-Paul Durastanti, et extraite d'un recueil à paraître bientôt.              Si la magnifique couverture dudit recueil (infra), signée Pascal Blanché, ne parvenait pas à vous convaincre de vous y intéresser, la nouvelle en question y pourvoira sans aucun doute. Pour nous appâter, l'éditeur nous promet qu'au travers de sa propre sensibilité Rich Larson « conjugue Greg Egan et Ken Liu », une synthèse prometteuse ! « Rentrer par tes propres moyens » est, en tout cas, une très belle découverte. Rich Larson nous attache à ses personnages, avec une économie de moyens stupéfiante, pour nous amener à un dénouement qui doit, en grande partie, son impact à cet attachement. Une nouvelle coup de poing, dont la violence est encore amplifiée par la réaction de ceux qui restent.

Le Jour où Kennedy n'est pas mort [R.J. Ellory / Fabrice Pointeau]

Conscient que sur le terrain des révélations, le scoop se fait plutôt rare du côté du clan Kennedy, le romancier R.J. Ellory préfère se concentrer sur une tentative de thriller paranoïaque, dans la veine de ceux que n'aurait pas manqué d'enfanter la balle magique de Lee Harvey Oswald, si elle avait atteint sa cible.  Une alternative qui n'aurait d'ailleurs pas changé fondamentalement « Le Jour où Kennedy n'est pas mort ».              Si effectivement John F. Kennedy ne meurt pas à Dallas le 22 novembre 1963, l'uchronie de Roger Jon Ellory ne lui octroi pour le coup, qu'un rôle de figurant. Son entourage est certes un peu mieux traité, mais rien, ou presque, du côté d’un attentat théoriste qu’on était en droit d’attendre d’un tel titre.  L’auteur britannique réserve en effet la part du lion à Mitch Newman ; un journaliste de troisième zone, alcoolique, hanté par la guerre de Corée et sa rupture avec Jean Boyd.  Une jeune femme dont la mère lui demandera de l…

Pâles mâles [Catherine Dufour]

Assez régulièrement l'éditeur Le Bélial™ offre à lire, gratuitement, des nouvelles qu'il publie soit en recueil soit au sommaire de sa revue trimestrielle Bifrost. Ce coup-ci c'est un court récit écrit par Catherine Dufour qui est à l'honneur, à l'occasion de la sortie de L'Arithmétique terrible de la misère. Au moins avec un titre pareil, on sait où on met les pieds. Et « Pâles mâles », la nouvelle en question ici, est une saisissante projection dans un avenir futur indéterminé et suffisamment éloigné pour qu'on y ait oublié ce qu'été, par exemple, un Rubik's Cube™ ou une « queue-de-pie ». Un futur (visiblement sans avenir) qui ne fera pas mentir le titre de l'ouvrage au sommaire duquel il prend place.  Ce bref récit est en effet de ceux dont la curiosité qu'ils éveillent et le divertissement qu'ils procurent est la source même de l'effroi qu'ils suscitent. Brillant ! « Pâles mâles » est disponible gratuitement jusqu'au 11 octobre…

Les agents de Dreamland [Caitlín R. Kiernan / Mélanie Fazi / Aurélien Police]

Si dans le Weird, un sous-genre du Fantastique où s’est notamment distingué H.P. Lovecraft, « l’intrigue ne compte pas plus que l’atmosphère induite », Caitlín R. Kiernan, dont « Les Agents du Dreamland » en est un des fleurons tout juste traduit par Mélanie Fazi pour l’excellente collection Une Heure-Lumière™ (9,90 € TTC), porte visiblement plus d’attention au second ingrédient qu’au premier.              Si l’intrigue de la novella sus-citée tient facilement sur un timbre-poste de l’État du Vermont, son atmosphère déborde le strict cadre de la centaine de pages qu’il lui faut pour en venir à bout.  Difficile en effet de rester indifférent à cette ambiance malsaine qui risque d'affecter votre quotidien pendant quelque temps.              La nécessaire attention qu'il faut pour lire ce court récit, déstructuré en 11 tout aussi courts chapitres, accentue encore le malaise. Véritable patchwork de citations (H.PLovecraft donc, Clive Barker, Michael Crichton, etc.) dont l'utilité …

Vigilance [Robert Jackson Bennett / Gilles Goullet / Aurélien Police]

« Je veux de la télé qui saigne » Diana Christensen, directrice des programmes d'UBS©, 1976  Si des signes alarmants n'ont pas manqué de précéder le récit de Robert Jackson Bennett, celui-ci se distingue par sa virulence très documentée et la prégnance d'un atavisme américain puissant.             Dès 1976, Diana Christensen importe dans les programmes du réseau UBS© des « actes authentiques de terrorisme politique filmés sur le vif » pour booster l'audience. Howard Beale, l'un des présentateurs vedettes de la chaîne, sera par ailleurs assassiné à l'écran par lesdits terroristes. Au début des années 1980, Le prix du danger™ met la France presque au niveau des U.S.A. en matière de téléréalité musclée. Dans les années 2020, « Vigilance», programme phare d'Our Nation's Truth (ONT©), place la barre plusieurs crans au-dessus.             Si la « vigilance » du titre est essentiellement le prétexte à armer tout ce qui reste de la population américaine, à qui on in…