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Articles

Affichage des articles du mai, 2020

Spatterjay [Neal Asher / Lucas Moreno]

C'est au sein d'un copieux sommaire de la revue Bifrost [Pour en savoir +] que paraît la nouvelle de Neal Asher, titrée de la planète qui lui donne son nom : « Spatterjay ».
Celle-là même où se déroulera la totalité de l'action de son roman intitulé L'Écorcheur [Pour en savoir +]. L'intrigue de ladite nouvelle, traduite par Lucas Morenos, y est d'ailleurs relatée.

            Assez courte, « Spatterjay » tient autant du catalogue de voyage que d'un prologue et un concentré de ce que le roman développera 7 ans plus tard. Néanmoins à la lecture de « Spatterjay » et au vu de ce dont Neal Asher est capable, sur L'Écorcheur par exemple, cette nouvelle manque d'un peu d'énergie.
            Or donc, si « Spatterjay » décrit très bien les particularités qui font d'elle la planète qu'elle est, sachez que Neal Asher s'y connait aussi en scènes paroxystiques & pyrotechniques.
Une nouvelle agréable qui donne un avant-goût de ce dont l'auteu…

L'Écorcheur [Neal Asher / Jean-Pierre Pugi]

Aux marches du Polity, une vaste civilisation interplanétaire gouvernée par des Intelligences Artificielles, il y a Spatterjay une planète hostile recouverte par les océans.


 « My aim is to tell a story and to entertain. » 
            « L’Écorcheur » est le premier tome d’une des nombreuses sous-séries qui composent l’univers du Polity, que construit patiemment Neal Asher depuis plus de vingt ans.
La chronologie interne de cet univers le place en 15ème position sur les dix-huit romans recensés du cycle. Néanmoins, à en croire l'auteur et ma propre lecture de « L’Écorcheur », chacun des romans semble disposer d’une autonomie propre. Même si j’imagine que chaque mini-série entretient une continuité interne minimum. 
            « L’Écorcheur » est un planet opera où chaque goutte d’encre exsude le plaisir qu'a l’auteur à nous faire partager son enthousiasme pour ce qu’il écrit. 
Exotisme, puissance de feu, sense of wonder, rien ne manque à « L’Écorcheur » pour être un roman d’évasio…

Starman [James Robinson, Tony Harris, Wade von Grawbadger, Gregory Wright & John Workman]

Si l'univers étendu de Black Hammer™ [Pour en savoir +], inventé par Jeff Lemire, réveille les reconnaissances de paternité en pagaille ;  sa mini-série Doc Star [Pour en savoir +], plus précisément, et la prochaine commercialisation, en français, de JSA L'Âge d'or du scénariste James Robinson (chez Urban Comics©) m'ont donné envie de me replonger dans le magnum opus de ce dernier. Sans qui la série Doc Star n'aurait sûrement pas eu le même attrait.
            Partiellement traduit en France par Jérémy Manesse pour Panini©, sous la forme de trois très onéreux « omnibus », le magnum opus en question, sobrement intitulé « Starman » fait partie de ce que la bande dessinée mainstream américaine a produit de mieux. Et encore aujourd'hui, en termes d'inventivité et d'originalité, elle peut regarder dans les yeux n'importe quelles séries, dont celles du célèbre label Vertigo®, sans rougir.
Autant dire que son absence, dans une traduction française de qualit…

C'est vous Sannata3159 ? [Vandana Singh / Jean-Daniel Brèque]

C'est sous la très belle couverture de Célia Teboul [Pour en savoir +] que le nouveau Bifrost post-confinement est arrivée (sortie officielle demain, le 28/05).
            Un copieux dossier sur A.E. Van Vogt, dont je n'ai lu pour l'instant que l'entretien mené par Charles Platt ; qu'il restitue sous la forme d'un article très captivant et assez hallucinant.
La fascination qu'y manifeste A.E. Van Vogt pour les « systèmes » nimbe cette entrevue d'une inquiétante étrangeté digne de n'importe quelle (bonne) nouvelle de « weird Fiction».
Un registre dont il sera question avant la fin de cette entrée, puisque je m'attarderai sur l'une des nouvelles de la revue  : « C'est vous Sannata3159 ? » de Vandana Singh. La seule que j'ai lue pour l'instant.
Les fanzines critiqués dans la rubrique Coin des revues, par Thomas Day laissent toujours l'impression d'avoir assisté au tabassage de quelques loustics par la brute du quartier. Il n…

La clause de salaire [Philip K. Dick / Hélène Collon]

« La clause de salaire » court récit éponyme (dans son titre original) de Philip K. Dick (ici dans une traduction révisée d’Hélène Coullon) concentre toutes les marottes du romancier californien :
<le personnage principal doté d'un savoir-faire, la mémoire, le gouvernement oppressif, la coupure avec le monde réel et la gémellité>.
Bref un précipité dickien qui en outre, démarre sur les chapeaux de roues.

