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GrimJack, les back-ups de Starslayer

Toujours coincé dans la ville tentaculaire de Cynosure, je n'ai pas d'autres choix, si je veux en sortir, que de vous faire part des dernière aventures que j'y ai vécues. Elles se déroulent essentiellement dans les pages du mensuel Starslayer, lequel accueillera à partir de son dixième numéro, aux alentours de novembre 1983, GrimJack.
En effet, Mike Grell laisse sa création dans les mains du scénariste John Ostrander à partir du neuvième numéro, et celui-ci y introduira, dès le numéro suivant, sa propre création, dans les pages réservées aux histoires de complément (back-up). 
GrimJack quittera définitivement le mensuel Starslayer par une rencontre (crossover) avec le personnage éponyme (Starslayer #18), juste avant d'obtenir son propre titre.

       La ville de Cynosure, inventée par le scénariste Peter B. Gillis, n'est pas pour rien dans le ton que prendront les aventures de GrimJack

Cette ville, qui n'est pas entièrement cartographiée, et pour cause, est un c…
Articles récents

GrimJack [Killer Instinct + The Manx Cat]

En me replongeant dans la série de John Ostrander & Timothy Truman, j'ai été immédiatement frappé par la densité de leurs histoires. 
Aussi bien celles des années 1984-1991, que celles plus récentes (2005 & 2010), publiées au sortir de l'imbroglio juridique, lequel avait relégué la série du côté des nostalgiques et des aventuriers des bacs à soldes. 
Avant d'aborder un peu plus frontalement les deux aventures en question, publiées par l'éditeur américain IDW, je voudrais revenir sur GrimJack lui-même. Une sorte de complément à son portrait, que j'avais déjà sérieusement brossé [Pour en savoir +] il y a quelque temps.

       Or donc, d'une manière générale, GrimJack est un personnage venu tout droit d'un sous-genre de la science-fiction, que l'on appelle entre initiés aux arcanes de la SfFF,  le « Sword and planet ». Et dont les précurseurs sont Edgar Rice Burroughs avec sa série dit du Cycle de Mars (1912) ou encore la bande dessinée Flash Gordon

Le Beffroi [Si Spurrier / Jeff Stokely / Achilles(s)]

Dans l'entretien qui qui clôt le recueil français des 8 numéros de la mini-série « Le Beffroi » (The Spire), Si Spurrier, déclare son inimitié à la classification par genre.
Au risque donc d'en froisser le scénariste, j'apposerai l'étiquette  « fantasy » sur cette histoire, dessinée par son complice Jeff Stokely. Un dessinateur qui n'est par pour rien dans le charme et l'attrait que « Le Beffroi » exsude. Dans l'entretien déjà cité, Stokely cite deux influences  majeures : Moebius et Hayao Miyazaki. Nul doute que quiconque lira les péripéties qu'affronte Shå dans son enquête, aura également une pensée pour ces deux immenses artistes. 
Néanmoins, Jeff Stokely n'est ni l'un ni l'autre, du moins pas encore, et son trait frappe surtout par sa spontanéité.
Quand bien même sa mise en récit dément toute forme d'impulsivité, et offre une rigueur qui ne parvient pas toujours à se faire oublier. D'où la première impression.

Au final, le jeu des f…

Unité 8200 [Dov Alfon / Françoise Bouillot]

D'abord écrit en hébreu, Unité 8200 (prononcer 8-200) a connu un très beau succès en Israël. Traduit en anglais, il a cependant eu du mal à trouver un acquéreur anglo-saxon ; les acheteurs potentiels trouvaient l'intrigue incompréhensible pour des non-israéliens
C'est finalement l'éditeur Christopher MacLehose qui l’achètera, en demandant lui aussi, quelques remaniements [Pour en savoir +]. 
Traduit de l'anglais au français par Françoise Bouillot, Unité 8200 est disponible aux éditions Liana Levi
Une version qui si elle transpose les grades israéliens en français au contraire de la version anglaise. Ainsi « segen » devient-il lieutenant, ou plutôt lieutenante. 
Par le fait, Unité 8200 adopte la féminisation des grades militaire (sergente, soldate), mais ce choix disparait en cours de route, et la lieutenante Oriana Talmor redevient un lieutenant pendant la plus grande partie du roman. 

Outre que je me suis demandé si l'armée israélienne pratiquait elle aussi la f…

Cette maison [David Mitchell / Manuel Berri]

David Mitchell, romancier anglais, fait partie de ces auteurs dont on peut dire qu'ils sont des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir », d'après la belle définition de Raymond Queneau à propos des membres de l'OuLiPo.
Son dernier roman, que j'ai choisi de lire sous la très belle couverture de Charles-Étienne Brochu, pour les éditions ALTO, n'y déroge pas.
Ainsi son premier chapitre a-t-il d'abord paru sur Twitter™, entre le 13 et le 20 juillet 2014, pour le coup ici remanié, mais dont l'essence, & la scansion caractéristique de la plateforme bien connue a été en grande partie conservée. On y suit, en focalisation interne, la visite d'une jeune garçon qui accompagne sa mère à la « Slade House », cette maison sise Slade Alley, qui donne son titre au roman (dans sa version originale, et hexagonale aux éditions de L'Olivier). Laquelle visite sera suivie de quatre autres, par des personnages différents, espacée…

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle [Stuart Turton / Fabrice Pointeau]

Un peu à la manière d'Agatha Christie qui en son temps, avec « Le meurtre de Roger Ackroyd », subvertissait les règles de l'enquête policière littéraire, Stuart Turton propose un cadre totalement inédit pour son propre whodunit, et pour tout dire terriblement séduisant.
Une originalité qui malheureusement gardera tous ses secrets ; et qui au fur et à mesure de ce qu'il voudra bien nous en apprendre, la transformera en usine à gaz. 
Ce qui est d'autant plus dommage, que si on fait abstraction de ce qui fait justement son originalité, « Les sept morts d'Evelyn Hardcastle»est du niveau de ce que ce type de roman est à même de produire de mieux.
Mais de manière assez fâcheuse, Stuart Turon s'entête, tout en distribuant des informations qui sapent les fondations mêmes de son entreprise. 

Ainsi en va-t-il de la durée objective de l'enquête, ou des motivations premières du personnage principal masculin ; lesquelles entrent en complète contradiction, et c'est peu d…

Lovecraft Country [Matt Ruff / Laurent Philibert-Caillat]

Découpé comme autant d'épisodes, puisqu'au départ Matt Ruff travaillait sur un pitch de série télévisée à la « X-Files » ; Lovecraft Country a un petit air de « fix-up  ». Autrement dit un recueil d'histoires courtes (nouvelles) sur le même thème, ou via un héros récurrent, reliées plus ou moins habillement, pour lui donner l'apparence d'un roman. 
Détail trompeur, mais rassurez-vous, il ne sera pas le seul !
Le fil directeur de ce récit est un livre ; comme on peut légitiment s'y attendre dès lors que l'ombre tutélaire de Lovecraft est invoquée. Mais pour le coup, certainement pas du genre qu'on escompte.
En effet, puisque qu'il s'agit du «Guide du voyage serein à l'usage des Noirs». Un type de guide largement popularisé, même outre-Atlantique, depuis le film de Peter Farrelly avec Mahershala Ali & Viggo Mortensen : « Green Book, sur la route du Sud ».

KILOMÈTRE « JIM CROW » : Unité de mesure propre aux automobilistes noirs, combinant la d…