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The 7 Deadly Sinners [Chuck Dixon / Bob C. Hardin & Co.]

            Le concept de « The Seven Deadly Sinners » est né il y a plusieurs décennies. Si l’album (Graphic Novel) a finalement été publié récemment (en mai 2026) par la plateforme RIPPASEND de l'éditeur Rippaverse Publishnig™ d'Eric July, l'idée de départ remonte en réalité à la fin des années 1970 et au début des années 1980. 
L'histoire de ce projet, resté bloqué dans les starting-blocks pendant près de quarante ans s'articule autour de faits précis.
            Au tout début des années 1970, Chuck Dixon, qui se prénomme encore Charles aperçoit un graffiti, alors qu’il a pris le métro dans de sa ville natale de Philadelphie. « The Seven Deadly Sinners » est inscrit sur le plafond de la rame de métro qu’il occupe. Immédiatement il se dit que ça ferait un nom génial pour un gang de motards hors-la-loi. 
            À la fin des seventies Dixon  cherche à percer dans l’industrie de la BD américaine. Il envisage, avec quelques collègues aux dents aussi longues que les siennes de créer un magazine en noir & blanc (dans le style de Savage Sword of Conan ou d’Eerie). Ce magazine, dont le titre avait déjà été trouvé - Rumble Strips, devait compiler des récits de courses-poursuites, de grosses cylindrées, de camionneurs, de motards hors-la-loi, de muscle cars ; bref une manière de marier deux des passions du désormais Floridian, à savoir : la bande dessinée et la culture mécanique. Et il aurait bien évidemment proposé « The Seven Deadly Sinners », sous une forme ou une autre. 
            Chuck Dixon n’a d’ailleurs toujours pas abandonné ses deux passions. Il est un scénariste encore très très prolifique, et il a un podcast sur sa chaîne Youtube© « Dixonverse » qui s’appelle « Drivetime™ ». Un podcast donc, où il décortique, par exemple, la manière dont il conçoit l’action à grande vitesse (gestion du rythme), authenticité technique des véhicules qu’il met en scène, etc. ; tout en en étant au volant de son propre bolide. Ça ne s'invente pas ! 
             Je n’oublie pas non plus ses collaborations avec des magazines spécialisés, ou encore ses scénarios pour Car Warriors (cf. le label Epic® de Marvel™) ou Racer X (chez Now Comics™). Voire Law Dog où le Punisher rencontre Mad Max (également pour Epic®) avec son compère Flint Henry [Pour en savoir +] ; des histoires où les voitures ne tiennent pas toujours bien leur droite <sourire>. 
Bref …. 
            Toujours est-il que si le magazine Rumble Strips reste à l’état de projet, 
« The Seven Deadly Sinners » passe la première en la personne du dessinateur Flint Henry. Les deux compères, qui se connaissent bien, embauchent Bob C. Hardin ; et Henry dessine un dossier pour les éditeurs, grâce à un premier scénario de Dixon. 
            Fatalistas ! Aucun éditeur n’est intéressé (vu le résultat aujourd'hui, on se demande pourquoi !?). 
Le temps passe, Chuck Dixon s’établit durablement à Gotham, et time move on … 
            Lorsque Chuck Dixon (dont on peut voir l'un des croquis ci-contre : le motard avec le casque à pointe) est de nouveau démangé par cette histoire, Flint Henry s’est retiré de l’industrie des comic books, il fait donc naturellement appel à Bob C. Hardin qui accepte de dessiner « The Seven Deadly Sinners », mais sur son temps libre. 
            Hardin, qui est diplômé de la prestigieuse Kubert School, et y a aussi enseigné ; tout en travaillant pour des éditeurs tels que DC comics™ ou le secteur dit « indépendant » de la BD U.S.. Sans oublier ses travaux pour CARtoons Magazine©, un bimestriel de bande dessinée automobile, axé sur l'humour, la caricature et les Hot Rods extravagants. Malgré cet agenda déjà chargé Hardin a aussi fait profiter de son talent des gens comme Rob Zombie, Alice Cooper. ou le groupe Metallica. 
            Une carte de visite qui fait non pas de Bob C. Hardin, un second choix mais l’artiste idéal pour ce projet (même si je sais que Flint Henry n’aurait pas démérité). 
Le natif du New Jersey explique, dans la postface de « The Seven Deadly Sinners » - fort justement intitulée « The CARtoonist’s Cerebration » : que nous avons eu entre nos mains (graisseuses du beurre fondu des pop-corns) une « une BD façon série B fauchée pour drive-in », si je peux me permettre de paraphraser l'artiste. 
Une BD à la sauce « Grindhouse »
            « The Seven Deadly Sinners » ressort de la bikesploitation, le contenu y est transgressif : masculinité, drogue, alcool, nudité, violence, il y a même des 
« veterans », autrement appelés de ce côté-ci de l’Atlantique des anciens combattants (de la guerre du Vietnam), des rednecks. C’est hyper-sexualisé, et le scénario tient sur une ligne : « un type dans la merde appelle à la rescousse un frère d’arme », comme il se doit dans une production de la culture d'exploitation. 
Sauf que petit budget ou pas, Dixon & Hardin ont clairement investit leurs tripes dans la réalisation. 
          Le rythme, tout est juste ; les dialogues, quelques chose entre Audiard & Tarantino, les planches, couleurs, découpages, rythme (bis). Et donc une esthétique dite Grindhouse : imitation de papier bon marché (ce qui n’est pas du tout le cas), colorisation (bis) – il y a même un passage 3D !, utilisation de trames, taches, rayures, etc.. Il y a même une (fausse) pub pour la bière MOHR™. Bref du Grindhouse pur jus de chique ! Hardin a aussi fait le choix de laisser s’exprimer les différents encreurs qui œuvrent sur « The Seven Deadly Sinners » avec leur style propre (enfin, si je puis dire), donnant au graphic novel en question la même impression que ces films diffusés lors de ces « séances de minuit » où, visiblement, très visiblement même, une partie de l’équipe technique aurait changé en cours de route (sic). 
            L’aura de « bande dessinée maudite » que trame Chuck Dixon dans sa préface ajoute aussi à l’ambiance générale de l’histoire. 
Et que vaut « The Seven Deadly Sinners » ? 
    Eh bien, Dixon, Hardin et Wes St. Claire & The Earhart Session Band, hissent un pur scénario de Série B fauchée à la même hauteur esthétique que ce que les films de Quentin Tarantino ont fait - de leur côté pour le cinéma, avec les mêmes pièces détachées. Mais en mieux ! Oui oui, en mieux. 
Ça coûte 35$ et ça les vaut, largement. 
La fin ouverte, laisse espérer une suite. Banco ! j'ai envie de dire. 

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