           Plongé in medias res, il m'a fallu un peu de temps pour me rendre compte que cette nouvelle était pourtant plutôt bancale. Le plus dur à croire n'étant pas les extrapolations science-fictives de l'auteur, mais plutôt tout l'aspect terre-à-terre de l'histoire.
Le natif de Chicago ne s’embarrasse pas de faire tenir la composante thriller de sa nouvelle, et multiplie les coups de chance et les heureuses coïncidences. Ce qui nuit pas mal à maintenir l'intérêt et la concentration. Même l'idée centrifuge de l'histoire est assez mal étayée.
Le …

Chaos Ex Machina [Jack Machillot]

« Arrivé dans la police par hasard, puis resté par intérêt, préfèrant mettre les salopards en taule plutôt que d'y aller lui-même » tel est l'inspecteur Simmons, dit « inspecteur connard ».
« Chaos Ex Machina » de Jack Machillot est une petite pépite de 120 pages, un actioner d'encre et de papier qui se déroule dans un monde à la Blade Runnner© : crachin, surpopulation, flics débordés ou achetés, voitures volantes, implants transhumanistes, drogues exotiques, etc.
            Mais ce terrain bien connu est un leurre. 
Jack Machillot a concocté une intrigue explosive aux dommages collatéraux surprenants. 
S'il n'est pas le premier à avoir pensé au mariage auquel il nous convie, mais force est de constater que la fête est des plus réussie.
Format oblige, il n'y a pas beaucoup de place pour le baratin. Ce qui n'empêche pourtant pas les punchlines biens senties !
Ça défouraille sec, sans temps morts, mais surtout sans perte de vue des enjeux.

            Une novella t…

Backup [Guy-Roger Duvert]

Petit détour par l'auto-édition, via « Backup », un roman de Guy-Roger Duvert.
Un thriller Sf garanti 100% cyberpunk©, dans son acception la plus commune.
            Lu dans son format numérique, cette histoire, menée à 100 à l'heure, se déroule sur un peu plus de 300 pages.
Rien de nouveau sous le ciel couleur télé calée sur un émetteur hors service. Bien au contraire !
Guy-Roger Duvert joue une partition que n'importe quel lecteur de Science-Fiction connaît bien : ploutocratie, paupérisation, ambiance noire, implants cybernétiques, I.A., bref un catalogue quasi exhaustif du genre, mais auquel il imprime une énergie communicative. Laquelle fait toute la différence !
Guy-Roger Duvert n'est à l'évidence pas l'inventeur d'un nouveau code, mais il sait exploiter au mieux ce que ses prédécesseurs, sur ce terrain, ont créé.
            Rien de neuf donc, mais un solide page-turner, de ceux qui vous donnent envie de regarder plus attentivement la bibliographie de son …

Seppuku [Romain D'Huissier]

D’abord publiées en 2005 aux éditions TRASH™, les 120 pages de « Seppuku » se voient offrir grâce à son auteur, Romain DHuissier, une nouvelle chance chez l’éditeur Ogmios™. 
Un éditeur dont je vais d’ailleurs suivre d’un peu plus près le catalogue [Pour en savoir +].
            « Seppuku » est une novella qui parlera aux amateurs d’arts martiaux, aux aficionados du cinéma HK©, et aux collectionneurs de distractions astucieuses et captivantes.
[TW] : « Seppuku »est un roman contenant de nombreuses scènes violentes ou à caractère sexuel. A ce titre il n’est pas à mettre entre toutes les mains et est réservé à un public averti. 

