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Articles

Présumé innocent [Scott Turow / Jean Clem]

            Lors de la campagne électorale pour sa réélection Ray Horgan , procureur du comté de Kindle se trouve devoir faire face à un ballotage contrariant et à la découverte d'un meurtre qui ne l'est pas moins puisqu'il implique Carolyn Polhemus , une adjointe de son bureau.  Il charge Rusty Sabiche , son bras droit, de s'occuper de l'enquête. Les noms, lieux, personnages et péripéties de ce roman sont purement fictifs ; toute ressemblance avec des événements réels, des personnes existantes ou ayant existé serait de pure coïncidence. Cela dit, le fonctionnement de la justice américaine est tel qu’il est décrit : on confie l’accusation à un prosecuting attorney , procureur élu, doté de pouvoirs étendus et souvent entouré de très nombreux adjoints. C’est aussi un homme public, soucieux des media et soumis aux alliances politiques.               « Présumé innocent » est un thriller judiciaire, un (mauvais) genre qui s'intéresse principalement à ce qui se déro
Articles récents

Secrete Identity [Alex Segura]

New York , milieu des années 1970.              Surnommée alors non sans raison « Fear City », la métropole étasunienne est « the place to be » si l’on veut travailler dans le milieu de la bande dessinée. Carmen Valdez le sait.  Et c'est pourquoi elle est l'assistante du patron de Triumph Comics™, une maison d'édition de seconde zone qui aurait bien besoin d'un titre phare pour assurer ses arrières financiers.  Seulement voilà, tout aussi douée que soit Carmen , c'est une femme. Et en ce temps-là, nous dit « Secret Identity », elles ne sont pas les bienvenues dans la sphère créative des éditeurs de comic books .  Mais une opportunité va se présenter à elle.              A lex S egura, auteur entre autre d'une série de romans policiers, inédite elle aussi en français, a voulu se tourner vers quelque chose de différent. Lui est alors venu l'idée d'un « comic book murder mystery », et tout aussi rapidement son héroïne, Carmen Valdez , lui est apparue. 

La Millième Nuit [Alastair Reynolds / Laurent Queyssi / Aurélien Police]

On prête au romancier R aymond C handler la sentence suivante : « Hammett a sorti le crime de son vase vénitien et l'a flanqué dans le ruisseau. ».              Autrement dit, même s’il n’est ni le premier ni a fortiori le seul, D ashiell H ammett a laissé tomber les crimes mondains résolus par des amateurs qui ne l’étaient pas moins (mondains & résolus) ; pour s’intéresser à ceux commis par et contre les classes laborieuses, et aux professionnels chargés de les résoudre.              Presque 100 ans plus tard, Moisson rouge a paru en épisodes dans le légendaire pulp magazine Black Mask à partir de novembre 1927, Le Bélial’ ® , dans sa belle collection Une Heure-Lumière™, commercialise « La Millième Nuit » d’ A lastair R eynolds : traduction de L aurent Q ueyssi, magnifique couverture d’ A urélien P olice, 144 pages au prix de 10,90 € (5,99 au format numérique) ; un retour - si j'ose dire, au « vase vénitien » d'avant H ammett .  Une novella pour laquelle il n’est

Cancel ! [Hubert Heckmann]

Si la « cancel culture » est à prendre comme ensemble de comportements au sein d’une communauté fédérée par des valeurs, comme la culture d'entreprise par exemple, elle est surtout un programme d'effacement de la Culture. « Le socialisme c'est la lutte des classes, l'indigénisme la lutte des races, et le wokisme la lutte des places »             Dans ce petit opuscule d'une soixantaine de pages (vendu 9 €), H ubert H eckmann s'intéresse donc à la cancel culture . Il y analyse l'impact des réseaux sociaux, l'idée que les cultures sont des propriétés privées ; point de vue très en vogue dont l'ultime avatar est donc la condamnation « d'appropriation culturelle ».  Mais aussi la censure pure et simple, comme pour Les écrits intimes de Patricia Highsmith 2021 , où Calmann-Lévy™ je cite : « dans certains cas extrêmes » juge de son devoir « de refuser à Pat (sic) le droit de s'exprimer ». Un élagage, note H ubert H eckmann, qui fait passer l

Une promenade en enfer [Garth Ennis / Philippe Touboul, Goran Sudžuka / Ive Svorcina ]

L'horreur n'est pas un (mauvais) genre totalement étranger au scénariste G arth E nnis.  On peut citer sa série Crossed 2008 , sa version personnelle d'Alien ( Caliban 2014 ), voire Preacher 1995 où l'un des personnages principaux est un vampire. Il a également écrit un run assez soporifique mais assez craspec d' Hellblazer , titre phare du désormais disparu label Vertigo™ .  [ Trigger Warning ] : traces de wokisme !              Avec « L'Entrepôt », premier tome d' « Une promenade en enfer », recueil qui reprend les cinq premiers numéros de la maxi série ( A Walk Through Hell ), composée de 12 fascicules mensuels publiée aux U.S.A. par l'éditeur AFTERSHOCK entre mai 2018 et juillet 2019, G arth E nnis arpente de nouveau les territoires du Fantastique, desquels il emporte de toute façon toujours un peu de l'atmosphère où qu'il aille.  Et c'est justement sur le front de l'atmosphère que se détache cette première partie.              A

Hyenas [Joe R. Lansdale]

« Hyenas » est une novella écrite par J . R . L ansdale. Elle raconte une nouvelle aventure de son célèbre duo de redresseurs de torts, juste avant qu'il ne deviennent - officiellement - détectives privés pour le compte de Brett Sawyer . En termes de publication, « Hyenas » se situe entre Le Diable en rouge et Honky Tonk Samuraïs .              Comme d'habitudes, les deux compères vont se retrouver impliqués dans une histoire abracadabrante. C'est d'ailleurs l'un des talents du texan que de réussir à écrire des histoires captivantes dont le canevas est pourtant largement connu d'avance. Ici, la pièce de choix est certainement l'incroyable séquence de « recrutement » de Leonard & Hap . Sinon c'est toujours un plaisir de les retrouver ainsi que Brett , et pour le coup Marvin Hanson , le détective dont il reprendront justement l'affaire dans les prochains romans. Si Hap & Leonard sont de redoutables durs-à-cuire, il ne faudrait pas oublier leur