« Red » est une mini-série de 3 numéro, publiés entre septembre 2003 et février 2004 aux U.S.A..
Il s'agit d'un thriller exagérément porté sur l'action, à tel point que l'on peut dire sans se tromper, que son scénario tient sur le culot d'une 9 mm : un nouveau directeur vient d'être nommé à la tête de la C.I.A., et l'une de ses obligations est de visionner une vidéo-cassette très confidentielle.
En sortant de la « Salle R », Michael Beesley le nouveau directeur en question est scandalisé par ce qu'il vient de voir, et il ordonne l'élimination d'un agent en retraite.
Warren Ellis prend prétexte de ce pitch minimaliste, qu'il se garde par ailleurs de développer, préférant laisser libre cours à son sens du découpage et à une « décompression » virtuose de l'action.
Ces deux points, dont on pourrait légitimement penser qu'il sont plutôt dévolus au dessinateur, son indéniablement l’œuvre du scénariste. La persistance de ce formalisme sur d'autres BD du scénariste placardisé pour « masculinité toxique » en atteste.
Cela dit, Cully Hamner, en écrivant et dessinant la prequel à cette mini-série montre qu'il est aussi à l'aise dans cet exercice de style que son confrère (voir supra).
Production de pur divertissement, au sens où Ellis ne nous vend pas une histoire à thèse, de celles qui donnent des leçons au lecteur (ce qui est aujourd'hui de plus en plus rare), « Red » est pour moi une œuvre essentielle du natif de Rochford.
À partir de presque rien, il donne à lire une histoire captivante, et très réussie.
Un vrai tour de force !
A contrario, son complice Cully Hamner, dans sa préquelle, donne une dimension plus morale à son histoire. Quasiment politique.
« Eyes only », la « présuite » en question, prête donc à voir ce que contient la cassette-vidéo que le nouveau directeur de la C.I.A. regarde dans la « Salle R ».
Le choix, par Hamner, de la victime n'est bien sûr pas anodin, si on veut bien remarquer que ce numéro a été commercialisé en 2010. Une petite concession à la moraline qui n'enlève rien au plaisir de lecture.
Ceci étant dit, « Eyes only » et « Red » forment au final une petite réussite dont aucun amateur de divertissement de qualité ne devrait pas se passer.
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