            Or donc, « Seppuku » est une histoire que j’aurais tendance à ranger dans la case « Fantastique », mais on est à la limite de la « Fantasy ». Disons que le Japon médiéval dont il sera question, flirt avec le surnaturel, et semble avoir plus que des affinités avec lui. 
« Seppuku » est un scénario assez simple, que Romain DHuissier étoffe pour en fai…

Un grand feu de joie [Clément Bouhélier]

Clément Bouhélier, signe avec cette nouvelle un presque retour en terre de « Fantasy marxienne ». « Un grand feu de joie » a été publiée en cinq parties sur Bookenstock [Pour en savoir +], et elle y est encore disponible . 
Une Fantasy innovante (marxienne) que l'auteur avait abordée et surtout créée, via son diptyque Olangar, Bans & Barricades [Pour en savoir +].
            Dans le court texte qui nous occupe aujourd'hui, malheureusement, Clément Bouhélier délaisse les particularités  qui font de son univers un endroit où j'étais content d'avoir passé du temps, et très pressé de revenir.
« Un grand feu de joie » est le récit d'une attaque d'Orcs vue par quelques uns des habitants d'un village en pleine débâcle.
C'est peu dire qu'on s'y ennuie ferme. 
Un avis que tout le monde ne partage heureusement pas. Comme par exemple Célindanaé [Pour en savoir +].

            Reste donc un court texte, que je ne recommanderai pas comme porte d'entrée s…

Le Bureau des légendes [Saison 5]

L'impression que la série travaille avec précision le monde du renseignement, un souci quasi pédagogique, laisse peut de place finalement à la suspension volontaire d'incrédulité.
Et c'est sûrement là que la bât blesse.
            Visiblement cette dernière saison avec Éric Rochant, et peut-être la dernière tout court, l'a oublié et multiplie les invraisemblances. 
[TW] : cette critique elle, multiplie les révélations !
Le cas de JJA est sûrement le plus criant faux pas de la saison. Mais pas le seul.
Comment croire un seul instant qu'on puisse accepter qu'un agent ayant son parcours, puisse réintégrer la DGSE, mais en plus commander la DSEC. Autrement dit la direction de la sécurité de la DGSE !!
Avant de prendre la direction du « Bureau des légendes ».
Un JJA qui après avoir donc trahi son camp, passe deux ans (je crois) dans les prisons de la CEI, quelqu'un de connu des services de renseignement russes, et qui risque des années plus tard, une mission aussi imp…

D'Obsidienne et de sang [Aliette de Bodard / Laurent Philibert-Caillat]

Premier tome d'une trilogie et de trois nouvelles complémentaires, lesquelles comme les deux tomes suivants n'ont pas été traduites, « D'Obsidienne et de sang » est un roman policier qui commence comme une  « énigme en chambre close » mais sise au XVe siècle de l'empire aztèque.
Toutefois, l'angle choisi par Aliette de Bodard en fait surtout un roman de Fantasy, et l'énigme en question y est essentiellement le moteur de l'intrigue.
Elle nous permet ainsi de connaitre les us et coutumes de la majestueuse Tenochtitlan, capitale de l’empire aztèque, grâce à l'enquête d'Acatl, le Grand Prêtre des Morts.  Et d'enchaîner les obstacles qui ne manquent pas de se dresser sur la route de ce « détective » récalcitrant.

            Dépaysant, mouvementé, « D'Obsidienne et de sang » est un roman qui rempli parfaitement le contrat que l'attractive couverture de Larry Rostant promet.
Commercialisé par les éditions ECLIPSE™ puis réédité par l'éditeur Pa…

Familiarisation [China Miéville / Lionel Davoust]

Toujours dans le cadre du « défi-lecture » lancé par Yogo [Pour en savoir +], et parce que lire des textes courts est une manière agréable de passer le temps, j'ai donc lu « Familiarisation » de China Miéville.
Une nouvelle traduite par Lionel Davoust pour le quatrième numéro de la revue Asphodale d'août 2003.
Si l'auteur anglais est bien distribué dans nos contrées, s'agissant de ses romans ; ses nouvelles sont beaucoup plus parcimonieuses.
La revue Bifrot ayant publié les deux seules autres traduites à ma connaissance. En plus d'un excellent dossier dans son n°53.

