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Affichage des articles associés au libellé Film

Les Traducteurs [Régis Roinsard / Lambert Wilson]

« Les Traducteurs » est un film à huis clos (ou presque) qui s'inspire des règles mises en place, lors de la traduction d' Inferno le roman de D an B rown commercialisé en 2013. Où onze traducteurs avait été enfermés dans un bunker sous la garde de vigiles, par peur des fuites. « La partie reprend »              Ici il s'agit de traduire Dedalus , écrit par Oscar Brach , un romancier aussi mystérieux que T homas P ynchon. Confinés dans une sorte d'abris anti-atomique de luxe, 9 traducteurs vont donc devoir faire face à tout autre chose que ce à quoi ils s'attendaient, sous la houlette un brin méprisante d' Éric Angstrom , l'éditeur du bestsellers en question.   Hommage à A gatha C hristie, « Les Traducteurs » adopte en effet sont dédain des règles, le film de R égis R oinsard est un whodunit astucieux. Il est d'ailleurs assez divertissant de tenter de faire la liste des clichés que le scénario détourne. S...

Extraction [Tyler Rake]

Déduction fragile certes, mais entre la série des John Wick et « Extraction », les films de cascadeurs semblent avoir en commun une absence significative d’histoire à raconter. Ou disons plutôt que le scénario vire à l’épure, à l’étique.             Mes recherches sur les différentes manières de raconter une histoire m’ont amené à m’intéresser à des individus qui écrivent des guides pour le faire. Les C hristopher V ogler, R obert M c K ee, J ohn T ruby etc. Et dans le lot il y a B lake S nyder, dont l’originalité si je puis dire, tient à ce qu'il appelle la « Logline ». Au High concept © très en vogue, B lake S nyder choisit d'en réduire encore les 25 mots maximum, pour en faire une phrase accrocheuse, la Logline en question. Il s'agit, dans les deux cas, de vendre rapidement un film.  Mais D avid L eitch & C had S tahelski (sur les John Wick ) et S am H argrave sur « Extraction » ont pris, au pied de la le...

'71 [Yann Demange / Jack O'Connell]

Nous sommes en 1971, et la capitale de l' Irlande du Nord est littéralement déchirée par « les Troubles ». Cependant, la guerre civiles entre protestants et catholique n'est qu'un village Potemkine™ pour le scénariste G regory B urke et le réalisateur Y ann D emange . En effet, « '71 » est un survival urbain ; violent, viscéral et absurde ; plutôt qu'un film historique ou social. « La situation était confuse »             Cinéma de l’efficacité et du ressenti, le survival est aussi surtout le résultat d'une formule : • Unité d'action : sauver sa peau coûte que coûte.  • Unité de lieu : ville, quartier, appartement  • Unité de temps : quelques heures ; jusqu'à épuisement des personnages.  Les Troubles donc, euphémisme anglais qui rappellera celui de « pacification », qu'utilisait le gouvernement français en parlant de la guerre d' Algérie , ne servent que de contexte disais-je ; le scénario prenant bien soin de renvoy...

21 Bridges [Brian Kirk / Chadwick Bosemen]

« Pour des gars comme vous, je suis une cause de mort naturelle » Polar urbain au scénario plus intuitif que complexe, « 21 Bridges  » de B rian K irk propose quasiment les règles du théâtre dit classique : Unité de lieu : L'île de Manhattan Unité de temps : 4 heures Unité d'action : Une course-poursuite Ce qui ne l'empêche pas d'être plus tendu qu'un index sur une queue de détente.             Inspecteur aux méthodes expéditives, qui lui valent de comparaître devant les Affaires internes du NYPD , Andre Davis ( C hadwick B oseman) se retrouve peu après à enquêter sur une fusillade ayant coûtée la vie à plusieurs policiers. Si l'importance de C hadwick B oseman dans ce long-métrage est immédiatement évidente, la réalisation de B rian K irk l'est tout autant.  Surtout lorsque le scénario tient peu ou prou sur un ticket de métro. J'ajouterai au satisfecit le monteur, T im M urell, car sans être de ...

Captive State [Rupert Wyatt / John Goodman]

2028, neuf ans après le « premier contact » la Terre est contrôlée par des extraterrestres. Les différents gouvernements internationaux leur ont prêté allégeance.        Comme sources d'inspiration pour son cinquième film « Captive State » le réalisateur et co-scénariste R upert W yatt cite volontiers la révolution américaine du XVIII ème siècle, « L'Armée des ombres », ou encore « La Bataille d'Alger » .   En effet, si le film choisit un arrière-plan tout droit venu de l'imaginaire Sf, « Captive State » à tout du film de guerre dans sa phase de résistance à l’ennemi. Comme l'ont justement incarné le film de J ean- P ierre M elville et celui de G illo P ontecorvo . Presque anti-spectaculaire, à l'aune des propositions contemporaines dès qu'il est question de science-fiction cinématographique, « Captive State » offre cependant quelques moments de bravoures saisissants.  Toutefois son propos n'est pas là. Le film de R upert W yatt ...

