Accéder au contenu principal

Parages des voies mortes (William S. Burroughs)


Cure de désyntaxication 

…. Fantôme influent de la sphère occidentale de l’imaginaire commun, William S. Burroughs dont les ouvrages ne prétendent pourtant guère au cycle de l’action conditionné, y est partout présent. Ou presque : acteur chez Gus Van Sant (par exemple), leading role d’un biopic pour Cronenberg sous les traits de Peter Weller, en arrière-plan dans nombre de BD : Watchmen, The Exterminators (Simon Oliver + Tony Moore), L’Odeur des garçons affamés (Pour en savoir +), Black Hole (celui de Charles Burns), etc

Il est même au centre d’une campagne de publicité de l'équipementier NIKE (un rôle à contre-emploi, pour le moins) ; tout en collectionnant à partir de 1967, les occurrences étranges du chiffre « 23 », avec un pied dans l’industrie musicale. 

La carte n’est pas le territoire 

…. Bande dessinée encore, puisque j’en suis venu à lire PARAGES DES VOIES MORTES après avoir découvert quelques numéros de la maxi-série de Jamie Delano OUTLAW NATION, en même temps que j’apprenais que le scénariste britannique s’était servi dudit roman de Burroughs - et de l’autobiographie de Jack Black (YEGG, autoportrait d’un honorable hors-la-loi) que je suis en train de lire – comme adjuvant à sa propre imagination. 
Machine de Burroughs
Vouloir résumer ce roman, c’est comme demander comment marche une montre ; mieux vaut regarder l’heure. 

Mais voilà ce que je peux en dire : on y suit une partie de la vie de Kim Carson, une sorte de pistolero homo, lequel croise des Vénusiens (de loin) tout en s’adonnant au sexe & à la drogue sans modération, et on ne s’y ennuie pas plus que Kim en le lisant. 

« Malheureusement je ne lis pas beaucoup, et lorsque je lis, j’ai tendance à lire de la science-fiction. » William S. Burroughs in LE JOB (entretiens avec Daniel Odier) 

Beaucoup plus accessible que les trois épîtres de sa célèbre trilogie : LA MACHINE MOLLE, le TICKET QUI EXPLOSA & NOVA EXPRESS, l’auteur y utilise une S-F cool, et invente des situations et des contextes nouveaux qui illustrent obliquement ses thèmes. 
Par exemple, au lieu qu’on fasse du temps une sorte de super toboggan de fête foraine, l’utiliser pour ce qu’il est — l’une des perspectives de la personnalité —, ou que le langage obéisse aux même lois de reproduction que les virus. 
Kim y représente exactement tout ce qu'un petit Américain moyen a appris à exécrer. 
Il est vicieux, malsain et sournois. On aurait peut-être pu lui pardonner ses vices. Mais il s'adonne, en outre, à la pratique subversive de la réflexion. 

…. En conclusion PARAGES DES VOIES MORTES, traduit par Sylvie Durastanti, est un exotique moment de détente, qui se lit d’une traite et dont je me demande ce que je vais en retrouver dans le propre projet de Delano pour le label Vertigo

(À suivre ….)

••••
••

Meilleurs vœux, et rendez-vous l'année prochaine !


Commentaires

  1. Je garde un assez bon souvenir de Outlaw Nation de Jamie Delano.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si en plus tu en penses du bien ; je lirais d'ailleurs ce que tu en as dit (après m'être fait ma propre idée).
      Chez Bruce Lit ?

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Atlanta Deathwatch [Ralph Dennis]

Dans le courant des années 1970, un sous-(mauvais) genre populaire promettait des romans d'action au format « poche » ( paperbacks ), sous des couvertures aussi aguichantes que ce que s'attendait à y trouver les amateurs, essentiellement masculins, de ce type de lecture.  Prétexte à des scènes plus « chaudes » les unes que les autres, l'action (qui prenait souvent l'apparence d'une violence complaisante) n'y était là que pour empêcher lesdits romans d'être exclusivement vendus dans les sex-shops . Ou peu s'en faut.  Toutefois au sein de cette production standardisée (et nombreuse), certains auteurs arrivaient à sortir du lot en produisant des récits hard-boiled qui n'avaient rien à envier à ceux des maîtres du genre - H ammett, C handler pour ne citer qu'eux, mais dans un registre un peu différent.  R alph D ennis (1931-1988) était de ceux-là.              Jim Hardman est un ex-policier dans la quarantaine, détective privé sans licence, du moins

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er