          Or donc, la magie à un coût.
Ce que la nouvelle en question nous apprendra, tout en suivant l'apprentissage du « familier » d'un magicien anonyme.
Écrivain engagé très à gauche, China Miéville est aussi associé au mouvement New Weird ™. Un courant où l'atmosphère ne compte pas moins que l'intrigue. 
Laquelle est d'ailleurs assez fruste concernant « Familiarisation ». Une nouvelle …

La maison des épreuves [Jason Hrivnak / Claro]

En 2010, l'écrivain & traducteur Claro reçoit un livre, écrit par un canadien anglophone. Il est accompagné d'une lettre dans laquelle l'auteur y exprime son désir d'être traduit.
En 2017 paraît aux éditions de l'OGRE « La maison des épreuves » de Jason Hrivnak, traduit par Claro.
144 pages divisées en quatre parties : Introduction, La maison des épreuves section 1, La maison des épreuves section II et La maison des épreuves section III.

            Parfois quelques lignes suffisent à sceller une poignée de main secrète avec un auteur, et vous voilà embarqué. Récit macabre et morbide, l'introduction est une façon de  jeux interdits  très immersif : «Telle était l’économie de base du Terrain d’essai : la torture en échange d’un aperçu de ce que le cœur désirait. [...] Nous concevions des épreuves dans lesquelles de vieux voisins séniles avaient droit à une journée de lucidité par an s’ils acceptaient de commettre un acte violent sur un de leurs proches. Et parc…

Black Hammer tomes 2 & 3, Doc Star, Sherlock Frankenstein

Lorsque Stan Lee se voit attribuer une quasi carte blanche par son patron, Martin Goodman, pour que son entreprise puisse entrer de plain-pied dans le business des super-héros, ce dernier – sûr de sa source – [Pour en savoir +], lui enjoint de s’inspirer de la Justice League of America.
Reste qu'au début des années 1960, contrairement au XXIème siècle comme nous le verrons, les maisons d'édition sont beaucoup plus protectrices.
Le procès intenté par l'éditeur qui deviendra DC Comics à l'encontre de Fawcett Comics et de son fleuron, Captain Marvel, est sûrement encore dans bien des mémoires.
En 2020 la frilosité a laissé place à une attitude que je qualifierais de postmoderne.

            Ce terme, polysémique, est à entendre ici dans le sens que lui donne le critique Hiroki Azuma.
À savoir que la création relève désormais, aussi, du collage, de la fragmentation et de l'hybridation. Et que la culture est devenue un immense vivier où piochent les créateurs.
Lemire en a d&#…

Isabel des feuilles mortes [Ian R. MacLeod / Michelle Charrier]

Échappant à toutes mes analyses, la longue novelette, dixit la quatrième de couverture du deuxième hors-série d'Une Heure-Lumière©, intitulée « Isabel des feuilles mortes » de Ian R. MacLeod, est un texte particulièrement envoûtant. 
             Sans Mater dolorosa excessive, alors que le récit s'y prête pourtant, le natif de Solihul (RU) brosse l'essentiel d'une vie en une quarantaine de pages poignantes. 
Paradoxalement la force du texte tient aussi à l'oubli d'une personnage sans qui cette vie n'aurait pas été ce qu'elle est finalement devenue.

            Il était une fois ... « Isabel des feuilles mortes » est un conte magnifiquement traduit par Michelle Charrier.
Sa valeur brille d'autant plus qu'il était offert par les éditions Le Bélial'via leur deuxième catalogue de l'excellente collection Une Heure-Lumière©.

Une collection qui propose par ailleurs un autre texte de Ian R. MacLeod, lequel se déroule dans le même univers, celui des «…

Les Traducteurs [Régis Roinsard / Lambert Wilson]

« Les Traducteurs » est un film à huis clos (ou presque) qui s'inspire des règles mises en place, lors de la traduction d'Inferno le roman de Dan Brown commercialisé en 2013. Où onze traducteurs avait été enfermés dans un bunker sous la garde de vigiles, par peur des fuites.
« La partie reprend »              Ici il s'agit de traduire Dedalus, écrit par Oscar Brach, un romancier aussi mystérieux que Thomas Pynchon.
Confinés dans une sorte d'abris anti-atomique de luxe, 9 traducteurs vont donc devoir faire face à tout autre chose que ce à quoi ils s'attendaient, sous la houlette un brin méprisante d'Éric Angstrom, l'éditeur du bestsellers en question.  

Hommage à Agatha Christie, « Les Traducteurs » adopte en effet sont dédain des règles, le film de Régis Roinsard est un whodunit astucieux. Il est d'ailleurs assez divertissant de tenter de faire la liste des clichés que le scénario détourne. Sorte de moteur à deux temps, il parvient à maintenir jusqu'au…