Midnight Special [Jeff Nichols]

••• Ça commence assez bizarrement. En effet ce sont les propres personnages du film qui attireront mon attention sur l'improbable scénario dont ils sont les jouets.        Débutant in medias res , manière toujours efficace d’anesthésier l'esprit critique de qui le regarde, le long-métrage de J eff N ichols mâtine une course poursuite de presque deux heures (en temps extra-diégétique), d'un SF made in S pielberg sinon revendiquée, du moins bien imitée. Au hasard, Rencontre du troisième type et E.T. l'extra-terrestre .   Dommage que le scénario de Midnight Special concurrence en termes de trous n'importe quel emmental qui se respecte.  Et avec le respect que je vous dois, chers lecteurs, je dois vous dire que la suite de ma critique dévoile peu ou prou le mince scénario de Midnight Special .        Et ça commence donc par la question que se posent Roy Tomlin et Lucas : qui peut bien avoir renseigné les fo...

Upgrade [Leigh Whannell/Logan Marshall-Green]

Abrégé en « high concept » le film de L eigh W hannell (scénariste & réalisateur) pourrait se formuler ainsi : « Steve Austin devient un justicier dans la ville ». Mais ça ne serait pas rendre justice à cet astucieux film qui mélange, sous un vernis légèrement SF, pas mal d'humour, une rasade de gore , et le genre de fin dont le mauvais esprit vous rassérène. De la distribution resserrée, je ne connaissais que L ogan M arshall- G reen (vu dans les séries télévisées Quarry [ Pour en savoir + ] et Damnation ), qui s'en sort plutôt bien. Mais l'essentiel n'est pas là. Sous ses allures de production Hollywood Night™, Upgrade réussit un joli coup de bluff .  En d'autres termes, cette production américano-australienne mérite qu'on aille au bout de ses 1h40, quand bien même l'originalité de son scénario n'est-elle pas immédiatement flagrante. Pas de quoi s'ennuyer non plus pour les amateurs d' actioners , cela dit.  Ou pour ceux qui fe...

Pentagon Papers [Steven Spielberg]

J’avais déjà, avec le long-métrage écrit par T aylor S heridan et intitulé Comencheria [ Pour en savoir + ], pris l’angle du titre, du moins de son changement lors de son exploitation dans les salles hexagonales, pour montrer en quoi celui-ci pouvait orienter notre regard de spectateur.  Ou pour le cas présent, nous enfumer.        T he Post , pénultième film sorti de S teven S pielberg, a donc été distribué en France sous le titre de Pentagon Papers , des « papiers du Pentagone » qui sont pour le coup 7000 pages classées « secret-défense », lesquelles ont été dérobées, puis publiées dans la presse américaine au début des années 1970. Des documents compromettants au sujet de l'engagement au Vietnam des forces armées américaines. Alors que The Post est quant à lui, le surnom d’un journal, le Washington Post .  Quiconque a vu le film en question peut, je crois, dire que le titre choisi pour les salles française est mensonger. Victime p...

Annihilation [J. VanderMeer/A. Garland]

••• I nspiré par le 1 er tome de La trilogie du Rempart Sud , de J eff V anderMeer, le film d' A lex G arland semble être lui-même, tout droit sorti de la Zone X . Une aire en expansion, d'origine inconnue, dans laquelle 4 scientifiques pénètrent après que plusieurs individus y aient disparu, dont des militaires aguerris. Film d'ambiances et cocktail d'émotions, le long-métrage d' A lex G arland s'il diffère très nettement de sa source d'inspiration ( Cf. la Zone X ), transmet néanmoins de manière assez efficace ce qu'on peut attendre d'un film placé sous une tutelle « lovecraftienne » . Vocable certes un peu passe-partout, mais qui fait sens s'agissant d'un romancier tel que J eff V anderMeer. (Sans compter que les effets spéciaux du film renvoient très explicitement, et très littéralement, au titre d'une des nouvelle de H.P.L )        A lex G arland, au travers de sa mise en scène très suggestive, laquelle ne se prive cepen...

Creepy [Kiyoshi Kurosawa]

    P assionnant parcours que celui de K iyoshi K urosawa. Passant d’un genre à l’autre avec aisance, d’une commande à une autre sans rien sacrifier des thématiques qui traversent sa filmographie – un goût prononcé pour l’observation du tissu social japonais contemporain couplé à une exploration atypique des genres –, le cinéaste japonais parvient dans un contexte de création difficile à poursuivre une œuvre riche et singulière. Creepy , adapté du roman du même nom de Y utaka M aekawa publié aux Editions d’Est en Ouest, témoigne de cet exercice d’équilibriste en étant autant une radioscopie d’un couple qui se délite qu’un thriller retors empruntant des méandres inattendus dans son cheminement. Dans cette histoire où Takakura ( H idetoshi N ishijima), ancien enquêteur expert en psychologie criminelle reconvertit dans l’enseignement, emménage avec sa compagne Yasuko ( Y uko T akeuchi) pour prendre un nouveau départ, le quotidien va progressivement se dérégler pour le c...